Puissance ou pouvoir, l'erreur des Etats-Unis

Théo DOH-DJANHOUNDY

Nous avons longtemps assisté au niveau des Etats-Unis d'Amérique à la mise en œuvre d'une politique d'airain. Cette politique est l'expression même de la puissance américaine. Mais ce qui a été oublié, c'est la confusion qui a été faite entre la puissance et le pouvoir. La puissance est l'ensemble des moyens matériels ou non qui donnent à leur(s) détenteurs la capacité de faire ou non telle ou telle chose. Le pouvoir est justement cette capacité issue de la puissance. Le pouvoir est donc l'expression de la puissance. Puissance et pouvoir sont des notions strictement distinctes. Les Etats-Unis ont la ou les puissances dans certains domaines déterminés comme l'économie, la défense, la culture, la conquête spatiale pour ne citer que ceux-là. Cependant, ils ne disposent pas toujours du pouvoir qui va avec. Toues les puissances économiques, militaires…culturelles américaines ne luis ont pas toujours utiles dans sa lutte contre le terrorisme. La raison est simple, le pouvoir qui est l'expression de la puissance obéit à d'autres critères de ceux de la puissance. Par exemple la simple puissance de feu se définit en termes de moyens matériels, financiers et logistiques alors que le pouvoir qui en est issu obéit à d'autres paramètres. Avoir une puissance de feu aujourd'hui ne signifie pas forcement disposer de la capacité de faire feu parce qu'il fa prendre en compte des paramètres sociaux, stratégiques divers. Cela revient à certaines interrogations : j'ai une puissance de feu supérieure, mais ai-je le droit de tirer ? (critère juridique) ; quelle est la tendance de l'opinion par rapport à une telle action ? (critère social) ; puis-je agir sans dommage pour mes troupes ? (critères stratégique et logistique) ; saurais-je maîtriser la réaction de l'ennemi d'en face qui est cependant matériellement plus faible que moi ?(critère asymétrique et/ou dissymétrique).
Tous ces paramètres ne peuvent être utilisé isolement mais doivent être coordonnés pour le succès d'entreprises ou des campagnes militaires. La réaction des Etats-Unis depuis les deux guerres, et principalement, depuis la fin de la guerre froide, s'est appuyée sur un seul des facteurs de la puissance, le pouvoir. Or le pouvoir est un bien qui se partage rarement. D'ailleurs un adage dit que " le pouvoir ne se partage pas ". Il se veut donc exclusif et ne supporte pas la compétition ni la critique. Le pouvoir est, par nature, le siège de l'unilatéralisme. Ce que font aujourd'hui les Etats-Unis et le gouvernement Bush et principalement tous les gouvernement conservateurs avant lui.
Ainsi, le pouvoir dont dispose les Etats-Unis n'a connu aucune application sérieuse parce que le pays a confondu puissance et pouvoir, utilisant indistinctement l'une ou l'autre. Pour les Etats-Unis, sa puissance lui donnait, ipso, facto le pouvoir de faire telle ou telle choses avec un réalisme indélébile au sens même de la théorie en relations internationales. Cette erreur a encore été accentuée par les Faucons de la Maison Blanche dont l'ultra conservatisme leur a ôté toute modération. Ce fut notamment le cas après le 11 septembre. Ils ont cru que l'immense puissance militaire du pays équivalait à son pouvoir. Ce qui est faux. Quoi de plus que leur échec en Irak peut l'attester ? Les Faucons ont cru pouvoir mener diront plusieurs combats sur des théâtres d'opération. Pour cela,ils ont cru pouvoir utilisé toute la puissance de feu de l'armée sur des champs de combats de la manière qu'ils souhaitaient. Les morts civiles tendancieusement targués de dommages collatéraux, un terme qui n'a cure en droit internationale et juridiquement vide de sens. Les scandales qui ont taché l'armée américaine ont atténué son pouvoir. Les cas de tortures à Abu Ghraib, à Guantanamo, les prisons secrètes de la CIA ont démontré le pouvoir de l'opinion publique face à une puissance non contestée mais avec un pouvoir de mise en œuvre ébréché. Tant que la majorité de l'opinion publique américaine ne s'intéressait pas à la questi

Les Etats-Unis comprennent avec un grand retard que puissance et pouvoir ne sont pas interchangeables.

Doctorant et chercheur, Théo Doh Djanhoundy s'intéresse principalement à la notion de puissance et de ses applications.


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