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VIOLENCE ÉDUCATIVE ET COMMUNICATION
Olivier Maurel
EDUCATION


septembre 2005 • 4091 signes  • 5723 clics •  consultation libre
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Gifle ou fesser un enfant, c’est, d’une certaine manière, communiquer avec lui. Mais que communique-t-on à un enfant en le frappant? Les connaissances actuelles sur le développement du cerveau ne nous laissent plus de doute aujourd’hui : la violence éducative, si faible soit-elle, est destructrice. Les institutions internationales ont compris que sa réduction serait un facteur de paix. Reste à en convaincre l’opinion publique et les Etats.

L’enfant se forme par la communication

Même né à terme, le nouveau-né humain est prématuré, c’est-à-dire longtemps incapable de survivre sans assistance. Son corps sait que, pour survivre, il doit obtenir les soins, la bienveillance, la protection des adultes.

Dès sa naissance, loin d’être passif, il participe activement, de multiples façons, à la création de liens avec ses parents. Téter, comportement de survie, est aussi un moyen d’établir un lien très fort avec sa mère. Ses pleurs sont des appels. Sa capacité à distinguer de son environnement la forme des visages, et notamment celui de sa mère, lui permet d’attirer du regard ceux qui l’entourent et donc d’accentuer l’intérêt qu’on lui porte.

C’est au cours de cette communication intense et vitale avec son entourage que son cerveau se forme. Ses neurones, déjà en place à la naissance, développent leurs axones, ces filaments qui les relient, et leurs milliards de connexions provoquent l’accroissement du volume de son cerveau qui passe du quart de son poids définitif à la naissance, à 50% à six mois et 95% à dix ans.

La communication “sculpte” le cerveau

La neurobiologie nous apprend que la communication interne entre les neurones dépend en partie des formes de communication que l’enfant établit avec ceux qui l’entourent. Le cerveau de l’enfant est “sculpté” par les expériences auxquelles il est confronté. "Tout le développement de l’être humain, dit le neurobiologiste américain Bessel van der Kolk, spécialiste du stress post traumatique, c’est le développement des lobes frontaux. En tant que parents, nous sommes les médiateurs du développement du lobe frontal de nos enfants. Lorsque nous lisons des histoires à nos enfants, lorsque nous les serrons dans nos bras, lorsque nous jouons avec eux, nous assurons le bon développement du lobe frontal. Si un enfant est toujours effrayé, terrifié, s’il n’est pas câliné, s’il est abandonné, négligé, ses lobes frontaux ne se développent pas correctement et ils ne parviendront pas à assumer leur fonction qui est d’inhiber le système limbique. Dans ce cas, le lobe frontal n’est pas assez développé pour aider la personne à être en contact avec le présent. Elle sera incapable d’enregistrer des informations nouvelles et d’apprendre par expérience1 ".

Mais il en faut peu pour perturber le développement du cerveau

Des lésions infimes suffisent pour perturber le développement du cerveau d’un enfant.

Le neurobiologiste Antonio Damasio, par exemple, écrit qu’“un dysfonctionnement du système cérébral (...) peut être dû à un défaut de fonctionnement microscopique des circuits neuraux”. “Même des perturbations mineures des systèmes neuraux spécifiques suscitent une modification majeure des phénomènes mentaux.” 2

Joseph Le Doux, autre neurobiologiste réputé, écrit de son côté : “Quelques connexions supplémentaires d’un côté, un petit peu plus ou moins de neurotransmetteurs de l’autre, et les animaux commencent à se comporter différemment.3 ” Et les centres du cerveau des émotions et de la mémoire émotionnelle, qui sont essentiels pour le comportement relationnel, sont particulièrement vulnérables.

Van der Kolk, déjà cité, a déclaré récemment au Nouvel Observateur4 : « On se méprend beaucoup sur la notion de traumatisme, qu'on assimile à tort à un évènement horrifique et exceptionnel. (...) Il y a aussi la foule des malheurs ordinaires inhérents à la condition humaine. S'ils ont été vécus dans un sentiment d'impuissance et de désespoir, ils peuvent eux aussi laisser une cicatrice douloureuse longtemp

Article paru dans le magazine Biocontact, septembre 2005


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