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Huenumadji Afan

Huenumadji Afan

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L’EVANGILE CHAKA

Résumé de l'ouvrage :

Personnage historique de fameuse mémoire, Chaka (1787-1828) s’est bel et bien emparé des esprits. Après avoir par la sagaie édifié dans la première moitié du dix-neuvième siècle un vaste empire en Afrique australe, le Chef zoulou règne toujours par la plume des écrivains négro-africains à travers les nuances du verbe, au gré de la personnalité individuelle ou collective de chacun. Et voilà le mythe, à la fois stable et dynamique, uniforme et divers… Conséquence : autant d’écrivains, autant de Chaka, et il est difficile, impossible de dégager de cette apparition à la fois multiforme, simplifiée et circonstancielle l’image représentative du Zoulou. En fait, le mythe de Chaka s’intègre dans la thématique universelle des personnages historiques, morts ou vivants, allègrement transfigurés par la passion… Mais par-delà le cadre étroit et particulier de la littérature, c’est celui plus vaste et plus général du langage et de la communication qui doit faire l’objet d’une réflexion profonde. Que savons-nous des faits si nous n’en savons que ce qu’en affirment les révélations, les discours, les proclamations ? Oui, en dépit de l’objectivité dont ils aiment ou voudraient tant se prévaloir, le journaliste, l’historien, l’homme de loi, le photographe… sont fabricateurs de mythes. Alors, il faut savoir lire, savoir décoder. La réception des messages –oraux, écrits, audiovisuels – doit être une opération active. L’urgence capitale, c’est donc l’acquisition, la conquête d’une conscience sémiologique : une certaine aptitude au discernement, une certaine rigueur d’appréciation qui nous mette à l’abri des chantages du verbe. A chacun d’en saisir l’enseignement : éviter d’être embarqué pour le royaume des dupes. Comprendre que le discours forme et déforme tout ce qu’il touche, c’est saisir la substance du message du mythedeChaka,deL’EVANGILECHAKA…

Problématique :

Le chef zoulou Chaka, comme bien d’autres personnages historiques, est un homme qui, par sa personnalité et l’ampleur de sa vie, offre à d’autres hommes l’occasion d’exercer leur sens critique et imaginatif.
L’EVANGILE CHAKA nous fait réfléchir aux questions suivantes :
- Qu’est-ce qu’un personnage historique ? Qu’est-ce qui fait la célébrité d’un personnage historique ? Le chef, celui qui détient un pouvoir, est-il forcément au service des intérêts du peuple ? Quelle est la part de la littérature, de l’art, de l’affabulation, dans la (re)constitution de l’histoire ?
- De façon générale, de quel discernement le récepteur fait-il preuve à l’égard des discours, des écrits, des images qui lui parviennent de gré ou de force ?...

Le public :

Ouvrage didactique, L’EVANGILE CHAKA est destiné :
• Aux chercheurs et aux étudiants des départements de lettres et sciences humaines (lettres modernes, littérature comparée, littérature africaine, études africaines, histoire, sociologie, psychologie, philosophie, sémiologie-communication, théâtre, cinéma…) ;
• Aux enseignants et élèves des lycées et collèges ;
• À toutes personnes intéressées par les questions de culture générale ou désireuses d’engager la réflexion sur les mécanismes de l’expression, de la communication, et sur la problématique de la manipulation des consciences, de la quête de la vérité face aux embûches de la parole, de l’écriture, de l’image.

L’AUTEUR :

Huenumadji AFAN a enseigné, de 1976 à 2002, les Humanités classiques et modernes (Latin, Français), et assuré l’encadrement de la Maîtrise en « Littérature et Communication », « Sémiologie-Communication » au département de Lettres Modernes de l’Université de Lomé (Togo). Co-fondateur, directeur de la publication de la revue Propos Scientifiques, organe d’expression de l’Action Propos Scientifiques en particulier des années 1985-1990, il est auteur notamment de « Chroniques », dont certaines sont publiées sur des sites internet.
https://www.google.fr/?gws_rd=ssl#q=huenumadji+... http:// www.africultures.com/php/?nav=personne&... www.atsud.info/afan.htm http:// www.republicofatakora.webnode.fr/la-chr... http://www.afribd.com/personne.php?no=2922 www.afribd.huenumadji
www.oduland.com/afan/arsurid.htm
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=auteurs&obj=artiste&no=12091


Engagement politique : Député, membre du groupe parlementaire CAR (Comité d’Action pour le Renouveau), président de la commission parlementaire permanente « Développement Socioculturel » à l’Assemblée nationale du Togo durant la législature 1994-1999. Entré en résistance, suite au coup de force électoral qui imposa Gnassingbe Eyadema pour un nouveau mandat présidentiel en 1998. www.oduland.com/afan/arsurid.htm
adresse email envoyer un mail à l'auteur
Renseignements
Titre(s), Diplôme(s) :
Docteur en Littérature Comparée

Fonction(s) actuelle(s) : Ecrivain(e)

Pays d'origine : Togo
Bibliographie
L'ÉVANGILE CHAKA
Huenumadji Afan
Autres parutions

- Un écrivain chrétien: David Ananou, apôtre de l'espérance
- Éditoriaux, essais, articles:
* La pesanteur * L’Erreur est tunisienne * Le trafic du verbe * Conscience du présent * Nous sommes tous des fondés de pouvoir * Qu’est-ce que la démocratie ? * Caïphe, le Sanhédrin et les autres * Pour un humanisme de l'homme * Action Propos Scientifiques * Regard sur la démocratie béninoise * Sommes-nous des chrétiens fétichistes? * Tirs croisés sur le célibat du prêtre * Politique en Afrique : perpétuelle persécution de la vérité * Le monde selon l'ordre du discours * En toute transparence-vérité * Le Non-conformisme * La politique sans pouvoir * Qu'est-ce qu'un écrivain? * Le devoir de résistance * Écologie des espaces ethnoculturels * Fidèle à sa folie

* * *

Nous sommes tous des fondés de pouvoir

« Nous sommes tous des fondés de pouvoir », c’est l’idée que ce qui freine l’action positive de l’individu-citoyen, c’est le manque d’assurance, c’est le complexe qu’il s’inflige souvent devant les instances de pouvoir.
« Nous sommes tous des fondés de pouvoir », c’est l’idée que l’individu ne doit pas attendre une quelconque investiture avant d’agir. Car, ce n’est pas l’investiture ou l’habilitation à exercer un pouvoir qui confère la compétence.
« Nous sommes tous des fondés de pouvoir », c’est l’idée que l’individu ne doit jamais accepter d’être victime de la dictature des réseaux, et qu’il doit refuser d’idolâtrer ou de vénérer les institutions ou les individus quels qu’ils soient.
« Nous sommes tous des fondés de pouvoir », c’est la devise du combattant de la liberté et du progrès.
Huenumadji AFAN, Interview à Lomé, in La Tribune des Démocrates (du 30 juin au 06 juillet 1992)

* * *

- Florilège BCCM (Chroniques):

*Le Mythe de l’ « Indépendance »
* C’est toujours l’âne qui trinque ! * Le 05 octobre * A hue et à dia ! * Le visa * La misère humaine au nom de Dieu * Si la Francophonie parlait Etiemble… * La Côte d’Ivoire victime… * L’Arche de Noé * Aussi malsain que le 27 avril… * Fétichisme * Togo : la dent d’or… * Histoire des Togolais * République Togolaise * A quand le Referendum ? * Césaire est mort, vive le Discours… ! * Terre de nos ancêtres * Qu’est-ce que la Francophonie ? * Les deux camps * La Secte * Affaire DSK * Pardon-Réconciliation * Où sont donc les balafres… ? * Comme la Corrèze… * Que devient donc la Terre de Togbanyi ? * Renonciation * Habemus Papam ! * Roberto Pazzi * Nelson Mandela * Bossuet * Consciences décapotables * Monastique * Pays-Bas * Démarcation * Majordome éjecté * Galanterie blue-jean ! * Mad from Togo * Carriérisme et opportunisme * Je suis Charlie * Mamadou et Bineta * Colonie modèle ! * La raison hellène * Ploutocrassie * Chefferie traditionnelle * Par delà le dogme * Sanctionnés pour le Bac ! * Code Pénal flambant neuf ! * Intronisé « Reine » * Combustion vive, combustion lente * Irréductible caméléon * La déchéance * Messe pontificale transfrontalière * Trente-trois… * Le despotisme éclairé * Pauvres gardiens… ! * Hissène Habré : trop tôt !... * Esclaves du travail ! * Le Sacrifice de Jo Cox * Scandaleuse empathie * Aux mains des brigands * Flagrant délit * Sacrifice de Jacques Hamel * Gabonais ou pas Gabonais ? * Qui sont-ils, ces « inspecteurs » ? * Accord fibrome * Vodou lacrymogène * Les armes miraculeuses * La Baule * La Trumpette Donald * Adétikopé * Camouflage ! * La victoire de Fatou *

* * *

- Les toutes dernières

Patrimoine conquis

« Chuchoter à l’oreille de Dieu ne suffit pas à avoir l’oreille des hommes. ». Max-Savi Carmel

1 – Ordonnance :

L’Usurpateur souverain,

Vu l’APG (Accord Politique Global) du 20 août 2006 ;
Vu le Rapport de la CVJR (Commission Vérité Justice Réconciliation), notamment en ses Recommandations 5 et 8 ;
Vu la Feuille de route de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) en date du 31 juillet 2018 ;
Le Vatican entendu ;

Ordonne :

Article 1er : Conformément à la Constitution du 14 octobre 1992, toute usurpation de pouvoir en « pays de nos aïeux » est crime imprescriptible.

Article 2 : Est non-usurpation, patrimoine conquis légitime, toute usurpation de pouvoir antérieure à la présente ordonnance, qui sera publiée au journal officiel du « pays de nos aïeux ».

Edicté en ce jour béni du mercredi 08 mai 2019 à 23 heures.

Signé : L’Usurpateur souverain,
Né le 05 février 2005

2 - Méditation : Avoir l’appui même du bon Dieu suffit-il à avoir l’appui des humains ?

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/09052019

* * *

Jubilé d’or sacerdotal presbytéral

« Que celui qui fait le bien continue à faire le bien, que celui qui est saint progresse dans la sainteté. »
Apocalypse, 22, 11

Ils étaient cinq ensemble. Ordonnés prêtres selon l’ordre de Melkisedek :
- trois pour l’archidiocèse de Lomé (Matthieu ADJOGNON, Bertin AGBOBLY-ATAYI, Pierre SESHIE – qui deviendra premier évêque de Kpalimè) ;
- deux pour le diocèse d’Atakpamé (Matthieu AFAN, Jean-Baptiste BEDIAKOU).
Dans la sainte Ville Eternelle, en ce jour-là du 04 mai 1969, le « pays de nos aïeux » était donc remarquablement à l’honneur. Et nous étions quelques prédestinés, si heureux en cette circonstance particulière, aux côtés de nos frères aînés comblés de grâces...
Ils ne sont désormais plus que deux – Matthieu ADJOGNON et Bertin AGBOBLY-ATAYI – à concélébrer pour cinq. Ainsi en a décidé la divine Providence… Vive le jubilé !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/04052019

* * *

De ce jour à nos jours

« Le 27 Avril 1960, après une longue lutte acharnée, suivie d’une transition pacifique
consécutive à la victoire des forces nationalistes aux élections législatives du 27 Avril 1958,
notre cher pays, le Togo, accédait à la souveraineté internationale. »
Gilchrist OLYMPIO (59e anniversaire Indépendance du Togo)

Diantre ! Depuis quand accède-t-on à la souveraineté internationale sur la base d’élections législatives anticipées ?...
Assurément : Ce truquage originel délibérément consenti et négocié - qui maintient notamment le régime d’autonomie interne de la Loi-cadre, sous couvert d’une fausse transition « pacifique » suivie d’une fausse indépendance, dont l’un des corollaires sera l’assassinat de Sylvanus Olympio ! – est incontestablement l’astuce pitoyable qui cristallise bien des malheurs sociopolitiques que le « pays de nos aïeux » connaît, de ce jour à nos jours, avec comme point d’orgue l’intolérable monarchie dynastique, nouvelle forme de domination ségrégationniste antirépublicaine accommodée par l’ordre prédateur depuis le 05 février 2005.
Sentence : Trop ménagée, la vérité tourne et retourne forcément en mystification lourde !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/27042019

* * *

Ne les brûlez pas !

« Regarder clair pour agir juste et fort. » Christiane TAUBIRA

Grande conclusion du « Grand Débat », en réponse aux « Gilets Jaunes » ? – Travailler, et travailler encore. Travailler davantage !...
Diantre ! Au profit de qui ? Les gens sont dans la misère. Alors qu’ils travaillent déjà. Et, pour certains, alors qu’ils travaillent déjà trop ! Et l’on voudrait prétendre que s’ils sont malheureux, c’est qu’ils ne travaillent pas assez !
Emmanuel Macron n’aime pas les gens qui ne travaillent pas « assez ». Toujours cette pulsion à infliger le tripalium ! L’impavide Elyséen tient à ce que les gens meurent à la tâche. Comme s’il était suffisamment prouvé qu’en compensation des privilèges dont il est paré, lui-même besogne huit mille sept cent soixante heures par an !
Il paraît même que l’envie l’a parfois pris de supprimer deux emblématiques jours fériés en les rendant ouvrables. De grâce : si Notre-Dame de Paris est patrimoine culturel, le lundi de Pâques et le lundi de Pentecôte le sont tout autant. Monsieur le président, ne les brûlez pas !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/26042019

* * *

Tous du même père…

« Non seulement nous n’avons pas les principes qui mènent au vrai, mais nous en avons d’autres qui s’accommodent très bien avec le faux. » FONTENELLE

Journée de grande mémoire : AFAN Sodokpo, chef du village d’Ountivou, localité située dans l’actuelle préfecture de l’Ogou au Togo, en Afrique de l’Ouest, fut assassiné dans la nuit du samedi 11 avril 1964…
Gloire à Dieu Tout-Puissant, qui sonde les cœurs et les reins !... Parmi les seize de ses enfants encore vivants – dont un posthume -, quels sont-ils à garder quelle image et quel souvenir du patriarche ?
Assurément : Tous du même père, nous n’avons pas le même père. Les uns sont condamnés à vivre en permanence dans leur chair un passé et un personnage toujours présents. Les autres vivent d’un mythe. Les uns ou les autres se mettent en frénésie, chacun au gré de ses instincts, de ses fantasmes et de ses opportunismes, sous prétexte de Chef AFAN….
Sentence : Tout mémorial est célébration. Toute célébration n’est pas forcément mémorial.

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/11042019

***

Prends ton grabat… !

« Il y a un certain nombre de valeurs avec lesquelles je ne transige pas :
c’est-à-dire la justice, la vérité, la liberté. »
ETIEMBLE

A ceux qui trouvent à redire à ce dépôt de candidature « par procuration », scénario surréaliste qui prouve à quel point il est frappé de dégénérescence, l’octogénaire algérien, férocement assoiffé de cinquième mandat, paraît répliquer, « par procuration », avec toute l’ardeur et toute la vocifération d’un certain quadragénaire : « Qu’ils viennent me chercher ! »
Ouais ! Personne, évidemment, ne se rendra en Helvétie pour décrocher de son hospice l’exilé circonstanciel accablé par le destin. Surtout que les puissants régisseurs de ce monde se complaisent – comme d’habitude ! – à « prendre note », au gré de leurs intérêts…
Si j’en avais le pouvoir, je dirais - comme le fils du charpentier de Nazareth ! - juste un mot à l’intention de l’illustre impotent : « Prends ton grabat, et marche ! » Miraculé, l’insatiable despote se contenterait, en cette période si tragique de sa vie, d’un minimum d’énergie et de lucidité, pendant que règnent et gouvernent déjà en son nom et à sa place - par procuration ! -ceux qui ont concocté sa candidature par procuration !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/05032019

* * *

Mise en garde contre le cléricalisme

« Nous avons à mettre en relief le cœur même du message chrétien.
Nous avons « sacramentalisé » le peuple chrétien sur une large échelle,
nous ne l’avons pas suffisamment « évangélisé ».
Telle est la situation de fait. »
Cardinal SUENENS

Aujourd’hui, l’anticléricalisme et les réseaux souterrains tentent de faire accroire que l’Eglise catholique est l’épicentre assermenté de la pédophilie dans le monde. Au point que le Pape François a tenu à réunir autour de lui pendant quatre jours les cent-quatre-vingt-dix présidents des Conférences épiscopales, afin de réfléchir à la problématique…
Au demeurant, pour le Pape François, dont on connaît par ailleurs l’engagement sans réserve sur les questions sociopolitiques, les journées de réflexion au Vatican ont été l’heureuse occasion de faire une mise au point salutaire sur le vrai mal qui guette en permanence l’Eglise : le cléricalisme. L’autorité cléricale, comme toute autorité, est investie de pouvoir, pour être au service des humains. Chaque fois que ce pouvoir se corrompt en service au profit de l’autorité, il y a déviance.
Somme toute, il revient à chaque membre de l’Eglise, comme à tout individu humain au sein de la société, d’être partout protecteur des faibles, et porte-flambeau inconditionnel de la lutte contre les injustices et la prédation sous toutes ses formes.

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/26022019

* * *

Le saint hospice

Finita jam sunt proelia.
Et parta jam victoria.
Gaudeamus et canamus !
Alleluia !

Bientôt ils accourront de partout. Ils arriveront des quatre coins du monde. Bientôt tous les podagres pèlerins feront halte. Pour leur délivrance, de pérégrinations en pérégrinations, ils auront pour point de chute le « pays de nos aïeux ». Pour se faire émonder. Pour être sûrement purifiés de tous leurs maux… et de tous leurs péchés.
Impotents de tous genres, de toutes races, de tous bords, de tous ordres, réjouissez-vous ! Désormais une seule référence. Un seul hospice plus que sanatorium, dispensateur de salut pour tous les corps et pour toutes les âmes. Un hospice qui vaut plus que basilique…
Ouais ! Le larron s’introduit par effraction. Enlève les plus grasses parmi les brebis. Le temps que l’on crie « Au voleur ! », le voilà qui se retranche. Immole. Apprête la bonne cuisine. Et d’inviter au festin le berger et… tous ceux qui sont dans la gêne.
Ah ! La grande prestidigitation, grande maîtrise et grande diversion ! Plus d’un tour dans le sac à miracles ! C’est vraiment simple : de prédateur muter crânement en bienfaiteur. Belle manière de payer la dîme… Cela mérite indulgence plénière !
Ainsi les combats sont terminés. Qui donc ose encore parler de prédation ? Tous les torts sont réparés ! Chantons tous victoire. Action de grâces ! Le Seigneur nous aura aspergés à l’hysope. Bénissons-le pour tous ses bienfaits !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/21022019

* * *

MODUS OPERANDI

« Ils font partout les nécessaires,
Et, partout importuns, devraient être chassés. »
Jean de LA FONTAINE, Fables, VII, 9

Soyons vraiment clair : nul ne peut prétendre se mettre en devoir d’inciter à l’insurrection l’intellectuel. Par nature, l’intellectuel est nécessairement un insurgé.
Faut-il le rappeler ? Le travail de réflexion – spécialité de l’intellectuel ! – ne se fait jamais sur commande. Jamais sur consigne. Jamais sur injonction. Par soi-même et de son propre élan, l’intellectuel est à sa tâche. Il ne peut manquer d’être à sa tâche.
Seulement voilà : il est des intellectuels qui s’insurgent pour une cause, et il en est d’autres qui s’insurgent pour une autre. Ce n’est pas parce qu’il ne s’insurge pas pour la « bonne » cause, que l’intellectuel n’est pas intellectuel !
La généreuse initiative consistant, comme certains le souhaitent, à inciter à l’ « insurrection intellectuelle » l’intellectuel, sonne sans doute comme un appel à l’opportunisme. Le « modus operandi » est à revoir, sous peine de brouiller malencontreusement les perspectives et de mettre indéfiniment en sursis la monarchie dynastique qui sévit au « pays de nos aïeux »…
Interrogeons-nous : En quoi est-il si pertinent de vouloir à tout prix engager des gens – qui ont choisi leur camp ! - à s’engager contre eux-mêmes ? Il faut s’en convaincre :il suffit que les intellectuels, qui s’insurgent contre le monarchisme, gardent fidèlement, par honnêteté éthique et justesse scientifique, leur ligne de combat. Nul besoin donc de s’agréger à une meute d’imposteurs invétérés, qui jouent impitoyablement les grands réservistes, attendant de faire la mouche du coche !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/11022019

* * *

Libérez-les tous !

« Le Seigneur m’a envoyé annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres. »
Luc, IV, 18

Ce dimanche 27 janvier 2019, la prise de parole de l’officiant qui présidait la célébration eucharistique dominicale fut lumineuse. Parole de vérité dans la réalité réelle.
Dans son homélie, commentant particulièrement l’évangile du jour, il a fait observer avec force inspiration à quel point des individus humains, dont bon nombre chrétiens – baptisés, confirmés ! –, et qui s’affichent tels, sont pétris de perfidie : détenteurs de pouvoir ou associés au pouvoir, au lieu de libérer les prisonniers conformément à leur mission baptismale, ils ajoutent aux prisonniers d’autres prisonniers !
Entre-nous : Combien doit-on libérer ? Un, deux, trois ? Cent ? Quatre-cent cinquante ?... – Non ! Il faut les libérer tous !
Sentence : En aucun cas, nul ne doit être retenu prisonnier !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/29012019

* * *

La démocratie, personne n’en veut !

« Ne prenez pas le métro !
Prenez conscience ! »
AGUIGUI MOUNA

En « République Démocratique », tout est désormais solennellement tiré au clair : le peuple choisit démocratiquement, et c’est le monarque qui décide qui doit lui succéder à la tête de l’Etat. Partisan ou opposant. Opposant de préférence…
Démocratie totalitaire. Pouvoir et honneur. Alliance sacrée dynastique : le fils du guérillero historique ne doit céder la place qu’au fils de l’opposant historique ! Qui donc voudrait s’en plaindre ? Qui donc est le plus méritant ? Et ne suffit-il pas qu’il y ait « alternance » ? Les dignitaires, les super-grands de ce monde ? - Ils prennent « note ». Sans dire la note !
Irrationnelle rationalité pompeuse à grands frais : l’on organise la démocratie pour contrer la démocratie. Pauvre démocratie ! En ton nom, l’on ne veut pas de toi !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/22012019

* * *

Cour Non Pénale

« Non seulement nous n’avons pas les principes qui mènent au vrai, mais nous en avons d’autres qui s’accommodent très bien avec le faux. » FONTENELLE

Salut à toi, qui fus acquitté pour absence de preuves ! Retourne dormir vierge et tranquille à Mama, ta cité natale…
Quelle leçon la CPI (Cour Pénale Internationale) nous donne-t-elle pour la gouvernance sereine de nos vies ? – La CPI nous intime que, pour l’ordre prédateur, il ne s’agit nullement de pénaliser qui que ce soit pour quoi que ce soit…
L’ordre prédateur – sept ans durant ! – confina en Pays-Bas le malheureux Eburnéen éjecté, juste le temps d’assurer à son adversaire repêché un règne sans accroc majeur. Place désormais à la libre-circulation et de tous les bourreaux et de toutes les victimes !

Huenumadji AFAN A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/16012019

* * *

Verdict du 30 décembre !

« Il y a un certain nombre de valeurs avec lesquelles je ne transige pas :
c’est-à-dire la justice, la vérité, la liberté. »
ETIEMBLE

Par la vertu du pacte de Berlin, ils infligèrent à l’Afrique une vivisection sauvage. Sous allégation d’ « indépendance », l’empire du roi des Belges, au cœur même de l’Afrique, échoit aujourd’hui à ce majordome, fils de son père, qui reprend allègrement en sous-traitance la sordide entreprise de pillage et de massacres.
Plus cynique : ce majordome effronté, qui ose se prétendre grand défenseur du peuple – comme d’autres majordomes à côté et ailleurs ! -, joue le tout-puissant, décide à qui se brader, décrète qui doit être citoyen et qui ne doit pas l’être, édicte les règles de la vérité et de la justice, prend en otage le verdict des urnes, et paraît même narguer impunément la grande communauté humaine mondiale. Et que dit l’ordre prédateur qui imposa le fils du père ?...
Pauvre « République Démocratique » drastiquement pauvre de ses richesses ! L’ordre prédateur a ses raisons sanglantes que la raison ne connaît point…

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/07012019

* * *

Résistance Pour la Vérité !

« Non seulement nous n’avons pas les principes qui mènent au vrai, mais nous en avons d’autres qui s’accommodent très bien avec le faux. » FONTENELLE

Il circule sur les réseaux sociaux une « Dictée », qui, malgré les coquilles, rappelle par sa structure celles que nous avons tous chacun connues en son temps, de l’école primaire à la fin du collège. Dictée-questions…
Cette « Dictée » est intitulée : « C’était le 05 février ». Elle invite à la réflexion. Oui, aucune évolution saine pour l’être humain sans la réflexion. La bonne réflexion. Cette prise de conscience pertinente – à laquelle nous avons particulièrement appelé notamment dans notre chronique « Un peu de pertinence ! » en date du 29 octobre 2018 – puisse-t-elle enfin irradier les esprits, partout à travers le monde !…
L’on ne doit pas l’oublier : Face à la hargne des troupes nazies, le maréchal Pétain admit la défaite de la France dès l’engagement de la deuxième guerre mondiale. Et il signa l’armistice. Il quitta Paris, et installa à Vichy son gouvernement de résignation et de collaboration. L’esprit vichyste – qui mène au collaborationnisme au mépris de l’esprit de résistance ! - c’est l’idéologie selon laquelle il vaut mieux s’acclimater à l’inacceptable pour avoir la paix…
Au « pays de nos aïeux », la gangrène vichyste est là en permanence, depuis que la monarchie dynastique s’est substituée à la République le 05 février 2005. Oui ! Tout contournement téméraire de la vérité ne peut que déboucher sur une pensée et une ligne d’action confuses, qui immanquablement conduisent le peuple à l’impasse. Question d’éthique humaine, rigoureusement valide partout sous tous les cieux, pour hier, aujourd’hui et demain : en aucun cas, l’inacceptable jamais ne doit être accepté. Oser se tromper sur ce point vaut perdition !
Imprescriptibilité absolue : jamais la République ne doit devenir une monarchie dynastique, ne serait-ce même que pour une seule seconde ! Tout le reste – réformes constitutionnelles, institutionnelles, électorales, élections… - n’est que camouflage et négationnisme : refus obstiné de reconnaître explicitement de façon univoque qu’aujourd’hui, péché originel contre la République, c’est la monarchie dynastique qui est le mal.
Tenons donc pour certain que c’est l’acte de la parole juste qui est la condition nécessaire préalable à la parole de l’acte juste. La Résistance a du pain sur la planche tant que prospère le négationnisme !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/19122018

* * *

Retour des foudres de guerre

« Nous qui sommes hommes, ne savons-nous pas bien jusqu’à quel point d’autres hommes ont pu être ou imposteurs, ou dupes ? » FONTENELLE

Emmanuel Macron a décidé de les renvoyer chez eux, qu’ils le veuillent ou non. Ces objets migrants, il est désormais préférable qu’ils retournent chez eux. Ils étaient, autrefois dans leurs terroirs d’origine, des objets culturels, des objets cultuels, peut-être aussi des œuvres d’art. Des protecteurs. Des dieux tutélaires. Vénérés comme tels…
Sacrilège ! Le prédateur est venu, les a enlevés, emportés, qu’ils l’aient voulu ou non. Certains avaient, dit-on, de leur vertu tonitruante avec force éclairs, héroïquement résisté et manqué juste de peu d’avoir miraculeusement empêché la déportation de Behanzin ou d’Adja-Kpoyizoun. Ou de tel autre…
Vaillants foudres de guerre, soyez bientôt les bienrevenus ! Sans doute vaut-il mieux tard que jamais ? Préparez-vous à livrer à coup sûr de nouvelles vraies fausses batailles. Au pays natal, presque rien n’advient comme prévu par les oracles. Et la guerre ne se fait qu’entre amis. Tout est caméléon !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/30112018

* * *

Vive la République !

« Regarder clair pour agir juste et fort. » Christiane TAUBIRA

Chacun des rares messages qu’il daigne encore parfois bégayer, le fils du père s’autorise à le conclure effrontément : « Vive la République » !
Imposture ! La République ? Il n’en a cure ! Il l’a froidement assassinée le 05 février 2005. Et depuis lors il s’est fait l’incarnation de la monarchie dynastique…
Tout citoyen du « pays de nos aïeux » est appelé à revendiquer et arborer avec foi la formule pierre angulaire : « Vive la République ! » Sauf un seul : l’assassin !
Sentence : La République, c’est la valeur à ne pas brocarder. La République, c’est la substance fondatrice. Foin donc de la monarchie dynastique ! Que par tout l’univers asservi du « pays de nos aïeux » gronde la résistance, et désormais ne vibre à la ronde qu’un seul et même vrai cri de délivrance : Vive la République !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/15112018

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Bienheureux les voteurs !

« Il y a un certain nombre de valeurs avec lesquelles je ne transige pas :
c’est-à-dire la justice, la vérité, la liberté. »
ETIEMBLE

1. Un pasteur zélé apostrophe ses ouailles : « Aimez-vous les uns les autres ! Vous vous plaignez d’avoir souffert sous le régime dictatorial du père et sous le régime monarchique dynastique du fils. Sachez bien qu’il y a pire : dans l’au-delà, vous brûlerez éternellement… Convertissez-vous ! »
Un fervent adepte, mordu par ce message pathétique, écrit une lettre de contrition au fils du père : « Pardonnez-moi, car j’ai beaucoup péché. »
Réponse du fils du père : « Va voter ! »
Tout affligé, l’adepte s’adresse au pasteur : « Que faire ? Je n’ai pas de carte d’électeur. »
Réponse du pasteur : « Pauvre crétin impénitent. Ne sais-tu pas que tu dois rendre à César ce qui est à César ? Te voilà définitivement damné ! »
Sentence : Au « pays de nos aïeux », bienheureux les voteurs, car le royaume des élus est à eux. En attendant en prime celui de Dieu !

2. Souvenez-vous : à Ouagadougou, au Burkina-Faso, Emmanuel Macron avait proclamé, à l’intention, disait-il, de la jeunesse africaine, que la colonisation, c’est du passé, et qu’il est parfaitement indécent et inutile de regarder dans le rétroviseur…
Aujourd’hui, le jeune quadragénaire organise en France une « itinérance mémorielle » polémique, par monts et par vaux, et remue terre et ciel pour célébrer – au nom de la paix et en faisant royalement fi des horreurs partout du présent ! - le centenaire de la fin de la première guerre dite mondiale….
Voilà : Le passé n’est jamais passé, il est toujours présent dans le présent !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/10112018

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Monarchisme : stade suprême de l’Etat colonial !

« Regarder clair pour agir juste et fort. » Christiane TAUBIRA

Nous avons nos nations. En conquérants farouches, ils sont venus nous démembrer, nous désarticuler, nous recomposer, nous coloniser, nous germaniser, nous franciser… En prime : une nation « pays de nos aïeux », totalement de leur cru !
Puis un jour, au nom du diktat de cette fortune et au gré de leurs intérêts, nous voilà tout d’un coup désormais privés de République, uniformisés, soumis et rangés sous une bannière monarchiste, esclaves sujets d’un clan arbitrairement royal. Indignité cocasse pour chacun ! Insulte suprême à l’ancêtre Adélé, Akposso, Bassar, Ifè, Moba…, dont le triste descendant, contraint à la pire déchéance, se résigne à se prosterner devant Baal…
De la colonisation à l’esclavagisme monarchique dynastique, nous voilà au parachèvement du pacte de Berlin, au stade suprême de l’Etat colonial prédateur. Halte !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/05112018

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Un peu de pertinence !

« Regarder clair pour agir juste et fort. » Christiane TAUBIRA

Pas de diversion ! Incriminer une seule et même cause depuis les origines, c’est prendre le risque de dédouaner le vrai responsable des malheurs présents dont le « pays de nos aïeux » est victime…
Un peu de pertinence : de 1960 à 2005, les diverses péripéties politiques vécues – dictature, dictature militaire, parti unique… - étaient tout de même celles de la République. Or, par nature, l’actuel régime, c’est bel et bien la monarchie dynastique, qui s’est substituée à la République depuis le 05 février 2005.
Mettre fin à ce régime monarchique dynastique intrinsèquement illégitime est fatalement une exigence républicaine prioritaire absolue, autour de laquelle doit s’organiser la résistance ! Peut-on vraiment imaginer qu’un individu s’empare du pouvoir d’Etat comme d’un patrimoine familial monarchique, pour s’en dessaisir gracieusement par de profondes et salutaires réformes démocratiques républicaines ?
Faut-il le rappeler ? La plupart des pays de la CEDEAO ont connu des régimes militaires : aucun n’a osé la monarchie dynastique…

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/29102018

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Francophonie Paul-Kagamé

« Il y a un certain nombre de valeurs avec lesquelles je ne transige pas :
c’est-à-dire la justice, la vérité, la liberté. »
ETIEMBLE

1. Le 17e Sommet de l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie), a pris fin à Erevan en Arménie. Honneur et gloire à Charles Aznavour : il n’avait jamais attendu d’être préposé à quoi que ce fût, pour se faire chantre et grand promoteur de la langue et de la culture françaises qu’il aimait si bien…
2. De la désignation de la Rwandaise comme Secrétaire générale de l’OIF, l’on doit tirer un enseignement : La Francophonie, c’est le consensus : contre la démocratie et les droits humains. Pour les intérêts de l’Etat français et des majordomes agréés, contre les peuples francophones…
3. C’est l’Apartheid : Les valeurs qu’elle paraît pourtant promouvoir dans l’Hexagone, la France résolument les récuse en Francophonie…
4. Moralité : Il y a profonde indécence à vouloir solder un contentieux passé en fermant les yeux sur le présent. Voilà la France empêtrée dans le bourbier ! Lorsque sans état d’âme on se donne des raisons de se faire éminemment complice de ce qui est blâmable, on s’installe indéfiniment dans l’opportunisme primaire. La preuve est ainsi clairement établie : quiconque entreprend cyniquement de persécuter la langue française, la démocratie et les droits humains, celui-là a des chances de gagner le pari d’être intronisé roi en Fran(ç)ophonie. Bravo Kagamé, grand maître-chanteur !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/CHRONIQUE/PS/12102018

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Le mutisme des Lettres Pastorales

« Nous qui sommes hommes, ne savons-nous pas bien jusqu’à quel point d’autres hommes ont pu être ou imposteurs, ou dupes ? » FONTENELLE

C’est au moment où les risques sont grands, d’un cataclysme sociopolitique dévastateur, que les personnes revêtues d’autorité morale et spirituelle doivent plus que jamais à titre préventif prendre la parole pour au moins rendre témoignage à la vérité !
Comment donc expliquer ce silence assourdissant des Lettres Pastorales, alors qu’au « pays de nos aïeux », sous prétexte de recensement électoral, le citoyen est encarté, fatalement stigmatisé bon gré mal gré comme adepte de Satan ou de Dieu ?
Ces pasteurs auraient-ils délibérément choisi d’être frappés du syndrome de Pie XII ? Demain, sans doute s’empressera-t-on, comme d’habitude prescrit, de réactiver – au nom du pardon et de la réconciliation ! – une certaine vénérable Commission Vérité Justice…, à recommandations mort-nées…

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/11102018

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La grande dérive

« Ne prenez pas le métro !
Prenez conscience ! »
AGUIGUI MOUNA

C’est manifeste : au « pays de nos aïeux » souverainement en crise sous la houlette de la vénérable CEDEAO, il existe désormais deux types de citoyen :
- le citoyen à part entière, diplômé d’une carte d’électeur mention 1er octobre 2018 ;
- le citoyen entièrement à part, détenteur de la seule carte nationale d’identité.
Moralité : La citoyenneté est en péril à partir du moment où la carte d’électeur apparaît comme un commun diviseur, un marqueur d’opinion, une carte de parti…
Tout fut ainsi, afin qu’il en soit ainsi. Lorsque la monarchie dynastique est amoureusement consentie, au grand ricanement cynique de l’ordre prédateur, plus rien n’entrave l’infernale marche totalitaire du train de l’exclusion et des grandes dérives antirépublicaines !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/01102018

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Esprit Prométhée

« Ce culot, vous l’aviez.
Et il n’y a pas de doute qu’il vous en a fallu plus, dans l’action Propos Scientifiques. C’est sûr, l’esprit Prométhée
a plané à Lomé au moins autant qu’à Cotonou. »
Camille AMOURO

A l’occasion du décès de Patrick Gbaguidi – compagnon qu’il connaît particulièrement ! – Camille Amouro a eu l’heureuse inspiration de rappeler que c’est animés de l’esprit Prométhée que nous étions un certain nombre, au Bénin et au Togo, à engager significativement, dans la seconde moitié des années 80, le combat pour l’épanouissement culturel, social, politique, de l’individu humain…
« Nous savions, proclame Camille Amouro, que l’oppression était partout avant de prendre place au pouvoir. Ainsi, si nous faisions de la recherche, ce n’était pas pour être reconnus mais pour apprendre. Si nous faisions de la poésie, c’était pour nous exprimer et non pour être pris pour auteurs. Si nous faisions du théâtre, ce n’était pas pour devenir des professionnels mais pour parler avec notre peuple. Tel était le fondement de l’esprit Prométhée. »
Oui, apporter du feu aux humains et non s’introniser Lucifer. Par delà les aléas de l’histoire, les vicissitudes et les pesanteurs de la vie, l’esprit Prométhée, antidote contre l’esprit de domination et contre la manipulation des consciences, c’est l’aptitude pour l’individu humain à placer résolument sa propre conscience au-dessus des contingences de groupe et des opportunismes de tous ordres. Entende qui a des oreilles !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/28092018

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Seul l’illégitime a droit

« Regarder clair pour agir juste et fort. » Christiane TAUBIRA

Assurément ! A l’allure où vont les choses, l’on se retrouve insidieusement au stade suprême de l’indignité délirante et de l’insulte à l’intelligence ! Au « pays de nos aïeux », l’instance qui incarne la monarchie dynastique, figure du péché originel et du crime imprescriptible contre la République, se prévaut avec morgue d’être aujourd’hui la seule institution républicaine légitime et légale !...
Comble de déraison, l’on semble s’accommoder sans état d’âme de cette logique qui impose que tout est frappé de péremption sauf l’illégitime. Ainsi, l’Etat de droit se ravale à un système politique oxymore, où seul l’illégitime demeure impitoyablement – contre vents et marées ! – toujours seul licite. Ouais ! Urbi et orbi, pierre rejetée devient immanquablement pierre d’angle : Parole du « pays de nos aïeux » !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/20092018

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Nuance fondamentale

« Regarder clair pour agir juste et fort. » Christiane TAUBIRA

Il est inconvenant de porter haut l’étendard de l’hymne national, afin de mettre en berne celui de la constitution…
C’est dire clairement que le vice intrinsèque du Manifeste « Espérance pour le Togo », c’est qu’il se donne, comme source essentielle de son inspiration, l’ « Hymne national » du Togo majestueusement baptisé « Terre de nos aïeux », qui hisse au pinacle le « Togo », mettant singulièrement sous éteignoir le concept explicite de « République togolaise » constitutionnellement inviolable.
Il est déterminant que l’on comprenne qu’aujourd’hui l’action politique - préalable à toute autre ! - c’est la mobilisation, non pour le Togo, mais bel et bien pour la République togolaise. La nuance est fondamentale. Et c’est nécessairement à ce prix que l’on peut arrêter de dissimuler le péché originel, mal absolu, et compter mettre fin à l’intolérable anomalie et aux multiples errances commises depuis le 05 février 2005, date fatidique de l’avènement de la monarchie dynastique.
Il est temps que l’on tourne la page des adeptes de Bossuet et de la soporifique théorie de la monarchie dynastique de droit divin. A cet égard, toute procrastination est forcément manœuvre préjudiciable, et la « Feuille de route » de la CEDEAO ne fait guère exception : elle reste manifestement une énigme !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/11092018

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Intelligence fasciste !

« Regarder clair pour agir juste et fort. » Christiane TAUBIRA

Tout le monde sait que c’est lorsque l’on a de l’argent que l’on peut s’offrir un yacht. L’on sait désormais qu’en République de feu Matthieu Kérékou, c’est lorsque l’on a de l’argent – parole de l’alliance nouvelle ! – que l’on peut prétendre accéder à une fonction élective…
Sentence : Lorsque, - mis en place sous le sceau de la démocratie ! -, un pouvoir d’Etat tourne radicalement en oligarchie provocatrice, ce pouvoir se condamne nécessairement à faire usage de tous les artifices de l’intelligence fasciste pour se préserver. Déchéance !

Huenumadji AFAN
A suivre !
BCCM/PS/CHRONIQUE/05092018

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Le défi : Rien que s’épanouir

« Regarder clair pour agir juste et fort. » Christiane TAUBIRA

Le Collège International de Seniors Harmattan, dont l’initiateur principal est Denis PRYEN, va être porté sur les fonts baptismaux.
La tranche de vie dite des Seniors – de 60 ans à 90 ans et plus – représente aujourd’hui une tranche de vie de plus en plus importante. Réfléchir aux problématiques liées à cette tranche de vie demeure plus qu’une nécessité…
Quelles que puissent être les orientations que l’on donnera à la réflexion sur ce sujet, il convient d’avoir à l’esprit que durant leur vie dite « active » les Seniors sont mis sous pression et sous tutelle, sous diverses formes, dont notamment :
- l’éducation : connaissances à acquérir ;
- la formation professionnelle : pour avoir un métier ou exercer une profession ;
- l’activité professionnelle : avec ses multiples exigences liées à la promotion, aux grades, aux échelons…
La période de vie allant de la retraite à la mort doit être une période d’épanouissement complet, c’est-à-dire de libération -par rapport à la période de stress qu’est la vie « active -, de liberté, pour que le Senior atteigne le plein accomplissement de soi-même.
Le Senior par définition est un diplômé de la vie, qui doit mettre à la disposition des autres ses idées et son expérience de vie. Sauf difficultés physiologiques, il doit être mis à l’abri de toute prévenance infantilisante, préservé de tout guidage, de tout instinct de domination ou de contrôle, de tout gourouisme, de tout mandarinat, de toute velléité de canalisation scientifique, religieuse, spirituelle, idéologique...
Intellectuel ou manuel, le Senior n’a pas de performance à réaliser, ni d’habilitation à rechercher. Il doit être à parité absolue avec le reste de la société ou avec ses pairs, les autres Seniors, avec qui il échange des informations, loin de toute condescendance, de toute mise sous tutelle, de toute logique de privilège ou de hiérarchie. Il n’est pas un nouvel actif à qui l’on édicte des « objectifs » à atteindre ; c’est un actif nouveau, non soumis aux règles du productivisme arbitraire forcené. Il ne demande qu’une chose : s’épanouir !
Le Collège International de Seniors aura tout cela en vue, s’il veut être plénier. Son grand défi sera de mettre le savoir à disposition et à portée de tous, abolissant systèmes de castes et autres relations de domination, et offrant des perspectives d’exhumation des potentialités propres à tout individu humain. Le pire qui puisse arriver à un Senior, c’est de se retrouver encarté à vie, après avoir subi les multiples conditionnements de la vie active.

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/02092018

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Fantôme coupable !

« Il y a un certain nombre de valeurs avec lesquelles je ne transige pas :
c’est-à-dire la justice, la vérité, la liberté. »
ETIEMBLE

Savez-vous quel régime politique triomphe au « pays de nos aïeux » ? – C’est le « régime plus que cinquantenaire » !
Malicieux euphémisme. Admirable façon de mettre éternellement en accusation un père pourtant devenu fantôme. Et de dédouaner, déculpabiliser, déresponsabiliser le fils, pourtant véritable incarnation vivante de l’inadmissible monarchie dynastique. Le coupable – bien sûr ! –, c’est forcément le père fantôme, afin de préserver le fils d’une qualification de délit objectivement trop lourde…
Sentence : Ayons l’esprit habité par la raison. Pareil tripotage constamment servi aux populations ne saurait jamais être signe ni d’humanité réfléchie, ni d’humanisme libérateur.

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/20082018

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Etre un « Notable »

« Les bons critiques sont bien plus rares que les bons poètes,
les bons dramaturges, les bons romanciers. Il leur faut entrer dans l’œuvre pour la comprendre, en sortir pour l’apprécier. Pas facile, certes. » ETIEMBLE

Un livre : six nominés pour brouiller les cartes et mélanger les têtes…
Rien de plus choquant que cette horrible cohabitation forcenée !
Comme quoi les réseaux s’échinent toujours à conglomérer l’inconglomérable.
Etre un « Notable » se paie au prix fort d’une configuration méprisable.
Abominable corruption des esprits et du jugement !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/19082018

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… Et du Saint-Esprit …

« Nous devons être remplis, sur notre religion,
d’une confiance qui nous fasse rejeter de faux avantages
qu’un autre parti que le nôtre pourrait ne pas négliger. »
FONTENELLE

Grand branle-bas tous azimuts au « pays de nos aïeux ». A grands frais ! Bonne nouvelle : Il vient, il souffle, il souffle, il souffle, l’Esprit septiforme. Dispensant généreusement à profusion ses charmes et charismes…
Grande semaine d’effusion : Prier pour l’Afrique et le monde. Parler en langues, traquer les sorciers, chasser les esprits, prier pour conjurer le sort, infléchir les desseins funestes…
Parbleu ! Purifiés par le Baptême, fortifiés par la Confirmation, nourris au quotidien à l’Eucharistie, les fils de Dieu savent – acte de foi ! - qu’ils n’ont plus droit aux superstitions ! Ils savent très bien qu’ils ne doivent pas se tromper d’époque et quels sont les enjeux de notre temps. Ils savent très bien qu’il y a danger de mort lorsque les médecins se font charlatans. Ils savent se mettre réellement à l’écoute de l’Esprit, dont la marque déposée ne saurait si facilement se ravaler au pentecôtisme sommaire.
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit : La déraison n’est pas chrétienne. Ce n’est pas d’un déficit de Saint-Esprit que souffre notre société, et il est indécent de se réfugier dans le délire pour s’autoriser à prêcher le faux, ou pour ne pas avoir à dire le vrai…
Sentence : Avec Jésus de Nazareth, la Bonne Nouvelle est tombée dans le domaine public, et la Lumière ne fait plus l’objet d’une confiscation sectaire ou élitiste. La faillite cinglante du scientisme outrecuidant ne doit en aucun cas servir de prétexte à l’inadmissible propagation de la mystification et du gourouisme, ou à l’exaltation de l’obscurantisme béat. Pure candeur que de travestir la foi en gazouillis fétichiste !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/09082018

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Potion magique

« Les Noirs… comme c’est simple, cela ne comprend rien…
Il ne faut pas de grands frais d’esprit pour attraper les Noirs. »
Prosper Mérimée

Belle trouvaille pour le « pays de nos aïeux », ce mardi 31 juillet 2018 ! Ingrédient sobre. Potion magique lénifiante propre à maquiller la problématique et à tranquilliser la meute : suffisait d’y penser ! En vertu d’ « En aucun cas » et de la grande « révolution électorale » à venir, le régime de la monarchie dynastique est admis à rester en place au moins jusqu’en 2020 ! Et voilà le brouillard savamment concocté…
L’intolérable, c’est ce qui ne peut être supporté, ne serait-ce même que pour une seconde. Pourquoi diantre ! en Nigritie s’accorde-t-on sur du faux – sans état d’âme ! - pour tolérer indéfiniment l’intolérable ? La monarchie dynastique est-elle acceptable aujourd’hui sous prétexte que demain d’une manière ou d’une autre elle sera balayée ?

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/01082018

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Bien n’est pas bien !

« Ne prenez pas le métro !
Prenez conscience ! »
AGUIGUI MOUNA

C’est toujours la fête. Et il semble que cela doive durer quatre ans !…
Parmi ceux qui crânement font la fête pour marquer la victoire de la France à la coupe du monde de football 2018, il y a deux catégories.
Il y a les pouvoirs publics ou politiques aussi bien en France qu’en Afrique francophone en particulier, qui font de la récupération politique.
Et il y a, en contraste, les populations de France et des pays d’Afrique. Ces dernières sont tout naturellement en symbiose, et partagent affectivement leur généreuse joie légitime avec ceux de leurs proches ou congénères qui ont la chance d’évoluer au sein de l’Equipe de France de football, qui vient de gagner…
Le refus de s’associer aux stratégies de récupération politique, tel qu’il s’observe chez certains esprits, est bel et bien une attitude de clairvoyance. Cette attitude doit être comprise et appréciée à sa juste mesure, pour que le sport cesse d’être – sur manipulation de l’ordre prédateur ! – un divertissement-diversion, conçu non pour créer et favoriser les conditions de leur épanouissement, mais pour maintenir les humains dans la servitude.
L’on savait que la loterie pouvait tirer les gens du néant. Aussi maintenant le football. Curieuse circonvolution d’un monde énigmatique, sublime voie merveilleuse de conquête du bien, tout cela est bien, … mais ce n’est pas bien !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/21072018

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Super-coupe d’Europe de football

« Ne prenez pas le métro !
Prenez conscience ! »
AGUIGUI MOUNA

On l’appelle Mundial. Coupe du monde de football. C’est de nouveau enfin fini. Pour reprendre – comme d’habitude ! – dans quatre ans. Du pain et des jeux…
L’objectif est copieusement atteint, puisqu’ils y étaient présents : Messi, Neymar, Ronaldo, Cavani. Présents physiquement. Le reste, c’était de l’amusement.
On leur demande à chacun respectivement de mourir - avec brio et respect ! – pour l’Argentine, le Brésil, le Portugal, l’Uruguay. Ils ont bien compris que ce n’est tout simplement qu’une règle du jeu. Ils ne sont nullement tenus de mourir. A qui vont-ils laisser leurs milliards ?
On leur demande de produire du football argentin, brésilien, « portugais », uruguayen. A partir de quel ingrédient ? A partir du football d’Europe.
L’Europe, où ils ont perdu l’âme et le savoir-faire de leur pays, l’Europe où de toute leur âme ils « travaillent », où ils fournissent « professionnellement » à prix d’or leur prestation, et où ils sont en migration permanente, transférés – vendus ! - sur le mode de l’offre et de la demande, au gré implacable des lois du marché, au gré arrogant des marchandages. En attendant – pour un mieux-gagnant ! - de s’évader au Qatar ou en Chine….
Dans trois semaines, ils retrouveront leurs clubs, pour le redémarrage des championnats nationaux et européens en Europe. A la grande jobardise des supporters de Barcelone, de Paris-Saint-Germain, du Réal, ou de la Juventus… Du pain et des jeux… En attendant 2022 !

Huenumadji AFAN A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/09072018

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Condamnés à grassir !

« Ne prenez pas le métro !
Prenez conscience ! »
AGUIGUI MOUNA

Ils sont en sursis, ceux qui en leur âme et conscience ont choisi d’être gros : ils finissent toujours par grassir.
Par l’idéologie du « partage », certains – parmi les gros ! – se recyclent dans la « bienfaisance ». Après avoir pillé. Sans renoncer au pillage !...
Moralité : Vivre sans cholestérol, c’est se donner la capacité de fuir comme la peste les créneaux prédateurs, où l’accumulation est de règle, et où l’on est nécessairement ordonné à ne jamais dégrossir.

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/04072018

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Eclat de Melania

« Je suis homme, et rien de ce qui est humain ne m’est étranger. »
TERENCE

Savez-vous ce qu’elle a fait, Melania ? « Coup de com » ?
En tout cas, l’épouse de Donald Trump a ouvertement contré son mari. En affirmant haut et fort qu’il est inhumain de séparer les enfants migrants de leurs parents migrants.
Eclatant ! Bel exemple de résistance contre les alliances. La véritable alliance éternelle, c’est celle du divorce d’avec l’imposture !
Oui, il est humain d’être inhumain, mais surtout humain d’être humain…
Trêve de connivence ! Mères, jeunes ou vielles compagnes : Démarquez-vous !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/21062018

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Servitude volontaire

« Les Noirs… comme c’est simple, cela ne comprend rien…
Il ne faut pas de grands frais d’esprit pour attraper les Noirs. »
Prosper Mérimée

Toujours d’actualité, très animé, le débat sur le Franc CFA !
La question qu’il faut se poser : Sylvanus Olympio avait-il la capacité de frapper monnaie, alors qu’il savait très bien que le Togo n’est pas un Etat indépendant souverain ?
Battre monnaie est une prérogative de souveraineté. Malgré l’assignation de drapeaux, d’hymnes, de monuments, nulle part, en pays francophones de la zone Franc CFA, le processus politique d’autonomie interne, enclenché par la France à partir de l’année 1956, n’a jamais pu aboutir à un régime de souveraineté. Aujourd’hui, pour une meilleure préservation de ses intérêts, l’ordre prédateur va jusqu’à considérer que même la République est un luxe pour le Nègre bantoustan, à qui l’on inflige désormais la monarchie dynastique !
La fatalité amère est donc toujours bel et bien celle de la servitude, et non d’une servitude volontaire. Il ne s’agit pas de l’esclave qui, une fois effectivement affranchi, choisit lui-même de demeurer dans les chaînes. Non. Il s’agit plutôt de l’esclave qui, obscurci de l’illusion trompeuse d’une liberté à peine concédée, veut avec force obstination revêtir la chemise de l’homme libre qu’il n’est point. Comment peut-on prétendre à la souveraineté monétaire, sans la souveraineté politique ?
Sentence : La servitude volontaire, c’est cet entêtement à s’enfermer dans les mythologies et à ne pas comprendre que la libération intellectuelle – aptitude à la réflexion souveraine ! - est la condition de toute libération.

Huenumadji AFAN A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/17062018

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François n’est pas franciscain

« Je suis particulièrement heureux que le monde entier, après avoir exalté la figure de Nelson Mandela, acclame celle du pape François. »
Alain TOURAINE

Je me suis battu les flancs pour faire admettre récemment à un interlocuteur que l’actuel chef de l’Eglise catholique, le pape François, n’est pas franciscain. L’interlocuteur tenait mordicus que le souverain pontife est membre de l’Ordre des Frères Mineurs…
Assurément que non ! Jésuite, Jorge Mario Bergoglio, une fois élu pape, a choisi le nom François. Signifiant clairement qu’il entend mettre ses pas dans ceux de François d’Assise. Adepte de saint François d’Assise, certes ; mais non membre de la Confrérie des Franciscains ; encore moins de la « Famille franciscaine ».
Les institutions religieuses par principe se veulent porteuses des valeurs prônées par leurs illustres fondateurs ou fondatrices. Mais il n’échappe nullement aux honnêtes gens que partout à travers le monde, sous tous les cieux, au « pays de nos aïeux » ou ailleurs, les personnes qui les animent ne sont parfois pas très loin d’être proches de membres de milieux obscurantistes, ou d’individus qui, catholiques assermentés, s’associent « aux tyrans qui emprisonnent et qui massacrent », et mettent allègrement leur généreuse disponibilité à faire prospérer les totalitarismes politiques, économiques et financiers, les monarchies dynastiques, les dictatures et autres odieuses variantes de l’ordre prédateur.
Il faut espérer – en ces jours de Pentecôte ! - que l’élan d’aggiornamento revivifié par le pape François – dont l’on sait l’intrépide combat pour le « droit à la dignité de chaque être humain » - survivra à toutes les tentatives d’ajournement, dans l’esprit d’Assise et sous la bannière de l’Esprit consolateur.

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/21052018

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Nomenklatura

« Nous qui sommes hommes, ne savons-nous pas bien jusqu’à quel point d’autres hommes ont pu être ou imposteurs, ou dupes ? » FONTENELLE
C’est à juste titre – comme certains d’entre nous l’avons fait naguère ! – que Moïse Lalèyè et Mohamed Cherif Rahimy aujourd’hui dénoncent l’appareil CAMES, « la nébuleuse qui entrave l’essor du Bénin et de l’Afrique »…
De façon générale : Il faut toujours constamment veiller à ne jamais fermer la porte à l’éveil de conscience. Le pire qui puisse arriver à l’être humain, c’est de se retrouver assujetti à la nomenklaturisation de la pensée, avec ses réseaux, ses circuits d’accréditation, ses créneaux d’alignement mental et d’embrigadement du savoir, ses codes, ses tribunes, ses instances de réflexion, de prise de parole, de décision. Le pire qui puisse arriver à l’être humain en quête de lumière, c’est de se tromper de voie en s’incrustant dans les ténèbres. Il n’est jamais indispensable de mêler à tout prix boucs et béliers.

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/29042018

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Bien-être pour tous !

« On n’a pas besoin d’être riche pour donner, ni d’un statut pour insuffler. »
Camille AMOURO

La tendance est lourde sous tous les cieux : les institutions d’éducation et de formation sont inexorablement poussées vers la formation dite « professionnelle », avec pour arrière-pensée ou objectif, que les personnes formées aient accès à un emploi à la fin de la formation. Même et surtout les universités sont suspendues de leur mission originelle, qui est d’être des univers de réflexion et de recherche pour tous, pour devenir des centres de sélection professionnelle et d’exclusion.
Cette lubie utilitariste, qui s’est grièvement emparée des instances de décision, ne peut conduire qu’à la sous-humanisation des êtres humains, tout en produisant du gâchis au nom de la « formation professionnelle » génératrice de frustrations et d’inégalités.
Entendons-nous :
1. Un coiffeur, ce n’est pas quelqu’un qui peut exhiber un diplôme de coiffeur, ou qui tient un salon de coiffure. C’est quelqu’un qui coiffe.
2. Le vice foncier du système éducatif pompeusement proclamé « professionnel », c’est qu’un professionnel c’est quelqu’un qui peut brandir un diplôme « professionnel ». Or nous savons d’expérience qu’un cultivateur, ce n’est pas quelqu’un qui brandit un diplôme de cultivateur. C’est quelqu’un qui cultive !
3. La « formation professionnelle » ne garantit rien, puisque la propension désormais de plus en plus à la mode dans le système en faillite, c’est de se dédouaner en poussant avec frénésie à l’entrepreneuriat ou à l’ « auto-emploi », façon bien pudique d’induire les individus à l’autoculpabilisation. Et les entreprises –mues par l’esprit de prédation et au nom de la rentabilité ! - s’autorisent sans état d’âme à offrir des rétributions minables, ou à licencier leurs agents sur des bases absolument les plus arbitraires…
4. L’inconséquence, c’est de vouloir former des « professionnels », alors que les personnes dont il s’agit ne sont encore ancrées dans aucune profession. Ce qu’il faut donc, ce n’est pas la « formation professionnelle ». C’est la profession. Eduquons les gens, c’est-à-dire amenons-les à s’éveiller aux données de la nature humaine et de l’environnement, et à prendre conscience de leurs propres potentialités ; mettons-les ou laissons-les ensuite dans des professions : par l’exercice effectif de ces professions, ils deviendront forcément des professionnels. Nul ne doit se réclamer d’une profession qu’il n’exerce point !
5. Il ne sert à rien de donner l’assaut à Tolbiac. Ni à Notre-Dame des Landes. L’humanité deviendra pleinement humaine lorsque l’on aura compris qu’il faut mettre fin à la servitude, et intégrer l’idée que les professions doivent être rien que des services, et que chaque être humain doit prétendre au bien-être, mis à l’abri du besoin, sans être tenu à une quelconque compensation « professionnelle » ou à un quelconque mode de vie réglementé.
Utopie ? Et pourtant ! Il est des gens venus au monde, qui n’auront jamais à se préoccuper de profession, déjà naturellement installés dans ce statut du droit au bien-être, à tout le bien-être, qu’ils protègent et défendent comme privilège incontestable. C’est ce statut-là qu’il importe justement d’étendre à l’ensemble du genre humain. Pour cela, la science, la technologie et les ressources humaines sont aujourd’hui largement disponibles. Il suffit que les instances d’autorité –institutions, personnes physiques ou morales- décident de ne plus assurer le bien-être seulement aux uns ou aux autres, mais à tout être humain.

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/20042018

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Panneaux solaires contre Nangbeto

« Nous qui sommes hommes, ne savons-nous pas bien jusqu’à quel point d’autres hommes ont pu être ou imposteurs, ou dupes ? » FONTENELLE

Question loto : Savez-vous pourquoi, au « pays de nos aïeux », certaines contrées doivent à tout prix leur éclairage à l’énergie dispensée par Phébus, le dieu soleil ?
Réponse : A tout prix faire barrage à Nangbeto !...
Comme quoi l’ordre prédateur n’hésite guère à faire obstacle à des droits légitimes, pour leur substituer, par camouflage et opportunisme forcenés, des compensations filandreuses.
Vénérables intrépides ascendants disparus, dont le souvenir est sans cesse brouillé par les compromissions et ambiguïtés de descendants et autres sous-descendants inconscients, de profundis que dites-vous de tout cela ?
Hommage à toi, Justin : en ce jour anniversaire de la disparition de mon père, et par ces temps de propagation de l’imposture et de ses malheureuses lumières ténébreuses, tu sais combien je suis tenu de penser à toi aussi. Repose en paix à Zoungbobogon, ta terre natale. Tu fus noble, et tu fus généreux. Et comme Prométhée, tu en payas le prix. Gloire à toi ! Et entende qui a des oreilles !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/11042018

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Glutamate

« Il y a un certain nombre de valeurs avec lesquelles je ne transige pas :
c’est-à-dire la justice, la vérité, la liberté. »
ETIEMBLE

« .Nous avons désormais l’exigence d’appeler chaque chose
par son nom, pour payer notre tribut de franchise. » SONY LABOU TANSI, « Lettre ouverte au président MITTERRAND », in Propos scientifiques N° 7, Lomé, mars 1988

Ajouter du glutamate à une sauce par nature déjà bien assaisonnée, c’est sans doute la meilleure façon de la rendre difficilement consommable.
Tout le monde sait que l’écrivain Sony Labou Tansi est un grand classique de la littérature française ou de la littérature négro-africaine d’expression française. Exactement comme Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Mongo Beti, Frantz Fanon, Ahmadou Kourouma, et autres Alain Mabanckou ou Kossi Efoui…
En quoi serait-il donc encore besoin que le même Sony Labou Tansi fût adoubé par l’on ne sait quel cénacle de quelle obédience, fondé de quel pouvoir pour le désigner comme un « classique pour demain » ? Comme s’il ne l’était pas déjà hier et aujourd’hui ! C’est dire à quel point paraît énigmatique et grotesque l’entreprise de chantage-récupération consistant à proclamer coûte que coûte Sony Labou Tansi comme candidat à réévaluer, et à soumettre à de nouveaux rites d’initiation et d’accréditation.
Quoi qu’il en soit, par-delà toute supputation tendancieuse, les générations de demain feront par elles-mêmes les ajustements appropriés (Lire l’ article d’Ayayi Togoata Apedo-Amah, accessible sur le site : http://republicofatakora.webnode.fr/news/propos-scientifiques-et-la-campagne-de-liberation-de-la-parole1/).
Somme toute : Foin donc des dispensateurs de grâces ! Sony Labou Tansi – dont la vie et les idées sont explicites ! - se suffit à lui-même. Il ne saurait de quelque façon que ce soit se ravaler au rang d’un intellectuel soudard, et n’a sûrement cure ni d’un décor loufoque, ni d’une décoration à la mamamouchi.

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/03042018

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CAP 2020 ?

« Nous qui sommes hommes, ne savons-nous pas bien jusqu’à quel point d’autres hommes ont pu être ou imposteurs, ou dupes ? » FONTENELLE

Le mot d’ordre s’incurve, et semble dangereusement s’affirmer comme consensus au niveau de la « Coalition » des quatorze partis politiques qui – au « pays de nos aïeux » - s’est engagée dans un « Dialogue » politique avec le pouvoir monarchique dynastique. Il n’est désormais question que de ne pas laisser – « en aucun cas » ! – le fils du père briguer ou obtenir un « quatrième mandat » à l’élection présidentielle de 2020 !
Ainsi donc, à la suite de Gilchrist Olympio, le pactiseur, à la suite de l’archevêque émérite, Anne le bonimenteur exorciste, et autres entrepreneurs, c’est au tour de la « Coalition des 14 » de concéder du lest au fils du père, pour qu’il poursuive en toute sérénité jusqu’en 2020 les errements d’un pouvoir prédateur. Ouais ! La « Coalition 14 » paraît fixer au peuple du « pays de nos aïeux » un nouvel horizon pour la fin de la monarchie dynastique. C’est CAP 2020 ! Et voilà la monarchie dynastique qui vole et survole, et qui s’éternise de CAP en CAP !...
Belle aubaine : ayant trucidé la République en 2005, le rejeton de Koyaga, revêtu des oripeaux de la République, restera en place jusqu’à quand voudra, jusqu’à quand mourra. Peut-il espérer mieux ?
Diantre ! Au nom de quoi la monarchie dynastique aurait-elle droit à un sursis ?

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/03032018

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Anne le bonimenteur

« Il y a un certain nombre de valeurs avec lesquelles je ne transige pas :
c’est-à-dire la justice, la vérité, la liberté. »
ETIEMBLE

Il proclame que le « pays de nos aïeux » est sous la tutelle de Satan. Lui, grand prêtre de Jésus-Christ depuis plus de quarante ans !
Diantre ! Pourquoi avoir attendu jusqu’à ce jour pour pratiquer l’exorcisme ad hoc dont il se prévaut ? Et pourquoi cet exorcisme – qui n’est certainement pas de l’ésotérisme ! – a-t-il dû se faire à huis clos ?... Boniments !
Le vénérable prélat est sans doute dans les arcanes du fétichisme, surtout qu’il se permet de décréter un sursis en faveur de Satan jusqu’en… 2020. Est-il prouvé qu’il n’a pas pactisé pour trente pièces ?...

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/19022018

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« Avec pour base… »

« Il y a un certain nombre de valeurs avec lesquelles je ne transige pas :
c’est-à-dire la justice, la vérité, la liberté. »
ETIEMBLE

Un dialogue politique est ouvert à Lomé au Togo ce jeudi 15 février 2018. Pour Nathalie Loiseau, ministre française de l’Europe et des Affaires étrangères, ce dialogue est appelé à « avoir pour base » l’Accord Politique Global (APG) signé en août 2006…
Le cadre ainsi défini, la compromission est vaillamment en marche…
La compromission est d’autant plus en vue que des voix autorisées – en particulier celles de dignitaires cléricaux ! - donnent comme consigne, édictent comme ligne de conduite au dialogue le maintien jusqu’en 2020 du statu quo monarchique dynastique, le maintien au pouvoir du fils du père…
Sentence : Les partis politiques qui sont membres de la « Coalition des 14 », et qui ne sont pas signataires de l’APG, ces partis politiques sont tenus de comprendre qu’ils sont a priori exclus de ce dialogue qui exclut a priori toute exigence non inscrite dans l’APG ! Sauront-ils honnêtement percevoir l’artifice ?

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/15022018

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Le fruit fendu

« Lorsqu’on veut vous faire taire, on utilise la justice,
et certains magistrats sont encore là pour servir ces basses besognes. »
Raphaël KPANDE-ADZARE, www.icilome.com, vendredi 09 février 2018

Il y eut l’affaire DSK, infligée à l’opinion mondiale, et dont la vedette improvisée, une certaine Nafissatou Diallo, s’imposa comme grande Parque, détricotant inexorablement le destin d’un grand homme. Compétent, ayant voix au chapitre dans les grandes instances politiques et économiques de ce siècle, DSK tomba de son piédestal, et vécut, comme dans un mauvais rêve, l’horrible cauchemar de sa déchéance.
En réalité, les cas sont légion, où la délation suffit, pour que tout être humain devienne suspect pestiféré. Et donc condamnable. Frappé d’ostracisme. Quoi d’étonnant ? Grand ou petit, surtout grand, l’on est toujours coupable de sexe. Que l’on y ait goûté ou pas ! Tout fruit fendu – comme dirait l’autre ! – est toujours défendu. Toujours probablement non consenti…
Sans autre arme idéologique que celle de l’écologie, ministre de la transition écologique en République de France après avoir longtemps résisté aux clins d’œil des pouvoirs exécutifs, Nicolas Hulot bon gré mal gré est désormais entré dans l’arène des requins. L’arme du sexe est dégainée, une arme affreusement redoutable, qui frappe à tout moment quiconque prend de l’ascendant : amèrement, le ministre de la transition écologique apprend à son tour à ses dépens qu’il ne sert à rien de n’avoir rien fait. Fatalité ! Puisse la justice se mêler de tout cela sans s’emmêler dans l’injustice !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/12022018

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Journée Mondiale de l’Exemplarité

« Qui n'a pas dans son entourage une connaissance
ou un ancêtre qui pourrait accéder à la gloire des autels ? »
Le Point, 27 avril 2014

En rappel de la chronique du 06 février 2017 : tous les saints ne sont pas canonisés. Mais aussi bien les saints canonisés que ceux qui ne sont pas canonisés, tous sont perçus comme ayant vécu en ce monde, en ayant été des modèles. Des humains qui, par l’exemplarité de leur vie, sont tenus pour récompensés dans l’au-delà par le créateur de toutes choses, et qui méritent d’être proposés à l’admiration des vivants qui sont encore sur terre.
En notre siècle, il ne se passe guère de semaine où l’ONU (Organisation des Nations Unies), ou d’autres instances nationales ou internationales, publiques ou privées, ne décrètent telle ou telle « Journée Mondiale de… », soit pour célébrer un événement, soit pour célébrer la mémoire d’un tel, soit encore pour promouvoir un idéal. Ladite « Journée Mondiale de… » s’apprécie comme occasion particulièrement marquée, où l’opinion doit être abondamment sensibilisée. Et le pas est vite franchi où l’on débouche très souvent – sans état d’âme ! - sur la récupération, le formalisme, le folklore. L’on oublie bien vite la seule question essentielle : Que vénère-t-on et pour quelle cause ?
A chacun donc de prendre conscience et de déterminer pour soi quel saint il vénère, quelle est sa propre « Journée Mondiale de l’Exemplarité ». Tous d’un même père, nous n’avons pas le même père. Anne et Caïphe, Jean le Baptiste et Jésus de Nazareth étaient adeptes du judaïsme ; ils ne pratiquaient pas le même judaïsme !...

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/06022018
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RENDEZ A DIEU CE QUI EST A DIEU !

« Est-ce qu’il faut qu’on soit cité comme le pays le plus démocratique dans le monde, ou bien c’est le développement qui compte ? » Joseph KABILA

Autrement dit : « Accommodez-vous de ma dictature au nom du développement ! »
Bien plus, le monarque dictateur n’hésite pas à assumer, lors de sa conférence de presse du vendredi 26 janvier 2018, qu’en tant que « César » il a le droit – au nom de Dieu ! - de massacrer les humains…
1. Naguère, dans l’une de ses homélies, le prédicateur Jean-François BERJONNEAU avait fait une mise en garde contre la méprise :
« […] Les Pharisiens étaient sûrs de leur coup. Le piège était bien préparé sous l’apparence d’une question anodine : « Maître, donne-nous ton avis : Est-il permis oui ou non de payer l’impôt à César ? » Et Jésus sait que s’il répond oui, il passera aux yeux des juifs pour un collaborateur, un suppôt de César. Mais il est aussi conscient que s’il répond non, il sera vite dénoncé auprès des Romains comme un rebelle, incitant à la résistance. Jésus, en quelque sorte, est mis au pied du mur. Obligé de choisir son camp : pour ou contre César ! Or voici que Jésus retourne le piège à l’encontre de ses interlocuteurs : « Montrez-moi la monnaie de l’impôt. » Ce sont maintenant les Pharisiens qui sont obligés de dévoiler leurs batteries : ils sortent de leur poche une pièce d’argent romaine. Ils sont donc impliqués, qu’ils le veuillent ou non, dans ce réseau serré de l’argent de César. Ils sont obligés d’en convenir : cette effigie est bien de César ! Alors, Jésus leur dit : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » Et nous voici à notre tour confrontés à la signification de cette phrase : est-ce une manière habile pour Jésus de se dégager d’une question politique embarrassante ? Jésus botte-t-il en touche pour ne pas choisir son camp ? Ou bien, Jésus renverrait-il César à ses affaires et à sa volonté de domination, pour ne se tourner que vers Dieu, son Père ? Une telle interprétation reviendrait à méconnaître totalement le message de l’Évangile du Christ. Pourtant elle a souvent été employée par ceux qui trouvaient intolérable qu’au nom de ce même Évangile, des chrétiens (évêques, prêtres ou laïcs) s’engagent sur un terrain politique pour que l’inaliénable dignité de la personne humaine soit reconnue et que la justice soit rendue. Non, Jésus ne se désengage pas du terrain social ou économique de la vie des hommes. S’il s’est incarné dans l’histoire des hommes, c’est pour assumer le tout de l’humanité de ses frères. Le chemin de Jésus dans l’histoire des hommes passe donc par la libération effective et concrète de la misère et de l’oppression, pour que chaque personne puisse reconnaître de quel amour elle est aimée. […] L’important, c’est que chaque disciple du Christ, éclairé et soutenu par la Parole de l’Évangile, s’engage avec lucidité et compétence pour combattre l’exclusion, faire reculer la misère et mettre en cause César lorsqu’il laisse s’installer l’iniquité. »
2. A l’intention des monarques dictateurs et autres semblables :
Tout homme de bonne volonté doit s’approprier entièrement l’excellente mise en garde de Jean-François BERJONNEAU. Et l’on se doit d’affirmer tout haut : « Rendre à Dieu ce qui est à Dieu, c’est comprendre que les humains, vrais fils de Dieu, n’ont rien à rendre à César ! »

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/28012018

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Malédiction !

« Je suis le fils de Gnassingbé Eyadéma et j’en suis fier. »
Faure Essozimna Gnassingbé

L’on est tenu de comprendre que c’est malédiction qu’un individu humain ne soit pas fier d’être le fils de son père…
Mais la vraie malédiction non avouée et la pire, c’est qu’un individu humain impose à d’autres individus humains de se faire ressortissants d’un père ou d’un ascendant qui ne saurait nullement être le leur !
La malédiction qui frappe les malheureux ressortissants du « pays de nos aïeux » depuis l’an fatidique 2005, c’est que le fier fils du père leur inflige d’être ressortissants de son père – à travers la monarchie dynastique ! - et d’en être fiers !
Malheur au peuple écrasé et surtout malheur à l’usurpateur impénitent !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/17012018

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Fonction phatique

« Nous qui sommes hommes, ne savons-nous pas bien jusqu’à quel point d’autres hommes ont pu être ou imposteurs, ou dupes ? » FONTENELLE

Même les gourous armés d’une houlette satanique, même les monarques les plus arnaqueurs se permettent – au « pays de nos aïeux » ! – de sacrifier sans état d’âme à la mode. Mieux : ils prétendent que c’est « par Amour » qu’ils présentent à leurs fidèles et à leurs « concitoyens » leurs « vœux les meilleurs »…
Parbleu ! S’ils devraient être exaucés, il est à craindre que se reportent sur 2018 toutes les damnations du passé et singulièrement celles de l’année écoulée qui n’a rien vu de favorablement concluant ni pour le peuple ni pour la République. Comme quoi leur vœu secret, c’est de voir se perpétuer le statu quo morbide nécrophage dont ils raffolent tant !
Entendons-nous : « Bonne et heureuse année » a la même valeur phatique que le bonjour servi au quotidien à tout voisin d’à-côté ou à tout passant rencontré dans la rue…
Epargnez-nous donc vos sinistres simulacres et vos affreuses malédictions, engeance de vipères ! Déguerpissez !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/08012018
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Patronyme ou patrimoine ?

« Discernez la valeur de toute chose. Ce qui est bien, gardez-le ;
éloignez-vous de tout ce qui porte la trace du mal. »
I THESSALONICIENS 5, 21-22

Il raconte - à qui veut l’entendre ! - que des gens lui en veulent parce qu’il est fils de son père. Non ! Faure Essozimna Gnassingbe est disqualifié à être chef de l’Etat du Togo, non parce qu’il est fils d’Etienne Eyadema Gnassingbe, mais parce qu’il s’est indûment emparé du pouvoir d’Etat à la mort de son père le 05 février 2005.
Pour tout individu raisonnable, il ne s’agit nullement d’une question de dégoût lié à un quelconque patronyme, mais bel et bien de répulsion provoquée par cet acte d’usurpation inadmissible ! L’homme s’est comporté comme si la République était inscrite au compte d’un patrimoine familial Gnassingbe. Par l’acte fondateur originel du 05 février 2005, Faure Essozimna Gnassingbe a outrageusement mis fin à la République, et s’est fait l’incarnation de la monarchie dynastique. Tout le reste par la suite jusqu’à ce jour n’est qu’habillage forcené pour camoufler l’exécrable forfaiture…
Face à l’imposture inacceptable, le bon sens ne prescrit qu’un seul devoir : la résistance. Résister pour mettre fin à la monarchie dynastique – obstacle rédhibitoire ! - comme préalable imprescriptible à toute réflexion sur l’indispensable remise en selle de la République et de ses diverses institutions. Ainsi soit-il !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/18122017
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Apologie de l’amnésie

« Je suis comme vous d’une génération qui n’a pas connu l’Afrique comme un continent colonisé. »
Emmanuel MACRON

Hypothèse : Les symptômes du mal sont manifestes, et les tests de laboratoire l’attestent sans équivoque ; les cas sont nombreux, et l’épidémie est bien installée. Mais comme l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé)a solennellement pris des dispositions pour décréter que la variole est définitivement éradiquée, il n’y a donc pas variole !
Ouais : drapeaux et étendards, hymnes nationaux et armoiries, ambassades un peu partout à travers le monde…donc l’Afrique est bel et bien « indépendante », la colonisation est bel et bien éradiquée !Même si, entre autres, – aujourd’hui comme naguère ! – le Burkinabè est toujours sommé de se faire promoteur de la langue française au détriment du Moore !

Sentence : Le mythe et le mythe à tout prix !... Ouagadougou, mardi 28 novembre 2017 : soigneusement aménagée à l’intention de la « Jeunesse Africaine », servie avec brio, la prise de parole du président de la République française n’est qu’une ruse de prédateur. Un peu de réflexion : un chat et une souris peuvent-ils vraiment être de la même « génération » ? Pure arnaque donc que cet acharnement à faire accroire que les jeunes d’Afrique nés en 1980 soient de la même « génération » que le chef de l’Etat français, et que les problèmes de ces jeunes n’aient rien à voir avec le fait colonial !...
Au demeurant, tenons-le pour certain : Toute jeunesse – emplie de fougue, d’entrain, de séduction ! – férocement portée à minorer le poids du passé et à faire l’apologie de l’amnésie, cette jeunesse-là risque fort d’être en fin de compte une dangereuse souche sans sève, inopportunément introduite par effraction dans la trame de l’histoire de l’humanité. Désastre !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/01122017
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Sorcier ou adversaire ?

« Tout homme en ce monde se trouve, à un moment ou à un autre,
confronté à des situations de risque, et il choisit – car il est libre – ou bien la crainte rationnelle,
ou bien, s’il manque de confiance et n’engage pas sa volonté, la peur insensée. »
Père Roberto PAZZI

Pour disqualifier ses adversaires les plus redoutables, les frapper d’infamie et de disgrâce, le couple Robert et Grace Mugabe n’hésitait pas à user sans état d’âme d’un argument fatal : les adversaires sont non seulement des comploteurs, mais surtout des sorciers ! Extravagance ? Sans doute pas : il suffit d’observer et d’écouter ce qui se passe autour de soi, sur les médias, sur les réseaux sociaux, pour comprendre à quel point l’obscurantisme a pris en notre siècle une ampleur inouïe.
Oui, ils proclament qu’ils sont investis de mission, pour faire triompher l’Amour, et répandre la Lumière. Et pourtant, les voilà, ces gourous de tous genres – et de tous bords ! – qui sèment la zizanie, et qui propagent l’obscurantisme. Un peu de sens : l’Amour sans la vérité n’est qu’imposture ; l’Amour sans la justice n’est qu’usurpation ; l’Amour sans la liberté n’est qu’asservissement ; l’Amour sans l’intelligence n’est qu’obscurantisme…
L’on peut distinguer fondamentalement deux types d’obscurantisme : l’obscurantisme à voix haute et l’obscurantisme à voix basse.
L’obscurantisme à voix haute a élu domicile, entre autres, notamment chez les adeptes du vodou, et chez les adeptes du charismatisme chrétien. Pratiqué à ciel ouvert, caractérisé par une prise de parole présomptueuse, cet obscurantisme, volontiers hystérique, est ostensiblement présenté comme une manifestation des esprits ou de la divinité. Les adeptes dits en état de possession entrent en transe, « parlent en langues », édictent des proclamations péremptoires… L’obscurantisme à voix haute, dans l’une de ses exécutions les plus authentiques et les plus spectaculaires, prend pour cible favorite surtout une prétendue « sorcellerie » contre laquelle il est bravement dirigé, et dont il entend conjurer les sortilèges.
L’obscurantisme à voix basse règne souverainement en particulier chez les adeptes des cercles ésotériques. Il s’exerce en toute discrétion, à l’abri des regards des non-initiés. Sa marque déposée est la solidarité inconditionnelle entre les membres. Ceux-ci s’engagent à défendre leurs intérêts par tous les moyens, au besoin effrontément contre le bon sens et contre la justice. La conduite est fasciste, et le mode opératoire est la « consigne », que tout membre est tenu de respecter, en foi de quoi la réussite sociale est gracieusement garantie.
En fait, par finalité, l’obscurantisme, à voix haute ou à voix basse, induit les membres à ignorer la nature et des enjeux et de la personne qui tire véritablement les ficelles…
Il se développe de plus en plus, dans tous les microcosmes, de nouvelles formes d’obscurantisme à voix haute ou à voix basse, fondées sur le clanisme et le clientélisme. Quoi qu’il en soit, le principe de solidarité impose que le membre ou l’adepte adhère à l’idée de la « primauté du réseau ». L’individu est sommé de comprendre que toutes les dispositions sont prises pour conférer à lui-même ou à tout autre individu l’étiquette appropriée, positive ou négative, susceptible d’être utilisée, en temps opportun, en sa faveur ou contre lui, dans l’intérêt du réseau. En clair, si les intérêts du réseau l’exigent, tout individu pourra être décrété malpropre, infréquentable, « sorcier » ; et l’individu décrété sorcier sera irrémédiablement tenu pour sorcier, et traité comme tel, frappé d’ostracisme.
Sentence : Mère sorcière ! Père sorcier ! Tante sorcière ! Oncle sorcier ! Cousine sorcière ! Frère sorcier ! Sorcier l’adversaire politique, philosophique, idéologique ! Sorcier, sorcier, et encore sorcier : incarné et mis en branle par tout quidam Mondjinou tant soit peu illuminé et expert en mythomanie, l’obscurantisme est destructeur de liens, et les adeptes de l’obscurantisme sont foncièrement des handicapés et un grand danger pour l’humanité. Friands de fantasmes et nourris à une métaphysique de bas étage, ils s’installent en permanence dans une crédulité qui les rend malléables et manipulables. Une proie facile en même temps qu’un allié de choix pour tout pouvoir fasciste prédateur, temporel ou spirituel. Misérable survivance du Cro-Magnon au vingt-et-unième siècle !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/22112017

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Fagnon Gaspard

« Qui n'a pas dans son entourage une connaissance
ou un ancêtre qui pourrait accéder à la gloire des autels ? »
Le Point, 27 avril 2014

Ce jour du mercredi 25 octobre 2017, l’homme Gaspard a fini sa course.
Par delà toute oraison de circonstance, l’on doit clamer - haut et fort ! - que l’homme aura, par sa vie, personnellement édifié sa propre histoire : une vie dont il n’est point téméraire d’affirmer qu’elle fut une vie de totale disponibilité. Sans calcul !
Gloire et honneur à toi « Gashpa » : le destin fit de toi tout à la fois mon grand frère et mon grand-père. Tu fus une humanité plénière !
Tous les saints du ciel et de la terre, battez des mains !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/02112017
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« Nations-Unies » !

« Ce pays tranquille avait mérité, pour la qualité de son calme, le surnom de Corée du Nord ouest-africaine (faisant la paire avec la Corée du Nord est-africaine, plus connue sous le nom d’Erythrée). »
Kossi EFOUI, Cantique de l’acacia

La véritable grande nouvelle donne dans la crise sociopolitique interminable que traverse le « pays de nos aïeux », c’est toute la considération que l’on doit désormais accorder au regain de prise de conscience et de position de la diaspora.
Comment aiguillonner les énergies, et aiguiller les esprits dans la bonne direction, vers une bonne appréciation des enjeux, en prenant la mesure des courbes successives infligées à l’histoire des peuples par l’ordre prédateur conformément à ses intérêts, voilà qui doit demeurer une préoccupation majeure …
S’agissant notamment de la problématique et des séquelles liées à la Conférence de Berlin (1884-1885), de la question des fausses indépendances en Afrique, du rôle funeste des majordomes agréés, de la nouvelle politique de transformation des républiques en monarchies dynastiques, je voudrais, en rappel, exhorter les uns et les autres à consulter certaines de mes chroniques, dont en particulier les suivantes : « Politique en Afrique : perpétuelle persécution de la vérité », in Revue de l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest (RUCAO), numéro 24, mai 2005) ; « République togolaise » (BCCM/PS/CHRONIQUE/04092006) ; « Le non-conformisme » (BCCM/PS/CHRONIQHE/16042007) ; « Césaire est mort, vive le Discours… ! » (BCCM/PS/CHRONIQHE/23042008) ; « Terre de nos ancêtres » (BCCM/PS/CHRONIQHE/09112009) ; « Qu’est-ce que la Francophonie ? » (BCCM/PS/CHRONIQUE/09112010) ; « Le devoir de résistance » (BCCM/PS/CHRONIQUE/09062012) ; « Démarcation » (BCCM/PS/CHRONIQUE/01112014) ; « Majordome éjecté » (BCCM/PS/CHRONIQUE/10112014) ; « Le glaive de la CVJR » (BCCM/PS/CHRONIQUE/0501205) ; « Sous couvert du bon François » (BCCM/PS/CHRONIQUE/20032015) ; « Quasimodo » (BCCM/PS/CHRONIQUE/12042015) ; « Scandaleuse empathie » (BCCM/PS/CHRONIQUE/03072016) ; « Aux mains des brigands » ; (BCCM/PS/CHRONIQUE/10072016) ; « Flagrant délit » (BCCM/PS/CHRONIQUE/15072016) ; « Accord fibrome » (BCCM/PS/CHRONIQUE/20082016) ; « Flouflouterie permanente » (BCCM/PS/CHRONIQUE/09012017) ; « Fermer la parenthèse » (BCCM/PS/CHRONIQUE/08092017).
En substance : Il importe que les citoyens et tous ceux qui partout à travers le monde s’engagent dans la lutte pour les libertés en perçoivent les vrais contours, pour ne pas remettre indéfiniment en selle l’adversaire que l’on prétend pourtant combattre. Il est évident qu’en toute situation, c’est de la juste définition du problème, de la juste qualification du délit que vient la solution ou la sentence appropriée. Que l’on n’aille donc pas commettre l’erreur de transiger, et de vouloir s’attendre à des comportements républicains de la part d’un pouvoir que tout esprit avisé perçoit comme étant dès le départ résolument installé dans une logique de monarchie dynastique Koyaga à la coréenne.
Somme toute, face aux multiples ruses de l’ordre prédateur tendant à parachever – sous couvert des « Nations-Unies », sacré consortium de tous les régimes ! - l’œuvre colonialiste de destruction outrageuse des patries originelles des peuples, le devoir inaliénable de résistance ne peut se nourrir que d’un devoir de lucidité permanente !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQHE/24102017

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Fermer la parenthèse

« Ne prenez pas le métro !
Prenez conscience ! »
AGUIGUI MOUNA

Le mardi 05 septembre 2017, à la veille de manifestations politiques programmées pour se dérouler sur toute l’étendue du territoire du « pays de nos aïeux » - manifestations qui s’inscrivent dans la droite ligne de celles du samedi 19 août 2017, journée de grande indignation populaire enclenchée par le PNP (Parti National Panafricain) – la monarchie dynastique affirme avoir adopté un avant-projet de loi portant révision constitutionnelle.
Le pouvoir monarchique dynastique voudrait ainsi désamorcer les manifestations, et prétendre répondre aux revendications des populations. Diantre ! Si l’on est adepte de la vérité, et si l’on admet qu’un tel avant-projet n’est pas un malheureux faux-fuyant, et qu’au contraire il est conçu pour tenir effectivement compte des aspirations des populations, pourquoi donc la monarchie dynastique - qui s’est indument substituée à la République depuis plus de douze ans - est-elle encore en sursis ?...
Comme quoi la classe politique du « pays de nos aïeux », celle qui se veut réellement soucieuse des intérêts du peuple, doit à tout prix éviter d’être prise au piège de la diversion récurrente, éviter de se retrouver en porte-à-faux, toujours condamnée à s’engager dans des scénarios propres à baliser la voie à des manœuvres obscurantistes, et à en fin de compte devoir accepter comme compromis prétendument salutaire tout ce qui n’est dans le fond que duperie et horrible compromission.
Comment ne pas comprendre qu’aucune initiative républicaine légitime ne saurait prévaloir, sans l’exfoliation préalable de ce vice rédhibitoire qu’est la monarchie dynastique, qui fut effrontément instaurée au « pays de nos aïeux » en ce jour fatidique du 05 février 2005, et qui, maudite jurisprudence, s’est transportée, par métastase, çà et là ailleurs en Afrique, notamment en Afrique centrale ? Il est sans doute temps que se ferme la parenthèse de l’errance, et que renaisse la République !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/08092017

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Prière pour la paix

« Ne prenez pas le métro !
Prenez conscience ! »
AGUIGUI MOUNA

L’histoire le retiendra certainement : l’an de grâce 2017, et le samedi 19 août, il y eut, au « pays de nos aïeux », une grande action d’indignation et de révolte populaire. Cette action eut un porte-flambeau : Tikpi Atchadam et le PNP (Parti National Panafricain). A ciel ouvert !
Des commentaires de tous ordres se sont emparés de l’événement. Et, à l’ère d’Internet, naturellement ceux des réseaux sociaux en tête. Les émotions s’épanchent à l’envi. Opportunistes, parfois hystériques et franchement obscurantistes. Occasion rêvée, en particulier, pour les uns, de rappeler que seul Dieu sauvera « son peuple » ; et, pour les autres, d’exhorter le même peuple à prier…avec davantage de piété.
Ouais ! Comble de mystère : naguère, grâce aux prières, sacrifices, et autres réconciliations et purifications, l’asservissement du peuple a été substantiellement consolidé, et la dictature s’est inexorablement gradée en monarchie dynastique ! Aujourd’hui, l’antienne est la même, entonnée par de zélés mystificateurs invétérés, et reprise en chœur par les adeptes, sur le mode d’une rhétorique à la Candide : l’on vous coupe un bras ? Remerciez le ciel, puisque vous auriez pu perdre les deux bras. L’on vous crève un œil ? Battez des tambours et jouez des cymbales, car il vous reste encore un œil. L’on vous trucide ? Sûrement pour mieux vous permettre d’entrer dans la gloire du Père. Toujours gagnant !...
Un peu de sens : face aux avanies les plus cruelles, il est inhumain de faire diversion, en invitant le peuple à prendre son mal en patience, et à se réfugier dans l’extase. Nulle prière ne saurait être légitime, qui impliquerait que l’on se résigne à subir l’injustice. Ce n’est pas par l’abrutissement, le « charismatisme », ou un quelconque fétichisme rampant, que l’on rendra les hommes meilleurs. C’est en leur faisant prendre conscience de leur condition véritable ; c’est en leur apprenant sans réserve à réfléchir en profondeur sur les réalités qu’ils vivent, et à agir en toute responsabilité conformément aux implications tirées de leur réflexion.
Sentence : En vain le Seigneur bâtit la maison, si les ouvriers ne se mettent à l’ouvrage en esprit et en vérité. Ainsi soit-il !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/31082017

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Père Pedro

« Le mouvement Emmaüs – qui n’est pas confessionnel – bouscule les « braves gens »
qui laissent crever des hommes à côté d’eux sans s’en rendre compte - bien qu’ils soient,
comme on dit, d’impeccables pratiquants – laissant ainsi se maintenir politiquement
un ordre injuste dont ils sont bénéficiaires… »
Abbé PIERRE

Impossible de faire l’impasse sur la mine d’or que constitue l’ouvrage Insurgez-vous ! du Père Pedro. En cette ère pernicieuse, où tout grince et menace ruine en matière d’éthique et de sens à donner à la vie des hommes, le Père Pedro est de ces humains qui, précisément par leurs actes de parole et la parole de leurs actes, ensemencent l’espérance en se faisant d’irréductibles défenseurs de la vérité et de la justice.
Gros mérite en particulier que celui dont il s’honore en rappelant à l’ordre ceux qui se piquent d’être les régisseurs des affaires du monde. Parole du Père Pedro :
« Entrer en politique, faire de la politique pourrait être la plus noble des missions, à condition précisément de prendre cela comme une mission. Qu’est-ce que la mission politique ? Un engagement pour rendre un peuple heureux. On en est hélas bien loin. On se retrouve le plus souvent face à des leaders qui utilisent leur talent, parfois grand, à des fins personnelles et pour rester en poste le plus longtemps possible, voire toute une vie pour les dictateurs. Leur art ? Faire le moins de vagues possible et se servir en premier. C’est honteux d’utiliser ainsi son peuple comme un tremplin pour sa petite personne sans penser à ses concitoyens.
[…] Rêvons pour conclure à ce que nous aimerions voir et ce pour quoi nous devons entrer en résistance :
1 – Un homme politique doit sincèrement donner sa vie pour son peuple.
2 – Politicien, je déclare vouloir oublier les tapis rouges, les faux-semblants et les honneurs.
3 – J’irai au contact de ceux qui m’ont élu pour connaître sincèrement leurs souffrances.
4 – Je ne promettrai rien que je ne puisse tenir.
5 – Je traduirai en actes chaque promesse verbale faite à mon peuple, au risque de commettre des erreurs.
6 – Je ne tirerai aucun profit personnel de ma position.
7 – Je me garderai de tout népotisme.
8 – Ma vie personnelle sera un modèle de sobriété.
9 – Ma vision consistera à partager les richesses nationales en commençant par les plus pauvres et les plus déshérités.
10 – N’étant qu’un serviteur, j’oublierai de me prendre pour un roi et a fortiori pour un dieu.

Ainsi pourra-t-on peut-être renouer une relation de confiance avec la politique et les politiciens. »
(Père PEDRO et Pierre Lunel, Insurgez-vous !, Editions du Rocher, Monaco, 2017, pp 105-110)

Cinglant ! Voilà qui vaut tous les sermons et tous les bréviaires ! Puisse l’appel à la résistance être entendu au « pays de nos aïeux », en Afrique, et partout à travers le monde ! Sodome et Gomorrhe méritèrent le soufre : on y faisait l’amour en désordre ; et le Seigneur aujourd’hui se permet de couvrir de sa bénédiction notre siècle d’enfer bien en ordre, où – comble de veau d’or et d’arbitraire ! - tout Neymar se fait exponentiellement milliardaire en tapant dans un ballon ?!...

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/14082017

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Tous les chats sont gris !

« Nous qui sommes hommes, ne savons-nous pas bien jusqu’à quel point d’autres hommes ont pu être ou imposteurs, ou dupes ? » FONTENELLE

Quelqu’un qui sort d’une banque. Rothschild ! Et qui dit : « Il n’y a plus ni droite, ni gauche. Il n’y a que l’argent et le travail. Travaillez, et ayez de l’argent ! » Et les Français le croient ! Et lui donnent leurs suffrages tous azimuts !
Ce grand coup vaut bien un 14 juillet fleuri, sous prétexte de centenaire de la Première Guerre mondiale, et sous le sceau du « rien ne nous séparera jamais. » On le voit : entre Donald et Emmanuel, le bras de fer n’est qu’embrassade. De complicité, et à cœur joie. Tout est au beau fixe, en deçà et au-delà de l’Atlantique. A l’ère macronienne en France, il s’agit d’asseoir définitivement le triomphe de l’ordre Mammon, sous le grand couvert d’une démocratie formelle à 60% abstentionniste…
Honneur et gloire aux valeureux abstentionnistes. S’il n’y a plus ni droite, ni gauche, et que tous les chats sont gris, peut-on encore appeler chat un chat ? Ne voilà-t-il pas que tous les chats sont des fripons prédateurs, restés en embuscade, ayant attendu le bon moment opportuniste pour bondir ? Comble de perfidie que cette mascotte « ni droite-ni gauche » ! A laquelle le quinquennat qui vient d’expirer aura généreusement servi de catalyseur !
Oui, tout est consommé, définitivement consommé. Tout est mélangé, dès l’instant où, naguère gardien du temple socialiste et promoteur des idéaux du socialisme, élu président « normal » sous l’étiquette socialiste, « Pays-Bas » a viré, hôte de l’Elysée, – effrontément et sans état d’âme ! –, au « social-libéral ». Palmarès !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/14072017

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Pris en otage !

« Nous qui sommes hommes, ne savons-nous pas bien jusqu’à quel point d’autres hommes ont pu être ou imposteurs, ou dupes ? » FONTENELLE

La charrue avant les bœufs ? Les conditions sont-elles réunies pour quelles « prières » et pour quelles « purifications » ?
Point de flétrissure plus abominable que celle d’être sous contrainte de prier le Bon Dieu. Que d’être induit à une grande compromission sous prétexte de sacrifices et d’adoration. En « République »-royaume « pays de nos aïeux », ce dimanche 09 juillet 2017, voilà de pauvres humains, une fois de plus, pris en otage : pris en étau entre les exigences du devoir d’honorer le jour du Seigneur, et les inadmissibles manipulations d’une impénitente nébuleuse politico-pseudospirituelle. Quelle torture !
Au demeurant, par souci de clarification, et sans doute pour mettre les croyants à l’abri de toute meurtrissure de l’âme, de toute mauvaise conscience, des prières à la mosquée, au temple ou à l’église, ces prières à fort relent politique, n’est-il pas évident qu’elles ne sauraient nullement avoir lieu ni le vendredi, ni le dimanche ?
Sans détours et en toute circonstance, la nécessité d’être dans le vrai et de ne pas servir de catalyseur à une cause perfide impose à toute instance quelle qu’elle soit d’éviter à tout prix toute confusion de genres qui frise le totalitarisme ; de préserver l’esprit de tolérance ; de garantir chez l’être humain et la liberté politique et la liberté religieuse ou philosophique. Est-ce réellement si difficile ?

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/09072017
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Les problèmes ne sont pas le problème !

« Si je ne parle pas, je meurs lentement du dedans. Je mourrai vivant. »
SONY LABOU TANSI

Mis à la tête de la CEDEAO (Communauté Economique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest), il a solennellement pris l’engagement explicite de faire de l’institution régionale une « Communauté des Peuples ». C’est ce qui justifie sans doute la visite-surprise de ce jeudi 08 juin 2017, qu’il a effectuée à la frontière Togo-Ghana à Lomé-Aflao. Point de procrastination. Frapper pompeusement les esprits en joignant – illico ! – le geste à la parole…
Constat sur le terrain ? Ce que tout le monde a déjà toujours su : la libre circulation des personnes est bien loin d’être une réalité. A la frontière, il y a des problèmes. Personne n’est libre de circuler librement. A moins d’être un chef d’Etat ! Et pourquoi donc ? Un peu de réflexion : le problème, ce n’est pas parce qu’il y a des problèmes à la frontière ; le problème, c’est qu’il y a frontière…
Communauté des Etats ou Communauté des Peuples ? Cent-trente-deux ans après, nous y voilà sans cesse : cruelle survivance de Berlin !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/15062017

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Foin des « Prix Nobel » !

Ces costumes noirs ces cravates rouges
Qui t’accrochent une décoration posthume
Une distinction épinglée à un emmerdeur
Ils ne t’aiment pas ils te détestent
Kadjangabalo SEKOU

En plus d’être un mois embrouillamini, renfermant une date embrouillamini, célébrant une « fête nationale » embrouillamini, le mois d’avril au « pays de nos aïeux » aura en l’an 2017 battu tous les records d’embrouillamini : les macarons et les médailles à foison ont épinglé les vieux nègres de tous ordres, plus fumistes et plus sinistres les uns que les autres. Tous décorés, à ciel ouvert, « en vertu des pouvoirs… »
Cette fois-ci, il s’est agi entre autres de récompenser les Toto et les Nama ayant le mieux tiré, le mieux mitraillé, le mieux meurtri, le mieux saccagé d’innocentes populations rebelles. Objectif : hommage rendu à la mécréance, passer l’éponge à tout prix et à tous les prix ! Oblitérer. Oublier. Pardonner. Bien sûr, dame « Réconciliation » est solennellement en campagne, proclamant la bonne nouvelle des rançons rédemptrices…
Les vrais fils des hommes ne prennent jamais rang parmi la troupe. Ils savent se mettre en réserve des carnavals obscurantistes, où sont pêle-mêle logés à la même enseigne bourreaux et victimes, voyants et mal voyants, savants et alchimistes, ténébreux et éclairés. Imperméables aux labels, et indifférents aux trophées, vigilants face aux attrape-nigauds et aux trompe-l’œil, ils perçoivent - clairement et sans le moindre hoquet - que le « développement de la route » fait souvent entrave à la « route du développement ».

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/14052017

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Diabolicum !

« Nous qui sommes hommes, ne savons-nous pas bien jusqu’à quel point d’autres hommes ont pu être ou imposteurs, ou dupes ? » FONTENELLE

Pour la semaine sainte de l’année 2017, il n’a été trouvé rien de mieux inspiré, en très sainte terre Gondwana « pays de nos aïeux », que de prescrire aux fidèles, et d’exiger d’eux qu’ils consacrent leur précieux Vendredi Saint à prier pour le raffermissement de l’imposture solennellement baptisée « Justice Transitionnelle »-« Réconciliation » !
Pour la simple raison que, s’étant inopportunément engagée dans un processus malsain, la haute autorité spirituelle n’a d’autre choix que de foncer, tête baissée, dans la collusion et l’errance, au mépris des intérêts de Dieu et de l’humanité. Persévérer. Toujours et toujours persévérer. Diabolicum !
Heureusement que les fils des hommes, enfants de Dieu, sont encore bien conscients, capables de comprendre – au nom de l’Espérance ! – que porter sa croix c’est aussi savoir faire fi, à la suite de Jésus de Nazareth, des affreuses dérives pharisaïques provocatrices.

Huenumadji AFAN
A suivre !... BCCM/PS/CHRONIQUE/11042017

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Sodokpoxwe

« Le meilleur, c’est que, dans les conditions de communauté de destin et de possible société-monde, nous puissions envisager la Terre comme patrie, sans que cette patrie nie les patries existantes, mais au contraire qu’elle les englobe et les protège. » Edgar MORIN, Terre-Patrie, Préface 2010

Ce jour du lundi 27 mars 2017, il fut définitivement mis en terre en son domicile à Sodokpoxwe, son village natal. Djagnon, que le mythe a déjà par candeur vite fait de créditer d’avoir vécu jusqu’à l’âge de cent-cinq ans, était l’un des petits-fils du patriarche Sodokpo, fondateur et de la lignée Sodokpo et de la localité bien marquée de Sodokpoxwe (« chez Sodokpo »), localité du pays Adja, aujourd’hui administrativement intégrée dans la commune de Toviklin, département du Couffo, en République du Bénin en Afrique de l’Ouest…
Pour l’essentiel, les célébrations funéraires étaient aux rites Adjavino de la tradition Adja. Par-dessus tout, l’ambiance était festive : il fallait sans doute honorer particulièrement la mémoire du défunt qui, de son vivant, aimait bien la vie et se laissait rarement gagner par la tristesse. Chaque prise de parole, label Djagnon, était tout humour, tant par les mots que par la gestuelle. Comédien-né, l’homme avait pleinement conscience d’être un personnage de théâtre et se faisait fort de s’installer constamment dans ce rôle.
Ce cousin germain, qui avait l’art de détendre l’atmosphère la plus crispée, nous l’avons connu le jour où, par ces temps-là saturés d’événements bouleversants voulus par la nature, nous avons, après moult aventures, mis pied, pour la première fois, à Sodokpoxwe le Lundi de Pâques de l’année 1963. Le jour même où, avec force émotion, nous faisions la connaissance de Mèdjiko, son père, frère aîné de notre père, et aussi la connaissance de Gbavou, demi-frère, l’aîné des fils Sodokpo. Djagnon a su rester intégralement tel. Je le vois encore parfaitement expressif dans tout son jeu d’animateur et de rieur, lors de la visite, la toute dernière, que je lui rendis à Sodokpoxwe le 05 octobre 2016…
L’on se doit d’observer que, pour marquer la circonstance de la disparition de Djagnon, les uns et les autres ont accouru de tous les horizons, et ont tenu à rendre, chacun à sa manière, des hommages appropriés. Il se confirme, une fois de plus, que les morts sont toujours pour les vivants la très commode grande occasion naturelle de prise de conscience identitaire, le point d’orgue absolu de toutes les arithmétiques, et l’appel impromptu aux confluences les plus énigmatiques.

Huenumadji AFAN A suivre !... BCCM/PS/CHRONIQUE/07042017

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La balade chérifienne

« Il y a un certain nombre de valeurs avec lesquelles je ne transige pas : c’est-à-dire la justice, la vérité, la liberté. » ETIEMBLE

A peine a-t-il intégré l’Union Africaine (UA) – nouvel avatar de l’antique Organisation de l’Unité Africaine (OUA) que son vénérable père quitta avec fracas -, que le monarque chérifien, grand roi du Maroc, grand commandeur des croyants, s’est hardiment mis en villégiature, arpentant de long en large le continent, comme pour faire du rattrapage, reconquérir du terrain perdu, mettre ses empreintes, imposer sa marque…
Le monarque tient à arborer - à la face du monde ! - que s’il peut se rendre partout en Afrique, sans frontières et sans visa, acclamé par les Berbères et les Arabes, les Soussous, Malinkés et Peulhs, les Sénoufos, Bétés et Baoulés, les Ashantis et Fantis, les Wolofs et les Sérères, c’est bel et bien la grande preuve que tout territoire a vocation à être Polisario. Donc marocain. Guinée marocaine. Côte d’Ivoire marocaine. Ghana marocain. Sénégal marocain. Bien plus : il se susurre que toute la Communauté Economique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) est bientôt marocaine. Et donc bientôt en Afrique, par la foi du commandeur, c’est la fin des quatre points cardinaux : ni nord, ni sud ; ni est, ni ouest. C’est la grande Afrique marocaine ! Nouvelle ordonnance implacable de l’ordre prédateur qui régit le monde : toutes les Républiques en Afrique sont inexorablement vouées à s’annuler, à dérouler le tapis rouge et courber l’échine devant la monarchie…
Les littératures, que disent-elles ? Les caravanes, que disent-elles ? Au méphistophélique Gondwana « pays de nos aïeux », où l’atmosphère flambe au gré obscurantiste et imprévisible des humeurs pétrolières monarchistes, et où – il y a belle lurette ! - des entremetteurs invétérés, très formatés et très zélés, auront déjà cyniquement tout prévu et tout réglé sur le mode monarchiste, seuls des naïfs continueront à croire que quelque part en Afrique le modèle chérifien soit encore contre-indiqué. Convertissez-vous et chantez tous en chœur : vive le rejeton-roi-soleil du « pays de nos aïeux », et vive la monarchie dynastique esclavagiste !

Huenumadji AFAN
A suivre !... BCCM/PS/CHRONIQUE/06032017

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Confiteor

« Il y a un certain nombre de valeurs avec lesquelles je ne transige pas : c’est-à-dire la justice, la vérité, la liberté. » ETIEMBLE

Au travers d’une conférence de presse toute solennelle, organisée ce jour pour défendre lui-même sa propre cause, François Fillon aura décidé de foncer tout droit : affirmer avec hargne que le reproche qui lui est fait n’est que le fruit d’une malveillance bien élaborée ; qu’il n’a rien fait d’illégal ; qu’il a pour lui le droit comme défenseur unique…
Oui, l’Etat de droit ! Tout est permis, qui n’est pas interdit par la loi ! Mais alors, de quoi s’excuse-t-il, l’honorable présidentiable ? Pour se faire admettre à tout prix comme champion des réformes, suffit-il, pour un candidat à l’élection présidentielle, que sa pratique indécente se couvre du manteau de la justification légale ? Il faut le marteler : ce vers quoi tendent les peuples, c’est justement de sortir des arcanes de la justesse justifiante pour une justice juste.
Au demeurant, opéré sur le mode d’un aveu à un confessionnal public, l’acte de contrition du repenti, quelque touchant qu’il puisse paraître, a beaucoup de mal à ne pas s’offrir comme communication politique à l’intention d’un électorat désorienté. Raison suffisamment valable pour que, malgré une éventuelle intercession de saint François d’Assise et saint Matthieu d’Ountivou, l’absolution, prudemment inspirée, ne soit pas plénière…
Pour l’heure, les branle-bas des appareils partisans et les joutes de campagne électorale continuent à aller bon train, attendu que les uns et les autres comptent abondamment sur l’ingénuité des électeurs pour remporter la mise.

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/06022017

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Saint Matthieu d’Ountivou

« Qui n'a pas dans son entourage une connaissance
ou un ancêtre qui pourrait accéder à la gloire des autels ? »
Le Point, 27 avril 2014

Qui peut douter de l’exemplarité de sa vie ? Aucun de tous ceux qui l’ont vraiment connu ne peut lever le petit doigt !...
La canonisation, c’est l’opération par laquelle un individu humain est déclaré saint par l’Eglise catholique. La canonisation obéit à un rituel, et prescrit rigoureusement aux fidèles l’obligation dogmatique de reconnaître comme admis et siégeant au royaume des cieux l’individu canonisé.
Il s’ensuit donc que la condition suffisante pour être un saint canonisé, c’est d’être canonisé. Conséquence : si tous les canonisés sont déclarés saints, tous les saints ne sont pas forcément canonisés. L’Eglise catholique se rattrape du reste en instituant une journée de commémoration de tous les saints. La commémoration de tous les saints est une compensation rectificatrice destinée à combler des lacunes, et à atténuer l’outrecuidance du rituel de la canonisation.
Sentence : En marge du 1er novembre, et sans attendre de les savoir canonisés après notre mort, honorons nos saints tant que nous sommes vivants !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/06022017
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Mettre fin au tripalium !

« Il y a un certain nombre de valeurs avec lesquelles je ne transige pas : c’est-à-dire la justice, la vérité, la liberté. » ETIEMBLE

J’ignore ce qui se passera en France le dimanche 29 janvier. Encore davantage les mois à venir. Peu importe. Mais j’ose affirmer qu’en remportant brillamment le premier tour de la primaire de la gauche pour l’élection présidentielle de 2017, Benoît Hamon a pris date et relevé un grand défi : faire triompher sans respect humain la défense des valeurs de conviction sur le mercantilisme politique…
Ce n’est pas parce que des opportunistes forcenés ont vendu leur âme au diable, et travesti une doctrine, qu’il faille se résigner à mettre cette doctrine sous le boisseau. Il importe que des esprits clairvoyants et généreux osent refuser de prendre rang parmi ceux qui organisent la mise à mort des élans porteurs d’humanité. Aspirer à la justice, s’engager pour un « futur désirable », voilà qui devrait pouvoir emporter l’adhésion de tout bon sens humain.
D’aucuns persistent à croire qu’ils ont de toute éternité le droit d’être heureux sans devoir souffrir, pendant que d’autres sont astreints au devoir souffrir, sans avoir jamais droit à être heureux. Aussi bien l’idée que l’on puisse mettre fin à la supercherie du travail-tripalium – et à toutes les tortures instillées par l’ordre prédateur ! - paraît-elle résolument illusoire ou utopique pour ces vampires. Pourtant : c’est sûrement dans cette vision utopique que doit désormais s’inscrire toute bonne volonté portée par l’espérance d’une humanité nouvelle !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/26012017

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Flouflouterie permanente !

« Nous qui sommes hommes, ne savons-nous pas bien jusqu’à quel point d’autres hommes ont pu être ou imposteurs, ou dupes ? » FONTENELLE

1. Il a tenu à parler, l’on ne sait pourquoi : les vœux du rejeton roi-soleil sont arrivés ce vendredi 06 janvier, presque à la sauvette, un peu comme un cheveu sur la soupe. Grande épiphanie ? De quel ordre et de quelle nature ?
Ce qui est certain, que l’on peut tirer de ces vœux, c’est que, comme les onze précédentes, l’année 2017 a démarré sur la même marque de flouflouterie permanente consistant à servir avec acharnement aux populations du « pays de nos aïeux » le plat réchauffé d’un foufou fermenté, qu’elles sont tenues d’avaler de bon appétit.
Répétons-le : le « pays de nos aïeux » a besoin de la fin de la monarchie dynastique comme préalable aux réformes républicaines. Les personnes engagées dans la roublardise des réformes doivent enfin se résoudre à comprendre que tout être humain venu au monde pour se valoriser non comme héros, mais comme héroïne servant pernicieusement à assoupir d’autres humains, cet être-là est sans doute moins qu’un rebut de l’humanité…
2. Ils se sont retrouvés à Dakar au Sénégal, ce samedi 07 janvier 2017. Sans doute de bonne foi. Pour hurler leur indignation, et réclamer la fin du Franc CFA. Mais tout de même : peut-il y avoir fumée sans feu ? La monnaie n’est-elle pas l’expression de la souveraineté ? Et le Franc CFA n’est-il pas là, précisément pour indiquer que les Etats membres de la zone Franc CFA ne sont pas souverains ?
La grande fumée Franc CFA montre bel et bien la réalité du grand feu dépendance, et l’indépendance est montée de toute pièce pour enfumer les populations. Fabriqué à Chamalières, ou si l’on veut un jour à Yaoundé ou ailleurs, portant la même ou toute autre dénomination, le Franc CFA est ou sera un instrument non pas technique, mais politique, tant que subsisteront les rapports de fausse indépendance…

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/09012017
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Paxàfricanisme

« Si je ne parle pas, je meurs lentement du dedans. Je mourrai vivant. »
SONY LABOU TANSI

Il y a des conflits ? Un peu partout à travers le monde ! Singulier, le cas de l’Afrique n’est donc pas une spécificité. Et pour résoudre ces conflits dont il tire la meilleure rente, l’ordre prédateur ne manque pas d’entremettre des acteurs médiateurs, et autres faiseurs de paix, sélectionnés et adaptés avec soin, ayant pour mission de sauver l’essentiel de la prédation.
A l’échelle du continent africain, la gamme des médiations est variée à souhait : médiation de l’ONU (Organisation des Nations Unies), médiation de l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie), médiation de l’UA (Union Africaine), médiation de la CEDEAO (Communauté Economique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest), médiation de l’UEMOA (Union Economique et Monétaire de l’Ouest-Afrique)… Médiation, médiation, médiation, toujours médiation !...
Les résultats souvent mitigés de ces médiations induit tout individu humain doué de sens à faire le constat de l’échec de ces missions. Quoi d’étonnant ? Est particulièrement sidérant l’exemple du président tanzanien, médiateur engagé dans le règlement de la crise burundaise, qui n’hésite pas - prenant prétexte de la duplicité d’une certaine diplomatie internationale – à afficher en gros plan son parti-pris grossier, allant jusqu’à tancer vertement ceux qui n’ont le choix légitime que de s’opposer au régime burundais.
Somme toute : Il se manifeste qu’à travers lesdites médiations – véritables traquenards où les monarques tyrans sont rarement rappelés à l’ordre ! - les systèmes de pacification et de domination des peuples ont la bénédiction des réseaux tutélaires. Ce qui est exigé des peuples, c’est qu’ils acceptent sagement l’inacceptable, l’insupportable fait accompli ; qu’ils acceptent d’être sauvagement brimés, et de se résigner à l’idée que, ballotée au gré du pax-à-fric et d’inavouables multiples intérêts plus pax-à-fricanistes les uns que les autres, la paix en Afrique doit demeurer, pour des groupes humains qui sont considérés comme des non ayants droit par nature, rien qu’un grand leurre, un grand luxe indéfiniment inaccessible.

Lorsque – sous prétexte que mort lente vaut mieux que mort violente ! – la médiation se conçoit comme pression politique, morale, ou religieuse, à exercer pour fléchir les victimes et ménager les usurpateurs, et pour que la vérité le cède au mensonge, il y a sûrement grande déchéance pour l’humanité !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/19122016
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La victoire de Fatou

« Si la première bêtise n’est pas tout de suite réfutée, la porte st ouverte à toutes les autres qui peuvent alors s’agencer en autant de vrais systèmes bêtes qui paraissent très intelligents. » Dany-Robert DUFOUR

Battu par son adversaire Adama Barrow, lors de l’élection présidentielle du jeudi 1er décembre 2016, Yahya Jammeh a reconnu spontanément sa défaite, à la grande surprise des Gambiens ses concitoyens, et du monde entier. Est-ce à dire que par le passé le dictateur avait toujours gagné ? Sinon, comment donc expliquer le fait que, cette fois-ci, il a si vite et si facilement accepté sa défaite ?
Ce qui est certain, c’est que le tout-puissant Yahya Jammeh n’aura même pas l’occasion – ainsi qu’il en a eu la prétention - d’enclencher un quelconque processus de retrait de la Gambie de la Cour Pénale Internationale (CPI). En proclamant à cor et à cri qu’il allait se mettre en réserve de la justice internationale, le dictateur envoyait un mauvais signal fort : il faisait la preuve qu’il n’était pas près de renoncer ni à la dictature, ni à ses excentricités criminelles. Révélant à la face du monde qu’il entendait se garantir une impunité illimitée en confisquant à vie le pouvoir, le « fou de Banjul » a fait un pas de plus dans la provocation, et s’est irrémédiablement condamné… à mort. S’en est-il rendu compte ? Sans doute.
Aussi bien l’acceptation de sa défaite s’offre-t-elle à lui comme une porte de sortie, une sorte de rachat :
il fait peau neuve en s’exhibant crânement comme démocrate ; il se libère du lourd fardeau d’avoir voulu quitter la CPI ; il se réconcilie ipso facto avec sa compatriote Fatou Bensouda, la procureure de la CPI, que ses innombrables extravagances ont couverte d’opprobre. Retournement de situation qui est bel et bien une très grande victoire pour la procureure. Grand-messe à La Haye ! Grande leçon pour monarques impénitents !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQHE/03122016

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Camouflage !

« Il y a un certain nombre de valeurs avec lesquelles je ne transige pas : c’est-à-dire la justice, la vérité, la liberté. », ETIEMBLE

C’est à peine qu’il reconnaît aux individus humains le droit d’avoir chacun une orientation de vie personnelle ; il promet de réduire drastiquement le nombre des emplois ; il veut prolonger sans ménagement le temps de travail… Et c’est à lui que vont les suffrages des électeurs…. C’est le grand paradoxe ! En réalité, ceux qui, les 20 et 27 novembre 2016, ont voté pour François Fillon lors de la primaire de la droite et du centre en vue de l’élection présidentielle de 2017 en France, ceux-là ont fait leur choix en ayant parfaitement conscience de la problématique en jeu.Comment en effet feindre de l’ignorer ? Le contexte sociopolitique dans lequel la France évolue aujourd’hui, et qui - sans que cela s’avoue ! – détermine le choix des citoyens, ce contexte est bel et bien celui du djihadisme, qui a durement frappé la France notamment les 07 janvier et 13 novembre 2015, et le 14 juillet 2016. Aussi bien l’affrontement entre François Fillon et ses adversaires n’a-t-il été qu’une diversion en revêtant l’apparence trompeuse d’un grand débat sur les réformes économiques. Mais loin d’être dupes du camouflage, les électeurs n’ont pas décroché de la préoccupation fondamentale qui les taraude : ils se sont accrochés pour l’essentiel à la personnalité qu’ils avaient déjà retenue comme étant plus rassurante sur la question de l’identité culturelle, question délicatement mise en sourdine, pourtant férocement présente in absentia… Si désormais aucune personnalité politique n’émerge, capable de secouer les consciences et de rappeler – de façon explicite et avec détermination ! - que la laïcité est la valeur absolue à sauvegarder à tout prix, et à mettre largement au-dessus des identités et croyances, le « logiciel » Fillon, distillé à travers monts et vallées, s’activera à merveille, et s’implantera en France pour longtemps.

Huenumadji AFAN
A suivre !…
BCCM/PS/CHRONIQUE/29112016
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Adétikopé

« Il ne manquait autre chose à tant de beaux ouvrages, sinon qu’il fût vrai que la dent était d’or. Quand un orfèvre l’eut examinée, il se trouva que c’était une feuille d’or appliquée à la dent, avec beaucoup d’adresse : mais on commença par faire des livres, et puis on consulta l’orfèvre. »
FONTENELLE

Il a suffi qu’un énergumène mythomane balance, sur les réseaux sociaux, qu’un événement mystérieux est survenu à Adétikopé, ou quelque part ailleurs au « pays de nos aïeux », pour que le débat s’anime.
Certains médias se sont même permis de saisir l’occasion – comme une aubaine ! – non seulement pour exhorter à la vigilance, mais surtout pour oser inciter à la mise en branle – contre le « délinquant » ! - de l’intolérable Code pénal 497 mortifère, dont personne ne saurait pourtant ignorer qu’il a été conçu pour réfréner les élans, et qui explicitement porte gravement atteinte à la liberté d’expression…
Revenons sur terre : Le « poisson d’avril », comme le canular, est un genre artistique dont la validité tient à sa capacité à susciter l’émotion et l’émoi chez tout récepteur crédule. A l’ère d’Internet et de WhatsApp, tout individu humain détient le monopole du « poisson d’avril », et de toute affabulation dont il souhaite se prévaloir. A l’ère d’Internet et de WhatsApp, il n’est guère besoin d’attendre le 1er avril pour produire du « poisson d’avril ».
Ingérer cette évidence de simple bon sens est la seule façon de se mettre à l’abri de toute tentation de recourir à une quelconque matraque, et de se définir soi-même comme un véritable individu humain, orfèvre doué de raison, capable à la fois d’échapper aux affres de l’obscurantisme le plus pernicieux, et d’accueillir avec sourire et intelligence les grotesques bricolages des rigolos ingénus, qui partent naïvement à la conquête de l’univers avec leurs petites bonnes blagues !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/22112016
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La Trumpette Donald

« On ne peut pas construire son bonheur sur le malheur des autres. Ce n’est ni chrétien, ni juif, ni musulman. C’est juste égoïste,
et ça entraîne notre société et notre planète droit dans le mur. »
Luc BESSON

En 1980, les Américains envoyèrent à la Maison-Blanche un certain Ronald. Trente-six ans plus tard, arrive un certain Donald. La similitude profonde entre les deux acteurs hautement médiatiques est bel et bien leur aptitude et leur propension au show hollywoodien. Mais l’on sait aujourd’hui que Ronald fut grand président des Etats-Unis. Pour l’heure, ce sont nos tympans qui vibrent encore des décibels assourdissants et autres multiples insanités tonitruantes de la farouche et impertinente trompette Donald…
Par delà les étonnantes excentricités irrépressibles qu’il n’a jamais pu réfréner, et qui lui ont en fin de compte permis de gagner, le président élu par les Américains le mardi 08 novembre 2016 fait la preuve substantielle que l’humanité, même au vingt-et-unième siècle, est invariablement à la merci arbitraire des valeurs de surface, de diversion et de tromperie, dont le point de cristallisation est l’incontournable dieu Mammon.
Tout milliardaire a le suffrage, même des déshérités qu’il exploite allègrement : pour la raison qu’il est milliardaire. Tout déshérité paie le prix fort, juste pour aller voir et soutenir – ventre affamé ! - des milliardaires
jouant au football. Et cetera !... Trompétez-le par tout l’univers : l’argent appelle l’argent ; le grand vecteur de tous les suffrages, c’est l’argent !
Peuples de la terre, ainsi soit-il ?

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/10112016
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La Baule

« .Nous avons désormais l’exigence d’appeler chaque chose
par son nom, pour payer notre tribut de franchise. »
SONY LABOU TANSI

François Mitterrand aurait eu cent ans ces jours-ci. Occasion, pour François Hollande, d’une prise de parole officielle, pour rendre hommage à l’ancien grand homme d’Etat français, à l’ombre de qui il vécut longtemps, dont il se réclame volontiers, et dont il tente désormais de se couvrir pleinement, pour s’élancer éventuellement vers une présomptueuse candidature au suffrage présidentiel de 2017 en France.
Par delà les diverses singeries plus ou moins sincères de tel ou tel autre homme politique, l’on doit tout de même reconnaître que François Mitterrand a bien mérité de la France : François Mitterrand, en complicité avec ses compagnons politiques Félix Houphouët-Boigny et Gaston Defferre, fut l’un des principaux instigateurs de la Loi-cadre du 23 juin 1956, qui posa les fondements de la survie de l’empire colonial français, qui structura tour à tour en 1956, 1958, 1960, la mise en place des « autonomies internes » et des semblants d’ « indépendances » dans les territoires et colonies sous administration française. Plus tard, avec la chute du mur de Berlin et l’écroulement de l’empire soviétique, François Mitterrand, président de la République française, inventa la ruse politique de la Déclaration de La Baule en date du 20 juin 1990. Savante alchimie qui permit à bon nombre de dictatures monopartites des Bantoustans francophones d’Afrique de se vernir en multipartisme. Savante astuce qui court-circuita les initiatives d’éveil de conscience endogènes çà et là alors observables en Bantoustanie…
Au « pays de nos aïeux » en particulier, il y a belle lurette qu’après La Baule, la « République autonome », aujourd’hui âgée de soixante ans au jour même où le Premier ministre de l’Etat français y effectue une « visite de travail », cette « République » a – de façon grotesque ! - viré en monarchie dynastique autonome. François Mitterrand s’en serait-il vraiment plaint ?

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/28102016

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Les armes miraculeuses

« Les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière. »
LUC, 16,8

1. L’ordre prédateur organise sa domination sur ce monde, sous l’imperium autoritaire de trois règnes :
- le règne temporel ;
- le règne spirituel ;
- le règne intellectuel.
Le règne temporel s’exécute comme mise en œuvre de stratégies sociopolitiques propres à créer ou maintenir la misère humaine aux fins d’exploitation et d’assujettissement de cette même misère conformément aux intérêts de l’ordre prédateur.
Le règne spirituel consolide l’esprit de domination en activant et en entretenant l’évasion spirituelle, dont la matière est d’accréditer l’idée que l’être humain n’est qu’une substance en transition. La vie présente – statu quo ou changement – est accessoire. L’exploiteur et l’exploité n’ont jamais chacun rien perdu définitivement : il y a toujours de l’espoir dans l’après-vie tant pour l’exploiteur que pour l’exploité.
Le règne intellectuel est la spatule efficiente dont se servent le règne temporel et le règne spirituel pour construire un discours justificateur, et apprêter le plat de la servitude et de la supercherie au détriment de la vérité et de la justice.
Et les voilà, les armes – miraculeuses ! – de l’ordre prédateur. Aujourd’hui, Bill Gates, qui se dispose – par philanthropie ! – à donner la moitié de sa fortune exponentielle à des œuvres de bienfaisance, peut rejoindre François d’Assise, Mère Theresa et l’Abbé Pierre au panthéon de la générosité et au séjour de ceux qui ont su le mieux pratiquer la charité…

2. Grande effervescence à Lomé, au « pays de nos aïeux » : apothéose du Sommet international sur la sécurité maritime. C’est entendu : pour la sécurité des biens sur mers et océans, pour le bien des biens, grand investissement humain tous azimuts. Et gloire à Dieu pour ses bienfaits ! Pauvres humains !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/18102016

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Vodou lacrymogène !

« Nous qui sommes hommes, ne savons-nous pas bien jusqu’à quel point
d’autres hommes ont pu être ou imposteurs, ou dupes ? »
FONTENELLE

Prise dans la matinée. (Re)prise dans l’après-midi. S’agit-il d’une seule et même « pierre sacrée » ?...
Le grand branle-bas – c’est le moins qu’on puisse dire ! – qui a ébranlé les cérémonies d’Ekpésoso le jeudi 1er septembre 2016 en pays guin à Glidji au Togo, révèle à quel point est ravageur l’imperium déstabilisateur que le pouvoir instille jusque dans les rites traditionnels.
Il y eut des pleurs et des grincements de dents. Désaccord, désunion, malentendu entre les clans ou les gardiens du temple ? Sûrement pas ! Il y eut aussi des gaz lacrymogènes : preuve suffisante – afin que nul n’en ignore ! – qui détermine d’où vient l’impulsion sacrilège. Rien à voir avec un quelconque vodou !
Les voilà, les mécréants ! Ils n’ont pour croyance que leur incroyance totalitaire. En foi de quoi ils s’autorisent à manipuler les esprits, à pervertir les valeurs culturelles, et à réprimer toute résistance consciente. Désastre !
Pleure donc, sacrée pierre odieusement imbibée de vapeurs, outrageusement profanée, férocement lacrymogène !...
Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/08092016

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Misérable à coup de mérite !

« .Nous avons désormais l’exigence d’appeler chaque chose
par son nom, pour payer notre tribut de franchise. »
SONY LABOU TANSI

Il s’en est allé le mardi 09 août 2016, quittant définitivement la scène, comme dans une mise en scène : habillé en officier du mérite, et grièvement nu comme un ver…
Il était pourtant bien connu, comédien et homme de culture. Sur le tard, et dans l’espoir de se dédouaner de leur amnésie, de se donner bonne conscience, les tenants de l’ordre prédateur, en vertu des privilèges qu’ils se sont conférés, l’épinglèrent d’une médaille.
En réalité, l’ordre national du mérite, qui lui a été infligé, est le dernier coup de poignard grâce auquel l’artiste est entré dans l’éternité à coup de misère. Pourquoi tant de manque d’égard ? – Sans doute parce que Messanvi Ablodévi EKLU-NATEY n’est pas de l’ordre. Cela s’entend : quiconque entre dans l’ordre sans être de l’ordre aura à en payer le prix fort.
Tout citoyen honnête doit donc se mettre dans la tête qu’il lui revient de retrousser ses manches sans arrière-pensée, en priant le bon ciel de le préserver à jamais du grand malheur que celui d’être admis dans l’ordre. Ainsi soit-il !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/25082016

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Accord fibrome

« Il ne manquait autre chose à tant de beaux ouvrages, sinon qu’il fût vrai que la dent était d’or. Quand un orfèvre l’eut examinée, il se trouva que c’était une feuille d’or appliquée à la dent, avec beaucoup d’adresse : mais on commença par faire des livres, et puis on consulta l’orfèvre. » FONTENELLE

Tout individu humain doué d’un minimum de bon sens sait qu’au-delà des neuf mois, toute grossesse présumée devient suspecte. Au-delà des douze, vingt-quatre, trente six…, elle est pour le moins perçue comme grossesse pernicieuse. L’homme sensé ne peut donc que s’interroger : y a-t-il eu vraiment grossesse.
Au « pays de nos aïeux », tout gros ventre est grossesse. Et il y a grossesse pourvu qu’il y ait déclaration de grossesse. Dès lors, s’inscrivant dans la durée pérenne pour arriver à terme, ladite grossesse a l’éternité pour elle…, puisqu’elle est déclarée grossesse !
C’est imposture que de laisser croire à un hypothétique enfantement, et d’installer les populations dans une parousie béate. Pure extravagance que de cultiver l’oxymoron selon lequel une monarchie dynastique, qui se substitue à la République, puisse être dans des dispositions de mise en œuvre de réformes républicaines… La bien misérable célébration, ce samedi 20 août 2016, du dixième anniversaire du fibrome APG (Accord Politique Global), doit être occasion d’éveil de conscience, de repêchage, pour mettre fin au scabreux fétichisme du veau d’or.

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/20082016

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Qui sont-ils ces « inspecteurs » ?

« Ce qui est sûr, c’est que nous aurions pu nous passer de leurs contrôleurs. Mais non, les voilà qui s’amènent. », Eza BOTO, Ville cruelle

Il est rageusement prescrit qu’ils doivent aller en croisade et faire de l’inspection. Inspecter des établissements d’enseignement supérieur. Inspecter, c’est-à-dire suspecter. Et l’inspection tambour battant s’ébranla le mardi 16 août 2016. Inspection de tous les établissements d’enseignement supérieur ? Plutôt tonitruante scrutation des établissements d’enseignement supérieur relevant du secteur privé. Forcément !
Et des établissements préjugés en odeur de sainteté, prélevés avec soin, ont déjà en toute quiétude reçu l’honorable visite de la sainte inquisition. Pièces d’habilitation à jour, exhibées avec ostentation… Pour justifier de futures récriminations à l’encontre d’autres établissements ciblés non conformes…
Mais qui sont-ils, ces scrutateurs engagés pour quelle mission ? Pour qui si laborieusement labourent-ils ? Comment peuvent-ils donc ne pas se rendre compte que ce sont précisément les établissements d’Etat – où ils pontifient eux-mêmes ! - qui ont justement prioritairement besoin d’être mis en examen, étant bien loin d’être dotés de structures et ressources intellectuelles et matérielles idoines ? Horrible fatalité : au « pays de nos aïeux », les scrutateurs connaissent toujours d’avance le numéro gagnant ! Et sur consigne de l’ordre prédateur, comme partout ailleurs en Bantoustanie, préférence va bel et bien au cacao, dont les vénérables vertus seront toujours évaluées à l’aune du chocolat! Qui peut oser s’en plaindre ?

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/18082016

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Gabonais ou pas Gabonais ?

« Nous qui sommes hommes, ne savons-nous pas bien jusqu’à quel point d’autres hommes ont pu être ou imposteurs, ou dupes ? » FONTENELLE

Biafrais ou pas Biafrais ? Peu importe. Pourvu que l’on soit Tout-Puissant Gabonais ! Par la vertu et à la gloire du Tout-Puissant Bernard El Hadj Omar Bongo-Ondimba, grand fondé de pouvoir, de très vénérée toute-puissante mémoire !
Tenez : malgré les glapissements et hurlements des uns et des autres à l’orée de ladite élection présidentielle 2016, et en dépit du dur labeur nuit et jour effectué par les laboratoires les plus laborieux, le virus de la non-gabonité disqualifiante demeure introuvable et se fait sous-marin profond dans les profondeurs abyssales…
Et grand coup de théâtre ! l’on apprend que la puissance tutélaire, propriétaire patentée, à qui l’ordre prédateur affecta le territoire ébène baptisé Gabon, cette puissance a fait des pieds et des mains pour garantir un remède miracle : elle a instruit un juge d’instruction aux fins de dire ex cathedra ce qui doit être dit en matière de gabonité d’origine.
En attendant l’instruction du juge d’instruction, et sans doute sans déplaisir pour les généreux juges constitutionnels ou non-constitutionnels, Gabonais ou pas Gabonais, Ali Bongo-Ondimba est vaillamment en course en toute quiétude, tambour battant, agissant en toute jurisprudence 2009, propulsé pour être – n’en déplaise aux contestataires jouant au ping-pong ! – à nouveau replanté majordome agréé en territoire bantoustan du Gabon.
A bas les « jaloux saboteurs aux yeux de crocodiles » ! Foin donc de la légalité et de la légitimité : les desseins des dieux ont des profondeurs divinement insondables !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/03082016

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Sacrifice de Jacques Hamel

« Un quart d’heure avant sa mort
Il était encore en vie. »

Sacerdoce jusqu’au bout. Sacrifice suprême, en plein exercice du Saint Sacrifice, stade suprême de sa foi. Le martyre est consommé, et plus aucun mécréant ne saurait guère en douter. Il faut parfois, en notre siècle téméraire, des témoignages troublants pour nous extirper de nos troubles, et nous faire réfléchir à nos turpitudes…Insistons : ce ténébreux jour fatidique du mardi 26 juillet 2016 en France, à Saint-Etienne-du-Rouvray, l’immolation du prêtre Jacques Hamel, égorgé par un hystérique prosélyte du djihadisme, alors même que ce prêtre célébrait la sainte messe dans l’église de sa paroisse catholique, cette immolation nous ramène – à nouveau ! – à l’implacable réalité : l’existence, à chaque moment de l’histoire de l’humanité, de trois grands types d’individus humains. Certains individus, humanité attardée, sont une survivance du type Cro-Magnon. Certains autres se contentent d’être de leur époque. Certains autres encore sont de leur temps en même temps qu’ils préfigurent l’humanité à venir. Nul doute que l’assassin djihadiste ne porte pas en soi un quelconque gène de l’humanité à venir. Et il y a grand doute qu’il puisse dignement prétendre émarger même au registre de l’humanité du vint-et-unième siècle. Quant au Bienheureux Jacques Hamel, il demeure vénérable porte-flambeau de l’humanité future, étant resté en vie, en pleine vie étincelante, ayant jusqu’au dernier quart d’heure accompli sans relâche avec force abnégation la juste mission non djihadiste à laquelle se consacrent à cœur joie les heureux élus de l’humanité à venir. Requiescat…

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/26072016

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Flagrant délit

« Ceux qui vivent l’œil fixé sur la justice disent et continueront de dire
Que le crime est le crime, que le parjure est le parjure, que la trahison est la trahison,
Que le meurtre est le meurtre, que le sang est le sang, que la boue est la boue,
Qu’un scélérat est un scélérat. », Victor HUGO

Prendre exemple sur le Maroc : voilà – a priori ! – le vice rédhibitoire de l’atelier dit HCRRUN (Haut Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l’Unité Nationale), atelier tenu à Lomé du 11 au 15 juillet 2016.
Le ver est dans le fruit, et l’objectif non avoué est décidément de tout mettre en œuvre pour ne jamais rien réconcilier… Il faut le rappeler : le véritable grand tournant de la cristallisation de la crise sociopolitique au « pays de nos aïeux », depuis l’année fatidique 2005, c’est justement l’inadmissible mutation brutale et cynique de la République en monarchie dynastique. Tout le reste par la suite n’a été qu’habillage et folklore.
Insinuer donc que la monarchie dynastique marocaine puisse servir de modèle est comble de provocation. C’est tenter - par des astuces machiavéliques ! – de faire avaler la pilule du fait accompli. L’on se dispose ainsi, par complicité et sous prétexte que l’on recherche la « paix », à concéder à l’usurpateur les moyens explicites de transformer l’essai, de justifier et de valider tête haute son ambition funeste. Flagrant délit de super-forfaiture ! Entretenir délibérément l’esprit de dérive, de divagation et d’errance, quelle horrible mauvaise foi ! Toujours la charrue avant les bœufs : diantre ! A quand donc la fin de la monarchie dynastique !?

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/15072016

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Aux mains des brigands

« Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. »
LUC, 10, 30

Jour du Seigneur, dimanche du bon Samaritain : oui, la parabole est saisissante, fortement prémonitoire et férocement arrimée à nos jours et à nos destins de damnés de la terre.
Depuis la fameuse Conférence de brigandage sise aux bords du Rhin, organisée par l’ordre prédateur, l’Afrique cisaillée, dépecée, morcelée, disloquée, continue à gésir. A temps et à contretemps les brigands persistent dans leur brigandage. Ils pillent. Ils dépouillent. Prêtres et lévites voient, passent et dépassent. Et l’Afrique attend toujours son bon Samaritain… Question : L’Afrique laminée de l’extérieur et de l’intérieur atteindra-t-elle jamais Jéricho ? Réponse : A défaut inéluctable d’être bon Samaritain, tout homme de bonne volonté peut éviter d’être brigand ou associé !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/10072016

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Scandaleuse empathie !

« Ne prenez pas le métro !
Prenez conscience ! »
AGUIGUI MOUNA

Les universitaires, que pensent-ils de la question des « réformes » ? Question artificielle s’il en est. Car les avis des universitaires sont toujours déjà connus : l’universitaire n’attend jamais que l’on sollicite son avis avant de le rendre. Toute sollicitation d’avis « universitaire » venant d’un pouvoir est donc forcément orientée !
Frappant : l’ensemble de la classe politique togolaise ainsi que tous ceux qui de près ou de loin semblent aujourd’hui s’essayer à une quelconque réflexion sur la situation sociopolitique qui prévaut au « pays de nos aïeux », tout ce monde a rigoureusement fait le choix de s’engluer allègrement dans une certaine empathie plutôt suspecte.
L’empathie, c’est la « faculté intuitive de se mettre à la place d’autrui et de comprendre ses sentiments et ses émotions ». Tout honnête homme – véritablement vertical ! – ne peut donc qu’être extrêmement choqué par l’attitude « empathique » de tous ceux-là qui sont constamment prêts à « comprendre » qu’un pouvoir dynastique usurpateur – éructant parfois depuis Berlin ! - puisse être dans des dispositions de réformes républicaines…
Toujours prêts à entrer dans le jeu d’une maligne complicité, copieusement installés dans l’imposture, les voilà les uns et les autres qui entretiennent hargneusement la diversion permanente et servent aux populations désemparées tout ce qu’il y a de plus indigeste et de plus impropre à leur salut. Pouah !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/03072016

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Le Sacrifice de Jo Cox

« Ne prenez pas le métro !
Prenez conscience ! »
AGUIGUI MOUNA

Elle fut lâchement assassinée le jeudi 16 juin 2016. A une semaine du referendum britannique sur le BREXIT !
La Grande Bretagne doit-elle rester dans l’Europe ou en sortir ? Pour s’être ardemment affichée comme championne du maintien dans l’Europe, Jo Cox, députée britannique, a été immolée, pulvérisée par un écervelé présenté comme tel, mais surtout comme un affreux extrémiste partisan du BREXIT.
Façon atroce de faire accroire que les partisans d’une Grande-Bretagne hors de l’Europe sont des adeptes du terrorisme. Du coup, et comme par enchantement, il est clamé que les sondages d’opinion, qui jusque-là ont donné au BREXIT un avantage sensible, ces sondages se sont brutalement sensiblement inversés…
Ainsi organisé avec grand cynisme, le discrédit est parfaitement entendu. Avec ce misérable scénario d’une Jo Cox froidement exécutée, malheureuse victime expiatoire, sacrifiée pour des intérêts inavouables, BREXIT ou NON-BREXIT, que vaut donc désormais ce referendum ensanglanté ? La réponse malgré tout est tombée imperturbable : vive le Brexit ! Quoi qu’il en soit, cela doit être solennellement consigné : sortir de l’Europe, ce n’est pas sortir de l’humanité ni de l’humanisme. Ainsi soit-il !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/26062016

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Esclaves du travail !

« Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front. », Genèse, 3, 19

Par referendum organisé ce jour, les Suisses ont massivement rejeté le principe du RBI (Revenu de Base Inconditionnel), qui stipule que tout citoyen helvétique devrait pouvoir vivre sans devoir travailler.
Oui, les Suisses, comme l’immense majorité des humains, demeurent éperdument convaincus qu’il est de tout temps inscrit dans la nature des choses que nul n’a le droit de manger s’il ne travaille. Et pourtant, cela crève les yeux : aucun fils de milliardaire n’est tenu de travailler !...
Entendons-nous : il est sacrément malsain de ne savoir décrocher de l’imaginaire des origines, et de ne pas comprendre – au vingt-et-unième siècle ! - que le travail, tripalium infligé aux seuls esclaves, reste bel et bien la forme achevée de l’implacable inhumanité infernale de l’ordre prédateur. Quelle torture !

Huenumadji AFAN
A suivre…
BCCM/PS/CHRONIQUE/05062016

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Hissène Habré : trop tôt !...

« Nous qui sommes hommes, ne savons-nous pas bien jusqu’à quel point d’autres hommes ont pu être ou imposteurs, ou dupes ? », FONTENELLE

Quoi qu’on puisse penser ou dire du procès d’Hissène Habré, ancien chef de l’Etat du Tchad, et de la sentence rendue contre lui à Dakar, au Sénégal, le lundi 30 mai 2016, la vérité de fond, c’est que le dictateur, qui est parvenu à perdre le pouvoir après huit ans d’exercice, est passé - trop tôt à son propre détriment ! – de la toute-puissance à la toute-faiblesse. Hissène Habré s’est trompé dans ses calculs : il est indispensable, pour un dictateur, de savoir demeurer un majordome agréé et garder le pouvoir jusqu’à l’âge de quatre-vingt-dix ans. Quitte à passer en toute sérénité, vingt-cinq ans après la fin du pouvoir, en jugement pour crimes contre l’humanité !...

Huenumadji AFAN A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/31052016

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Pauvres gardiens… !

« Si la première bêtise n’est pas tout de suite réfutée, la porte est ouverte à toutes les autres qui peuvent alors s’agencer en autant de vrais systèmes bêtes qui paraissent très intelligents. », Dany-Robert DUFOUR

Répétons-le : tout ce qui sans relâche s’édifie dans le contexte d’une monarchie dynastique est inexorablement griffée à la marque monarchique. Au « pays de nos aïeux », la convocation des chefs traditionnels en réunion solennelle le mardi 29 mars 2016 – avec présence effective et sous la houlette du rejeton roi-soleil -, cette convocation porte grièvement atteinte à la substance même de la chefferie traditionnelle.
Il faut s’en convaincre : nul ne peut convoquer un chef traditionnel, s’il n’est lui-même chef traditionnel, de même souche traditionnelle que le chef convoqué, qui lui doit allégeance traditionnelle. L’on doit donc comprendre que la question politico-administrative de la décentralisation, abondamment agitée par toutes les instances, s’est offerte comme camouflage, et comme occasion en or saisie par la monarchie qui s’est emparée du pouvoir d’Etat, pour affiner ses prétentions régaliennes, valider sa suprématie indue, et assurer son droit de regard sur toutes les traditions…
Ils sont allés au rendez-vous sacrilège : sans doute parce que ces chefs traditionnels, bougeant désormais à la marionnette, se dépouillant de leur dignité et de leur autorité, ayant pris acte de la forfaiture qui depuis belle lurette a mis fin à la République, se sont-ils enfermés dans la résignation ; dès lors, considérant qu’ils ne sont plus guère que les vassaux liges d’un monarque souverain, ils en viennent à s’accommoder irrésistiblement de toute profanation et de toute humiliation.
Certains esprits malvoyants ne perçoivent dans la prestation du 29 mars – pourtant théâtralisée à dessein ! – qu’un geste sans incidence particulière. Erreur ! Car la confusion délibérément entretenue, s’agissant d’une part de la chefferie traditionnelle qui fait des chefs traditionnels les gardiens des us et coutumes, et d’autre part de la chefferie administrative créée par l’ordre prédateur colonial comme relais auprès des administrés, cette confusion est la véritable gangrène qui sert de terreau aux assauts impétueux du politico-administratif, et au triste rabaissement généralisé du socioculturel.
Pauvres gardiens des us et coutumes ! A l’odieuse imposture fanfaronne la tradition étranglée fait la courte échelle !

Huenumadji AFAN A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/04042016

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Le despotisme éclairé

« Nous qui sommes hommes, ne savons-nous pas bien jusqu’à quel point d’autres hommes ont pu être ou imposteurs, ou dupes ? », FONTENELLE

Impossible de s’y méprendre : le prix Turgot, dont il a été honoré le jeudi 31 mars 2016, est autant une distinction qu’un acte de profonde gratitude. Pour grands et généreux services rendus ! Le majordome agréé, complice impénitent des pouvoirs qui – singulièrement au « pays de nos aïeux » - ont constamment contribué à l’abaissement des peuples en Afrique, a bien mérité de l’ordre prédateur.
Il a toujours su tomber sous le charme du despotisme obscur, qu’il paraît pourtant condamner avec verve ! Tout analyste avisé s’en est aperçu dès la publication solennelle de son ouvrage propagateur de sa vision de l’Afrique. La suite, on la connaît : héraut de la démocratie et du multipartisme, il se fit fossoyeur de cette même démocratie, puis premier soutien de la monarchie dynastique triomphante en « pays de nos aïeux ». Au total, triple forfaiture du personnage politique économiquement compétent : fondateur-idéologue du parti unique ; catalyseur du formalisme démocratique ; parrain de la monarchie dynastique.
Le devoir qu’il s’inflige désormais ? – S’essaimer partout en Afrique, au cœur de l’Afrique, aussi bien despote éclairé que lucifer du despotisme obscur qui, - sauf miracle ! -, se renchérira avec superbe sur les deux rives du Congo. Qui peut s’en plaindre ? Si, mal reçu chez soi, l’on est bien accueilli ailleurs, c’est que l’on est prophète ! Pure sophistique savamment enrobée de « panafricanisme rationalisé » !

Huenumadji AFAN A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/13042016

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Trente-trois…

« .Nous avons désormais l’exigence d’appeler chaque chose par son nom, pour payer notre tribut de franchise.», SONY LABOU TANSI

L’élection présidentielle de l’année 2016 en République du Bénin, conclue en deuxième tour, le dimanche 20 mars, par la victoire éclatante du candidat Patrice TALON, a sans doute épaté le monde. Pour les raisons que voici :
1. L’élection ne s’est pas – comme parfois à gauche ou ailleurs - déroulée dans un contexte de république monarchique dynastique : toute république monarchique dynastique, par nature, fait de toute élection, - a priori ! -, une mascarade électorale.
2. A la grande heureuse surprise des populations, la vérité des urnes a été manifestée en dehors des institutions électorales, prises de court. Ce miracle a été rendu possible par la seule bonne foi des acteurs politiques. Pour l’essentiel, il a suffi que Lionel ZINSOU, candidat malheureux, ait héroïquement reconnu la victoire de son adversaire, pour que les institutions électorales, - Commission Electorale Nationale Autonome (CENA) et Cour Constitutionnelle -, s’en retrouvent du coup explétives. Ce qui signifie que les institutions ne peuvent guère mal fonctionner, si des hommes ne leur en fournissent l’occasion…
3. Trente-trois appelés, tous candidats : d’aucuns avaient crié au scandale du trop-plein ! C’est oublier que les populations ne sont pas toujours non lucides, et qu’elles peuvent parfaitement, même dans la grande confusion, discerner le bon grain du moment, de l’ivraie du moment. Malgré l’apparent imbroglio, elles ont rejeté l’alternance alternante d’ « Après-nous-c’est-nous », et massivement choisi l’alternance alternative de la rupture.
4. L’heureux élu n’est du sérail d’aucun parti politique. Preuve manifeste que la démocratie, c’est moins le multipartisme que le pluralisme.
Entende qui a des oreilles !

Huenumadji AFAN A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/22032016

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Messe pontificale transfrontalière

« Le meilleur, c’est que, dans les conditions de communauté de destin et de possible société-monde, nous puissions envisager la Terre comme patrie, sans que cette patrie nie les patries existantes, mais au contraire qu’elle les englobe et les protège. », Edgar MORIN, Terre-Patrie, Préface 2010

Le Pape François, chef de l’Eglise catholique, a terminé sa visite pastorale au Mexique par une célébration eucharistique de grand rassemblement. Convoquant à la communion les peuples de toutes nations et de toutes origines, par delà les frontières, montrant bien que le Mexique et les Etats-Unis ne font qu’un, le Pape François a, une fois de plus, mis le pied dans le plat, et frappé un grand coup…
La question des frontières est l’une des grandes plaies qui minent l’humanité. C’est la problématique de l’humanité fragmentée. Elle suppose et impose forcément le mépris, le filtrage, l’exclusion, et même l’eugénisme, toutes indignités infligées aux humains sous tous les cieux. Chaque fois qu’un individu humain est bloqué quelque part à une quelconque frontière d’un quelconque territoire, l’humanité est en pernicieuse souffrance…
L’humanité est une, et n’a qu’un seul et même territoire : le monde. Aussi bien la messe pontificale transfrontalière de ce mercredi 17 février 2016 sonne-t-elle comme un (r)éveil de conscience, et rappelle-t-elle, de manière percutante, ce qui devrait être constamment proclamé partout et en tout temps : la catholicité, c’est la mise à bas des frontières, c’est l’affirmation de l’humanité individuelle et universelle…

Huenumadji AFAN A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/20022016

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La déchéance

« Il y a un certain nombre de valeurs avec lesquelles je ne transige pas : c’est-à-dire la justice, la vérité, la liberté. », ETIEMBLE

Il est admissible qu’un chef d’Etat commette des erreurs dans la conduite de sa politique ; il est admissible qu’il soit dans le doute, s’agissant de tel ou tel autre aspect de ses convictions. Mais il est inadmissible qu’il sombre dans la déchéance éthique, c’est-à-dire dans le renoncement à soi-même en tant qu’être humain.
Car l’éthique, c’est l’attitude fondamentale par laquelle l’être humain se différencie, se distingue des autres éléments de la nature ; qui lui permet d’apprécier, à chacun de ses actes, si cet acte correspond et répond à ce que l’on est en droit d’attendre de l’être humain. En cela, l’éthique est invasive de tous les domaines d’activité de l’être humain…
Probablement perturbé à outrance par les affres du terrorisme, le chef de l’Etat français a engagé à tue-tête les institutions françaises dans une voie peu honorable : la solution dite de « déchéance de nationalité », en réalité une « victoire symbolique » gracieusement concédée aux ennemis de l’humanité et de l’humanisme, est une faute grave. Qu’une mère frappe de « déchéance de maternité » sa fille ou son fils, en quoi cette « déchéance » annule-t-elle la maternité ?
On le voit : entrant dans de rocambolesques calculs politiciens, le chef de l’Etat français s’est acculé à concevoir l’inconcevable. Du coup, il s’est frappé d’une déchéance éthique lamentable. Il s’est disqualifié, sans doute en tant qu’homme politique, sûrement en tant qu’être humain ! Est-il rachetable ?

Huenumadji AFAN A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/06022016
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Irréductible Caméléon

Juste judex ultionis,
Donum fac remissionis
Ante diem rationis.
DIES IRAE

« Rien de ce monde ne nous est indifférent. »
Pape François, Encyclique Laudato Si

Mort ou pas mort ? L’on ne sait jamais : le caméléon nous habitua à plus d’un tour ! Et s’il faisait juste semblant de fermer profondément l’œil ? Le temps de s’éveiller d’ici la fin du deuil national, après avoir surpris en flagrant délit comment chaque Béninois – de Boni Yayi à Félix Iroko – se manifeste à l’annonce de son autodissolution…
Quoi qu’il en demeurera, l’histoire retiendra sans doute la marque déposée :

« Le même et unique Kérékou, caméléon de sa nature, se colporte aussi bien en démocratie qu'en dictature, laissant croire qu'un système en vaut l'autre. En réalité, les Béninois ont vécu deux situations diamétralement opposées, dont l'une est intolérable et l'autre supportable : en 1972, Mathieu Kérékou s'est imposé aux Dahoméens ; en 1991 et en 1996, les Béninois se sont imposés à Kérékou. En 1972, le peuple l'a subi ; en 1996, le peuple l’a assumé. […] Accepter la dissolution d'un parti unique, symbole de toute puissance, rendre de son propre gré un pouvoir d'État dont on détient le monopole, rester sourd aux sollicitations d'un entourage soucieux de sauvegarder à tout prix ses intérêts, voilà qui témoigne de dispositions psychologiques exceptionnelles. »
Gageons très fort que le personnage singulier qui, ici-bas, a su généreusement s’adapter aux situations les plus périlleuses et les plus contradictoires, se pliera aux plis et replis de l’au-delà : géhenne, purgatoire ou paradis, pour l’éternité il s’y fera sans état d’âme. Comme naguère de la dictature à la démocratie, puisse-t-il, caméléon, de la vie à la mort passant, de la mort à la vie passer ! Qu’il en soit ainsi !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/18102015

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Combustion vive, combustion lente

« Que les ténèbres ne prévalent pas sur la lumière.», Pape François

Jadis, nous apprîmes, dès l’école primaire, lors des cours de « leçon de choses », - aujourd’hui grosso modo « sciences de la vie et de la terre » (SVT) -, qu’il existe deux sortes de combustion : la combustion vive et la combustion lente. La combustion vive, c’est lorsque le feu brûle avec incandescence, produisant chaleur, avec ou sans flamme. La combustion vive peut, immédiatement, tout détruire sur son passage. La combustion lente, moins apparemment violente, produit à terme, sur un corps aussi résistant que le fer ou même l’acier, la rouille, ou le phénomène dit d’oxydation. La spécificité de ce phénomène, c’est de s’installer dans la durée, et de ronger en profondeur l’objet auquel il s’attaque.
L’humanité au vingt-et-unième siècle est minée par une combustion vive : le terrorisme. Est terrorisme tout ce qui, pour des raisons idéologiques, politiques ou religieuses, est capable de s’en prendre à mort à toute cible quelconque, individuelle ou collective, rendue nécessairement coupable par le seul fait qu’elle est désignée comme cible.
L’humanité au vingt-et-unième siècle est minée par une combustion lente : l’ordre prédateur. La structure-clé opératoire de l’ordre prédateur, c’est l’argent. Instrument pernicieux inventé, puis raffiné à travers le temps, et particulièrement accommodé à l’air du siècle, l’argent permet à des humains de vivre sans travailler, et réduit d’autres humains à l’asservissement, à l’obligation de travailler sans vivre. Le propre de la combustion lente de l’ordre prédateur, c’est d’évoluer sur le mode pharisaïque, en faisant obstacle à tout aggiornamento. Ses effets sont exponentiellement pervers sur tous les environnements, temporels et spirituels. L’on ne peut guère s’y acclimater, malgré COP 21 et autres avatars de tous ordres.
Le vrai malheur, c’est que l’humanité ne parvient guère – à coup de conférences et de pèlerinages - à revêtir des structures de progrès, et à se prémunir contre les impostures !

Huenumadji AFAN A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/06122015

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…Intronisé « Reine » !

« Si je ne parle pas, je meurs lentement du dedans. Je mourrai vivant. »
SONY LABOU TANSI

Au « pays de nos aïeux », la ligne de conduite qui oriente la démarche du pouvoir dans la mise en œuvre de son programme pour la sauvegarde de l’environnement, c’est de foncer tout droit, comme si « les aires protégées », c’est naturellement rien que la faune et la flore, aujourd’hui comme hier, et à tout jamais. Les êtres humains, qui vivraient sur ces territoires, y seraient par usurpation, à leurs risques et périls…
Ainsi s’expliquent sans doute les douloureux événements mortels survenus à Mango les 06 et 07 novembre 2015. Mais surtout : Ces événements révèlent à quel point la réconciliation aléatoire, instituée par la dominance, demeure foncièrement problématique. Elle ne saurait calmer les esprits, ni faire oublier aux populations les horribles calamités dont – pour la survie du lion et de l’antilope - elles ont été souvent victimes sans discernement.
Au demeurant : Peut-on espérer réelle réconciliation, lorsque l’agent réconciliateur en chef est la personne même qui, naguère, se dérobant à la Ponce-Pilate, a souverainement manqué, par prévarication, d’assumer sa responsabilité imprescriptible ? Recyclage, repêchage, prime généreusement accordée à la forfaiture, Ponce-Pilate intronisé « Reine » de la réconciliation, c’est nécessairement la réconciliation à la Ponce-Pilate : sans déplaisir pour Caïphe et César !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/12112015

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Code Pénal flambant neuf !

« Je constate l’homme, et je me demande avec angoisse
si les tyrans de tout poil qui le guettent
lui laisseront longtemps la permission de chanter :
je veux dire, de chanter ce qui lui chante. »
ETIEMBLE

Enfin, le nouveau Code Pénal, label « pays de nos aïeux » !...
Ceux qui ont crié aux quatre vents à la gloire des « acquis » en matière de libre expression, et qui, avec candeur, ont tout autant acclamé la « modernisation de la justice », ceux-là ont oublié qu’en monarchie dynastique, tout toilettage d’un quelconque code est forcément régalien, férocement habilité à préserver la survie ataraxique du système. Ceux-là donc se retrouvent tout ébahis, face aux dispositions subjectivistes foncièrement injustifiables, véritables bornes qui marquent brutalement les limites de la liberté. Comprendre : interdit d’insulter, de diffamer, de blasphémer, d’inciter à l’insurrection, de troubler la paix sociale, de diffuser de « mauvaise foi » une fausse nouvelle... Embastillement garanti !
Ouais ! L’on ne doit entendre le son que de leur cloche ! Même en « mondialisation », la libre circulation des personnes et des idées doit demeurer rien qu’un leurre : les esprits bornés, agrégats de forces obscurantistes temporelles et spirituelles, impénitents artisans de mort, de répression et de régression, toujours partout mettront des bornes. Leur ambition : une fois pour toutes neutraliser les espiègles, adeptes de la liberté… De façon générale, humilier les humains ; et, souverains adjudicateurs de tous les espaces biotiques, soumettre ces humains – c’est leur rêve secret ! - même à l’obligation de solliciter, pour jouir du seul minimum d’oxygène nécessaire à la vie, un incontournable sacré « permis de respirer » !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/05112015

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Sanctionnés pour le Bac !

« .Nous avons désormais l’exigence d’appeler chaque chose
par son nom, pour payer notre tribut de franchise. »
SONY LABOU TANSI

Le dernier « Conseil des ministres » au « pays de nos aïeux » a pris avec éclat une sacrée décision : des candidats – dont il est dit qu’ils ont triché à l’examen du baccalauréat – ont été sanctionnés… Ouais ! Tonitruante, la mise en garde se veut sans appel : plutôt que d’avoir le bac il vaut mieux travailler pour avoir le bac. Il faut faire exemple ! Secouer les consciences ! Redresser !... Ah : les pauvres animaux malades de la peste !...
Entre nous : Interrogez les jeunes sur leur avenir. Aucun ne vous dira : « Je serai trafiquant de drogue ! » Mais tous – à coup sûr ! - vous répondront chacun : « Je serai footballeur ! » Avec une telle conviction la leur, vous aurez du mal à faire d’eux des astrophysiciens, et donc à les faire bûcher, … et trébucher pour le baccalauréat ! Méditation : Difficile pour une valeur de demeurer valeur, lorsqu’elle est perçue au mieux comme décorum, et au pire comme pensum !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/03112015

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Par delà le dogme

« Il importe avant tout de faire acquérir à nos âmes la taille de leur âge, afin qu’elles puissent combattre le bon combat. »
David ANANOU, Le Fils du Fétiche

Comment expliquer qu’au vint-et-unième siècle, l’homme cro-magnon l’emporte sur l’homme internet ? Partout à travers le monde, il n’est que cliquetis d’armes blanches, bruits de bottes, éclats d’obus, crépitements de mitraillettes, assauts de chars, intolérances religieuses ou idéologiques… Oui, comme jadis et naguère, il y a déficit d’humanité et d’humanisme. Déficit des fondés de prêche !
Aussi bien la présence, à la tête du Vatican, de ce jésuite devenu disciple de François d’Assise, apparaît-elle comme un nouveau réveil. Essentiellement : le pape François a bien perçu que – par delà le dogme – la doctrine n’a résolument qu’une voie : la pastorale. C’est-à-dire l’expression de la vérité conformément à la réalité du terrain.
Le pape François sait être présent au cœur de tout problème humain de notre temps. De Lampedusa au siège de l’ONU, de La Havane à Washington et à New-York, il sait, autant sinon mieux que d’autres auparavant, faire passer la doctrine, par une didactique pastorale appropriée. Sur terre, sur mer, dans les airs, le jésuite-franciscain, fils d’immigrés, se fait adepte et porte-parole de Jésus de Nazareth : il bénit les pauvres et les sinistrés, et fait des remontrances aux princes et aux dominateurs de ce monde. Providentielle antinomie d’un siècle de diversions obscurantistes !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/05102015

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Chefferie traditionnelle

« .Nous avons désormais l’exigence d’appeler chaque chose
par son nom, pour payer notre tribut de franchise. » SONY LABOU TANSI

« Je demande à chaque personne de ce monde de ne pas oublier sa dignité que nul n’a le droit de lui enlever. » Pape François

1. Aussitôt qu’ils eurent pris possession des portions territoriales nées de la partition et de la conquête de l’Afrique, les colonisateurs installèrent dans leurs zones d’influence respectives - notamment dans les colonies françaises - des gouverneurs et des commandants de cercles expatriés importés des métropoles. A l’intérieur des terres, ils nommèrent, de façon discrétionnaire, comme chefs de villages, chefs de cantons, chefs supérieurs…, des indigènes ayant un certain profil approprié pour servir de relais administratifs du pouvoir colonial.
2. Pour la cause, l’administration coloniale ne se privait pas – si cela l’arrangeait – de nommer « chef de village », « chef de canton », « chef supérieur », tel ou tel indigène revêtu de l’autorité morale et spirituelle traditionnelle. Cette pratique a été allègrement reconduite sous « les soleils des indépendances ». Mais il demeure constant, par définition et sans équivoque, que nul ne peut en aucun cas être nommé chef traditionnel par l’administration…
3. Aujourd’hui, à partir du moment où la chefferie traditionnelle est affirmée dans son rôle unique de gardienne des us et coutumes, et que la décentralisation met fin à la chefferie administrative – laquelle cède sa place à l’autorité et au pouvoir juridiques des collectivités locales -, il est évident que c’est précisément le refus politique de la mise en place de la décentralisation, qui sème la confusion et la zizanie au sein des populations. C’est donc par très grave méprise, inintelligence ou imposture, qu’il puisse être clamé - par des institutions ou autres personnes physiques ou morales activistes - qu’il existerait dans diverses localités des conflits de chefferie. Subterfuge trop bien commode pour faire diversion, camoufler les interférences et les parasitages, et ajourner indéfiniment la décentralisation !

Huenumadji AFAN
A suivre !... BCCM/PS/CHRONIQUE/13092015
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Ploutocrassie

« .Nous avons désormais l’exigence d’appeler chaque chose
par son nom, pour payer notre tribut de franchise. » SONY LABOU TANSI

« Je demande à chaque personne de ce monde de ne pas oublier sa dignité que nul n’a le droit de lui enlever. » Pape François

Bien sûr, les malheurs passés ou présents des peuples n’entravent en rien le bonheur des individus les plus aisés : ce jour du 06 août 2015, soixante-dixième triste anniversaire de la bombe d’Hiroshima, il est publié à la face du monde le « classement Forbes » des cent milliardaires les plus fortunés de la planète. Caracole en tête – comme d’habitude ces dernières années – le milliardaire américain Bill Gates. Exponentiellement nanti de ses quatre-vingt milliards de dollars US !
Ouais ! bombe atomique et ploutocratie, même alliance, même combat. Même taux exterminateur ; même taux de paupérisation généralisée. Même indifférence…
Même crasse ! Conférence mondiale sur l’environnement en décembre prochain à Paris ? Certes, une généreuse idée. Mais il ne suffit pas d’empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique. Ni les pays pauvres de s’engager dans la voie d’un développement polluant. Il faut – pour la sauvegarde de la planète Terre, la « maison commune », - pouvoir désencrasser l’humanité des extravagances des uns, dont la boulimie effrénée fait la cachexie des autres !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/06082015

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La raison hellène

« .Nous avons désormais l’exigence d’appeler chaque chose
par son nom, pour payer notre tribut de franchise. »
SONY LABOU TANSI

« Je demande à chaque personne de ce monde de ne pas oublier sa dignité que nul n’a le droit de lui enlever. »
Pape François

Souvenons-nous : réuni à Cannes en France les 03 et 04 novembre 2011, le G 20 (Groupe des 20 pays les plus riches du monde) a fait injonction et imposé aux dirigeants grecs - sur pression du FMI (Fonds Monétaire International) et des « marchés financiers » - de se soumettre illico à leur diktat, et de renoncer à consulter par referendum le peuple grec sur la politique d’austérité qui lui est infligée. En disant NON à l’austérité lors du referendum du dimanche 05 juillet 2015, le peuple grec semble avoir pris – près de quatre ans plus tard - sa revanche, et relevé le défi de la cinglante humiliation de novembre 2011 consistant à lui enlever même le droit d’être consulté…
Seulement voilà : au lendemain du referendum, Alexis Tsipras, premier ministre grec, a révélé son vrai visage de faux héros de la résistance en négociant et en signant un accord de résignation qui accentue la misère du peuple grec. La forfaiture de Tsipras, c’est de faire semblant de s’indigner contre l’austérité et d’être du côté du peuple grec, alors même qu’il se disposait à céder aux injonctions de la finance internationale…
Tsipras sait très bien que le refus de l’austérité implique une sortie de la Grèce de la zone Euro. En évitant de faire clairement porter le referendum sur cette problématique du « Grexit », évidente mais implicite, il a usé de roublardise et a en fin de compte trahi ses concitoyens en leur apprêtant un plat que leur conscience réprouve et qu’ils sont pourtant tenus de consommer.
Faux referendum, pure diversion : la faute impardonnable commise par Tsipras, c’est d’avoir pris sur lui tout seul d’empêcher la Grèce de courir la passionnante aventure – probablement périlleuse ? – de sa sortie de l’Euro ! Cédant au chantage, il a raté la belle occasion de renvoyer l’Europe à sa propre turpitude. L’on aurait vécu une situation sans doute bien cocasse, car l’Europe qui voudrait chasser d’Europe la Grèce, mère de l’Europe, serait-elle vraiment l’Europe ? Assurément, aussi bien en Grèce que dans le reste de l’Europe, la raison hellène est en berne !
Au demeurant, aucun dignitaire, parmi ceux qui à Bruxelles sont au cœur des sanglantes décisions prises par l’Eurogroupe, n’admettrait d’être au tarif de vie auquel ils soumettent si allègrement les Grecs ! Une fois de plus, la preuve est faite que le problème qui se pose à l’humanité, c’est qu’il existe au monde des êtres humains dont le propre est de fonder leur bonheur sur la confiscation exponentielle du bonheur d’autres humains.
On le voit : l’ordre prédateur s’accroche en permanence « à compter ses milliards, plutôt qu’à les utiliser pour construire » le bien-être du genre humain. Naguère, seule la Nigritie paraissait condamnée à l’asservissement perpétuel, et particulièrement destinée à passer sous les fourches caudines. Aujourd’hui, la négrification de tous les peuples est en marche !
Sentence : Ces gens-là sont des sous-humains ; ils ont le quotient prédateur très élevé. Plus élevé est le quotient prédateur chez un individu humain, plus cet individu est de l’espèce sous-humaine…

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/20072015

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L’intellectuel soudard

« .Nous avons désormais l’exigence d’appeler chaque chose
par son nom, pour payer notre tribut de franchise. »
SONY LABOU TANSI

Lorsqu’Ahmadou Kourouma lui remit un exemplaire d’En attendant le vote des bêtes sauvages , en lui signifiant que c’est bien lui qu’il a peint à travers le personnage de Koyaga, personnage principal du roman, le grand timonier national rayonna de joie. Il sourit intensément, marquant ainsi son agréable surprise. Et désormais de raconter à la ronde, à tout collaborateur ou visiteur ambiant, combien il était heureux de passer à la postérité par la plume de l’illustre écrivain ivoirien, ancien tirailleur comme lui.
Le grand timonier n’avait cure d’une quelconque méprise. Il connaissait son déficit, ses propres limites : il ne lirait jamais l’ouvrage. L’essentiel était là, quoi qu’on dise, qu’on parle de lui en bien ou en mal : héros d’un livre, il s’incrustait définitivement dans l’histoire littéraire universelle. En réalité, le vrai Koyaga, en chair et en os, était victime du syndrome du soudard perpétuellement soucieux de se grader en intellectuel…
Il est des intellectuels qui, par opportunisme, fricotent avec un soudard, nourrissant le secret espoir de le tourner en bourrique, convaincus d’avoir le dernier mot, et d’être suffisamment habiles pour ne pas se brûler. En fin de compte, l’intellectuel de cette catégorie se grade en intellectuel soudard. Il subit même la pire des déchéances, la pesante humiliation tragique de se retrouver ministre de l’Education, …juste durant la période des vacances scolaires ! Triste destin que celui de vouloir à tout prix – au mépris absolu de soi-même - « être grand quelqu’un ». Destin qui vaut à l’intellectuel soudard, mégalomaniaque trempé, d’être, à son tour, héros romanesque, souverainement proche de Koyaga !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/07072015

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Colonie modèle !

« Je demande à chaque personne de ce monde de ne pas oublier sa dignité que nul n’a le droit de lui enlever. »
Pape François, Encyclique Laudato Si, § 205

« Ne prenez pas le métro ! Prenez conscience !» AGUIGUI MOUNA

Un « nouveau gouvernement » est de nouveau installé. Que dire ?
1. La mascarade électorale de ladite « élection présidentielle du samedi 25 avril 2015 » apporte une fois de plus la preuve de la stratégie mise en place par l’ordre prédateur – spécifiquement depuis l’an 2005 - pour renforcer son emprise sur la gestion politique du territoire du Togo. Convaincus qu’il est sans doute psychologiquement plus supportable chez un être humain de se sentir citoyen d’une République où la fraude électorale est sport favori, que de se savoir sujet à vie d’un monarque installé à vie, les protagonistes font diversion en toute complicité, et rivent le combat sur un front illusoire, autre que celui où il doit se situer.
Ainsi l’on persiste à laisser croire aux populations – pour les endormir - que le problème politique du Togo d’aujourd’hui est un problème de non-transparence des élections. Alors qu’il s’agit plutôt bel et bien d’une rugueuse et inadmissible substitution de la monarchie dynastique à la République. Substitution que l’on s’acharne à tout prix à camoufler par une mascarade électorale explétive, indéfiniment récurrente !
Ceux parmi l’élite qui acceptent cet oxymoron ignominieux, et qui entrent dans le jeu, savent pertinemment à quoi ils souscrivent ; la participation à la mascarade électorale n’est rien moins qu’un coup de force électoral par lequel le système et l’opposition du système s’activent à garder le pouvoir d’Etat, ou à tenter de s’en emparer au profit – dans l’un ou l’autre cas - de l’ordre prédateur. Pire : c’est sans ambages une forme pernicieuse d’obstructionnisme concerté, dont le but cynique inavoué est d’empêcher l’éclosion d’une vraie prise de conscience, et de faire barrage à la mobilisation déterminée et efficiente des populations sur une base pertinente et clairvoyante…
2. Au demeurant : Cet individu humain créé « citoyen togolais », asservi à un régime monarchique dynastique, sans cesse sollicité à aller mettre un bulletin dans l’urne – comme sous un régime républicain -, et qui sans cesse passe à l’acte, évalue-t-il lui-même et par lui-même à quel point il croupit dans l’imposture et se ravale à la sous-humanité ? Dommage que l’énigmatique « Terre de nos aïeux », fruit des entrailles de Berlin, naguère fief de la Germanie et aujourd’hui basculé en « Françophonie », où l’action politique se conçoit et se conduit inexorablement comme un rite sans incidence, ait pour triste destin d’être toujours et toujours… « colonie-modèle » !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/30062015

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Mamadou et Bineta…

« Nous qui sommes hommes, ne savons-nous pas bien jusqu’à quel point d’autres hommes ont pu être ou imposteurs, ou dupes ? », FONTENELLE

« Nulle vérité révélée, instituée ou même communément admise, ne peut interdire à chacun de professer l’opinion qui est sienne.», Michel DELON

« Ne prenez pas le métro! Prenez conscience ! », AGUIGUI MOUNA

Quelle horrible intolérance : être tenu de confesser Dieu, si l’on est – par exemple – citoyen du Togo ou des Etats-Unis d’Amérique ! Intolérance prescrite en son préambule par la Constitution elle-même ! Une véritable misère existentielle que l’Etat républicain inflige à ses ressortissants, sans doute sous le regard à la fois jaloux et bienveillant du Tout-Puissant, créateur de toutes choses : le même Etat qui, en toute solennité, se met « sous la protection de Dieu », se proclame solennellement « laïque » !
Parlons clair : la laïcité, c’est le fait pour tout citoyen ou individu humain de n’être tenu à un quelconque devoir d’allégeance à une quelconque obédience religieuse ou non religieuse. Dans un Etat laïque – donc non théocratique ! – l’autorité suprême, c’est la laïcité. Laquelle repose sur deux principes fondateurs : le droit au blasphème, et le commandement corollaire absolu « Tu ne tueras pas ! » De ces deux principes fondateurs – vrai antidote contre l’intégrisme, l’obscurantisme, le fétichisme – il résulte que nul ne doit courir le risque de mourir par le fait d’avoir insulté Dieu ou toute autre instance quelle qu’elle soit…
La laïcité induit donc que tout croyant doit avoir à l’esprit qu’un croyant d’une obédience autre que la sienne peut manifester, à l’égard de sa croyance, le mépris le plus total, exprimé même dans les formes les plus abjectes. L’on constate avec regret qu’il est devenu très courant que le droit au blasphème soit ignoré, oblitéré, ou édulcoré, ramené – par opportunisme – à la notion de liberté d’expression, à laquelle du reste l’on s’empresse de mettre des entraves dites « dans les limites de la loi ». Façon pudique de gommer en douceur et la laïcité et la liberté d’expression !...
La laïcité est le catalyseur par excellence de la paix entre les humains. Aussi bien le concept d’Etat républicain, qui se met « sous la protection de Dieu », est-il compatible avec celui d’Etat républicain « laïque », à une condition : tout croyant – athée ou non athée – doit se résigner à admettre une fois pour toutes que la laïcité est au-dessus de la croyance. C’est la seule voie pour être un vrai croyant. Ne pas comprendre cela, c’est confirmer que l’on est venu au monde pour être de l’espèce de ces Mamadou et Bineta marqués d’une tare originelle, incapables à jamais de devenir grands.

Huenumadji AFAN A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/07022015

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Je suis CHARLIE

« Ne prenez pas le métro ! Prenez conscience » AGUIGUI MOUNA

Ce jour du mercredi 07 janvier 2015, le monde entier aura assisté – en direct – à ce qui sera sans doute le fait marquant du siècle en matière d’atteinte à la liberté d’expression. Ils sont tombés – Cabu, Charb, Tignous, Wolinski, et les autres – sous les balles assassines de la sous-humanité, de la mécréance…
Décidément : il en est – aujourd’hui encore – qui sont durs, toujours durs de tête, et qui demeurent à jamais fragiles d’intelligence, éperdument accrochés à tracer les « limites de la liberté d’expression », incapables de se ficher dans la caboche qu’il est permis, hautement permis, pour tout individu humain de souche véritablement humaine, de rire et de rire de tout ; de rire et de rire de tous les puissants de ce monde présent et à venir ; de rire et de rire même et surtout de Dieu et de ses divers commissionnaires de tout acabit !...
Honneur à vous, valeureux résistants-jusqu’au-bout ; gloire à vous, vaillants combattants de l’alliance Charlie-Hebdo : vous êtes bons, par delà le Panthéon ! Lucifer, certes, et non pas Satan, vous êtes chacun plus héros que Voltaire…
Je suis CHARLIE : ainsi s’égrène désormais à haute et très intelligible voix, par tout l’univers non primitif, la profession de foi de tout résistant non invertébré et non débile ! Contre l’obscurantisme, pour les siècles des siècles !

Huenumadji AFAN A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/07012015

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Carriérisme et opportunisme

« La vérité de l’Evangile est incompatible avec la logique meurtrière de toutes les mafias. » Michel BELLIN

S’adressant aux cardinaux le lundi 22 décembre 2014, le pape François a énoncé avec éclat les maux foncièrement rédhibitoires dont souffre la curie romaine.
Le mal qui me parait faire le lit de l’ensemble évoqué par le souverain pontife est bel et bien « le carriérisme et l’opportunisme ». La formule sonne en moi comme en écho au mot d’ordre irrépressible, naguère révéré, de l’AESTF et de la FEANF, qui – à l’époque des vibrantes et exaltantes luttes estudiantines syndicales et politiques - n’avaient cesse d’exhorter les militants à « intégrer les masses populaires et laborieuses », et à rejeter énergiquement « le carriérisme et l’opportunisme » sous toutes leurs formes…[1]
Sous prétexte de la dureté des temps, des difficultés du terrain, et des péripéties de la vie, le mot d’ordre a été vite bradé, balancé aux enchères muséographiques, et des militants les plus féroces, sans hésitation et sans état d’âme, prestement se firent les mercenaires des pouvoirs et des réseaux, mettant leur « expertise » au service de tout ce qui fait la ruine des peuples. Comment peut-on prétendre ne pas être carriériste, opportuniste, lorsque, à défaut de jouer les premiers rôles, l’on se fait gracieusement agent des institutions internationales mises en place pour gruger les peuples, ou conseiller auprès de tel ou tel autre organe dans un système de dictature ou de monarchie dynastique ? Pernicieux camouflage pour se donner bonne conscience et tirer son épingle du sale jeu !
On le voit bien : seuls vrais maux des siècles, le carriérisme et l’opportunisme sèment la terreur. Au Vatican aussi.

Huenumadji AFAN A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/26122014 ________________________________________
[1] AESTF (Association des Etudiants et Stagiaires Togolais en France), section territoriale de la FEANF (Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France).

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Mad from Togo !

« Nous qui sommes hommes, ne savons-nous pas bien jusqu’à quel point d’autres hommes ont pu être ou imposteurs, ou dupes ? », FONTENELLE

« Ne prenez pas le métro !
Prenez conscience ! »
AGUIGUI MOUNA

Est-il si difficile d’organiser des élections municipales, communales, locales, à date échue ou « à bonne date » ? En principe non. Mais lorsque l’on est un Etat si proche, si voisin, si frère d’un autre, où les dernières élections du genre remontent à Mathusalem, l’on ne peut qu’être à la merci des assauts du diable, de ses tentations et de ses manœuvres, un effet de contagion à la vitesse Ebola.
L’on ne doit donc pas s’étonner du mélodrame sociopolitique en cours en République du Bénin, naguère parangon de démocratie. Mélodrame qui n’est rien moins qu’un sinistre diptyque : quand l’opposition s’ « unit » pour exiger la permanence et la consolidation d’une certaine démocratisation, le pouvoir s’organise et se met en ordre de marche et de soutien pour un monarchisme à peine voilé.
Depuis qu’en l’an de grâce 2005, le père mort, le fils a fait des pieds et des mains pour s’introniser et se maintenir au pouvoir, le modèle république-royaume « pays de nos aïeux, l’or de l’humanité » a fait recette. Comme Méduse, ce modèle en a séduit et en séduit plus d’un. Tous les potentats en Nigritie – dont il est difficile a priori de déterminer lequel n’a pas le soutien des métropoles et des réseaux de l’ordre prédateur – s’entichent effrontément de la grande fabrique « made in Togo ».
Faisant fi des remous les plus impétueux, ils ne rêvent tous que des mêmes scénarios nourris aux sources d’une seule et même ambition : tous devenir fous à la mode « togolese » !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/15122014

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Galanterie blue-jean !

« Quelque accident fait-il que je rentre en moi-même,
Je suis Gros-Jean comme devant. »
LA FONTAINE

Ecrivain francophone universel, mondialement (re)connu, Henri n’aura toujours eu qu’un seul même faux rêve : contre vents et marées, la Francophonie finirait par concevoir qu’elle ne saurait indéfiniment éconduire un hiérogrammate invétéré…
Ce maudit jour du Seigneur, 30 novembre 2014, grande catastrophe à Dakar : pour la nième fois, Tribaliques a de nouveau pitoyablement trébuché ! Et grand cauchemar pour Denis le parrain ! Adieu veau, vache, cochon, couvée…
Cette fois, la vénérable suffragette – naguère gouverneur – était dans le fruit ! Séduisant et ravissant tout sur son passage. L’oracle avait bel et bien prévu et prévenu sans détours : à l’ère de Pays-Bas, la Francophonie est astreinte à revêtir l’inévitable galanterie blue-jean !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/06122014

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Majordome éjecté

« Ne prenez pas le métro !
Prenez conscience ! »
AGUIGUI MOUNA

1. Il fut, en fin de compte, définitivement acculé à la démission, piteusement éjecté…
François Hollande se dit tout disposé à confier une autre mission à Compaoré, si ce dernier accepte de quitter le pouvoir. Mais Blaise se dit : s’il peut encore servir ailleurs, il peut donc continuer à servir au Burkina-Faso!
Blaise Compaoré ne conçoit guère qu’ayant copieusement contribué à installer la monarchie dynastique sous d’autres cieux, il ne soit pas autorisé à essaimer en sa terre natale. Outrecuidant, le grand médiateur a oublié l’essentiel : c’est entendu que tout majordome a toujours droit à ses propres intentions et à sa propre bonne volonté, mais jamais droit à la décision. C’est le drame des majordomes agréés.
A présent que les partis politiques, la société civile et les militaires semblent avoir fini de concocter une « charte de la transition » au Burkina-Faso, la question mérite d’être posée : à qui le tour ?

2. Les voilà, Allemands et Européens, qui célèbrent dans l’allégresse, les vingt-cinq ans de la chute du Mur et de la réunification du peuple allemand.
Pendant ce temps, les nations et peuples d’Afrique sont éperdument induits à s’accommoder indéfiniment de la partition coloniale, aux fins d’être, conformément au pacte de Berlin, réduits à l’oblitération de leurs identités et maintenus dans les liens de la servitude et de l’apartheid. La preuve est patente : d’aucuns sont tenus de revenir à la lumière, et d’autres rester dans le noir. Sentence de l’ordre prédateur !…

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/10112014

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Démarcation !

« Ne prenez pas le métro !
Prenez conscience ! »
AGUIGUI MOUNA

« Cette ligne de démarcation entre l’être et le non-être,
je m’applique à la tracer partout. », André GIDE

1. « Opération Togo propre », « Civisme », « Mois du civisme »… Grande charge virale pour ce mois d’octobre 2014. Quelle horreur ! Apprendre aux citoyens à mettre de la propreté dans leurs maisons ; à ne pas jeter des ordures sur la voie publique : voilà une préoccupation qui ne saurait être du ressort que d’un Etat déficient ! C’est le retour aux ingrédients d’infantilisation, constitutifs de la morphine dictatoriale…
Il faut s’en convaincre :
- C’est violer la conscience du citoyen que de lui faire admettre qu’il puisse être tenu à un quelconque devoir civique de balayage des rues. Supercherie, diversion.
- Prôner le civisme comme valeur dans un Etat de non-droit n’est que ruse du démon !

2. En contrebalance, « réformes constitutionnelles et institutionnelles », « candidat unique » …, des acteurs politiques rêvent indéfiniment d’une « union sacrée », pour un objectif étrangement mortifère : alors que les populations –clairvoyantes- réclament du football, ces acteurs se font complices du pouvoir et jouent à son rugby. !

Somme toute :
Il revient au citoyen de bien choisir son camp et de rester vigilant : nul n’est véritablement individu humain, qui ne sache se mettre en réserve de toute stratégie conçue pour l’abêtir ; qui ne sache refuser de se faire complice de sa propre déchéance. Une seule vertu à cultiver : la démarcation. Entende qui a des oreilles : Nul ne doit fuguer dans les errements des ténèbres, qui se sait sûrement fils de la lumière !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/01112014

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Pays-Bas

« Nous qui sommes hommes, ne savons-nous pas bien jusqu’à quel point d’autres hommes ont pu être ou imposteurs, ou dupes ? », FONTENELLE

« Ne prenez pas le métro !
Prenez conscience ! », AGUIGUI MOUNA

En France, La Rochelle été 2014 aura été une université toute particulière : celle de la refondation socialiste embrouillamini.
Tenez : voilà un homme politique qui se fait candidat socialiste normal ; se fait élire président socialiste normal, sur un programme socialiste normal ; et qui soudainement se proclame social-démocrate normal, et qui ordonne d’exécuter un programme… social-libéral normal. Il faut le dire : grande performance acrobatique certes, ce genre de slalom n’est pas tout à fait normal. Sépulcre blanchi, véritable imposture, pure mystification !...
Pacte de responsabilité ? L’enjeu : les socialistes veulent induire le patronat à faire une politique de gauche ; le patronat veut induire les socialistes à faire une politique de droite. Et aujourd’hui, en ces milieux très libérés, l’on est vite passé de la cuisine par micro-ondes à la cuisine macronde ! Bon appétit, messieurs les socialistes socialo-libéro-démocrates !
Au demeurant, est-ce vraiment étonnant ? Lorsque le nom sonne comme Pays-Bas ; qu’étant monté trop haut dans le pays, l’on valse et valse sans cesse, il y a grand risque sans doute que l’on retombe très bas dans les landes !...

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/01092014

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Monastique

« Les hommes libres sont des déchireurs d’horizon. Ils dérangent, avec une insupportable lucidité,
les hommes qui vivent en surface, et les institutions qui s’enlisent en elles-mêmes. »
G. BESSIERE, Le feu qui rafraîchit, Epiphanie, Paris, Editions du Cerf, 1978, p. 36

Que faut-il pour gagner son pain ? – Trouver du travail et s’y appliquer. C’est essentiel, et c’est tout l’essentiel. Et lorsque l’on n’a pas de travail, l’on ne doit s’en prendre qu’à soi-même. C’est qu’on n’a pas la formation, le diplôme, le profil requis. Battez-vous pour avoir une formation, vous n’aurez pas du travail, car votre formation n’est pas « professionnelle ». Ayez une formation « professionnelle », et vous n’aurez pas de profession, car vous n’avez pas d’expérience « professionnelle ». Ayez de l’expérience « professionnelle », et l’on vous conseillera de vous former à l’ « auto-emploi »…
En réalité, ce n’est pas la formation qui donne la profession, c’est la profession qui donne la formation… Au reste, c’est pure anomalie, pure absurdité que se retrouvent brutalement en « chômage » des individus-citoyens dont le travail manifeste jusque-là est précisément d’être en situation d’éducation ou de formation ! Que voudrait-on reprocher à ces « chômeurs » ? D’avoir fait consciencieusement leur travail, celui d’être en situation d’éducation ou de formation ? …
Dans les monastères, - que ce soit chez les Clarisses, que ce soit chez les Bénédictins, … -, il n’est exigé, de l’aspirant ou du postulant, ni formation ni qualification professionnelle quelconque comme condition d’admission. Le postulant est invité à adhérer au charisme fondateur, à l’esprit monastique : être au service de soi-même par le service des autres. Puis il s’intègre à la communauté, se qualifie dans tel domaine ou dans tel autre, au jour le jour, par l’observation et la pratique. Surtout : sa condition de novice ne le minorise nullement quant à la satisfaction des besoins vitaux, nourriture, logement, vêtement… Logé à la même enseigne que l’abbé ou l’abbesse !
Sentence : Messieurs les décideurs, qui vous êtes mis en charge du devenir des Etats, et qui vous piquez d’avoir pour préoccupation le bonheur des peuples, cessez de faire diversion. Mettez les bœufs avant la charrue ! Renoncez à vos privilèges, mettez les individus-citoyens au travail, donnez-leur des emplois : ils seront forcément qualifiés ! Pour le bien de la communauté humaine…

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/03082014

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Résistance

« Nous qui sommes hommes, ne savons-nous pas bien jusqu’à quel point d’autres hommes ont pu être ou imposteurs, ou dupes ? » FONTENELLE

Passera
le gratte-ciel.
Seule
l’œuvre de l’esprit
non veule,
déprimant
tous les prix,
gracieusement
grattera
le ciel !

Passera le gratte-ciel. Seule l’œuvre de l’esprit non veule, déprimant tous les prix, gracieusement grattera le ciel !

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/23072014

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Consciences décapotables !

« Nous devons être remplis, sur notre religion, d’une confiance qui nous fasse rejeter de faux avantages qu’un autre parti que le nôtre pourrait ne pas négliger. », FONTENELLE

1. Lionel Messi trottine à mort, tantôt pour le FC Barcelone en Espagne, tantôt pour l’équipe nationale d’Argentine ; Yaya Touré s’étire à mort tantôt pour Manchester City en Angleterre, tantôt pour l’équipe nationale « Les Eléphants » de Côte d’Ivoire. Et cetera…
Au gré des injonctions et des stratégies de la FIFA, grand symbole de la mondialisation, les uns et les autres sont à la merci des manœuvres et des manipulations de l’ordre dominateur qui, par la magie de l’argent, structure et déstructure les Etats, les peuples, les nations, et désormais aussi les individus humains.
C’est dire à quel point l’individu humain se réduit fervemment à ne plus être qu’une conscience convertible, décapotable, malléable à souhait… Alors la question : une conscience vaut-elle plus qu’une autre, et dans quelle mesure la conscience brésilienne mérite-t-elle que Neymar se fasse esquinter les vertèbres ?...
2. Les rideaux sont donc tombés sur le mondial de football 2014. Humiliation chez eux des Brésiliens. Superbe triomphe des Allemands. Quoi d’étonnant ? Depuis que les footballeurs sud-américains, - en particulier brésiliens et argentins -, ont été transformés en mercenaires pour le football européen, le football brésilien ou argentin en a pris un grand coup. Résultat : pendant que le Brésil est devenu incapable de produire son football originel, l’Allemagne, elle, produit du football brésilien, label « Allemagne ».
Ils n’ont à s’en prendre qu’à eux-mêmes ; à leur complexe. Ils n’ont pas su comprendre qu’il leur faut posséder l’argent européen tout en sauvegardant leur pied. Ils contribuent ainsi à faire du mondial de football une supercherie : une super-coupe d’Europe des nations…
Pour l’heure, l’Allemagne, quatre fois médaillée, savoure sa victoire, s’apprête sans doute à rempiler si rien n’y fait barrage, et ne fera point grise mine – tant s’en faut - de battre tous les records en… 2022 !

Huenumadji AFAN A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/15072014

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Nelson Mandela

« C’est seulement par leur capacité à combattre le respect humain et par leur détermination à dire la vérité de manière permanente et inconditionnelle que les hommes, partout au monde, peuvent apporter une solution durable à leurs problèmes, assurer la paix entre eux et créer les conditions favorables à l’épanouissement de l’individu humain. » ORDRE DE LA TRANSPARENCE-VERITE, Constitution, Préambule

1. C’est frappant : l’hommage rendu est unanime et universel. Non pas parce que tout mort est parfait, mais parce que ce mort de Nelson Mandela est véritablement parfait. Alors qu’il pouvait se prévaloir de son charisme pour incarner un certain esprit monarchique, Madiba a perçu qu’une nation arc-en-ciel, multinationale, multiethnique, ne peut être qu’une République. Et la République, c’est le système politique dans lequel aucun citoyen ne peut, soit par un privilège mérité ou indu, soit par le seul fait de sa filiation biologique, s’estimer a priori habilité à détenir le pouvoir d’Etat. Le refus de s’incruster au pouvoir, consécration d’un esprit antiautocratique et antimonarchique, fait l’auréole de Madiba. 2. Tous les diables de la pire espèce ont dû faire profil bas : authentiques contre-indications de celui que l’on célèbre et qui demeure à jamais leur mauvaise conscience, leur seule présence à une cérémonie officielle dont ils sont indignes et de laquelle ils ne peuvent se soustraire témoigne qu’ils sont bel et bien en enfer ! Et prend ainsi toute sa valeur l’admonestation narquoise de Barack Obama, fils spirituel par la force des choses… 3. Au moment où est rendu un grand hommage à un grand homme, il n’est partout en Afrique que cliquetis des armes et conflits intercommunautaires. Par delà cette vénération de la mémoire d’un homme qui s’est farouchement érigé contre l’apartheid, subsiste intact – au profit de l’ordre prédateur - le système ségrégationniste résultant de l’existence même des Etats tels que créés par la Conférence de Berlin en 1885. L’apartheid c’est l’obligation faite à des groupes humains de ne pas vivre ensemble avec d’autres groupes humains. Mais l’apartheid c’est aussi l’obligation faite à des groupes humains de vivre ensemble avec d’autres groupes humains. La lutte est encore longue pour la chute des murs et la liberté des individus et des peuples…

Huenumadji AFAN A suivre !... BCCM/PS/CHRONIQUE/10122013

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Ecologie des espaces ethnoculturels

« Ne prenez pas le métro !
Prenez conscience ! »
AGUIGUI MOUNA

« Ceux qui ont de la mémoire peuvent vivre dans le fragile temps présent.
Ceux qui n’ont pas de mémoire ne vivent nulle part. »
Patricio GUZMAN

Présent certifié conforme
Le malheur des Etats africains tient au fait que leur présent « indépendant » n’est que la réduplication de leur passé colonial. La copie est conforme à l’original.
A titre d’exemple :
1. Le système colonial direct établi par la France a reposé sur trois piliers :
- le pilier militaire : il est constitué par l’ensemble des soldats dits « tirailleurs sénégalais », recrutés et formés pour assurer la conquête et la stabilisation des colonies ;
- le pilier éducatif : c’est le système d’instruction mis en place pour fabriquer les commis d’Etat devant servir essentiellement dans l’Administration coloniale ;
- le pilier monétaire : c’est le Franc CFA (Colonies Françaises d’Afrique), qui est la devise utilisée pour les transactions monétaires et la gestion économique dans les colonies françaises.
2. Le système colonial des « indépendances », qui a pris le relais du système colonial direct, repose sur trois piliers :
- le pilier militaire : c’est l’armée dite « nationale », établie dans chacune des anciennes colonies ;
- le pilier éducatif : il est incarné par l’Université-CAMES (Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur) ;
- le pilier monétaire : c’est le Franc CFA (Communauté Française d’Afrique / Communauté Financière d’Afrique) géré par la BCEAO (Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest) et la BCEAC (Banque Centrale des Etats de l’Afrique Centrale).
De façon générale :
Que l’on ajoute le maintien forcené du principe de l’ « intangibilité des frontières » coloniales, - principe astucieusement brouillé ces derniers temps par le discours-gadget « fédéralisme » et le clinquant idéologique « panafricanisme » -, et l’on a tout le secret du succès éclatant des réseaux hégémonistes prédateurs .

Clinquant idéologique
Panafricanisme, pathétique grand malentendu ! En énonçant avec ferveur le « Panafricanisme » comme solution aux souffrances des Nègres, en l’annonçant avec joie, à cor et à cri, en le proclamant avec générosité partout à travers le monde, Marcus Garvey et ses compagnons ne pouvaient s’imaginer à quel point ils venaient d’instituer un fétiche, qui, comme tout fétiche, allait propager, une fois intronisé, son aura obscurantiste.
Fils d’esclave, Garvey avait la nostalgie ou la hantise de la terre de ses ancêtres. Le retour au pays natal et aux sources s’entendait, dans sa tête émotive, comme un débarquement et un ancrage nécessaire, quelque part en Afrique. Ce quelque part pouvait se situer partout en Afrique noire, sans destination précise privilégiée. Tout contingent négro-antillais ou négro-américain accostant au Libéria, en Guinée, au Nigéria, au Congo, en Tanzanie,… serait forcément le bienvenu chez soi en tant que négro-américain, c’est-à-dire un potentiel cousin ancestral de n’importe quel groupe négro-africain.
De fait, ce Négro-américain cousin de tout Négro-africain, proche de personne étant proche de tout le monde, est un apatride. L’entreprise de Marcus Garvey ne pouvait être qu’une aventure idyllique, n’ayant aucun vrai répondant affectif en terre d’Afrique, c’est-à-dire un répondant national ethnique. Car, si le Négro-américain se sent Africain, le Négro-africain, lui, est, sociologiquement parlant, Zoulou, Kikuyu, Kongo, Hausa, Peuhl, Bété, Sénoufo, Bamiléké, Ewé… Ne pouvant administrer la preuve d’une quelconque origine ou identité ethnique, le Négro-américain ne peut être que toléré, en quelque endroit où il veuille s’installer en Afrique.
Le colonisateur a cherché – en vain - à brouiller les réalités nationales ethniques, en mettant en place, dès le départ, la principale structure politique de désarticulation et d’asservissement des peuples d’Afrique : le territoire colonial. La « nationalité » affectée à chacun des territoires ou « Etats » coloniaux (« nationalité togolaise », « nationalité ivoirienne », « nationalité sénégalaise », « nationalité ougandaise » …) est la marque au fer rouge de la condition d’esclaves infligée aux individus citoyens de ces Etats. Recourant au « panafricanisme » candide de Marcus Garvey, prenant prétexte du généreux élan des premiers panafricanistes négro-africains, les tenants de la « renaissance africaine » donnent aujourd’hui dans du clinquant idéologique, et jouent le jeu du colonisateur.
Il n’y a pas d’ « Afrique » à faire renaître ! Les peuples en Afrique, vivant chacun dans un espace ethnoculturel défini, ont-ils jamais eu une idée quelconque d’un quelconque ensemble territorial « africain » ? L’ « Afrique » est sans doute une idéologie colonialiste. Il n’est du reste pas étonnant que ceux qui parlent le plus de « renaissance africaine » soient ceux-là précisément qui ont été formatés contre la cause qu’ils prétendent défendre ! Et désormais, comme naguère, par la foi des réseaux prédateurs et affidés, sur la « nationalité » rivée au territoire colonial, va donc devoir – sous la bannière d’un séduisant « fédéralisme » - se greffer la plus que séduisante « nationalité africaine ». Pauvre Nègre !...

Avoir honte de soi ?
Il y a lieu de s’interroger : au « pays de nos ancêtres » une loi récente interdit la mention de l’origine ethnique du citoyen sur les actes d’état civil .
Cette loi n’est rien moins qu’une atteinte à l’identité ethnoculturelle du citoyen. La « nationalité » apparaît désormais comme un dispositif destiné à empêcher le citoyen d’arborer son identité ethnique. La « nationalité » s’édifie donc comme instrument de négation des ethnies, des nationalités ethnoculturelles, par imposition d’une certaine supranationalité illusoire.
L’affectation d’un dénominateur commun présumé est une stratégie de camouflage de l’identité dont peut se prévaloir chaque citoyen. Diantre ! les identités ethniques nationales sont-elles appelées à disparaître au profit d’une identité supranationale réductrice ? Pourquoi insinuer l’idée qu’il y aurait un inévitable antagonisme entre ethnie et citoyenneté? Pourquoi veut-on que les Akébous, les Mobas, les Bassars…se sentent Kotokolis sous prétexte qu’ils sont tous, les uns et les autres, des fils du « pays de nos ancêtres » ? Le citoyen devrait-il avoir honte de son identité ethnoculturelle ? Devrait-il s’en cacher ? Le peuple du « pays de nos ancêtres » est une mosaïque de peuples. Chaque ressortissant a droit à la citoyenneté, sans préjudice pour son identité ethnique. Porter ombrage à l’identité ethnique au nom d’une nationalité factice est une pernicieuse malversation, un truquage malin sous couvert de «nationalisme ». La nation à construire ne doit pas détruire les nations existantes !...

Ecologie des espaces ethnoculturels
Tenez ! Les Wallons et les Flamands ne veulent pas noyer leur identité ethnique sous l’étiquette belge : ils ont raison ! Turcs, Iraniens, ou Irakiens par la citoyenneté, les Kurdes hardiment se revendiquent Kurdes : ils ont raison ! Citoyens canadiens, les ressortissants du Québec se réclament Québécois francophones : ils ont raison ! Repli identitaire ? Plutôt affirmation et sauvegarde de soi… L’identité ethnique est un droit inaliénable.
Aujourd’hui, l’on parle abondamment de changement climatique, de préservation de la couche d’ozone, de la flore, de la faune. L’on devrait au moins tout autant insister sur l’indispensable action à engager pour sauvegarder, partout à travers le monde, la diversité ethnoculturelle, préserver les identités nationales ethniques, et les espaces ethnoculturels. Il y a urgence, au regard des étouffements ethnoculturels perpétrés – consciemment ou inconsciemment – sous le biais de politiques dites d’ « unité nationale ». Les Français avaient l’habitude de dire : « Nos Ancêtres les Gaulois… » Ils le disent de moins en moins parce que l’identité gauloise, à la suite des péripéties de l’histoire, a disparu au profit de l’identité « française » qu’ils ne veulent plus perdre.
Les peuples d’Afrique et de certaines autres régions du monde ont des atouts : malgré la domination coloniale européenne, l’observation et l’analyse synchroniques révèlent que les identités nationales ethniques subsistent, sous forme de langues et cultures dynamiques, dans des espaces ethnoculturels repérables. Ce que les instances onusiennes doivent faire, - pour peu qu’elles veuillent encore être crédibles -, c’est de dresser la carte du monde en s’évertuant à sauvegarder, par delà les frontières géopolitiques, les espaces ethnoculturels. Chaque être humain est citoyen du monde : il doit, d’une part, recevoir son éducation de base dans la langue et la culture de l’espace ethnoculturel où il vit ; il doit, d’autre part, en même temps pouvoir revendiquer une identité nationale ethnoculturelle dont il a pleine conscience. Nul n’est tenu de rester ce qu’il est, tout individu a le droit de devenir ce qu’il est…

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/14102013

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Qu’est-ce qu’un écrivain ?

Il y a une pensée originale qui peut se développer au sein de la norme imposée,
mais la pensée la plus originale est celle qui, dans son propre mouvement,
transgresse la norme.
Edgar MORIN

Est littéraire une œuvre qui possède une aptitude à la trahison.
Robert ESCARPIT

La beauté n’est pas une qualité inhérente aux choses elles-mêmes,
elle existe seulement dans l’esprit qui la contemple.
David HUME

Problématique
Cf. Ecrivain Wikipedia :
Un écrivain est un auteur littéraire dont les textes sont officiellement publiés par une maison d’édition (en général dans un livre, un magazine ou une revue) afin d’être lus. Ces textes sont généralement protégés par un droit d’auteur.
Sont classiquement considérés comme écrivains les gens qui pratiquent un métier relevant de l’écriture littéraire :
• les romanciers ;
• les essayistes ;
• les nouvellistes ;
• les poètes ;
• les philosophes ;
• les fabulistes ;
• les dramaturges ;
• les critiques littéraires ;
• les pamphlétaires ;
• etc.
Quand une personne cumule plusieurs de ces activités, on utilise souvent le terme générique d’« écrivain » ou « auteur ».
Certains métiers ne remportent pas l’adhésion de tous pour être classés comme formes d’écriture littéraire, notamment :
• les journalistes ;
• les scénaristes pour le cinéma ;
• les scénaristes de bandes dessinées ;
• les auteurs de romans policiers ou romans noirs bas de gamme ;
• les auteurs de romans à l’eau de rose ;
• les auteurs de chansons ;
• les auteurs ou critiques gastronomiques ;
• toute personne écrivant des textes et les mettant gratuitement à disposition d'autrui (par exemple en en faisant la lecture publique ou en les publiant sur Internet sous forme de blog) ;
• etc.
Il n’y a pas vraiment de critères objectifs sur ce sujet, seulement des opinions. D’autre part, l’utilisation grandissante de médias autres que les livres, magazines ou revues de qualité (par exemple de médias hybrides cumulant textes, sons et images) conduira peut-être à élargir le cercle des métiers classés sous le label écrivain.
Mise au point :
1. C’est l’évidence : ceux qui sont formatés à n’apprécier que les écrivains poètes, dramaturges, romanciers, ont tendance à promulguer que les écrivains sont poètes, dramaturges, romanciers…
La littérature est le seul domaine de l’art où l’œuvre artistique est définie par un regard extérieur à l’auteur. Il est absolument impertinent de considérer que l’écrivain n’est écrivain qu’en tant qu’il est poète, dramaturge, romancier. La condition nécessaire et suffisante pour être écrivain, ce n’est pas d’être écrivain poète, dramaturge, romancier, c’est d’être écrivain.
Oui, j’entends tonitruer de sinistres mandarins : « Vous voulez être des écrivains ? Soyez poètes, dramaturges, romanciers… » Non ! Aucun écrivain n’est tenu d’être poète, dramaturge, romancier. L’écrivain n’est tenu à rien. Il est écrivain.
L’écrivain est écrivain en tant qu’il se donne lui-même pour écrivain, en tant qu’il est perçu comme écrivain par un tiers, personne physique ou morale. L’écrivain, c’est quelqu’un qui pratique l’écriture, et qui s’identifie lui-même comme écrivain, ou qui est étiqueté comme écrivain par un système plus ou moins institutionnel : édition, critique et cercles littéraires, prix, lauréats et autres académies.
L’écrivain, c’est l’individu écrivant, qui se définit lui-même comme écrivain, ou qui est perçu comme écrivain par un tiers, personne physique ou morale.
« En définitive, que faut-il pour qu’une œuvre soit littéraire ? Réponse : Il suffit qu’il y ait intention littéraire. Implication : dès qu’un auteur écrit une œuvre et la présente comme littérature, cette œuvre est littéraire et assure une ou plusieurs fonctions. On aboutit ainsi à une démystification, une démythification des termes « écrivain », « littéraire ». On peut désormais abolir les frontières ; on peut supprimer les discours dogmatiques qui figent ou tentent de figer l’expérience littéraire, qui, dans le fond, est une expérience individuelle, personnelle. » […]
« Contre le fait que « c’est toujours le consensus d’une minorité intellectuelle qui décide du littéraire et du non-littéraire » (R. ESCARPIT, L’Ecrit et la Communication, PUF « Que sais-je ? », Paris, 1978, p. 61), il faut lutter pour une libération et une libéralisation de l’écriture et de la critique littéraire. Il faut mettre fin à tout ce qui va à l’encontre du droit à l’expérience de la littérature, par une méthodologie moins rigide. » (Huenumadji Afan, « Fonctions du langage et enseignement de la littérature », in Propos Scientifiques, N° 1, décembre 1985).

« Est artiste tout individu qui déclare l’être et qui peut le justifier par une œuvre, quelle qu’elle soit. Seul le public est censeur. Je considère que l’acte d’expression est suffisamment grave pour qu’on se permette de s’y hasarder si l’on n’a rien à dire. » (Camille Amouro, « Epars 2012 : la Vérité de l’Art », in La Nouvelle Tribune, 28 juillet 2012)
Il convient de rappeler, à l’attention de toute critique qui se veut scientifique, que ce n’est ni le fond, ni la forme, ni les deux, qui font l’œuvre littéraire. C’est l’intention littéraire, ou de l’auteur, ou du lecteur – que ce dernier soit personne physique ou morale – qui fait l’œuvre littéraire. Autrement dit : la condition suffisante pour qu’une œuvre soit littéraire, c’est que l’auteur donne son œuvre pour littéraire, ou qu’une personne qui reçoit l’œuvre l’apprécie comme étant une œuvre littéraire. La littérature ne saurait donc se concevoir en terme de modèle d’écriture. A cet égard, il est déterminant de se convaincre une fois pour toutes qu’il est aujourd’hui inadmissible de rétrograder la notion de littérature au vieux poncif de parangon de littérature.

2. Qu’est-ce qu’une publication ?
Est publication tout acte d’expression dont l’existence est attestée par un tiers (personne physique ou morale) autre que l’auteur lui-même.
La publication est constituée par le fait que l’existence de l’acte d’expression est attestée par un tiers, personne physique ou morale.
Pour qu’il y ait publication, il suffit que l’acte d’expression passe de son auteur à un tiers, personne physique ou morale.

3. Que dire des chroniques radiophoniques de Mamane sur RFI (Radio France Internationale) ? Il est donc aujourd’hui inconcevable, d’une part, de ramener la problématique de l’expression littéraire à sa seule dimension esthétique, et, d’autre part, de réduire la question de l’esthétique littéraire aux seuls genres consacrés que sont les poèmes, les pièces de théâtres, les œuvres romanesques…

En tout état de cause, ce dont l’être humain doit se préoccuper, c’est d’acquérir un état de conscience qui lui permette d’être au-dessus des contingences, d’échapper à la pesanteur des contingences, de ne pas être tiré vers le bas, de vivre un présent constamment tourné vers un avenir qui n’ignore rien ni du passé ni du présent.

Huenumadji AFAN
A suivre !...
BCCM/PS/CHRONIQUE/07062013

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Roberto Pazzi

« Aujourd’hui, géographiquement, le Horodougou est un espace copartagé par plusieurs Républiques. […] Il est certes historiquement repérable, mais aujourd’hui il est géographiquement indéfinissable. » Parfait Bi Kacou DIANDUE, « Le Horodougou, puzzle inachevé d’une Afrique à recréer », in Palabres vol. VIII, Numéro spécial 2007-2008, janvier 2008

« Je maintiens […] que l’européanisation des continents non européens pouvait se faire autrement que sous la botte de l’Europe ;que ce mouvement d’européanisation était en train ;qu’il a même été ralenti ; qu’en tout cas il a été faussé par la mainmise de l’Europe. » AIME CESAIRE, Discours sur le colonialisme

En publiant son ouvrage Les Peuples d’Ajatado (Accra et Lagos) , le Père Roberto Pazzi, l’éminent spécialiste de l’aire culturelle adja (aja), éclaire d’une lumière percutante les connaissances à ce jour disponibles, concernant cette région du Golfe de Guinée qui, depuis le quinzième siècle, n’a jamais cessé de faire l’objet de relations particulières avec l’Occident.
Je ne puis m’empêcher d’inférer de cet ouvrage les éléments de réflexion ci-après :
1. Vingt ans au moins avant la découverte de l’Amérique, les Européens, notamment les Portugais, sont entrés en contact avec un espace géographique dont l’unité culturelle est évidente, et qui relève de l’autorité au moins spirituelle de l’Adja (Aja), roi de Tado. 2. Cet espace géographique est assez bien circonscrit : il s’étend d’Accra à Lagos. Ce qui fait appréhender d’emblée les affres de l’horrible partition intervenue beaucoup plus tard par le fait de la Conférence de Berlin, qui tronçonna en quatre un espace géoethnocultuel substantiellement homogène. 3. Le cinquantenaire de l’ « Unité Africaine » doit être l’occasion d’une prospective efficiente. Implicitement : il est vraiment digne et juste, équitable et salutaire, que se rétablisse l’unité des aires culturelles, par résorption et intégration politique directe des Etats coloniaux nés du tronçonnage, et aujourd’hui abusivement dits « indépendants ». Rien à voir avec les torsions et autres circonvolutions « fédéralistes », dont l’effet est de justifier et de maintenir à tout prix l’odieuse partition colonial (iste).
Méditation : Des peuples vivant ensemble, par affinités, dans des espaces ethnoculturels définis, sont, du jour au lendemain, dissociés, et agrégés de force à d’autres peuples, à fin explicite d’être mieux asservis : voilà en quoi tient la vraie mesure de l’inhumanité de l’ignoble entreprise historique d’exploitation et de domination !

Huenumadji AFAN A suivre !... BCCM/PS/CHRONIQUE/10052013

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HABEMUS PAPAM !

« Fluctuat, nec mergitur. »
(Battu par les flots, il ne sombre pas.)

Dans le creux de la vague ? « Je suis convaincu que mes forces, vu mon âge avancé, ne me permettent plus d'exercer correctement le ministère. Dans le monde actuel, en proie à des changements constants, la vigueur du corps et de l'esprit est nécessaire pour gouverner la barque de saint Pierre et annoncer l'Evangile. Cette force, ces derniers mois, m'a manqué, et m'oblige à reconnaître mon incapacité à bien gérer le ministère qui m'a été confié. » Cette sentence pathétique, fortement empreinte d’honnêteté et d’humilité, exprimée le 11 février 2013 à la Cité du Vatican par Benoît XVI, ne pouvait manquer de surprendre et de mettre dans l’embarras bon nombre de fidèles. Qu’allait-il donc advenir de la barque de saint Pierre ? Même si le pape émérite a tenté à sa façon de rassurer les uns et les autres en martelant que c’est le Seigneur lui-même qui est aux commandes, et qu’il n’abandonne jamais les siens, il n’en demeure pas moins que, chose la mieux partagée au monde en pareilles circonstances, l’inquiétude humaine n’a nullement cessé de tourmenter les cœurs… « Habemus Papam ! » La fumée blanche du mercredi 13 mars 2013 a sonné le glas de la désespérance. Et ce fut l’avènement du pape…François. Premier pape « importé » d’Amérique du sud, que les cardinaux sont allés chercher - suivant les propres termes du nouveau souverain pontife lui-même - « à l’autre bout du monde. » Mais aussi premier pape jésuite. Mais surtout premier pape « François » ! Il se manifeste donc que c’est l’esprit d’Assise qui a soufflé sur le conclave. Afin qu’il soit rappelé une fois pour toutes que la nouvelle évangélisation, c’est l’annonce renouvelée d’un Jésus-Christ résolument ami des pauvres et des déshérités, ami de l’humanité et de la nature. Profession de foi solennelle, affichant sans équivoque la mise en cause substantielle d’une mondialisation déprédatrice, impitoyablement soumise au diktat des réseaux prédateurs, indéfiniment asservie aux concupiscences de tous ordres… Amen ! Que par l’intercession de saint François d’Assise la bénédiction du Tout-Puissant descende abondamment sur le pape François, sur toute l’Eglise, et sur tous les hommes de bonne volonté. Et maneat semper !

Huenumadji AFAN A suivre !... BCCM/PS/CHRONIQUE/14032013

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Que devient donc la Terre de Togbanyi ?

Un chef qui n’a plus pour trône qu’un rocher, Et pour tout royaume qu’un coin dans le maquis, Combien de temps restera-t-il caché ? OUYI TASSANE

« Je maintiens […] que l’européanisation des continents non européens pouvait se faire autrement que sous la botte de l’Europe ; que ce mouvement d’européanisation était en train ; qu’il a même été ralenti ; qu’en tout cas il a été faussé par la mainmise de l’Europe. » AIME CESAIRE

1. La tragédie est immense : amputé des trois quarts de sa population et des deux tiers de son royaume immédiat, Adja-Kpoyizoun se devait d’organiser la résistance contre l’envahisseur colonisateur. Pour la défense et la survie de la terre de ses ancêtres. La suite : déporté, exilé au Gabon, il perdit la vie dans des circonstances troublantes… 2. Un mot à l’intention des adeptes grands propagateurs du mythe des « indépendances », à l’intention des agents thuriféraires enrôlés dans la mystique des réhabilitations : la célébration du centenaire de la disparition de Kpoyizoun doit être l’occasion d’honorer la mémoire d’un vrai héros, symbole de la lutte contre la domination. A ne pas confondre avec les opportunistes canonisés, vrais faux héros de vraies fausses « indépendances ». Ces derniers ont commencé par mettre en avant la fibre ethnique. Puis, l’opportunisme politique se manifestant de plus en plus, ils devinrent des « nationalistes patriotes togolais ». Ainsi naquit le Togo, « Terre de nos aïeux ». Le saut astucieux qui nous fait passer de « Nos ancêtres les Gaulois » à « Nos ancêtres les Togolais » met en cache une réalité cruelle : celle qui consiste à étouffer la conscience géoethnoculturelle, puissant antidote contre la volonté irrépressible de l’ordre prédateur tendant à faire admettre que l’Afrique née de la géométrie infligée aux peuples en 1885 doit – comme par le diktat d’un décret providentiel divin - survivre à tout prix en tant que telle, maintenant et à jamais… 3. S’il revenait aujourd’hui à la vie, Adja-Kpoyizoun se sentirait-il vraiment comblé ? Qu’en est-il de son royaume, à l’ère des « indépendances » ? L’on ne doit en effet jamais perdre de vue que Kpoyizoun est mort bel et bien pour la terre de Togbanyi, et non pour une quelconque énigmatique « terre de nos aïeux » consacrée par le pacte colonial !

Huenumadji AFAN A suivre !... BCCM/PS/CHRONIQUE/13022013

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Comme la Corrèze

« Nous qui sommes hommes, ne savons-nous pas bien jusqu’à quel point d’autres hommes ont pu être ou imposteurs, ou dupes ? » FONTENELLE

« Il y a un certain nombre de valeurs avec lesquelles je ne transige pas : c’est-à-dire la justice, la vérité, la liberté. » ETIEMBLE

1. CINQUANTE ANS D’INDEPENDANCE en Afrique subsaharienne et au Togo, tel est le titre d’un ouvrage collectif récemment publié en 2012 à Paris, aux Editions L’Harmattan.
Que de pauvres paysans, agriculteurs malhabiles, plantent des ignames avariées et braisées, dans un champ embroussaillé, les arrosent abondamment, cinquante ans durant, et s’aperçoivent avec consternation que rien n’a poussé, l’on pourrait excuser leur ingénuité, leur inculture, leur manque d’éveil… Que des ingénieurs agronomes chevronnés, de surcroît grands collaborateurs invétérés, s’avisent d’affirmer qu’il y a désastre parce que les plants d’ignames ont été mal entretenus, voilà le vrai désastre ! Le mal de l’Afrique négraille : les universitaires inféodés à l’ordre prédateur ! 2. Ce n’est pas à force de la proclamer ou de la clamer, alors que l’on sait que l’on ne l’a jamais semée, que l’on récolte l’indépendance ! Au moins François Hollande, président de la République française, en faisant intervenir l’armée française au Mali, à ciel ouvert et à visage découvert, aura-t-il eu le mérite de commencer à mettre fin à la FrançAfrique. Car, en vérité, la FrançAfrique, c’est la main de la France à visage masqué. Le Chef de l’Etat français devra donc, très rapidement, rétablir solennellement, à ciel ouvert, que le Mali est, comme chacun des pays francophones de l’Afrique subsaharienne, non pas un « pays ami », mais bel et bien et sans ambages une province française. Comme la Corrèze, ou la région Poitou-Charentes…
Huenumadji AFAN A suivre !... BCCM/PS/CHRONIQUE/29012013

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Où sont donc les balafres… ?

« Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de changer de nationalité. » Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, Article 15

« Le meilleur, c’est que, dans les conditions de communauté de destin et de possible société-monde, nous puissions envisager la Terre comme patrie, sans que cette patrie nie les patries existantes, mais au contraire qu’elle les englobe et les protège. » Edgar MORIN, Terre-Patrie, Préface 2010

« Gbadamassi, le Yoruba Togolais ! » L’effet humoristique est extraordinaire, chatouillant l’imaginaire populaire : Est-ce possible que l’on soit Togolais si l’on se prénomme Gbadamassi ? Est-ce possible qu’un Yoruba soit Togolais ? Le natif Yoruba ne peut-il être un Togolais que par tolérance ?... L’on aurait pu penser qu’il s’agit là d’un artifice banal, pure prestidigitation verbale comique, propre à amuser la galerie. Or, voici que les circonstances de la vie, telles qu’elles se présentent au concret, ces circonstances nous induisent forcément à prendre la mesure du cocasse et du tragique que voile cette formule « Gbadamassi, le Yoruba togolais ». En réalité, les aléas de l’histoire et les données sociologiques partout à travers le monde infligent souvent à l’individu-citoyen d’avoir conscience au moins d’une double appartenance : l’appartenance à un Etat, espace géographique où s’exerce un pouvoir administratif et politique, dont il tire la citoyenneté, abusivement dénommée « nationalité » ; l’appartenance à une ethnie, – vraie nation-, plus ou moins géographiquement circonscrite, dont il s’origine et dont il tire sa culture originelle, qu’il maîtrise plus ou moins. Cette double conscience est parfaitement légitime et justifiée. Même si elle est souvent manipulée soit par l’individu-citoyen lui-même, soit par l’ordre prédateur soutenu par le pacte colonial, qui s’est toujours donné pour mission historique – singulièrement en Afrique - de consacrer la désorganisation et la déchéance définitive de nations ethniques, dont certaines jouissent encore d’une puissance démographique et économique impressionnante !... Signes visibles d’une identité infalsifiable, au moins les balafres yoruba s’affichent-elles. Où sont donc les balafres de la « Togolité » ?

Huenumadji AFAN A suivre !... BCCM/PS/CHRONIQUE/20122012

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Pardon – Réconciliation

« Les hommes libres sont des déchireurs d’horizon. Ils dérangent, avec une insupportable lucidité, les hommes qui vivent en surface, et les institutions qui s’enlisent en elles-mêmes. » G. BESSIERE, Le feu qui rafraîchit, Epiphanie, Paris, Editions du Cerf, 1978, p. 36

Lors des audiences publiques de la Commission Vérité Justice Réconciliation (CVJR), qui se sont déroulées au Togo du 06 septembre 2011 au 17 novembre 2011, des auteurs présumés sont intervenus sous forme de droit de réponse, réagissant non pas en fonction de l’acte qu’ils ont pu poser, mais uniquement par rapport au fait qu’ils ont été interpellés ! A l’occasion de la conférence de presse tenue à Lomé le jeudi 24 novembre 2011, Monseigneur Anani Nicodème Barrigah-Benissan, président de la CVJR, a sensiblement cru devoir humainement comprendre – voire excuser ? - cette attitude… Et pourtant !... Distinguo : Le pardon, c’est l’acte par lequel l’offensé (victime) décide de façon discrétionnaire de ne pas (plus) tenir compte du tort qui lui a été infligé. Dans l’acte de réconciliation - dont l’exemple patent est celui du saint sacrement de la « Réconciliation » - c’est l’offenseur (bourreau, pécheur) qui, ravalant spontanément toute attitude d’autojustification et dans un élan de repentir (acte de contrition), va avouer (confesser) son forfait (péché) en espérant le pardon. Ainsi, contrairement au pardon, acte souverain, - où la seule disposition à pardonner de l’offensé est suffisante -, la réconciliation engage inévitablement et l’offensé et l’offenseur. Observations : 1. Dans un processus de réconciliation, l’acte de déposition est un acte de reconnaissance du tort, et cet acte doit provenir de l’offenseur. Question : Sur les vingt mille (20 000) « dépositions » recueillies par la CVJR, combien ont été faites par les offenseurs ? 2. La réconciliation suppose une condition incontournable : l’offenseur avoue son tort à l’offensé, sachant que ce dernier a tout à la fois suffisamment de pouvoir pour se venger et suffisamment de disposition à la miséricorde pour renoncer à la vengeance. La réconciliation n’est pas possible si l’offensé est en position de faiblesse ; la réconciliation n’est pas possible si l’offenseur ne peut pas espérer le pardon. Cette double considération fait de la réconciliation quelque chose de foncièrement aléatoire et mystique. Sentence : Monseigneur Anani Nicodème Barrigah-Benissan est nécessairement tenu de renoncer à la « mission de Réconciliation » - occasion de scandale - à laquelle il a malheureusement souscrit. Sans réconciliation, tout homme de bonne volonté est bien capable de pardon.

Huenumadji AFAN A suivre !... BCCM/PS/CHRONIQUE/27112011

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L’Affaire DSK

« J’ai conscience que j’ai l’air de prendre sa défense. C’est tout le paradoxe de la situation : on a beau dire que DSK est présumé innocent, la force des images et la puissance répétitive des accusations sont si fortes que le monde entier le voit comme un coupable. » Hervé GATTEGNO, Le Point, lundi, 06 juin 2011

« Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » Jean de LA FONTAINE, Fables, VII, 2

Dimanche 15 mai 2011, la grande nouvelle se confirme, drue, abrupte : Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds Monétaire International (FMI), a été arrêté et officiellement inculpé, par la police judiciaire de New-York aux Etats-Unis d’Amérique, pour « agression sexuelle, tentative de viol et séquestration » sur une « femme de chambre ». Aussitôt, certains ironisent en fredonnant : « Dominique nique, nique… » Des exégèses fusent de toutes parts, dont bon nombre stigmatisent Dominique Strauss-Kahn « le séducteur ». Pernicieuse insinuation, qui fait d’un « séducteur » un « agresseur ». Comme si c’est chose si facile pour un sexagénaire de violer une jeune femme de trente ans !... Le 18 mai 2011, dans une lettre de démission officielle adressée au Conseil d’administration du FMI, Dominique Strauss-Kahn affirme : « C’est avec une infinie tristesse que je me vois obligé aujourd’hui de proposer au conseil d’administration ma démission de mon poste de directeur général du FMI. […] A tous, je veux dire que je réfute avec la plus extrême fermeté tout ce qui m’est reproché. Je veux préserver cette institution que j’ai servie avec honneur et dévouement, et surtout, surtout, je veux consacrer toutes mes forces, tout mon temps et toute mon énergie à démontrer mon innocence. » Le lundi 06 juin 2011, tandis que Dominique Strauss-Kahn plaide « non coupable » devant le juge au tribunal de New-York, la meute des membres d’un syndicat soutenant la « femme de chambre » est là dehors, bien présente – par solidarité à la Panurge -, criant à tue-tête sur le présumé coupable : « Honte à toi ! » Il convient de rappeler que DSK a été constamment pressenti, par tous les sondages, comme président de la République française en 2012. Raison suffisante pour qu’il soit – par tout moyen – disqualifié à ciel ouvert. La grande problématique générale : dans quelle mesure les problèmes de l’homme politique sont-ils apolitiques ? Moralité : 1 Lorsque vivant l’on est canonisé, l’on court le risque de ne jamais être un bienheureux. 2 Selon que vous serez puissant ou misérable, vous serez nommé DSK ou « femme de chambre » ; selon que vous serez DSK ou « femme de chambre », vous serez déclaré bourreau ou victime. 3 Au vingt-et-unième siècle, l’insécurité qui tient le monde en otage, c’est le terrorisme ; mais l’insécurité, pire que celle du terrorisme, qui guette tout citoyen du monde où qu’il se trouve, c’est l’insécurité judiciaire. Ne l’oublions pas : la vraie faute commise par Ponce-Pilate, ce n’est pas d’avoir laissé crucifier l’innocent Jésus de Nazareth, c’est d’avoir ordonné qu’il fût flagellé alors même qu’il n’avait contre lui aucun indice de culpabilité… S’il advient que Dominique Strauss-Kahn n’est pas coupable, le préjudice qu’il aura déjà subi est-il réparable ? Lorsque la victime présumée demeure hermétiquement invisible pendant que le présumé coupable est exposé en grand format, l’on frise forcément une horrible affaire Calas ou Dreyfus… A force de vouloir – comme pour démentir La Fontaine - s’exhiber comme pays champion de l’égalitarisme, pays où nul n’est au-dessus de la loi, les Etats-Unis d’Amérique en fin de compte s’affichent comme terre de déni de justice. Pourtant Abraham Lincoln soutenait qu’il est indécent de chercher à faire prospérer un pauvre en ruinant un riche ! Barack Obama a trucidé Ben Laden ; il lui reste à débarrasser le monde et du terrorisme et de l’insécurité judiciaire. Pour l’heure, première puissance du monde, pays de la peine de mort, les Etats-Unis d’Amérique demeurent une contrée où se tolèrent la présomption de culpabilité et les traitements inhumains et dégradants y afférant…

Huenumadji AFAN A suivre !... BCCM/PS/CHRONIQUE/07062011

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En mémoire de Kokou ABOLO : LES DEUX CAMPS

« Le mouvement Emmaüs – qui n’est pas confessionnel – bouscule les « braves gens » qui laissent crever des hommes à côté d’eux sans s’en rendre compte - bien qu’ils soient, comme on dit, d’impeccables pratiquants – laissant ainsi se maintenir politiquement un ordre injuste dont ils sont bénéficiaires… », Abbé PIERRE

« Je suis convaincu qu’il y a des Chrétiens qui n’ont pas la foi et des païens qui croient en l’homme, en la justice, que sais-je ? », Serge LATOUCHE

Il y a deux camps. D’un côté, Ponce-Pilate et ses alliés Anne et Caïphe. De l’autre, Jean le Baptiste et Jésus de Nazareth. Chaque individu humain, selon ses aptitudes, son niveau de connaissance, son état de conscience, choisit l’un ou l’autre camp. Aucun juste-milieu n’est tolérable. S’il est périlleux, certes, d’être disciple de Jean et de Jésus, il est tout à fait inadmissible de se faire adepte de Pilate et alliés. Nul n’est tenu d’être martyr, personne ne peut se justifier d’être prédateur.

Huenumadji AFAN A suivre !... BCCM/PS/CHRONIQUE/02032012

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Qu’est-ce que la Francophonie ?

« Je n’ai jamais aimé la francophonie, cette espèce de croisade-là, où on embrigade les gens contre l’anglais. […] Tant qu’une langue est le symbole de l’obscurantisme, de l’oppression, c’est gênant. Et le français, c’est ça en Afrique francophone. C’est la langue du maître. », MONGO BETI

« Nulle « patrie » n’existe qui renie sa langue, l’asservit, l’avilit pour faire du fric. », ETIEMBLE

Bien sûr, on peut considérer que, d’emblée, est promoteur de la langue et de la culture françaises, ou de la culture francophone, quiconque a pour métier d’enseigner le français. Pourtant, la pratique d’enseignement du français n’entraîne pas fatalement au militantisme francophoniste : celui-ci demeure une option personnelle et individuelle. La Francophonie est une institution politique faussement présentée comme étant une institution culturelle. Cette caractéristique fait d’elle une institution-apartheid, véritable Bantoustanie, mise au service d’une culture dominante pour soutenir une politique de domination. La Bantoustanie est un système politique constitué, où le pouvoir s’exerce à partir d’un Etat tuteur, dont d’autres Etats reçoivent et leur indépendance et l’impulsion de leur gouvernance. La réalité de la Francophonie, telle qu’elle s’exécute aujourd’hui, est la suivante : l’ensemble des peuples se réclamant d’elle est censé avoir pour phare une culture et des valeurs communes ; mais, en même temps, les peuples de la périphérie sont confinés à garder ou adopter des comportements jugés spécifiques aux réserves territoriales dont ils sont issus ou dans lesquelles ils vivent. A cet égard, Mongo Beti exprime ainsi la tragique frustration qu’il a ressentie dès son retour au Cameroun : « Je ne suis pas content pour diverses raisons. D’abord, j’ai vécu là-bas, en France. J’avais toutes sortes de droits là-bas. Pourquoi ça doit se passer différemment ici ? J’ai toujours été humilié par cette situation : quand je suis en France, je suis un citoyen, j’ai des droits, je peux voter, je peux descendre dans la rue avec des pancartes pour manifester mes opinions. Mais quand je suis dans le pays où je suis né et qui fut une colonie française, je ne suis rien. Je n’ai plus les mêmes droits. » (Ambroise Kom, Mongo Beti parle, Testament d’un esprit rebelle, Editions Homnisphères, Paris, 2006, pp.120-121) En particulier, la Francophonie travaille pour que les entités ou sous-entités politico-économico-culturelles comme la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, l’Union Economique et Monétaire de l’Ouest Afrique, le Conseil de l’Entente… et leurs ailes marchantes (Bceao, Cames, Ohada…), s’activent et s’utilisent dans l’intérêt, selon les situations, de la France ou des puissances étrangères et de leurs réseaux. Mieux : dans ses propres ambiguïtés, la France est aujourd’hui interpellée : est-elle européenne ? méditerranéenne ? francophonienne ? Quant aux ressortissants des pays membres de la Francophonie, que font-elles de leurs langues et cultures maternelles ?... Sommation : Tant qu’elle demeurera un conglomérat d’Etats, la plupart indûment « indépendants », satellites d’une Métropole superbe et tracassière, la Francophonie ne sera jamais rien d’autre que la forme la plus achevée de l’Apartheid !

Huenumadji AFAN A suivre !... BCCM/PS/CHRONIQUE/09112010

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Terre de nos ancêtres

O ! Cameroun, berceau de nos ancêtres! Autrefois tu vécus dans la barbarie ! Comme un soleil tu commences à paraître. Peu à peu tu sors de ta sauvagerie.

L’année du cinquantenaire arrive à grands pas. Partout en Afrique, alors que les Etats ne parviennent guère à faire jouer la fibre patriotique –tragique malentendu- qu’à l’occasion de manifestations sportives, la célébration s’annonce tonitruante : partout, la « Place de l’Indépendance », où se rallume chaque année ce qui est en fait la flamme de la sujétion, cette place s’ébranle, et se met frénétiquement en frais des plus beaux atours. Par delà la malicieuse diversion de jubilation généralisée en perspective, la donnée de fond demeure : l’ « indépendance », c’est la forme achevée du régime des majordomes agréés ; l’ « indépendance », tout comme la colonisation, c’est l’asservissement et la gestion des peuples par certains corps préposés, au profit des puissances dominatrices. La grande combine, en effet, c’est que, par l’astuce de la proclamation, il y a cinquante ans, de l’avènement de « nations » artificiellement rivées sur les contours des Etats créés en Afrique par le pacte de la Conférence de Berlin, les puissances colonisatrices ont scellé leur entreprise de refondation de la colonisation, jouant de l’enthousiasme et de la jobardise de populations mystifiées. Les paroles de l’hymne originel du Cameroun apparaissent comme l’exemple type de la pernicieuse manœuvre par laquelle il a été incrusté dans le subconscient du colonisé combien il doit rester à jamais redevable au colonisateur d’avoir bien voulu lui apporter généreusement sa civilisation, et de lui avoir donné un morceau de terre pour servir de terre d’origine à ses aïeux. Comme si le Cameroun, tracé en 1885, était antérieur aux aïeux ! Ainsi, avec l’intelligence plus ou moins consciente d’une classe politique intéressée, l’objectif recherché par les grandes puissances, c’est de parvenir à oblitérer dans la mémoire des peuples d’Afrique l’impression sordide laissée par l’acte de démembrement du continent africain, d’une part afin de faire admettre par ces peuples l’idée que c’est grâce à la colonisation qu’ils ont eu l’ « inestimable » chance de constituer des « nations », et d’autre part afin de maintenir par là le système de désagrégation des communautés géoethnoculturelles, et d’empêcher la reconstitution d’entités nationales antécoloniales décomplexées, susceptibles d’être des ferments d’une juste régénération politique de l’Afrique. Il faut le souligner avec insistance : cooptée au gré des circonstances par les réseaux prédateurs, et de fait résolument en service commandé, claironnant à tue-tête, de façon impertinente, qu’il est inutile de chercher à abattre les frontières héritées de la colonisation, une certaine élite africaine ne rate jamais l’occasion de renouveler son allégeance au pacte de Berlin. Les diverses institutions politiques, économiques, monétaires, financières, culturelles ou religieuses, qui affectent d’être d’incontournables facteurs d’intégration d’Etats « souverains », à l’échelle sous-régionale, régionale, ou continentale, et où s’active cette élite obligeante, ces institutions, obséquieux relais des visées de « ceux qui se sont partagé le monde », se posent en réalité comme un repaire obscurantiste où l’insaisissable « Communauté Internationale » élabore, au prix de maints génocides vifs ou lents, les stratégies d’ajournement, de canalisation ou d’étouffement des aspirations des peuples, et de perpétuation des politiques favorables aux trônes et aux dominations de ce monde. Le dépeçage de l’Afrique est pour les peuples d’Afrique un affront que l’indépendance doit gommer. Que l’ « indépendance » s’accommode de ce dépeçage, et s’entiche de faire de chacune des sinistres portions la « Terre de nos ancêtres », et persiste toujours dans son acharnement à maintenir les murs de Berlin en Afrique, voilà une disposition qu’aucun bon sens humain ne saurait héberger. Jadis, la colonisation déstructura l’indépendance ; à présent, l’ « indépendance » structure la colonisation. Naguère, la conglomération forcée des peuples a permis aux envahisseurs colonialistes de prospérer. Aujourd’hui, l’ « indépendance » de l’Etat colonial rebaptisé « nation » dédouane l’envahisseur et lui donne bonne conscience. Trêve de subterfuge ! L’indépendance, la vraie, c’est, fatalement, le rejet de l’Etat colonial en tant qu’espace géopolitique dessiné et légué par le colonisateur. Célébrons donc les cinquante ans d’une « indépendance » postiche, à condition, dans ce cas, de revendiquer la seule nationalité conséquente : la britannique, la française, la portugaise !...

Huenumadji AFAN A suivre… BCCM/PS/CHRONIQUE/09112009

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CESAIRE EST MORT, VIVE LE Discours…!

« Le grand drame historique de l’Afrique a moins été sa mise en contact trop tardive avec le reste du monde, que la manière dont ce contact a été opéré. » Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme

Interrogeons nos élèves des lycées et collèges: qui est Aimé Césaire? -Réponse: Césaire est le fondateur de la négritude. Citez une œuvre littéraire d’Aimé Césaire. - Cahier d’un retour au pays natal. C’est vrai, c’est par cette œuvre littéraire que le grand humaniste qui vient de s’éteindre s’est révélé à la face du monde. Grand artiste, il gagna d’emblée, en 1939, sa place au cénacle du surréalisme, « adoubé » par André Breton qui proclama sans l’ombre d’une hésitation que ce « poème n’était rien moins que le plus grand monument lyrique de ce temps », « un document unique, irremplaçable. » Et voilà le poète consacré, à juste titre du reste. Soit ! Mais, ne l’oublions pas, Césaire, c’est, avant tout, l’auteur du refus: il refusa d’entrer à l’Académie française, à coup sûr pour ne pas avoir -comme dirait Etiemble qui refusa aussi- « à y serrer des mains politiquement sales, des mains littérairement sales! » Aimé Césaire, c’est l’auteur du refus de toutes formes d’asservissement… Aimé Césaire, c’est l’auteur du Discours sur le colonialisme, un discours où, à travers un style explicitement transparent et limpide, s’affirme l’homme politique, résolument engagé contre le colonialisme et la colonisation. Ce Césaire-là interpelle à jamais toute conscience, celle des colonisateurs, surtout celle des colonisés, plus particulièrement celle des colonisés d’Afrique qui, paradoxalement, se sont accommodés du dépeçage opéré en terre africaine par l’entreprise colonisatrice formalisée par la Conférence de Berlin, laquelle, de façon artificielle et arbitraire, au gré de ses intérêts et au détriment de leurs identités ethniques et culturelles, fait des Africains des Togolais, des Béninois, des Ghanéens, des Ivoiriens, des Sénégalais, des Nigérians, des Angolais, des Congolais, des Mozambicains… L’on comprend à quel point cela fait pitié de voir certaine élite politique africaine se gargariser d’un nationalisme territorial masochiste dont elle semble ignorer qu’il est en réalité férocement arrimé au pacte colonial édicté par Berlin, pacte qui désagrégea les communautés africaines, et oblige encore aujourd’hui à considérer comme expression définitive de la volonté divine les malencontreuses sinuosités tracées en terre africaine par le cordeau de l’envahisseur. Aucun Africain ne devrait être fier d’être « Togolais », « Béninois », « Ghanéen »… Je dois à cet égard avouer que je vis toujours comme une douloureuse épreuve de torture ce moment fatidique précis où, en particulier au Togo, lors des célébrations liturgiques, les fidèles sont astreints à la récitation de la « Prière pour la Nation ». Aux « Togolais » Dieu aurait ainsi fait don du « Togo » comme cité terrestre incontournable, en attendant la Cité Céleste?!… Les peuples d’Afrique ont donc dû subir le fait colonial, unique voie pour ces peuples de constituer des nations idéales pour l’avènement du Royaume de Dieu! Non: « La malédiction la plus commune en cette matière, clame Césaire, est d’être la dupe de bonne foi d’une hypocrisie collective, habile à mal poser les problèmes pour mieux légitimer les odieuses solutions qu’on leur apporte. » Il faut changer de cap; il faut travailler à l’édification de l’individu humain, en faisant sauter les barrières coloniales, et aussi les frontières, toutes les frontières, toutes les servitudes, toutes les chaînes. Cela doit être entendu Césaire est mort, vive le Discours…!

Huenumadji AFAN A suivre…! BCCM/PS/CHRONIQUE/23042008

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TOGO: A QUAND LE REFERENDUM ?

« Le silence de personne n’est particulièrement recommandé dans la régression universelle qui s’opère actuellement sous nos yeux.» Camille AMOURO

“A force de sacrifier l’essentiel pour l’urgence, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel.” Edgar MORIN

“On n’aurait jamais pu atteindre le possible si dans le monde on ne s’était pas toujours et sans cesse attaqué à l’impossible.” Max WEBER

Lors de sa dernière visite en République d’Afrique du Sud, le Président de la République française, Monsieur Nicolas Sarkozy, a, dans une allocution très sonore, déclaré que la France allait négocier, avec les Etats d’Afrique, de nouveaux accords de défense. Au dire du Président de la République française, les accords signés au lendemain des indépendances, dans les années 1960, sont devenus obsolètes et ne correspondent plus à l’esprit du temps actuel, au regard de l’évolution du monde et des relations internationales. Cette déclaration de Monsieur Nicolas Sarkozy semble s’inscrire dans la logique de la politique de « rupture » qu’il ne cesse de proclamer. Sincérité? -Je me permets donc de faire l’ajustement que voici: 1. Pour que les accords à venir soient dépourvus de toute ambiguïté, sans arrière-pensée, il faut, au préalable, s’agissant du cas du Togo, que les autorités françaises, en collaboration avec la communauté internationale, organisent au Togo, à l’intention des populations du Togo, un referendum sur l’indépendance du Togo, pour que les populations s’autodéterminent et disent si elles veulent l’indépendance ou si elles souhaitent le maintien du statut de la Loi-cadre qui a fondé et qui régit la République togolaise depuis le referendum du 28 octobre 1956. 2. Certains intellectuels des milieux politiques et universitaires du Togo continuent à soutenir et propager la thèse selon laquelle les élections législatives anticipées du 27 avril 1958 « ont valeur de referendum sur la question de l’indépendance du Togo ». Et pourtant ils savent très bien que ces législatives ont été conçues non pour abolir, mais pour accomplir la Loi-cadre. En réalité, ces intellectuels cultivent avec malice la stratégie du camouflage par laquelle ils tentent de couvrir la caution qu’ils apportent à l’artifice d’indépendance postiche, péché originel, dont le Togo fut affublé, sans consultation des populations du Togo!

Huenumadji AFAN A suivre !… BCCM/PS/CHRONIQUE/17032008

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LA POLITIQUE SANS POUVOIR

« Hé ! voici l’homme aux rêves ! Profitons-en pour le tuer. […] On verra bien alors si ses rêves se réalisent. » Genèse, 37,19-20

« La politique sans pouvoir », tel est le titre du dernier ouvrage de Bernard Castagnède, professeur de droit public à l’Université Paris-I Panthéon Sorbonne, ancien député européen, vice-président du Parti Radical de Gauche.
Dans ce livre publié en mars 2007 aux Editions du Seuil, l’auteur fait, d’entrée, ressortir : « Dans la pensée occidentale, la politique est inséparable du pouvoir. Elle est une lutte pour la conquête et la conservation des moyens, pour un ou quelques-uns, d’imposer aux autres les conditions de leur existence et de s’approprier les avantages que confère la domination. » L’observation de Bernard Castagnède est d’autant plus pertinente qu’à l’échelle mondiale la politique apparaît pour l’homme politique comme occasion de se doter de pouvoir(s). Et Castagnède de considérer que, contrairement à cette vision injuste, le salut de l’humanité viendra de l’expansion progressive du pouvoir de la loi en tant qu’expression, d’une part, du pouvoir de représenter, de légiférer, et d’autre part, du pouvoir d’application du légiféré. En fait, Castagnède fait l’apologie de la démocratie et de l’Etat de droit à étendre irrésistiblement, selon lui, à l’échelle du globe…
En réalité, il est plutôt nécessaire que tout homme de bonne volonté prenne sur soi de démystifier l’opinion largement répandue tendant à faire admettre que « démocratie » et « droits de l’homme » sont de la même sève. Deux conditions pour réconcilier « démocratie » et « droits de l’homme » :
1. La démocratie doit être non pas l’expression de la volonté de la majorité, mais bien l’action par laquelle la minorité ne s’impose pas à la majorité, en même temps que la majorité ne s’impose pas à la vérité. Exemple : lorsque quatre personnes sur dix affirment que deux et deux font cinq, les six autres doivent faire un rappel à l’ordre ; lorsque six personnes sur dix affirment que deux et deux font cinq, les quatre autres doivent entrer en résistance…
2. La loi doit cesser d être le produit d’un processus de « légifération », et (re)devenir loi naturelle fondée sur le respect du bon sens ; ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse. Bref, l'on doit souhaiter non pas le triomphe d’un Etat de droit, mais plutôt d’un Etat droit.
De façon générale, l’édification d’une culture de désaffection à l’égard de toute instance de domination, de tout instinct de pouvoir, est la véritable condition de salut. Mais la tâche est bien éprouvante. Elle exige une prise de conscience individuelle particulière. Avec tous les risques que cela comporte pour l’individu éclaireur. En effet, lorsqu’il ose défier l’obscurantisme, rejeter la compromission, mépriser les titres, les honneurs et l’argent, l’individu humain devient gênant ; il n’a plus droit qu’à assumer son chemin de croix : il assemble contre soi tous les pouvoirs, Ponce-Pilate, mais aussi Anne et Caïphe.

Huenumadji AFAN A suivre !… BCCM/PS/CHRONIQUE/28052007

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En toute transparence-vérité

« […] Les hommes libres sont des déchireurs d’horizon. Ils dérangent, avec une insupportable lucidité, les hommes qui vivent en surface, et les institutions qui s’enlisent en elles-mêmes. » G. BESSIERE, Le feu qui rafraîchit, Epiphanie, Paris, Editions du Cerf, 1978, p. 36

La lecture du livre de Bernard DROZ intitulé Histoire de la décolonisation au XXème siècle, publié à Paris en octobre 2006 aux Editions du Seuil, dans la collection « L’Univers historique », me conduit, s’agissant du cas du Togo en Afrique de l’Ouest (cf. pages 313 et 355 de l’ouvrage), à faire les observations ci-après :
1. L’héroïsation mythique de personnages historiques d’Afrique Noire a été tolérée, voire orchestrée par les puissances colonisatrices, dans la mesure où elle permet de laisser croire illusoirement qu’il y a eu « décolonisation », « indépendance », et que les remous survenus çà et là sont à mettre au compte de rivalités internes.
2. L’échec de Sylvanus Olympio porte sur deux points :
- la « réunification de l’ethnie éwé » ;
- l’ « indépendance » du Togo.
3. L’habileté politique de Sylvanus Olympio a été d’avoir, en complicité avec l’ONU et grâce à la condescendance de la France, su récupérer les acquisitions minimales obtenues par ses adversaires politiques :
- l’érection du territoire du Togo en République Togolaise ;
- la levée de la Tutelle de l’ONU sur la base de l’organisation d’élections législatives anticipées, conformément à la résolution de l’Assemblée générale de l’ONU en date du 29 novembre 1957 ;
- l’indépendance en association avec la France.
4. Sylvanus Olympio accepta de s’insérer dans le processus qui gouverne ces acquisitions, la Loi-cadre, processus qu’il avait pourtant vivement combattu, et qui était enclenché au Togo depuis 1956 : ceci lui valut, à la suite de la victoire de ses partisans aux élections législatives anticipées du 27 avril 1958, d’être Premier ministre (16 mai 1958- 9 avril 1961), prenant la relève de Nicolas Grunitzky. Sylvanus Olympio apparaissait ainsi aux yeux de la France comme étant « l’enfant prodigue » revenu au bercail. Et c’est dans ces conditions que l’ « indépendance » du Togo fut négociée… Elu Président de la République le 9 avril 1961, Sylvanus Olympio prit, en décembre 1962, la décision de créer une monnaie togolaise garantie par la banque centrale de la République Fédérale d’Allemagne. Cet acte en particulier donna le signal manifeste d’une rupture unilatérale des accords, d’un renversement d’alliance, et prit valeur d’ultimatum. Dès lors, pour la France qui, jusque-là, était loin d’être regardante sur sa « gestion autoritaire », Sylvanus Olympio se révéla comme étant un traître gonflé d’outrecuidance…
Le cas du Togo prouve assez bien que l’opportunisme politique est une stratégie payante, seulement s’il se joue entre des adversaires politiques plus ou moins égaux. Face aux « Grands », aux puissants de ce monde, il est toujours ravageur pour les plus faibles. Si l’objectif recherché est réellement l’évolution de l’Afrique, il vaut mieux s’astreindre à identifier les problèmes en toute transparence et en toute vérité, plutôt que d’organiser, à l’intention de populations naïves, du camouflage forcené d’où surgiront des solutions-problèmes qui ne seront que pure diversion, et qui, d’imbroglio en imbroglio, ne feront que diversifier, amplifier, perpétuer les mécanismes d’asservissement des peuples. Tous les hommes libres doivent proclamer cet évangile.

Huenumadji AFAN A suivre ! BCCM/PS/CHRONIQUE/06022007

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REPUBLIQUE TOGOLAISE

« Celui qui mourrait pour un culte dont il connaîtrait la fausseté, serait un enragé. » DIDEROT, Pensées philosophiques, XXXVIII

28 octobre 1956 – 28 octobre 2006, cinquante ans de République togolaise. Cinquante ans depuis le Referendum fondateur, que d’errances ! Autonomie interne, et manipulations à gogo, pour gogos de tous ordres : indépendance factice, monolithisme partisan, multipartisme formel, … Accord Cadre de Lomé, … Accord Politique Global !... Oui : signé tambour battant, à Lomé le dimanche 20 août 2006, par Yawovi AGBOYIBO, Gahoun HEGBOR, Léopold GNININVI, Jean-Lucien SAVI DE TOVE, Henri KOLANI, Fambare Ouattara NATCHABA, Eric AMERDING, et Blaise COMPAORE, Chef de l’Etat du Burkina Faso, l’Accord Politique Global, dernier-né dans la longue série, est salué par la communauté internationale, ONU (Organisation des Nations Unies) et UE (Union Européenne), comme acte salvateur dans la vie politique du Togo… Il s’agit bel et bien d’une supercherie. Consciente de s’être empêtrée dans un bourbier, l’Union Européenne a mis en place un schéma de diversion pour se tirer d’affaire : 1. La dénomination même de cet accord baptisé « Accord Politique Global » donne une indication sur sa caractéristique : en se définissant accord « global », ledit accord avoue qu’il se refuse à expliciter les détails. Mais dans quelle mesure ces détails ne constituent-ils pas l’essentiel, et au nom de quoi doivent-ils demeurer en cache ?! 2. Conçu à l’intention de l’Union Européenne, élaboré « conformément aux vingt-deux (22) engagements souscrits le 14 avril 2004 par le Gouvernement de la République Togolaise à l’issue des consultations avec l’Union Européenne », l’Accord Politique Global, nouvel avatar de l’Accord Cadre de Lomé (ACL), en oblitérant singulièrement l’année 2005, ses événements et leurs impacts, laisse transparaître tout son vrai sens : concevoir et exécuter une stratégie dont l’objectif est de faire accroire qu’il ne s’est rien passé de spécial au Togo, ni politiquement, ni institutionnellement. 3. Décidément, personne ne veut rater le tournant, comme si c’était l’occasion rêvée : après avoir apparemment lutté contre un régime dénoncé comme étant un régime de dictature et de monolithisme partisan instauré au Togo depuis des décennies, les acteurs politiques ont en fin de compte objectivement créé les conditions de leur enlisement. En désespoir de cause et acculés à se fabriquer une porte de sortie, les voilà qui inventent cahin-caha une « feuille de route » miracle ; les voilà qui recourent à un deus ex machina, et qui s’octroient généreusement, pour se flatter, un subtil « accord politique » aussi bien « global » qu’occulte ; les voilà qui optent pour un « gouvernement d’union nationale », véritable guet-apens par lequel ils approuvent ce qu’ils prétendent condamner… REFLEXION : A défaut de savoir ce que l’on doit faire, l’on doit savoir ce que l’on ne doit pas faire. Durant un demi-siècle, le Togo a servi de cobaye à des expérimentations politiques inouïes. S’ouvre encore une nouvelle phase… Prosper Mérimée l’avait bien perçu : « Les Noirs… comme c’est simple, cela ne comprend rien… Il ne faut pas de grands frais d’esprit pour attraper les Noirs. » Ah, s’il vivait encore aujourd’hui, l’auteur de Tamango ajouterait sans ambages : Assurément, l’extravagance est la vertu la mieux partagée en République togolaise !

Huenumadji AFAN A suivre !... BCCM/PS/CHRONIQUE/04092006

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HISTOIRE DES TOGOLAIS

« Nous qui sommes hommes, ne savons-nous pas bien jusqu’à quel point d’autres hommes ont pu être ou imposteurs, ou dupes ? » FONTENELLE, Histoire des oracles, Préface

Le jeudi 13 avril 2006, à travers une conférence-dédicace spéciale organisée au campus universitaire par le président de l’université de Lomé, un document a été solennellement introduit au public. Sa spécificité est qu’il se veut l’ « Histoire des Togolais », affichant d’emblée une certaine prétention à démontrer qu’il existe une nation togolaise, ou des fondements à la constitution de celle-ci. Mais surtout l’Histoire des Togolais se veut un ouvrage scientifique, fruit de nombreuses années –« plus de vingt ans »- de recherches menées par une quarantaine de chercheurs, des universitaires attitrés, habilités. L’ouvrage revendique ainsi sa crédibilité par le fait de son adoubement institutionnel ; il est, quelques jours plus tard, officiellement présenté au Premier ministre du Togo. En réalité, l’Histoire des Togolais apparaît comme un ouvrage à motivation d’instruction civique orientée, dont la valeur scientifique reste à déterminer : 1. Ce n’est guère de la casuistique que d’ observer qu’il y a loin de la pertinence à faire ressortir, avec une certaine emphase, que les populations du Togo étaient déjà en place, qu’elles entretenaient des relations entre elles antérieurement à la colonisation, insinuant ainsi, de façon indue, qu’elles « vivaient ensemble » dans un espace considéré comme domaine patrimonial commun. Les chefs résistants du pays adja, tem, kabyè, tchokossi…s’opposaient-ils au colonisateur allemand ou français avec le sentiment qu’ils défendaient la « nation togolaise » ? Le résistant konkomba se disposait-il réellement, au nom d’une « nation togolaise », à admettre éventuellement, une fois le colonisateur défait, le leadership du chef résistant tchokossi ? Les populations du Togo ont eu à affronter un adversaire, le colonisateur : cela ne suffit pas pour que se cristallise l’idée ou le sentiment qu’elles constituent une entité nationale !... 2. De fait, le désir de célébrer ou de promouvoir une nation togolaise se heurte à la brutalité des données sociopolitiques. En raison même du caractère artificiel des délimitations territoriales et de la survivance conséquente et dynamique des ethnies, –véritables nations transversales-, il est illusoire, voire pernicieux, de vouloir transformer en étrangers, les uns par rapport aux autres, des frères et cousins d’une même famille, d’un même clan, sur la base de confinements territoriaux tripatouillés par les colonisations et douloureusement vécus par les populations. Pourquoi condamner les populations du Togo à s’enfermer dans des structures territoriales infligées par la colonisation? Y a-t-il vraiment plus de raisons de vivre ensemble que de ne pas vivre ensemble en «Togolais » ? C’est dire que l’exaltation de l’idéal de nation, dans le contexte géographico-politique d’aujourd’hui, est proprement dérisoire, surtout si elle s’entend comme volonté d’édification d’une supra-nation togolaise, prétexte à un appel au renforcement des hégémonies prédatrices qui ont inventé le Togo, et à une légitimation des rapports de domination interne à laquelle la « togolité » sert d’écran. 3. L’Etat du Togo existe, et il suffit. Le discours-nation n’est que pure diversion, visant à chatouiller les sensibleries et dispenser l’Etat de remplir son devoir irréfragable, celui d’assurer à l’individu-citoyen la liberté et la justice. Du reste, partout à travers le monde, « les véhémentes protestations de certains groupes obligés parfois de ruer dans les brancards pour se faire entendre » (sic), « revendiquant la reconnaissance de leur identité propre » (sic), administrent la preuve manifeste, - même si ces revendications sont réprimées-, que tout le monde n’est pas dupe de ce chantage qu’on nomme « unité nationale ». L’émergence d’une nation ne se postule pas : c’est des conditions créées par l’Etat pour son émergence que naît la nation.
Moralité : Au moment où, agissant conformément à leurs intérêts, les réseaux se sont hargneusement mis en ordre de bataille pour se procurer des pères de l’ « indépendance » et des pères de la « nation » à proposer en consommation aux populations béates, la recherche scientifique doit se garder de servir de caution à l’instrumentalisation du concept de nation, lequel concept transformé en pur slogan mystificateur conduit à toutes sortes de manipulation, dont l’une des plus pernicieuses –avec ses dérives désastreuses- est de faire accroire qu’il y a eu, dans l’histoire du Togo, des « nationalistes » et des « non nationalistes ». Faute de cette vigilance, la science historique, académique et marquée du sceau institutionnel, court le risque abominable de se travestir en mythistoire, pseudoscience engagée au service de la pseudo-politique, au nom de laquelle l’on se permet de produire en l’an 2005 une « histoire des Togolais » qui, par autocensure ou par esprit de chapelle, s’arrête au 27 avril 1960 !

Huenumadji AFAN A suivre !... BCCM/PS/CHRONIQUE/10082006

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TOGO : LA DENT D’OR…

« Il ne manquait autre chose à tant de beaux ouvrages, sinon qu’il fût vrai que la dent était d’or. Quand un orfèvre l’eut examinée, il se trouva que c’était une feuille d’or appliquée à la dent, avec beaucoup d’adresse : mais on commença par faire des livres, et puis on consulta l’orfèvre. » FONTENELLE, Histoire des oracles

Le Togolais moyen est fier d’une chose, irrémédiablement fier : il est fier de son « indépendance », de l’ « indépendance » du Togo, l’ « or de l’humanité ». Seul Gnassingbé Eyadèma, apparemment, a su faire exception. Pas une seule fois, durant son long règne, il ne succomba à la tentation de fêter le 27 avril… Patatras ! Eyadèma s’est éteint, et est remise au goût du jour la grande supercherie, on redonne du lustre à ce gros mensonge d’ « indépendance »… Les préparatifs vont bon train ; des artistes sont importés de divers horizons afin que soit assuré aux populations un spectacle grandiose, à la mesure de l’ « événement ». Echo à la Commission nationale de réhabilitation de l’histoire du Togo, tout cela est fait, non pour être dans la vérité, mais pour donner des gages à l’adversaire politique. Laissez-moi tout de même vous dire une chose : fêtez, fêtez, joyeux Togolais ; sachez au moins que vous célébrez l’anniversaire d’une fausse couche, de quelque chose qui n’a jamais existé. Allez-y tout votre soûl, si cela peut vous consoler de vos frustrations…
Qu’est-ce que le 27 avril ? –C’est le jour où la communauté internationale, sous couvert de l’ONU (Organisation des Nations Unies), a fondé l’embrouillamini politique au Togo, avec la complicité intéressée de la classe politique togolaise. Ce jour-là, en particulier l’opposition d’alors avait délibérément fait le choix d’un opportunisme cynique, consistant à s’appuyer sur un radicalisme populiste de surenchère, qui lui a permis d’ accéder au pouvoir en s’accommodant des conditions restrictives d’un gouvernement d’autonomie interne qu’elle avait pourtant dénoncées comme étant une trahison. Les élections législatives anticipées du 27 avril 1958, bien qu’elles fussent supervisées par l’ONU, ne pouvaient nullement conduire à l’indépendance-rupture consignée dans le slogan « ablodé » : elles s’inscrivaient dans la logique du referendum, juridiquement et politiquement déterminant, du 28 octobre 1956 par lequel le Togo a entériné la Loi-cadre française du 23 juin 1956, et définitivement basculé dans le giron de la France. En participant aux législatives du 27 avril 1958, la classe politique, contrairement à ce qu’elle laissait croire aux populations togolaises, a accepté la mise à mort de l’indépendance-rupture. Conséquence : indépendance-amitié négociée avec la France, camouflage de cette machination par la proclamation tonitruante d’une « indépendance-ablodé » de façade et, depuis lors, tentatives obliques désespérées de rupture de ce pacte originel… Et le bouquet : alors qu’ils savent pertinemment que le sort du Togo est juridiquement et politiquement lié à la France, les hommes politiques togolais, par calcul politicien, jouent à qui paraîtra le plus anti-France ! Il faut savoir mettre fin à l’arnaque. Les Togolais doivent avoir honte de leur « dent d’or ». A cet égard, la Constitution doit être révisée : une date mérite de ne pas y figurer, la date du 27 avril, faux symbole d’une fausse résistance. C’est la condition minimale d’une vraie réconciliation politique au Togo.

Huenumadji AFAN A suivre !... BCCM/PS/CHRONIQUE/11042006

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FETICHISME

« Ce que Frédéric avait découvert chez Godé, c’est qu’il n’avait pratiquement pas de secret surnaturel. Bien que le féticheur essayât de lui cacher nombre de choses, Frédéric se rendit compte que presque toutes les guérisons qu’il opérait étaient à base d’herbes. » Gabriel Koum DOKODJO, Naufrage d’un espoir

Mise au point : L’astuce de Godé, c’est de tout mettre en œuvre pour rendre incompréhensible ce qui est pourtant compréhensible. I. Le fétichisme, c’est la transformation de la science ou de la religion en mystification. II. Est mystification tout propos ou acte ayant pour finalité d’abuser de la crédulité des gens. III. Fétichisme animiste : le vodou. IV. Fétichisme chrétien : le charismatisme. V. Fétichisme scientifique : le mandarinat Par principe, le fétichisme fait obstacle à l’intervention de la raison dans l’appréhension des phénomènes. C’est un saut-refuge dans l’irrationnel. En particulier : le fétichisme se manifeste par un discours incantatoire, formaliste, peu soucieux de rigueur scientifique, dont la finalité est d’impressionner, d’embrigader, d’intimider. Le discours fétichiste est souvent marqué par un catastrophisme outré ou un quiétisme béat. Il contribue à (main) tenir l’individu sous l’emprise de la peur ou de l’obscurantisme. Exemples : 1) Discours-sida à travers le monde. 2) Au Togo, campagne de sensibilisation sur le phénomène de l’éclipse totale du soleil qui a eu lieu le mercredi 29 mars 2006 entre 8h03 et 10h33 TU. Cette campagne anormalement alarmiste, comme s’il s’agissait d’un cataclysme du genre tremblement de terre ou raz-de-marée, a eu pour effet d’empêcher la plupart des Togolais de vivre cet événement exceptionnel : les lunettes anti-éclipse serviraient pour le cas où, –arrivée subite d’un ouragan décoiffant les toits par exemple !-, les populations se trouveraient malgré elles face à l’éclipse… Les Togolais épouvantés se sont enfermés dans leurs chambres pour ne pas devenir « aveugles ». Désormais, tout trouble visuel survenant chez l’un ou l’autre parmi les « téméraires » pourra être proclamé « rançon de l’éclipse » !... 3) L’émission Africa vision de la TVT (télévision togolaise) en date du vendredi 24 mars 2006 sur le thème « Recherche scientifique et développement » donne une indication sur le fétichisme scientifique. Au cours de cette émission pour laquelle bon nombre des participants sont des universitaires, la recherche scientifique a été singulièrement appréhendée comme étant de la science « validée par la communauté scientifique ». Erreur grossière, foncièrement sectariste et anti-scientifique, caractérisée par une confusion voulue et entretenue qui ramène la notion de valeur à celle de validation. En réalité, la validation c’est la valeur proclamée et reconnue par une institution. La validation a pour objectif non pas de promouvoir la valeur, la science, mais d’introniser certaine valeur, certaine science : bref, de produire des mandarins. Elle s’exécute conformément au mode d’un rituel d’ordination dont les prescriptions s’imposent aux aspirants ou postulants et comportant des épreuves ou exercices (thèses, articles…), l’introduction d’un dossier, l’attribution de grades suivant une hiérarchie sacramentellement contrôlée par un système tutélaire. Est fétichiste toute science pratiquant le culte de la validation. Aucune vraie valeur ne s’embarrasse de la question de validation. Le soleil n’a pas besoin d’une attestation, d’un certificat d’éclat. Il n’a pas besoin d’être proclamé titulaire de la brillance : il brille ! Science n’est pas forcément validée, et science validée n’est pas forcément science. Science non validée n’est pas forcément non science. Science validée est science par coïncidence. Science est science validée par coïncidence. Le principe-vivificateur de la science c’est la liberté-espérance. La science se pose et s’affirme motu proprio, sans les réseaux, avec les réseaux ou contre les réseaux, au sein des institutions ou en-dehors des institutions. Elle a pour objet de sécuriser l’individu-humain en l’affranchissant des pesanteurs et des obscurantismes de tous ordres.

Huenumadji AFAN A suivre !... BCCM/PS/CHRONIQUE/03042006

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L’Arche de Noé

« Il y a un certain nombre de valeurs avec lesquelles je ne transige pas: c’est-à-dire la justice, la vérité, la liberté." ETIEMBLE

Après avoir créé les humains à son image, Dieu constata avec amertume que ceux-ci s’éloignèrent bien vite de la voie qu’il leur avait tracée, et devinrent si malfaisants qu’il « en fut attristé et regretta d’avoir fait des hommes sur la terre ». Dieu décida de les balayer de la terre. Seul parmi les humains, Noé trouva grâce aux yeux du Seigneur. Dieu ordonna à Noé de se construire « une arche, une sorte de grand bateau », d’y entrer lui-même avec sa famille, d’y faire entrer « un couple de chaque espèce vivante, un mâle et une femelle ». Après quoi Dieu fit pleuvoir pendant quarante jours et quarante nuits : ce fut le grand déluge, la grande inondation… Et la Bible de poursuivre (Genèse 7, 23) : « Le Seigneur balaya ainsi de la terre tout ce qui vivait, depuis les êtres humains jusqu’aux grands animaux, aux petites bêtes et aux oiseaux. Ils furent éliminés de la terre. Seul Noé survécut, et, avec lui, ceux qui étaient dans l’arche »…
Les Américains ont une haute opinion d’eux-mêmes, une noble appréciation de leur « mission ». Ils sont le peuple élu, celui qui a trouvé grâce aux yeux du Tout-Puissant, et qui doit survivre à tous les déluges. Ne leur revient-il pas de préserver l’humanité de la déchéance ? De faire le tri dans l’espèce humaine ? Depuis longtemps, les Etats-Unis ont assumé cette mission avec hardiesse : première guerre mondiale, deuxième guerre mondiale, guerre froide…, c’est le triomphe de la « pax americana » ! Et pour apporter ainsi la paix au reste du monde, il faut être une terre bénie des dieux ! « God save America » ! Dieu garde l’Amérique, Dieu préserve l’Amérique en vue de la réduplication de la bonne espèce humaine. Chaque année, les autorités américaines organisent à grande échelle une grande tombola, une grande loterie, qui permet aux candidats à la civilisation et à la survie humaine, partout à travers le monde, d’être tirés au sort pour entrer dans l’arche de Noé en devenant citoyens américains. Chaque année, a lieu un cérémonial grandiose, solennel, qui confère aux bienheureux élus l’heureuse ordination à la citoyenneté américaine. Et gagner son entrée dans l’arche américaine, c’est assurer une place dans la sélection mondiale de la race humaine. Aussi bien y a-t-il, forcément, ruée… Chaque président des Etats-Unis est une réincarnation du patriarche Noé. Et il doit avoir la conscience de Noé pour conduire le navire à bon port. L’arche peut tanguer, elle ne doit pas sombrer : « fluctuat nec mergitur ! » Pour les habitants de l’arche, la sécurité est garantie sous la houlette du patriarche. Le 11 septembre 2001, patatras ! l’arche de Noé fut ébranlée. Panique en Amérique, grande infamie pour George Bush ! Si ce qui doit périr a pu tenter d’anéantir ce qui doit survivre, il y a inversion de l’ordre divin ! Voilà pourquoi George Bush part en guerre. Après l’Afghanistan où Ben Laden est resté introuvable, c’est au tour de l’Irak de faire les frais. Saddam Hussein ? Dieu seul sait où il se trouve, où il se trouvera. Pourvu que vogue et vogue… l’arche de Noé.

Huenumadji AFAN A suivre !... BCCM/PS/CHRONIQUE/27022003

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La Côte d’Ivoire victime des rivalités franco-françaises

« Il y a un certain nombre de valeurs avec lesquelles je ne transige pas : c’est-à-dire la justice, la vérité, la liberté. » ETIEMBLE

Certaines personnes tentent de ramener le conflit ivoirien à un affrontement entre les musulmans et les chrétiens ; histoire sans doute d’exciter au plus haut point la mélancolie des Kadhafi et autres extrémistes du genre Ben Laden. Certaines autres personnes lisent dans les événements une lutte pour le pouvoir mettant aux prises les « nordistes » et les « sudistes », et, de façon générale, elles interprètent ces événements comme étant l’effet de l’excroissance des instincts « régionalistes » des différents acteurs. De toute façon, un fait demeure palpable : c’est sous Laurent Gbagbo qu’en Côte d’Ivoire les antagonismes politiques sont exacerbés au point que, pour la première fois, un opposant, chef de parti, ancien chef d’Etat, est mort assassiné, accusé d’avoir fomenté un coup d’Etat ; sans perdre de vue que c’est de justesse que d’autres personnalités politiques ont échappé aux plombs ! Non pas que sous les régimes précédents il n’y ait jamais eu d’exactions politiques contre de paisibles citoyens ; mais tout de même ! Après avoir, des années durant, subi de grandes avanies en tant qu’opposant, Gbagbo aurait su se débarrasser de tout calcul politicien, de toute aspiration à une quelconque longévité au pouvoir si chère aux dictateurs et aux chefs d’Etat africains, et qui le pousse à s’accommoder de la déshonorante stratégie de l’exclusion politique ; il aurait su être conciliateur, réconciliateur, rassembleur, qu’on n’en serait pas là ! Même le forum national censé créer les conditions d’un apaisement général n’a été qu’un pur gâchis, une circonstance de répit bien vite laissée aux oubliettes ! Gbagbo n’a cure d’éviter le soupçon d’avoir la rancune tenace : c’est ce qui explique –du moins en partie- les malheurs qui frappent la Côte d’Ivoire. Mais en réalité, la catastrophe sociopolitique, dans laquelle la Côte d’Ivoire a sombré, a une source principale : les rivalités franco-françaises. Pendant longtemps, la Côte d’Ivoire est restée chasse gardée d’une certaine droite française, avec la caution de Félix Houphouët-Boigny. François Mitterrand ne pouvait pas grand-chose contre les intérêts de la droite française, en raison des relations historiques qui le liaient au président ivoirien depuis l’époque de la quatrième République française. Lorsqu’elle arriva au pouvoir en France, la nouvelle génération du Parti Socialiste, des Lionel Jospin, François Hollande et autres Guy Labertit, ne voulut pas rater l’occasion de placer en Côte d’Ivoire un président de la République proche de la gauche française et… de l’Internationale Socialiste. C’est ainsi que Laurent Gbagbo se retrouva démocratiquement élu, dans des circonstances particulièrement troubles. Entre-temps, la droite française, pleinement revenue aux affaires en France, a pensé qu’il lui faut récupérer le terrain perdu en Côte d’Ivoire. Depuis lors, Laurent Gbagbo et les socialistes ont chaud ! En attendant que la « raison d’Etat » trouve un consensus en France, les Ivoiriens, les Africains… souffrent et vont devoir souffrir !

Huenumadji AFAN A suivre !... BCCM/PS/CHRONIQUE/20022003

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Si la Francophonie parlait Etiemble…

« Il y a un certain nombre de valeurs avec lesquelles je ne transige pas : c’est-à-dire la justice, la vérité, la liberté. » ETIEMBLE

En ce jour premier anniversaire de la disparition de mon cher maître René Etiemble, je me mets en devoir de rappeler et de (re) commander au souvenir des hommes de bonne volonté cet illustre humain dont la vie fut entièrement consacrée et aux humanités et à l’humanité.
Ce fut un personnage à mille facettes lumineuses, toutes plus rutilantes les unes que les autres : polyglotte, philosophe, écrivain, critique littéraire…, cet homme de lettres divinement érudit était le prototype du lettré au sens noble du terme tel qu’il l’affectionnait lui-même, c’est-à-dire l’intellectuel (dé) voué au service de la vérité.
Bernard Pivot, dans son Billet en date du 09 janvier 2002, résume : « Etiemble était radicalement anticolonialiste et c’est au nom de ce refus de l’asservissement d’une culture par une autre qu’il avait écrit en 1964 Parlez-vous franglais ? » Et Bernard Pivot de conclure : « Parlons-nous Etiemble ? Hélas, de moins en moins. »
Aujourd’hui, en effet, bon nombre d’analphabètes et d’indigents intellectuels en course pour la « francophonie » ignorent à quel point ils trahissent l’idéal du véritable fondateur spirituel. En s’insurgeant contre l’invasion du français par l’anglais, Etiemble (dé) montrait que la question de la langue est une affaire culturelle mais surtout politique, et c’est dans ce sens qu’il interpella Georges Pompidou alors Premier ministre de France. Plus tard, lorsque la « Francophonie », formellement mise en place en 1970, s’engagea dans des voies peu compatibles avec l’idéal de résistance et de libération des peuples, il en fut rageusement outré.
A ce propos, dans sa correspondance en date de la nuit du 22 au 23 juillet 1980, Etiemble me confie : « Il y a chez nous [en France] un certain nombre d’imbéciles ou de criminels qui n’ont à la bouche que la francophonie mais qui assurent qu’il faut empêcher les étudiants du « tiers monde » (comme disent ces lâches-là) de venir attraper chez nous la « vérole », c’est-à-dire apprendre à réfléchir sur les maux de toute société. » L’allusion concerne ici la décision prise alors par le gouvernement français de faire subir aux étudiants étrangers sollicitant une inscription dans les universités françaises un examen de langue française. Etiemble était monté au créneau pour dénoncer « l’arrière-pensée politique de cette mesure d’apparence technique et anodine »…
De nos jours, la « mondialisation » et la « globalisation » obligent les dirigeants de la « Francophonie » à parler abondamment d’ « exception culturelle ». Si cette exception culturelle devrait s’entendre au profit de la « Françophonie », et au détriment des valeurs de justice, de vérité et de liberté, ce serait là pure félonie et grande indignité !
Ah ! si elle pouvait parler Etiemble, la francophonie s’en porterait certainement mieux !...

Huenumadji AFAN A suivre !... BCCM/PS/CHRONIQUE/07012003

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La misère humaine au nom de Dieu

« Il y a un certain nombre de valeurs avec lesquelles je ne transige pas : c’est-à-dire la justice, la vérité, la liberté. » ETIEMBLE

Depuis une quinzaine de jours, certains médias, surtout audiovisuels, n’ont cessé d’annoncer, avec force publicité, qu’il va y avoir à Lagos, au Nigéria, une grande « croisade » de prière publique au cours de laquelle l’Esprit de Dieu, l’Esprit Saint, opérera, comme en pareille circonstance, des guérisons miraculeuses. Les aveugles verront ; les sourds entendront ; les perclus marcheront. Et, par-dessus tout, les possédés du démon, les envoûtés, les victimes de sorcellerie seront délivrés… Inscription pour le voyage aller-retour, départ de Lomé : quatre mille (4.000) francs CFA… A coup sûr, le rendez-vous est pris et la foule ira nombreuse pour acclamer les hauts faits des thaumaturges de nos temps. Jésus, Sauveur de l’humanité, accomplira, comme il s’y est engagé, des merveilles par le truchement de ceux qui savent invoquer son saint nom… Etant donné que des chrétiens, ou du moins des gens qui se proclament tels, accourront par jobardise à ce rassemblement, je ne puis m’empêcher de risquer les observations ci-après : 1. Les cas d’exorcisme évoqués par l’Evangile sont ceux où précisément il est dit qu’il s’agit de cas de possession par le démon. Le chrétien est tenu alors d’admettre –par postulat- que les possédés du démon en question ont été exorcisés avec succès, puisque le démon doit être chassé par Dieu et qu’il n’y a que la puissance divine, dont Jésus est détenteur, pour venir à bout du démon. 2. Or, tout se passe aujourd’hui comme si, dans certains milieux, dès que le chrétien tombe malade, on doit penser à le faire exorciser. Interrogeons-nous : • Un possédé du démon peut-il être exorcisé ? –Je réponds : Oui ! • Le chrétien peut-il être victime de sorcellerie ? peut-il être envoûté ? –Je réponds : Non ! • Un individu malade du paludisme peut-il être guéri par exorcisme ? –Je réponds : Non ! • Un individu malade du sida peut-il être guéri par exorcisme ? –Je réponds : Non ! La supercherie consiste en effet à dire qu’un malade qui souffre de paludisme ou du sida est malade parce qu’il est possédé du démon, et que tout malade n’est en fin de compte qu’un possédé du démon. Ce qui induit la démarche suivante : dès qu’on est malade, on recherche l’exorciste ! La démarche est bel et bien obscurantiste. Rectifions : l’on ne doit recourir à l’exorciste qu’après s’être assuré qu’on est, éventuellement, en face d’un cas de possession, en ayant au préalable utilisé toutes les ressources de la science. La démarche, cette fois, doit être cartésienne. Ce qui ne veut pas dire que les chrétiens soient des suppôts de Descartes ! Ce n’est pas parce que la doctrine chrétienne admet des mystères que tout doit être mystérieux dans le christianisme !
En toute chose le chrétien –comme tout être raisonnable- doit prioritairement faire usage de l’indispensable outil de conduite de la vie sur terre, dont la nature l’a pourvu : la raison. C’est la seule façon d’échapper aux gourous de tous ordres qui exploitent la religion et la misère humaine à des fins sordides.

Huenumadji AFAN A suivre !... BCCM/PS/CHRONIQUE/04122002

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A hue et à dia !...

L’histoire retiendra que le 10 octobre 2002 la constitution togolaise du 14 octobre 1992 fut modifiée pour la première fois. Ainsi, dix ans après sa promulgation, la loi fondamentale a subi sa première retouche. Cette modification a un mérite certain de clarification : en choisissant de mettre les pieds dans le plat, le pouvoir a enfin mis à exécution, à la face du monde, un projet mijoté depuis si longtemps, et dont l’image demeurait toujours virtuelle ; il s’agissait pour le pouvoir d’ouvrir une brèche dans ce qui semble symboliser le dernier repli des « mutins ». Après ce premier pas, viendra, à coup sûr, un second ou un deuxième, qui touchera, probablement, l’essentiel visé… Pour l’heure, le RPT (Rassemblement du Peuple Togolais) a fait une frappe significative. Il a réussi à s’offrir tout seul le plaisir d’une modification de la constitution à son profit exclusif. Sous prétexte que l’Assemblée Nationale, soupape de sécurité de la continuité de l’Etat, ne saurait être une institution évanescente, le pouvoir a introduit dans l’article 52 de la constitution une disposition stipulant que « les membres de l’Assemblée sortante par fin de mandat ou dissolution restent en fonction jusqu’à la prise de fonction effective de leurs successeurs ».
Ouais : aujourd’hui que l’Assemblée est monocolore, le pouvoir introduit une disposition dont l’opportunité pouvait s’admettre effectivement par rapport à la crise et particulièrement dès l’amorce du dialogue intertogolais le 20 novembre 1998, laquelle disposition aurait empêché précisément la survenue de l’Assemblée monocolore ! L’on se souvient qu’au cours de la législature 1994-1999 des associations affiliées au RPT, notamment l’UNCT (Union Nationale des Chefs Traditionnels), avaient réclamé à cor et à cri la modification de la constitution. Dès qu’il sentit que l’opposition parlementaire était disposée à l’idée d’une modification, le RPT ravala subitement ses velléités. Le pouvoir se rendit bien vite compte qu’avec au moins trente-deux (32) voix, l’opposition parlementaire était alors bien armée pour faire barrage aux modifications tendancieuses !…
Au demeurant, une certaine opposition a toujours feint de croire, et a laissé croire, à tort, aux populations que la constitution togolaise du 14 octobre 1992 serait intangible. Quant aux autres, qui avaient encore l’avantage d’être à l’Assemblée, ils se sont laissé intimider par leurs « alliés », bradant impitoyablement les acquis juridiques et politiques dont ils étaient pourtant les régisseurs mandatés. La suite, on la connaît : tout le monde a couru pour signer un Accord-cadre mortel !… Ainsi, par le cynisme des uns et l’irresponsabilité des autres, l’opposition est complice, par prévarication, de toute dérive induite du monopole absolu que le RPT détient aujourd’hui en matière de révision de la loi fondamentale. Le même cynisme et la même irresponsabilité s’observent lorsque, au regard d’élections législatives anticipées qu’ils ont erronément négociées sans jamais avouer leur forfait, des signataires membres de l’opposition lancent, le 10 octobre 2002, un « appel à la population à ne pas aller retirer la cartes d’électeurs », sachant pertinemment que les opérations de retrait des cartes ont commencé le 1er octobre 2002 et sont en partie terminées le 08 octobre 2002. !…Toutes incongruités sur le dos du peuple tiré à hue et à dia par le pouvoir et l’opposition !…

Huenumadji AFAN A suivre !… BCCM/PS/CHRONIQUE/12102002

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LE 05 OCTOBRE…

« Il y a un certain nombre de valeurs avec lesquelles je ne transige pas : c’est-à-dire la justice, la vérité, la liberté. » ETIEMBLE

Le 05 Octobre 2000, le Togolais David ANANOU, auteur du roman Le Fils du Fétiche, s’est éteint dans sa 84è année. A l’occasion du deuxième anniversaire de sa mort, il me plaît de rappeler le souvenir de cet écrivain dont « l’œuvre unique » a souvent suscité des controverses.
Le Fils du Fétiche a été publié en 1955, dans un contexte sociopolitique très mouvementé. Certains critiques ont alors reproché à David ANANOU de n’avoir pas engagé son œuvre dans la lutte contre la colonisation ; d’autres estiment que l’auteur a anormalement malmené les valeurs africaines au profit de la culture occidentale, puisque le héros du roman abandonne sa religion traditionnelle et devient chrétien.
1 - A la lumière de l’évolution du monde recyclé dans le sillage du Commonwealth, de la francophonie, de la globalisation, il apparaît que David ANANOU a raison au moins a posteriori :
- ce n’est pas pour « l’indépendance » qu’il faut engager la lutte, mais bien pour les libertés et pour la démocratie ;
- les politiciens ont menti au peuple togolais, puisque nous n’avons jamais été « indépendants » ni juridiquement ni politiquement, la proclamation de l’« indépendance » n’a été qu’un marché de dupes au détriment du peuple escroqué et mis à l’écart ;
- les populations n’ont jamais tant sombré dans l’abîme des souffrances de toutes sortes, de l’oppression et de la dictature que sous le soleil de l’« indépendance ».
2 - Il n’est pas juste d’affirmer que David ANANOU s’en prend aux valeurs africaines traditionnelles. L’auteur s’en prend à certaines « valeurs » non pas parce qu’elles sont africaines ou traditionnelles, mais parce qu’elles ne lui paraissent pas conformes à sa vision chrétienne du monde. David ANANOU, c’est le militant chrétien qui utilise l’arme de l’écriture pour exprimer ses convictions chrétiennes.
Au demeurant, le message est de portée générale. David ANANOU part en croisade contre le conservatisme et contre l’obscurantisme, pour l’évolution et pour la transparence. Il invite tout individu humain à se convertir, c’est-à-dire renoncer à tout statu quo ténébreux, et se faire l’adepte de la marche en avant.
Toute personne de bonne foi doit se sentir redevable à l’auteur du Fils du Fétiche d’avoir su être honnête et franc dans sa pensée et dans son style. David ANANOU, lui, a clairement choisi son parti, celui du christianisme, et il le proclame à cœur et ciel ouverts. Il nous exhorte ainsi à nous habiller de vigilance face à ceux qui ont fait allégeance aux réseaux, et qui, adeptes de l’obscurantisme, ont choisi, sans l’avouer, de s’honorer de la palme du mensonge ; qui se livrent outrageusement aux manipulations de toutes sortes ; qui jouent en permanence dans le camouflage, l’ambiguïté, la ruse ; qui tournent délibérément le dos à la vérité…
A l’adresse donc de tous ceux qui ont le front de noyer sans scrupule leur ligne et leurs convictions dans des alliages suspects, le message est le suivant : de quel parti êtes-vous ?!…

Huenumadji AFAN A suivre !… BCCM/PS/CHRONIQUE/04102002

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Le Code électoral

Il y a quelque chose d’ahurissant dans les manifestations du 1er Mai 2002 en France. Non pas dans celles des partisans de Jean-Marie LE PEN, mais plutôt dans celles du Front antilepéniste, alliage incongru et circonstanciel d’une gauche qui a manigancé la mise à mort de son prétendu chef, Lionel JOSPIN, et d’une droite en réalité plus droitière que le Front National : ces manifestations ne sont que l’introït de la liturgie d’immolation que subira le 05 Mai 2002 le président du Front National comme prix de sa franchise, après le sacrifice rituel de JOSPIN le naïf.
Pendant plus de trois décennies, LE PEN n’a cessé de proclamer urbi et orbi ses croyances. Au nom de la tolérance, il a été admis à participer régulièrement à toutes les compétitions. Puis, un soir du 21 Avril 2002, on s’étonne de son succès, et on organise l’insurrection contre… « le nazisme ».
Le péché capital dans tout cela, c’est que les « bien-pensants » ont feint d’ignorer que la démocratie, c’est d’abord l’exclusion : oui, l’exclusion de tout ce qui va à l’encontre du bon sens et de l’humanisme. On ne peut laisser évoluer normalement un porteur de bombe, comme un poisson dans l’eau, et ameuter ensuite le peuple afin d’éviter l’explosion. Si le code électoral français avait pris les dispositions nécessaires pour barrer la route à tout ce qui risque de faire sauter la République, un LE PEN ne se retrouverait pas tout d’un coup personnage au moins n° 2 de l’Etat français !
Comme quoi les hommes politiques doivent, par-dessus tout, observer le culte de la transparence, même choquante, au lieu d’entretenir un obscurantisme délétère dont la fin ultime n’est rien d’autre, par le jeu malicieux d’une mafia nébuleuse, que le renforcement constant des forts et l’affaiblissement persistant des faibles.

Huenumadji AFAN A suivre !… PAVILLON HA / BCCM / 02052002

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Le Mythe de l'"Indépendance"

« Non seulement nous n’avons pas les principes qui mènent au vrai, mais nous en avons d’autres qui s’accommodent très bien avec le faux.» FONTENELLE, Histoire des oracles

Je constate avec amertume que le mythe du « Togo, pays indépendant » s’est grièvement gravé dans les mentalités, au point que les Togolais, soit naïvement par ignorance, soit perfidement par mauvaise foi, osent en permanence s’honorer d’un « patrimoine » qui n’a jamais existé : l’indépendance. L’on sait que le 28 septembre 1958 eut lieu dans la plupart des pays francophones d’Afrique noire un référendum sur la question de savoir si ces pays voulaient l’indépendance. L’on sait également que seule la Guinée-Conakry avait opté pour l’indépendance qu’elle proclama immédiatement le 02 octobre 1958.
Au Togo, pays placé sous la tutelle de l’ONU, la question de l’indépendance n’a jamais été posée aux populations togolaises. Les élections législatives du 27 avril 1958 se sont déroulées dans le cadre de la Loi-cadre élaborée en juin 1956 par la France, puissance administrante. En supervisant ces élections législatives, à la suite desquelles allait intervenir la levée de la tutelle, l’ONU, de même que l’ensemble de la classe politique togolaise y ayant participé, exprimait ainsi son ralliement à cette loi.
La vraie réalité réellement la nôtre est que le Togo a évolué et vit jusqu'à ce jour sous le régime de la Loi-cadre qui lui confère une autonomie interne. Notre indépendance est donc une « Indépendance – Autonomie interne », avec toutes ses implications. Cette vérité - là, cessons de la cacher !

Huenumadji AFAN A suivre ! PAVILLON HA / BCCM / 26042002

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