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LE YAA BAA: DROGUE ILLICITE SUR LA FRONTIÈRE BIRMANO-THAÏLANDAISE
Pierre-Arnaud Chouvy

juin 2004 • 4379 signes  • 8977 clics •  consultation libre
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La Birmanie était et est toujours ce producteur illicite majeur d’opium et d’héroïne d’Asie, le deuxième après l’Afghanistan. Toutefois, dans un pays que la junte militaire qui le dirige a rebaptisé Myanmar (1989), les productions d’opiacés ont été diversifiées au profit de celle de méthamphétamine, un psychostimulant puissant connu en Thaïlande sous le nom de yaa baa, la « drogue qui rend fou ».

Si les quantités d’opium produites en Birmanie, dans l’Etat shan à 90 % (800 tonnes d’opium en 2002, sur 80 000 hectares), ont baissé de façon significative au cours des dernières années, la méthamphétamine, elle, y est fabriquée en quantités croissantes.

Les autorités thaïlandaises estiment que quelque 800 millions pilules de méthamphétamine ont été produites en 2002 et en prévoient 1 milliard pour 2003. Bangkok considère que le yaa baa constitue une menace sécuritaire majeure pour le royaume, d’une part en fonction de la violence armée qui caractérise tant le trafic que sa répression, mais aussi en raison de l’explosion de la consommation dans tout le pays, la Thaïlande étant de loin le premier consommateur régional de méthamphétamine.



Le yaa baa est une méthamphétamine, c’est-à-dire un dérivé amphétaminique qui provoque une hyperexcitation physique et psychique. Si la méthamphétamine n’entraîne à priori pas de dépendance physique, sa consommation abusive n’en est pas moins extrêmement nocive et dangereuse, tant pour l’organisme que pour le psychisme. Sa consommation se fait dans l’immense majorité sous forme orale mais elle peut aussi être fumée et, dans de rares cas, injectée par voie intraveineuse.

La méthamphétamine est produite à partir de l’éphédrine, un alcaloïde contenu dans certains Ephedra, des buissons qui poussent notamment en Chine et d’où provient l’éphédrine servant à l’élaboration du yaa baa.

Il faut 1,6 tonne d’éphédrine, laquelle peut également être obtenue par pure synthèse, pour obtenir une tonne de méthamphétamine qui permettra de produire près d’un million de pilules.

Cette production illicite présente de nombreux avantages par rapport à celle d’héroïne. En premier lieu, la complexité du procédé d’extraction et de raffinement nécessaire à l’obtention d’héroïne N° 4 est incomparable avec la simplicité des quelques étapes de la production de méthamphétamine.

D’autre part, si l’opium ne permet l’obtention que d’un seul type majeur de substance, il n’en est pas de même avec l’éphédrine de l’Ephedra qui peut également permettre d’obtenir de la methcathinone (éphédrone).

Les premiers laboratoires régionaux de méthamphétamine ont probablement été installés dans les régions collinéennes wa (au sud-est de Pangshang) vers 1993 et surtout après 1995. La production est désormais largement concentrée en Birmanie, principalement dans les régions contrôlées par les Wa de la United Wa State Army (UWSA), alliés à Rangoun, le long des frontières thaïlandaise et laotienne.

Si d’autres lieux de production existent bien sûr en Asie du Sud-Est, comme en Thaïlande, au Laos, où certains membres de l'UWSA auraient délocalisé leurs productions, et au Cambodge, mais aussi en Chine, l’immense majorité du yaa baa (plus de 90 %) provient toutefois de Birmanie.

Un autre groupe armé, la Democratic Karen Buddhist Army (DKBA), également allié à Rangoun, y est d’ailleurs engagé dans la production et le trafic de yaa baa et gère là encore quelques dizaines de laboratoires au sud de la frontière birmano-thaïlandaise.

Au cours des dernières années, surtout depuis 1999, les relations entre la Birmanie et la Thaïlande ont considérablement souffert de ce que Bangkok considère comme une agression et à laquelle elle répond par une militarisation accrue de sa frontière occidentale.

De fait, du point de vue diplomatique, un haut responsable thaïlandais déclarait en juillet 1999 que le gouvernement birman était directement impliqué dans le flux de millions de

Pierre-Arnaud Chouvy, CNRS.


Article publié par Mondes rebelles.com, 12 février 2003, n° 52, pp. 1-3.
Voir aussi la "Lettre internationale des drogues" de l'AEGD : http://www.geodrugs.net
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