Ô PARNIMEDE, TOI AUSSI, TU AS FRANCHI LE SEUIL DU TRANSVISIBLE...

Serge Venturini

Date de publication : avril 2008

Les cavales qui m'emportent dans leur somptueux équipage, m'ont porté aussi loin que va mon désir, et leur célérité m'a conduit près d'une déesse, sur une route qui traverse les villages déserts des hommes. J'étais transporté par d'habiles limousines noires, des jeunes filles guidaient la véloce course, pour porter disaient-elles ; "celui qui sait voir". L'essieu brûlant, dont les moyeux jetaient un cri de flûte, ― strident dans l'espace-temps.



Les filles du soleil, quand derrière elles les demeures de la nuit furent abandonnées, hâtaient leur chevauchée vers la lumière. Et, d'une main gracieuse repoussant les voiles blancs qui couvraient leur tête, laissaient apparaître de beaux visages épanouis et rieurs. Là, les grandes portes qui s'ouvrent sur le chemin de la nuit et du jour se dressent. Tout en haut un large linteau, et en bas, un immense seuil de pierre. Avec leurs paroles de douceur, elles eurent vite fait de convaincre les gardes armées avec leurs kalachnikovs, elles repoussèrent l'axe qui verrouillait le barrage, et d'un coup, dégagèrent les portes. Avec fracas, les portes s'envolent, laissant tout béant l'espace. De ce fait après les virages du no man's land, ― nous arrivâmes.



Une autre déesse m'accueillit avec chaleur et bonté, elle prit ma main droite dans la sienne et me donna un baiser sur les lèvres. Elle me parla et me tint ce discours : ― Ô Homme mûr ! Tu as été le compagnon de tant d'immortelles cochères, tu arrives à notre maison, sois heureux, réjouis toi ! Je te salue puisque ce n'est pas un mauvais Destin qui t'a mené de l'avant sur ce chemin, car il est à l'écart de la grand-route des hommes. Mais c'est bien la Loi, et c'est Justice.

― Ô Comme ce voyage me fut doux.



Paris, 24 mars 2008

     
  • avril 2008

du même auteur

"DONC TU TE DÉGAGES DES HUMAINS SUFFRAGES…"
Serge Venturini
À CHAQUE DEGRÉ, L'INACCOMPLI
(extrait de Éclats d'une poétique de l'inaccompli)
LIVRE IV
Serge Venturini
ALLER AU-DELÀ DU TRANSVISIBLE
Serge Venturini
ASPHODÈLES DU TRANSVISIBLE (LES)
Serge Venturini
AUTRE NUIT, AUTRE LUMIÈRE, INFRANGIBLES
Serge Venturini
BRILLENT LES PERLES DU TRANSVISIBLE
Serge Venturini
CE QUE JE DOIS À MARINA TSVETAEVA
Serge Venturini
CE QUELQUE CHOSE D'UN ANGE
Serge Venturini
CHAUDRON NOIR !
Je suis flèche, je suis foudre, je flamboie
Serge Venturini
COEURS SANS HAINE, COEURS SANS PARTI, COEURS NUS, COEURS SERRÉS
Serge Venturini
COLÈRE DE L'HOMME TRANSVISIBLE
Serge Venturini
COMBAT
Serge Venturini
COMME ELLE EST GRANDE LA SOLITUDE DU ROSSIGNOL
Serge Venturini
CONTRE LA HAINE DE LA POÉSIE : RÉSISTANCE !
Lettre aux castors
Serge Venturini
CONTRE LES CORBEAUX DE LA POÉSIE CONTEMPORAINE
Serge Venturini
CONVERSATION SANS ÂGE SUR LA PLACE DU MARCHÉ À PROPOS DE POÉSIE
Serge Venturini
CRIMES SONT ORGANISÉS (LES)
Serge Venturini
DAÉNÂ, LA TERRE S'OUVRIT DEVANT MOI
Serge Venturini
DE LA HAINE MÉDIATIQUE DE LA POÉSIE CONTEMPORAINE
Lettre ouverte à monsieur Philippe Sollers
Serge Venturini
DE PROFUNDIS
Serge Venturini
DLE YAMAN
ou LE DEUIL INACCOMPLI
Serge Venturini
ENTRE SONS ET VISIONS, LE GRAND SAUT
Rimbaud, Blok, Tsvetaeva, Brodsky...
Serge Venturini
ENTRE VISIBLE ET INVISIBLE, L'ÉNIGME DU SURVISIBLE
Serge Venturini
FAUT-IL RESSUSCITER SAYAT-NOVA EN EUROPE ?
Serge Venturini
FLEUR DE L'AMANDIER REFLEURIRA (LA)
Serge Venturini
GARRY KASPAROV JETÉ EN PRISON COMME UN CRIMINEL
Serge Venturini
HÉRISSONS-NOUS !
Serge Venturini
J’AI TRADUIT SAYAT-NOVA COMME UN FRÈRE
Serge Venturini
MANOUCHIAN LE POÈTE
Serge Venturini
MATIÈRE DU TRANSVISIBLE
Serge Venturini
NAHAPET KOUTCHAK, PAROLE D'ARCHER (1500 ? - 1592)
Serge Venturini
NON, PAS QU'UN SONGE TOURBILLONNANT
Serge Venturini
ŒIL AILÉ DU TRANSVISIBLE (L')
Serge Venturini
OISEAU TRANSFIGURÉ DE MUSIQUES ET DE PLUMES
Serge Venturini
OMBRES ENSOLEILLÉES DU TRANSVISIBLE (LES)
Serge Venturini
OSSIP MANDELSTAM, L'ULTRA LUCIDE
Serge Venturini
PELLICIA DI MANDELSTAM (LA)
Serge Venturini
PIER PAOLO PASOLINI
Vers une nouvelle préhistoire ?
Serge Venturini
POÉSIE : DIABLOTINS DE LA POÉSIE CONTEMPORAINE
Serge Venturini
POÉSIE, VOYANCE, ENFER ET ENVOÛTEMENT
Serge Venturini
PONT FRANCHI DU TRANSVISIBLE (LE)
Serge Venturini
POUR PATRIZIA GATTACECA
Personne, donc !
Serge Venturini
QUE VIVE L'HOMME-FOUDRE !
Serge Venturini
RAINER MARIA RILKE
« Tout ange est terrible »
Serge Venturini
RÉFLÉCHIR LE PASSAGE ENTRE VISIBLE ET INVISIBLE
Serge Venturini
RÉSISTANCE DE LA POÉSIE
Serge Venturini
SANDALE D'EMPÉDOCLE, AUTRE SIGNE (LA)
Serge Venturini
SAYAT-NOVA CHEZ TCHARENTS
Serge Venturini
SONS ET VISIONS DU TRANSVISIBLE
Serge Venturini
SUR LE PONT AUX FANTÔMES
Serge Venturini
SUR LE SEUIL DE LA PORTE, VISIONS DU TRANSVISIBLE
Serge Venturini
TIGRE DE L'ŒIL (LE)
Serge Venturini
TRANSHUMANTS DU TRANSVISIBLE (LES)
Serge Venturini
TRANSPARENCE DE L'INVISIBLE
ou Le visage de Mandorla
Serge Venturini
TRANSPORTS DU TRANSVISIBLE
Serge Venturini
TRANSVISIBLE
Serge Venturini
TRANSVISIBLE : AU-DELÀ DU PONT LA TRANSPARENCE
Serge Venturini
UN IMMENSE POÈTE DE L'AMOUR : SAYAT-NOVA
Ressusciter Sayat-Nova (1722-1795)
Serge Venturini
UN PEU D'AIR QU'ON DÉROBE
Serge Venturini
VENDANGES DU TRANSVISIBLE
Serge Venturini
YEUX FERMÉS DE LA NUIT (LES)
Serge Venturini