POÉSIE, VOYANCE, ENFER ET ENVOÛTEMENT

Serge Venturini


LITTÉRATURE POÉSIE
Date de publication : mars 2006

Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine, où il devient entre tous le grand malade...
Rimbaud

Certains jours de grand soleil, tout voyant devrait éviter de sortir. Un simple incident pourrait provoquer sa perte. Lors de ces journées de soleil noir, — de profonde mélancolie, même les murs de silence ne peuvent l'empêcher d'être envoûté, de ressentir la force de ces puissances occultes destructrices.



Impossible de réfléchir, d'être au calme, les maux de tête sont tels que le cerveau semble sur le point d'exploser. Le sommeil peut encore l'aider s'il est capable de trouver le repos, mais un voyant est trop lucide sur son état pour se laisser aller, pour se laisser porter en plein jour par Hypnos. À l'heure où toute l'humanoïderie est dehors, seul le temps et ses ombres tournantes peuvent dissiper l'envoûtement.



Ces journées-là, plus que toutes les autres, le corps social rejette tout corps étranger, rebelle à son ordre. Ils sont nombreux à chercher le bouc émissaire, quand ce n'est pas le crime organisé, la volonté de nuire et de manipuler, surtout les grandes natures.



Trop de soleil nuit à ces consciences mauvaises où haine et ressentiment s'exacerbent. Les proches se désolent, mais l'on ne peut rien contre ces terribles phénomènes, où quelques-uns veulent porter sourdement atteinte à votre santé. Ne plus bouger contient encore le vrai désastre. Hélas, cela ne dure pas, des voix confuses reprennent, résonnent... plus avant, — sans fin.



Persiennes fermées, rideaux tirés, même l’obscurité la plus complète, rien n’y fait. Tout travail est dès lors impossible. Peut-être faudrait-il se jeter dans la foule des manifestations, se laisser emporter à corps perdu comme un pauvre se raccroche à l’écume des vagues dans une mer démontée. Les démons le gouvernent à l’envie. Il est des jours où quand les forces hostiles sont trop fortes, tout voyant ferait mieux d’aller se coucher.

     
  • mars 2006

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