Pourquoi les Américains aiment (encore) la France.
Article paru dans le Cri du Contribuable No. 83
Avril 2010

André Teissier Du Cros

Si les Français sont si lourdement taxés, pourquoi tant d'entreprises américaines investissent en France depuis si longtemps ?

Tous ceux qui adhérent a la mission du CRI veulent unir leurs efforts vers une diminution des dépenses de l'Etat, donc de la pression fiscale qui est trop lourde en France, et ils ont cent fois raison.
En fait, les anglo-saxons s'étonnent depuis longtemps que la France n'ait pas encore croulé sous une charge fiscale excessive: Un des mystères, notamment, qui les passionnent, est que les firmes US continuent à investir en France. La raison en est encore peu connue: c'est la structure de la fiscalité française, comparée à l'américaine.
On appelle pression fiscale le ratio de la totalité des prélèvements obligatoires (PO) à la Production Intérieure Brute (PIB), et les pratiques généralement acceptées (OCDE, etc.) admettent que les charges sociales en font partie puisqu'elles sont obligatoires. En France, ces charges sont prélevées par un organisme totalement autonome et servent à couvrir les assurances retraite, santé et chômage. Celles-ci représentent en gros un tiers des PO, et sont redistribuées a environ 94%.. Aux Etats-Unis, a moins d'une hypothétique réforme, la U. S. Social Security est directement partie du gouvernement et ne couvre qu'une assurance vieillesse minimale ; en outre elle n'est redistribuée qu'a 60% (un des scandales américains). Les assurances santé et vieillesse sont théoriquement assurées par des compagnies diverses, bien entendu cotées en bourse, et leur efficacité est gravement critiquée, voire même mise en cause dans les accusations auxquelles la communauté financière doit répondre. Les dépenses de santé par tête sont d'environ 40% supérieures aux dépenses françaises, pour une espérance de vie de 3 ans inferieure. Pour comparer des choses comparables, il est donc sain de comparer les pressions fiscales sans charges sociales.
Notre TVA représente environ un autre tiers des PO et elle n'est payée - c'est sa grande vertu - que par le consommateur français. Elle est donc neutre pour l'investisseur étranger, américain ou autre, qui possède une filiale française. Donc de son point de vue elle n'a pas à être prise en compte, sauf a la rigueur comme élément augmentant le cout de la vie de ses employés en France.
L'impôt sur le revenu sous ses deux formes (IS et IRPP) représente environ 11 à 12% des PO. L'investisseur étranger y est assujetti. Or ce chiffre est à peu près le même aux Etats-Unis. Donc vu d'Amérique, il parait modéré. CQFD.
Ceci dit le déficit de la Sécurité Sociale augmente. Celui du budget de l'Etat aussi. Nous devons faire quelque chose. Le CRI a raison de s'attaquer a un contrôle des dépenses au lieu de crier a la diminution des recettes. Je propose prochainement de parler de l'expérience mondiale des pays développés en matière de réduction des dépenses publiques. Vous verrez que la situation n'est guère réjouissante, mais qu'il existe des expériences intéressantes.

André Teissier du Cros

Je propose prochainement de parler de l'expérience mondiale des pays développés en matière de réduction des dépenses publiques. Vous verrez que la situation n'est guère réjouissante, mais qu'il existe des expériences intéressantes.


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