Société Binet-Simon

Société libre d'étude psychologique de l'enfant

Ce sont les auditeurs de la conférence pratique de pédagogie dirigée par Ferdinand Buisson, alors professeur de science de l'Education à la faculté de lettres de Paris, qui nourrirent le projet d'une Association susceptible de promouvoir l'étude psychologique de l'enfant et d'étudier ses incidences sur la didactique. Instituteurs, professeurs ou étudiants, ils voulaient ne plus demeurer étrangers à un mouvement dont ils savaient le développement dans plusieurs autres pays, notamment aux Etats-Unis.

Cependant, lors de ces discussions initiale, deux tendances contraires apparurent. Souhaitant adopter les techniques utilisées aux Etats-Unis, les uns désiraient que le travail consistât essentiellement à rédiger des questionnaires et à dépouiller les réponses. Les autres préférant au contraire recourir à des observations individuelles. Devant cette divergence, Buisson se trouva fort embarrassé, faute d'une idée suffisamment précise de la méthodologie appropriée. Mais, connaissant les travaux de Binet qui s'était adressé à lui antérieurement pour obtenir l'autorisation d'expérimenter dans des écoles parisiennes, il lui demanda de participer à la réunion du 9 novembre et de poser sa candidature au premier bureau où il fut effectivement élu assesseur. Binet saisit d'emblée que la Société pourrait lui assurer les collaborations qu'il attendait depuis longtemps pour entreprendre des recherches dans les écoles.

Il eût donc une grand convergence entre son propre désir et celui des pédagogues et des étudiants qui s'intéressent à la psychologie de l'enfant mais ne savaient comment l'aborder. Néanmoins, si résolu qu'il fut d'introduire en pédagogie des techniques d'expérimentation, il dut accepter d'assez long délais avant qu'elles fussent comprises et ratifiées par ses collaborateurs. Au début, ceux-ci étaient bien loin d'en comprendre l'esprit et plus encore d'en accepter l'extension à leur propre champ d'intérêt ; appréciant surtout dans la Société la possibilité qu'elle offrait d'échanger des opinions entre personnes de bonne compagnie, plusieurs n'admirent que lentement l'exigence d'objectivité opposée à leur goût de la discussion.

Mais, avec autant de fermeté que de courtoisie, Binet arriva peu à peu à assurer le déclin d'une attitude empirique au profit de la démarche scientifique qu'il entendait promouvoir et à mettre en plan les procédures de la pédagogie expérimentale telle qu'il la concevait. C'est à cela qu'il consacre son énergie jusqu'à sa mort en 1911, en lançant un fort programme de recherches, organisé autour de deux axes qu'il avait distingué : la pédagogie individuelle, centrée sur les aptitudes des élèves et la pédagogie générale, ordonnée à la mise au point de procédures applicables à tous. C'est dans cet esprit qu'il suscita en vue de leur prochaine ré-interprétation dans les classes "normales", un enseignement spécial pour les "anormaux d'école" -les débiles- et met au point les célèbres exercices d'orthopédie mentale.

L'action de la Société, après la disparition de celui dont elle prit le nom dès 1917. Du moins s'impose-t-il de rappeler quelques noms, quelques dates et quelques faits. Après un intérim assuré par Ferdinand Buisson, le Docteur Simon fut élu président en 1912 et le resta jusqu'à sa mort en 1961. Pendant ce temps, la parution du Bulletin se poursuivit régulièrement sauf entre 1940-1944, de même que les travaux du laboratoire de la rue de la Grange aux Belles où, en 1919, Piaget fit un stage au cours duquel il se familiarisa avec la pratique des tests et l'examen clinique des élèves et fit, sur Freud et la psychanalyse, une conférence mouvementée. De même Th. Simon prit-il activement part à l'initiation des Elèves-Maîtres à la psycho-pédagogie et à la formation des instituteurs spécialisés. Et si, après les années 1935, un certain ralentissement est observable, en ce domaine, du moins la Société eût elle le mérite d'offrir à Madame Borel-Maisonny, qui en demeure jusqu'à sa mort, en 1997, vice-p


Catégorie
Centre d'étude

Pays
France

Adresse
24 rue Roger Ravaisson
69005 Lyon

Site internet
www.univ-nancy2.fr/poincare/perso/andrieu/societe....

Fondateur(trice)
Alfred Binet
Théodore Simon

Président(e)
Guy Avanzini

Secrétaire de rédaction
Bernard Andrieu
bandrieu59@orange.fr OU jacqueline.morlot@univ-lorraine.fr

Vice-président(e)
Dominique Fily