Sur la transition post-industrielle et ses conséquence sociales

Thomas Seguin

La restructuration de nos économies et l'informatisation du processus de production qui en découle transforme en profondeur la structure sociale des communautés. Tout au long de la modernité, nous avons été témoins d'une transition industrielle dans les sociétés occidentales qui a produit une réduction significative du secteur primaire. Aujourd'hui, il semble que le secteur secondaire soit le lieu d'une restructuration informatique de grande ampleur du fait de la recherche des coûts de production les plus bas. La société post-industrielle (Bell, 1976) est significative d'une nouvelle organisation matérielle des rapports sociaux. Il reste néanmoins à penser et à accompagner une transition qui est économique, dans sa forme, mais à la fois sociale, dans son contenu.

La restructuration de nos économies et l'informatisation du processus de production qui en découle transforme en profondeur la structure sociale des communautés. Tout au long de la modernité, nous avons été témoins d'une transition industrielle dans les sociétés occidentales qui a produit une réduction significative du secteur primaire. Aujourd'hui, il semble que le secteur secondaire soit le lieu d'une restructuration informatique de grande ampleur du fait de la recherche des coûts de production les plus bas. La société post-industrielle (Bell, 1976) est significative d'une nouvelle organisation matérielle des rapports sociaux. Il reste néanmoins à penser et à accompagner une transition qui est économique, dans sa forme, mais à la fois sociale, dans son contenu.
Sur le long-terme, les économies post-industrielles se dirigeraient vers une nouvelle orientation des activités et de nouvelles formes du travail. Il est cependant intéressant d'étudier les discours politiques quant à la lente restructuration des économies et à l'ajustement social qu'il provoque. On observe une culpabilisation flagrante de l'individu. Au lieu de le considérer comme une victime de la restructuration, celui-ci serait le principal fautif du marasme économique. Les discours politiques stigmatisent la "mollesse" d'individus peu enclins à accepter les offres du marché du travail ou encore leur manque de mobilité. Les politiques d'activation du chômeur se focalisent presque exclusivement sur la figure du "chômeur volontaire" qui ne s'efforce pas de répondre aux besoins du système productif1. Les solutions préconisées pour diminuer le chômage consiste à réformer le système de formation afin qu'ils répondent aux besoins du système productif, mais nous devrions plutôt nous interroger sur la structure même du système productif. Il est bien aisé pour les politiciens de stigmatiser les petits chômeurs qui ne trouvent pas un emploi parce qu'ils ne le veulent pas ou de renvoyer la faute sur une formation universitaire qui ne se conforme pas aux cadres de l'économie de marché.
Pour pallier la disparation de nombreux secteurs industriels, les responsables politiques sont tentés par une renégociation du libre-échange dans un cadre international. Le renouveau du protectionnisme est appréhendé selon comme un "patriotisme économique", à droite, ou un processus de "démondialisation", à gauche, sous couvert de respect des normes sociales et environnementales2. Ces propositions pourraient constituer des solutions plausibles si elles ne masquaient en fait un manque flagrant de volontarisme. La désindustrialisation de certains secteurs de l'économie traditionnelle française ne constitue-elle pas une étape vers son développement ?
L'enjeu contemporain intellectuel et politique, ou l'urgence sociale, réside dans la promotion d'une vision stratégique de l'avenir en termes économiques et productifs. Les sociétés occidentales se trouvent devant un cap technologique qui est de constituer un système productif industriel entièrement autonome de la main d'œuvre humaine. C'est une logique immuable à l'augmentation de l'efficacité du système productif. Selon l'économiste Rifkin, la progressive restructuration informationnelle de l'économie crée un système technologique autosuffisant de production (Rifkin, 1997). Dans ce contexte, la spécialisation des machines productives n'entraîne pas une division du travail reposant sur la complémentarité des tâches d'un point de vue social. Elle crée, au contraire, un nombre croissant de personnes exclues du système productif. L'hypothèse de Rifkin est contestée car l'évolution des activités tertiaires permettrait de résorber le coût social et humain de la restructuration.
De fait, les économies post-industrielles des sociétés occidentales sont vouées à se spécialiser dans les activités tertiaires et l'industrie de pointe et/ou dans la qualité de certains biens spécifiques (luxe, gastronomie) et services spécialisées (tourisme). L'activité industrielle des produits manufacturés est progressivement délocalisée dans des pays périphériques à faible coût de main d'œuvre. Il peut être bénéfique pour l'Europe de l'Ouest par exemple de prendre le virage de l'économie immatérielle, car il correspond à celui de la société de la connaissance, celui de la valeur ajoutée de l'innovation et du savoir. C'est la logique même de l'Occident que de passer un cap technologique où sa production consistera à penser les mécanismes informatiques et techniques capables d'accroître l'efficacité du fonctionnement du système productif et d'inventer de nouveaux procédés continuellement. Voilà la tâche des travailleurs de demain : veiller au fonctionnement et au perfectionnement des instruments de production de biens et de services. Que feront les autres ? C'est ce que ce demande Jeremy Rifkin car des pans entiers de la population active sera mise au banc du système productif car celui-ci n'aura plus besoin d'eux. A l'extrême, il paraît même, avec les instruments financiers et la spéculation, que l'économie elle-même n'a plus besoin des hommes pour créer de la valeur.
L'utilisation de technologies de plus en plus avancées provoque concrètement une tendance à l'autonomisation de la production. La diminution des coûts de production entraîne les délocalisations. Sommes-nous pour autant dans la société d'abondance que Keynes a théorisée (Keynes, 1930) ? Il escomptait en effet que le développement économique et technique engendrerait des bénéfices sociaux bouleversant la structure même de la culture. Keynes pensait qu'à terme l'accumulation de la richesse ne serait plus d'une grande importance sociale et, par conséquent, provoquerait des modifications substantielles de nos systèmes de moralités. L'évolution de la production affranchirait la société des activités laborieuses et de ses besoins primaires, matériels et sécuritaires. Mais ceci demeure une douce utopie à l'aube du XXIième siècle.
Au contraire, dans nos sociétés, le constat est saisissant: la classe agricole peine à survivre, la classe ouvrière et industrielle s'amenuise graduellement, et le marché des services n'offre pas de débouchés suffisants quant à l'employabilité de la population active. Cette dernière section de l'économie - les services - se perfectionnera encore sûrement en remplaçant les hommes et les femmes par des ordinateurs. On voit déjà comment de nombreux services publics s'informatisent afin de produire un service plus rapide, on observe également la volonté des grandes surfaces de supprimer les caissières par des machines intelligentes, on peut aussi remarquer la délocalisation des centrales d'appels téléphoniques dans les pays francophones encore en voie de développement. Les activités tertiaires sont aussi vouées graduellement à l'informatisation. Les tâches de conception et de maintenance de la production sont ainsi considérées comme les seules capables de résorber les populations inemployées. Elles ne constituent pourtant pas des réservoirs d'emploi susceptibles d'endiguer un chômage de masse endémique. Certes, les dirigeants politiques entrevoient la possibilité d'un renouveau industriel, ou ré-industrialisation, à travers la croissance verte écologique et informationnelle, le développement de nouveaux procédés techniques brevetés et vendus à travers le monde. C'est une option stratégique cohérente pour redessiner la physionomie de nos activités.
Une question se pose tout de même de façon lancinante : l'Occident ne veut-il plus travailler ou est-ce la fin du travail comme nous le connaissions ? Notre civilisation serait-elle en voie de supprimer la présence de l'homme dans la production, ou sommes-nous au début d'une nouvelle définition de la production, et donc du travail ? La fin du travail ne signifie pas, comme on peut le penser, la fin de l'activité de l'homme, mais une nouvelle orientation de ses activités. L'avenir productif des sociétés "développées" consisterait en une spécialisation dans des secteurs, et des savoir-faire, à forte valeur ajoutée, qui repositionne leurs économies au sein de la compétition mondiale économique. Cette stratégie implique un choix politique difficile, accepter la délocalisation de la production des produits à faible valeur ajoutée vers des pays en voie de développement qui ont besoin d'expérimenter tant soi peu leurs propres révolutions industrielles.
L'hypothèse de Rifkin pose, au fond, la question de la structuration sociale autour du nouveau processus de production, de la même manière qu'il est possible de questionner les rapports sociaux à partir de la consommation. C'est en définitive la place du travail dans l'intégration qui est ici en cause dans ce nouveau type d' "économie post-industrielle" et de "société de la connaissance". Ces développements déstabilisent le contrat social moderne reposant sur la division du travail, conçue d'un point de vue socio-économique, moral et politique. Le sens et la singularité du travail en tant que forme identitaire est en train d'évoluer, cette évolution représente une conséquence de la transition post-industrielle, acceptée ou non.
Il existe de nombreuses théories concernant la nouvelle stratégie productive que nous évoquions, mais surtout ces théories réfléchissent à de nouveaux pans de l'économie, supposés incarner le futur de l'emploi, et la structure interne de la production nationale/ continentale, voire la conception sotériologique de notre développement. L'enjeu fondamental touche finalement à l'innovation qui seul nous permet de comprendre les horizons productifs. Mais l'innovation se situe-t-elle dans sa portée économique ou sociale, a-t-elle rapport à des considérations quant à la structure de notre production, voire à l'attachement pour notre histoire industrielle, ou a-t-elle besoin d'être définie en fonction de la division internationale du travail et d'un repositionnement essentiel ?
Dans les cartographies de la restructuration économique, les idées ne manquent pas, car les imaginaires socio-économiques sont fertiles afin d'imaginer la direction à prendre. S'agit-il de repenser le tertiaire ou d'inventer les modalités économiques du quaternaire ? Au sein de ce continuum, il existe des stratégies, comme celle de Moulier-Boutang, qui pensent les solutions de redéploiement économique sur le terrain cognitif (Moulier-Boutang, 2007), plaçant l'intelligence et le travail immatériel comme facteurs productifs déterminant dans la création d'externalités positives. Les développements des connaissances et des savoirs implicites, écrit Boutang, augmentent "la productivité globale des facteurs de productions", ils "ont une incidence favorable non sur la seule forme de l'échange (les conditions de réalisation des transactions), mais aussi sur sa substance (progrès technique, diffusion de connaissance)" (Moulier-Boutang, 2007, p.50). Pierre Cahuc et Michèle Debonneuil ont notamment, quant à eux, envisagé le tiers secteur, services de proximité et à la personne, comme des réservoirs d'emploi et d'activités économiques non négligeables (Cahuc et Debonneuil, 2004). Michèle Debonneuil préconise aujourd'hui de favoriser de "nouveaux services incorporant des biens", caractéristiques, selon elle, du secteur quaternaire (Debonneuil, 2007). C'est en définitive une nouvelle relation socio-économique aux objets technologiques, ces derniers seraient non plus achetés (l'avoir-plus) mais mis à disposition, sur la base d'une souscription à un service global adapté aux besoins individualisés des clients, proposant toute une gamme autour du produit (l'être-mieux). Dans ce cas, la productivité est envisagée en fonction de la qualité du service proposée, de la prise en compte du besoin du client, de la fonctionnalité du service basée sur les technologies de l'information et de la communication. La solution de Michèle Debonneuil se place sur le moyen-terme, c'est-à-dire qu'elle suppose que cette option serait propice à redéployer des activités économiques, en attendant les restructurations indispensables et le temps long des modifications technologiques qui auront un impact plus structurel sur les activités elles-mêmes.
D'autres théories pensent le quaternaire comme une transition indispensable vers une autre forme de relation à l'emploi : vision éthique d'une nouvelle société ou réalités économiques d'un futur encore à advenir (Meda, 2010) ? L'économiste Roger Sue affirme en effet que c'est dans une "ingénierie du lien social" que se trouvent les gisements de la croissance de demain, comprenant les services mutuels - éducation, santé, loisirs, information, environnement (Sue, 1997). A mi-chemin entre le salariat et le bénévolat, il assure que ce terreau est la structure nécessaire à la restructuration sociale de l'économie. L'utilité économique et sociale de ces services est selon lui majeure même si la quantification ou la valeur ajoutée est parfois difficile à calculer. Rifkin développe sensiblement la même idée pour absorber le chômage de masse inévitablement engendré par l'informatisation de la production ou reengineering. La création d'un secteur quaternaire (loisirs, culture, social) serait, d'après lui, un vivier d'emplois pour une société future. Dans ces visions, le secteur quaternaire a pour but de nourrir le lien social et de développer de nouvelles activités de service. Ce schéma déplace la notion de croissance en ce que sa mesure n'est pas entièrement déterminée par la valeur matérielle de sa production ; la promotion d'un lien social fort (cohésion et dialogue), et d'un environnement global de savoir (éducation et de culture) et de bien-être (santé) contiennent un potentiel de valeur ajoutée intrinsèque au développement des activités purement économiques. D'une manière ou d'une autre, les conditions de la confiance sont installées pour le développement économique. Ces théories sont caractéristiques d'une évolution du calcul de la croissance à l'image des réflexions des économistes Stiglitz, Sen et Fitoussi sur la refonte des critères du développement économique lié au développement social et culturel, à travers la notion transversale de bien-être (Stiglitz, Sen, Fitoussi, 2009). En tous les cas, la croissance, l'emploi, comme la production se trouvent à un tournant à la fois intellectuel et politique, autant qu'économique et social, voire anthropologique.
Trois derniers constats sont essentiels pour conclure sur la restructuration économique et la transition sociale post-industrielle.
Premièrement, bien que le système productif, ou financier, semble s'autonomiser de toute portée sociale, une nouvelle division du travail basée sur une spécialisation dans des activités innovantes peut parvenir à redonner tout son ancrage théorique et pratique aux interdépendances matérielles et à la complémentarité des tâches (division du travail durkheimienne). Néanmoins, cela passe par la communication sociale entre les acteurs dans le diagnostic sur la situation contemporaine et la prospective de l'avenir. Il y a dès lors une nécessité grandissante de construire un dialogue social portant sur la restructuration autour de la nouvelle structure, axé sur la ré-articulation stratégique des activités dans l'économie du XXIième siècle. Certainement, le statu quo dévastateur pour l'économie et la société peut s'expliquer par la présence de corporatismes liés aux anciennes activités en perdition. Mais il s'agit aussi d'une démagogie politique vis-à-vis des bassins d'emplois et des ouvriers/employés des secteurs en déclins, ces derniers étant aussi des électeurs, qui subissent plus les évolutions qu'ils ne les saisissent. Le manque de prospective a un coût, la stagnation de l'économie enchevêtrée dans son ancienne structure prolonge et aggrave les problèmes plutôt qu'elle ne les apaise. Les responsables politiques devront enclencher, avec les acteurs sociaux et économiques, la réflexion sur les restructurations économiques, sur la notion même d'activité et ce qu'elle pourrait devenir, sur la nature du travail et de son évolution.
Le substrat de la restructuration économique repose peut-être sur un savant mélange entre socialisme (protection, adaptation, concertation sociales) et libéralisme (créativité, entreprenariat, innovation). C'est notamment la libération des potentialités de la société qui pourrait bousculer les vieilles habitudes et les structures passées sur le déclin. Laisser la créativité des agents s'exprimer permettra sans nul doute à de nouvelles activités d'émerger, à des emplois de se créer. Nous devons laisser une grande place à l'innovation dans une société expérimentatrice, c'est-à-dire une société qui sache accompagner le changement, accompagner la restructuration. Progressivement, si nous savons accompagnés la créativité sociale, de nouvelles activités seront à même de renouveler la structure globale des activités économiques. Socialiser l'économie revient ainsi à mettre en commun, si nécessaire, les moyens, pour faire de grands projets et investir là où nous en ressentons le besoin. L'économie future n'est pas tant une micro-économie - un ensemble dispersé d'acteurs sur le territoire sans vue globale - qu'une mise en réseau des outils, des capacités et des potentialités des acteurs en vue de la réalisation de la prospérité.
Deuxièmement, il convient, dans le même temps, d'abandonner les discours tragiques quant aux délocalisations qui représentent une tragédie dans la mesure où il n'y a pas de vision stratégique d'ensemble. Il ne faut pas nécessairement envisager les phénomènes issus de la destruction comme essentiellement négatifs, cette destruction peut être créatrice si et seulement si nous développons la vision stratégique et d'avenir qui l'accompagne à la fois d'un point technique et économique mais aussi d'un point de vue politique et sociale. Dans chaque secteur où joue la dématérialisation, où nous pouvons engranger des gains de productivité, et réaliser des rendements d'échelle (délocalisation), grâce aux nouveaux outils (informatisation), il faut "substantialiser" localement la réalité ainsi évidée, c'est-à-dire revitaliser l'économie réelle avec des rapports socio-économiques tangibles, qui existent, et lient ensemble les citoyens, même localement, en tant que producteurs de l'économie et de la société elle-même. Il est indispensable de développer un discours lucide et de vérité comme un positionnement clair sur les délocalisations, qui ne sont pas fatalement un élément négatif si l'adaptation est pensée, et dirigée/régulée, en associant la société civile et les acteurs économiques.
Enfin, troisièmement, le cœur de l'économie à venir mérite une attention plus soutenue, parce que le phénomène décrit n'est pas qu'économique, reposant très probablement sur une mutation culturelle plus profonde. La véritable matrice du changement a été conceptualisée de manière magistrale par le sociologue et philosophe Jean-Baudrillard. Il est bien question, selon lui, d'un renversement du matérialisme historique, le dépassement de la productivité du matériel, sa substitution par la productivité de l'immatériel, ou de ce qui a été nommé post-matérialisme : "l'épicentre du système contemporain n'est plus le procès de production matérielle" écrit-il (Baudrillard, 1975, p.146). C'est pour lui très probablement une des transformations fondamentale de la modernité :
"Contre le postulat matérialiste selon lequel le mode de production et de reproduction des rapports sociaux est subordonnée aux rapports de production matérielle, on peut se demander si ce n'est pas la production des rapports sociaux qui détermine le mode de reproduction matérielle." (Baudrillard, 1975, p.160)
Il n'est bien sûr pas possible d'entrevoir distinctement ici si l'économie a influencé la culture (Jameson, 1994) ou s'il y a une réciprocité causale entre la culture et la structure de l'économie (Inglehart, 1997). Néanmoins, les théories les plus innovantes quant aux futurs de la croissance et de l'employabilité semblent s'orienter, par-delà la saturation du matériel de la modernité économique, vers des facteurs postmatériels. Nous sommes probablement aujourd'hui entrés dans l'ère de l'idéosphère, celle de la représentation des choses, le fameux troisième ordre de Platon. Il est certain que dans les nouvelles activités axées sur la conceptualisation, l'invention cognitive et collective, les nouveaux systèmes d'information et d'organisation, le design ou la forme même du service, les sociétés industrielles "avancées" semblent essayer de dépasser un seuil historique, vers une étape post-industrielle. Ceci reste une hypothèse à creuser dans la multitude des solutions à trouver dans l'après-crise car ce changement socio-économique requiert l'interprétation critique et prospective de la Théorie dans son ensemble.

Notes
1 Voir les rapports de l'OCDE sur les politiques actives du marché du travail et stratégies d'activation du chômeur. Notamment "L'activation des chômeurs telle que la pratiquent les pays", Perspectives de l'emploi, OCDE, 2007.
Disponible sur < http://www.oecd.org/dataoecd/2/9/40777192.pdf >
2 Ces idées ont été avancées à droite par Dominique de Villepin (Patriotisme économique), et à gauche par Arnaud Montebourg (Démondialisation par le respect des normes environnementales et sociales).
Références
Baudrillard, Jean (1975), Le miroir de la production ou l'illusion critique du matérialisme historique, LGF, Paris, 1994.
Bell, Daniel (1976), Vers la société post-industrielle, Robert Laffont, Paris, 1998.
Cahuc, Pierre, Debonneuil Michèle, "Productivité et emploi dans le Tertiaire", Conseil d'analyse économique, La documentation française, Paris, 2004.
Disponible sur < http://www.cae.gouv.fr/IMG/pdf/049.pdf >
Debonneuil, Michèle, L'espoir économique. Vers la révolution du quaternaire, Bourin, Paris, 2007.
Inglehart, Ronald "The impact of Culture on Economics Growth" in Modernization and Postmodernization : Cultural, Economic and Political Change in 43 societies, Chapter 7, Princeton University Press, 1997, pp. 216-236.
Jameson, Frederic, Postmodernism or The Cultural Logic of Late Capitalism, Duke University Press, 1994.
Keynes, John Maynard (1930), "Perspectives économiques pour nos petits-enfants" dans Essais sur la monnaie et l'économie : le cri de Cassandre, Payot, Paris, 1971, pp. 127-141.
Meda, Dominique, Travail, la révolution nécessaire, éditions de l'Aube, La Tour d'Aigues, 2010.
Moulier-Boutang, Yann, Le capitalisme cognitif : la nouvelle grande transformation, Amsterdam, 2007.
Rifkin, Jeremy, La fin du travail, La découverte, Paris, 1997.
Stiglitz, Joseph, Sen, Amartya, Fitoussi Jean-Paul, "Rapport de la Commission sur la mesure des performances économiques et du progrès social", Rapport commandé par la Présidence de la République française, rendu public le 14 septembre 2009. Disponible sur
< http://www.stiglitz-sen-fitoussi.fr/documents/rapport_francais.pdf >
Sue, Roger, La richesse des hommes : vers l'économie quaternaire, Odile Jacob, Paris, 1997.


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