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Suite de Question totale? Question partielle? Pensée unique!

Ajoutons à ces réflexions sommaires un exemple.
Je viens de voir une émission de télévision animée par le dolent Poivre d'Arvor et dont le thème était à peu près le danger nucléaire, les déchets. Face à l'émotion compréhensive d'une jeune journaliste révoltée par la mauvaise foi de ces représentants du "corps des mines" et autres produits des grandes écoles, les représentants d'Areva et d'EDF ont fourni ce qu'on peut attendre d'eux : des discours filandreux, vides mais en apparence très techniques, "technocratiques et jargonneux", faisant succéder les mensonges les plus éhontés (95% ou à peu près des déchets nucléaires sont recyclables, alors qu'on n'atteint pas 10% ; on n'exporte pas de déchets en Sibérie mais on cède à Poutine de l'uranium à enrichir, peu radioactif), aux coquilles de mots les plus creuses (un déchet n'est pas toujours un déchet), aux sophismes les plus révoltants (l'énergie atomique est le chevalier blanc de la lutte contre les émissions de CO2, la garantie d'un environnement propre offert aux générations futures ; les enfouissements de déchets radioactifs se feront dans des couches géologiques immuables pour des centaines de milliers d'années… nous irons d'abord vérifier si elles sont bien immuables !). Le seul argument digne de ce nom était l'argument de la rentabilité, du fric…
Un invité allemand, Reinhardt Bütikofer, le président du groupe des Verts aux Parlement Européen et le porte parole des Verts allemands, a posé trois fois la même question : Quelle a été l'évaluation des risques en matière de déchets nucléaires faite par Areva, EDF et le gouvernement français ?
Il n'a pas obtenu de réponse, comme si on ne comprenait pas ce qu'il voulait dire alors que le concept d' "évaluation du risques" est un concept essentiel en matière de prévention !
Il ne faut pas être grand clerc pour savoir qu'on met en place des indicateurs, des instruments d'analyse qui permettront de répondre par une stratégie adéquate au danger potentiel. Il suffit de taper l'expression sur n'importe quel moteur de recherche pour obtenir 11.700.000 réponses (le 16.10.09).
Non ! ces messieurs ont procédé comme à leur habitude. Une question est posée, on ne s'en préoccupe pas ou alors ont lâche un "oui" purement phatique, puisque cette question ne réclame ni oui ni non mais des éléments de réponse précis, et l'un se lance dans l'explication bouffonne de l'absence du risque de rester sans carburant nucléaire grâce au "bas de laine" qu'on se constitue habilement avec le retraitement de La Hague, tandis que l'autre répète comme une sagesse profonde : "Le risque zéro n'existe pas, monsieur !".
Aucune réponse donc à ce monsieur qui réclame encore - mais on ne l'écoute plus, pas même notre Poivre national - les références écrites, pas des paroles, les références précises des études sur l' "évaluation des risques"…
Depuis leur débat télévisé, nous savions que ni le futur président Sarkozy ni Ségolène n'avaient un grand savoir en ce qui concerne l'énergie nucléaire (le reportage précédant le débat, montrait ces atroces insuffisances de responsables politiques du plus haut niveau et rappelait que le politique à abandonné le nucléaire au lobby des ingénieurs et de la finance). Désormais, nous savons que les membres de ce lobby n'en savent pas plus. Ils laissent faire les choses et enveloppent leur incapacité de discours creux, de paroles oiseuses tout en se drapant dans une dignité tricolore et usurpée.
Le public, lui, habitué à ce qu'on ne réponde pas à ses questions, ne trouve rien d'étrange à tout cela. Il est seulement étonné par la colère de ce monsieur Bütikofer, dont on ne traduira même pas le mécontentement, qu'il exprime à voix haute.
France terre des Arts, des Armes et des Lois…

PS.
Dommage que Jean n'ait pas été invité.
Jean ?
Oui, Jean, vous savez… Jean Sarkozy! Bien sûr ! On parle de lui pour la direction d'Areva si Manhattan sur scène lui échappe…
Derniére remarque: il faudra bien qu'un jour, tous ces tenants du nucléaire se posent la question du carburant nucléaire et de l'exploitation des pays qui en possédent que cela suppose! Parler d'indépendance en matière énergétique en tablant sur les Centrales Nucléaires alors que la France ne possède quasiment pas d'uranium!

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