Entretien avec l'auteur

Trois questions

La stèle commémorative à Beau désert ne mentionne pas les Tsiganes...
Comme dans d'autres villes. Sur les 25 communes d'implantation de ces camps, 5 seulement rendent hommage à la mémoire des Tsiganes.

Pourquoi ce silence?
C'est une souffrance occultée. On ne veut pas savoir, d'autant qu'il y avait des « bons citoyens » pour se réjouir de cet internement. J'ai d'ailleurs retrouvé quelques lettres adressées, après la Libération, par des maires de communes girondines au préfet: ils demandaient le maintien de l'arrêté de 1940 interdisant la libre circulation des Tsiganes. J'ai eu connaissance de situations dramatiques, comme cette famille des environs de Sainte-Foy la-Grande, dont deux membres furent l'un fusillé, l'autre déporté, pour faits de résistance. Mais après le repli des allemands, les autres membres de la famille ont été priés de quitter le village.

Recueilli par julien Rousset - Article du Vendredi 6 Août 2004 dans la rubrique « L’actualité en Gironde » du journal Sud Ouest

SUD OUEST, août 2004

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