Articles de presse

La gringa des Andes

Lorsque, au coucher du soleil, les enfants du village frappent à sa porte pour qu'elle applique de la pommade sur leurs visages brûlés par le soleil, Geneviève Hocquard sait qu'elle a fait le bon choix. C'était en mars 2004. Divorcée, ses deux garçons devenus grands, à 54ans, elle prend un congé sans solde et s'envole pour le Pérou. Là, elle fonde une association (1) et cherche un village qui aurait besoin d'elle. Ce sera Acopalca, 800 habitants, à 3 700 m d'altitude. Un village traumatisé par les années de terrorisme du Sentier lumineux. Au début, les habitants sont méfiants. "Ils se demandaient ce qu'une gringa venait faire ici", se souvient-elle. Mais Geneviève ne baisse pas les bras. Et, avec les villageois, elle fait aboutir des projets : la construction d'un jardin d'enfants, la rénovation d'une cantine. "La tâche est immense. Mais je me suis imprégnée des valeurs des gens d'ici : humilité, tolérance, patience. Je suis devenue une femme des Andes."

Gérard Dhôtel

MAGAZINE "LA VIE" N°3188, octobre 2006

Auteur concerné