Le rapport Baker-Hamilton sur l'Irak

Théo DOH-DJANHOUNDY

Le mercredi 6 décembre 2006 était remis au Président Bush le rapport Baker-Hamilton sur l'Irak. Ce document de 84 pages comprend 79 recommandations sur la sortie de crise en Irak.
Le rapport du groupe d'étude sur l'Irak aujourd'hui connu sous l'appellation de rapport Baker est un document dont la paternité revient à ses deux co-présidents : James Baker ancien secrétaire d'Etat sous Bush père, Lee Hamilton ancien parlementaire démocrate. Le rapport en lui-même est le fruit de la réflexion de quatre instituts de recherches dont celui de James Baker, le Baker Institute for Public policy. Comme il y est précisé, c'est un document de consensus motivé par deux objectifs principaux : améliorer la situation en Iraq et protéger les intérêts américains. C'est ce qu'affirment les deux premières lignes de la lettre de ses deux co-présidents insérée en tête du rapport.
Le rapport en lui-même est un constat d'échec de la politique de Georges Bush et plus précisément, de ses Faucons en Irak. C'est une critique sans fard de la politique du gouvernement Bush à la fois dans sa gestion de l'après Saddam et de sa politique au Moyen-Orient. Il propose un retrait progressif des troupes américaines du pays d'ici au premier trimestre 2008. Puis, le rapport demande aussi au gouvernement américain de prendre des mesures à l'encontre du gouvernement irakien si ce dernier n'obtenait pas de résultats probants dans le cadre de la sécurisation du pays. Ce qui n'a pas manquer de faire réagir les autorités de Bagdad. "Je pense que le rapport Baker-Hamilton est inique et injuste, "Il renferme des points très dangereux qui sapent la souveraineté de l'Irak et sa Constitution".", a dira Djallal Talabani le chef de l'Etat, membre de la communauté kurde, lors d'une conférence de presse donnée à son domicile à Bagdad.
Au delà de ces points, le rapport fait des recommandations beaucoup plus importantes à mon sens. Il demande un rapprochement avec Téhéran et Damas dans la résolution de la crise irakienne, l'apaisement sur le terrain et principalement pour ramener le calme au Moyen-Orient. Le rapport Baker-Hamilton prône le dialogue avec ces deux régimes qui ne font pas bonne presse à Washington. Plus qu'un document de consensus, c'est une analyse très réaliste de la situation moyen-orientale qui est faite.
Un léger rappel de la lutte des idées entre les ultraconservateurs du régime Bush menée par Dick Cheney, Donald Rumsfeld et Paul Wolfowitz et les modérés dont Paul O'Neil ancien ministre du Budget et Colin Powell ancien Secrétaire d'Etat avait mené à la démission ou au départ des deux derniers cités. Aujourd'hui, Le Président Bush doit se dire qu'il aurait mieux fait de prêter une oreille plus attentive à O'Neil et Powell. Rappelons que la démission de Paul O'Neil a été principalement motivée par son refus de créer un gouffre financier dans le déficit du budget fédéral. Comme il l'avait confirmé, le déficit budgétaire des Etats-Unis frôle aujourd'hui les 400 milliards de dollars. Même si la reprise de la croissance de l'économie américaine a réduit ce déficit par rapport aux années précédentes (455 en 2003 et 427 en 2005), cela peut être imputé aux coûts financiers de l'Irak.
Quant à la sortie de Powell de l'administration Bush, il va sans dire que c'est son opposition constante à la politique suicidaire de Rumsfeld en Irak qui en est, en partie, la cause. Comme je l'ai démontré dans mes articles précédents sur la doctrine Powell, ce dernier s'est toujours opposé à la politique de Rumsfeld consistant à libérer le pays de Saddam et à exercer ensuite une présence à minima. Rumsfeld ne faisait pas de la gestion de l'après Saddam une priorité pour l'armée américaine. La doctrine Rumsfeld consistait en une guerre éclair en Irak et à laisser le pays entre les mains des nouveaux maîtres de Bagdad mis en place par la Coalition. Rumi n'avait pas pris en compte que Saddam préparait cette guerre depuis au moins cinq ans. Ses Fedayin étaient fins prêts lorsque les mari

Aux termes de cette rapide analyse, je dirai que le rapport Baker-Hamilton est un désaveu de la politique d'airain menée sans discernement par certains faucons de l'administration Bush. Ces faucons font aujourd'hui profil bas face à une politique offensive et unilatérale improductive. Le retour de l'ancien ministre de Saddam Hussein des Affaires Etrangères, Tareq Aziz est annoncé. A l'heure actuelle, il attend d'être jugé pour sa participation au régime de saddam. Les prochains jours nous éclaircirons.


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