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Arnaud Delcorte

Arnaud Delcorte

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« Arnaud Delcorte est un poète écartelé. Ecartelé entre extase et gravité. Sa poésie est une poésie du tiraillement entre l’abandon aux sens et la quête d’un sens pour surmonter l’apparente absurdité du monde. (…)

Lorsque le spleen le gagne, c’est vers l’Orient qu’il se tourne. Il y a du Rimbaud chez Arnaud Delcorte. Le Maroc est son Abyssinie. Orient, terre de violence mais aussi terre de renaissance. Quand il parle de l’Orient, sa voix se fait envoûtante comme le son de l’oud dans la nuit du désert. Par chance, ils sont nombreux là-bas, les corps capables de faire surgir l’étincelle, corps cuivrés, corps offerts, oueds auxquels s’abreuve le poète pour désaltérer cette soif qui hante tant de pages. Mais Arnaud Delcorte sait aussi le mirage de l’Ailleurs et de l’Autre. Quand il ne se perd plus dans la géographie des corps, qu’il n’est plus happé par sa quête et que se distend le ressort du désir, il entrevoit alors ce qu’il cherche désespérément à oublier – et la sagesse a un goût amer : J’ai beau chercher et chercher encore / Il n’y a pas d’ailleurs / Pas d’ailleurs / De toi / Et ne nous y trompons pas / Toi / C’est moi. (…) »
-Benoit Pivert, Maître de conférences à l’Université de Paris XI, 2011.

« Il n’y a rien de pastel ni de mezzo voce chez Arnaud Delcorte. Au contraire, le désir est fait chez lui de bruit et de fureur. Ce qui fascine le poète, c’est la part animale de l’homme. Dans l’orgasme, c’est la bête qui hurle comme on hurle à la mort. Il n’y a plus de fierté qui tienne. L’être s’abandonne au plaisir comme on rend les armes. Nu et pantelant. Ce que le poète décrit, c’est l’urgence, l’impériosité du désir dans un corps inflammable. Il suffit d’un regard pour que le corps et le cœur s’embrasent, pour que soudain un homme se retrouve à poursuivre à travers le dédale d’une médina un pâtre ensorceleur. Et tant pis si l’ami ou l’amant qui est là s’avère incapable de comprendre et menace de partir. Les personnages sont prêts à aller jusqu’au bout de la terre pour un regard entraperçu, pour cette lueur capable de faire reculer le désespoir. Pourtant, ces regards désirés, convoités, mendiés ne sont pas toujours lumineux. Beaucoup sont ténébreux, inquiétants, coupants comme l’acier, certains portent même « l’estocade » mais n’est-il pas délicieux d’être blessé ?

Chez Arnaud Delcorte, amour, désir et souffrance vont rarement l’un sans l’autre. La passion se mesure à l’aune de la souffrance infligée ou reçue. Faut-il y voir le signe d’un masochisme personnel, toujours est-il que le sujet lyrique qui s’exprime à travers les poèmes est le plus souvent dans la posture de l’esclave ou du chien, de l’humilié qui jouit de la douceur de l’offense. La douleur est consentie, recherchée. Elle est l’aphrodisiaque sans lequel la vie serait insipide. C’est elle qui permet au cœur de continuer à battre : Sans le poignard qui fouaille nos ventres / Sans la crainte de te perdre / Sans l’affirmation de la douleur / J’abdiquerais. En cela, Arnaud Delcorte est un romantique. Ses personnages aspirent à être décentrés, déboussolés, arrachés par la souffrance à la morne répétition des jours semblables. Comme le René de Chateaubriand qui priait pour que se lèvent les orages désirés, les personnages d’Arnaud Delcorte guettent « les ouragans magnétiques » et aspirent aux « dérèglements d’étoiles ». Mais survit-on aux ouragans magnétiques ? La question semble de peu d’importance. Un « amour incendiaire » vaut bien des steppes et des terres brûlées.

S’il fallait chercher à Arnaud Delcorte une parenté littéraire, on pourrait songer à Verlaine, le poète délicat des sanglots longs des violons de l’automne mais aussi celui des parfums musqués et des bas-fonds de la chair. Comme Verlaine, Arnaud Delcorte ne craint pas de plonger dans la fange car à l’en croire et en vertu d’une secrète alchimie, c’est « dans la fange [que] s’épanouissent les essences saturnales ». La mélancolie qui affleure parfois est verlainienne encore. Elle naît de l’impermanence du désir, c’est l’inquiétude de l’après, le ver dans le fruit du plaisir, la peur de la chute après avoir connu l’azur. Certains poèmes d’Arnaud Delcorte ne sont pas non plus étrangers à l’univers poétique d’Else Lasker-Schüler qui a su dire les mille et une nuances de l’amour, de la passion, de la jalousie, du chagrin, de la peur de la perte avec quelques palmiers, le sable, le désert, l’oasis, le vent, le soleil et la lune. Certains vers d’Arnaud Delcorte auraient pu voir le jour sous la plume d’Else Lasker- Schüler : Il arpente l’espace qui m’entoure / Allumant des soleils à chacun de ses pas ou encore Tu es comme nous tous / Rosée / A l’embrasement du premier soleil. On pourrait songer encore à Bernard Delvaille né en 1931 à Bordeaux et mort à Venise en 2006. Il a, comme Arnaud Delcorte, le goût des voyages et des garçons, de ces compagnons d’une nuit qui sont « une variété douce d’absinthe » (Retrouvailles, A. Delcorte). Ils sont tous deux des cosmopolites de la chair arpentant le globe en quête d’un regard, d’une caresse furtive ou d’une étreinte. (…) Mais est-il bien raisonnable d’invoquer des affinités littéraires au risque de noyer dans le tumulte la voix unique d’Arnaud Delcorte ? Ce que l’on demande à la poésie en ce début du XXIe siècle, ce sont des métaphores inédites, des images vierges, des fulgurances surprenantes et c’est précisément ce que nous livre Arnaud Delcorte à travers les cataractes lyophilisées de poudres multicolores, […] les yeux noyés dans l’involution des cumulus. (…) »
-Benoit Pivert, 2009.

« C’est dans le tourment d’un monde défait que s’inscrit l’œuvre poétique d’Arnaud Delcorte. Le poète évoque l’étouffement des mots, l’ensevelissement intérieur, l’écrasement de l’homme, qui ne sont pas sans rappeler des épisodes douloureux des temps actuels!: « Lorsqu’on ne peut plus se parler se regarder / lorsqu’on ne peut plus se piffer / ces murs ces murs / Qui défigurent les peuples comme un chancre une / lèpre / Qui segmentent l’esprit et nous rendent tout simplement / Schizophrènes / Un monde se défait / Un monde se défait… » Cette vision d’un monde disloqué est associée à l’impossibilité d’écrire dans la lumière!: « Tant que vivra l’enfermement la mort dispensée le / vertige du gouffre / Tant que l’opprobre pèsera sur les épaules des voyants… / Non!: Je n’écrirai pas la timide étincelle du soleil qui se meurt ou de celui / qui renaît / Les astres et la récidive des corolles / le décompte des volupté (…)

L’univers imaginaire de Delcorte est un monde en soi, un monde parfois insaisissable pour les lecteurs. Il nous entraîne au « Maroc Nu », « Gibraltar / peau morcelée / sur l’arc-en-ciel des rédemptions / Caparica, Bairo Alto, Goélands au large de Giftun. » Partout des lieux-miroir où se produisent la répétition, « le cercle des obsessions ». Mais le désir de voir n’achoppe pas sur le néant mais provoque la fureur des sens (« Vampire je m’abreuve au reflux / de vos complaisances… »). L’œuvre poétique d’Arnaud Delcorte se construit sur un appel contre le silence de la mort (« Vibrances / Qui de demain / Me font renaître / Homme… »). Par le renouvellement des émotions, la puissance du verbe, la musicalité, la sonorité de la langue, Delcorte ne cesse de scander une possible renaissance, en ayant recours à l’affirmation et à la négation!: « Être écume / Puis devenir écume / Trace / Et absence… ». Le minéral blanc inspire non seulement la thématique du voyage et de la mer mais se trouve à l’origine du langage poétique. Le poème devient alors lieu (dans la certitude d’un ailleurs doux, sobre et chaud) et lien à l’autre, à l’amour. La parole poétique d’Arnaud Delcorte est un cri douloureux mais un cri salvateur. »
-Norbert Louis, journaliste au Mauricien, 2012.



Arnaud Delcorte est un poète belge né en juin 1970 près de Charleroi. Professeur de physique à l'université de Louvain et aux facultés universitaires St Louis à Bruxelles. Il a contribué notamment à la revue Sources de la maison de la poésie de Namur et à la revue de poésie mauricienne Point-Barre. Ses deux premiers recueils de poèmes, Le goût de l’azur cru (préface de F. Ricard) et Toi nu(e) / Dans le linceul étoilé du monde (préface de U. Timol) ont été publiés par le Chasseur Abstrait Éditeur en 2009 et 2010. En 2011-2013, il a publié Écume noire (préface de A. Devi), Ogo (préface de T.K. Murhula), Eden (postface de Charles F.) et a participé au collectif Poètes pour Haïti, à L’Harmattan. Son activité académique de recherche en physico-chimie des surfaces s'est traduite par la publication de 5 chapitres de livres et d'une centaine d'articles dans des journaux scientifiques internationaux. http://perso.uclouvain.be/arnaud.delcorte/poetr...
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Bibliographie
STROBOSCOPE
suivi de Stries
Arnaud Delcorte - Préface de Catherine Boudet
EDEN
Arnaud Delcorte - Postface de Charles Fabian
OGO
Arnaud Delcorte - Préface de Toussaint Kafarhire Murhula
ECUME NOIRE
Arnaud Delcorte - Préface d'Ananda Devi


-Le gout de l'azur cru, Le chasseur abstrait éditeur, 2009
-Toi nu(e)/Dans le linceul étoilé du monde, Le chasseur abstrait éditeur, 2010
Articles de presse
ÉCUME NOIRE
avril 2012

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