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Articles de presse

Crise des banlieues : s'inspirer du modèle Nord irlandais ?

Les émeutes françaises ont fait l'actualité durant plusieurs jours. On ne reviendra pas sur les différences qui font que ces événements ne se déroulent pas chez nous (du moins pour l'instant). Les analystes ont beaucoup comparé ces événements à mai 68 ou encore à l'Intifada palestinienne. Ces comparaisons sont en fait de faible portée, tant par les motivations des acteurs que par le contexte économique, social et politique qui ont fait émerger cette crise des banlieues françaises.

Mais personne n'a fait le rapprochement avec ce qui se déroule en Irlande du Nord depuis une trentaine d'année. Un des journalistes de l'Agence Alter, Baudouin Massart, a récemment publié un livre aux Editions l'Harmattan qui fourni un aperçu de la situation nord irlandaise1. Sous la forme d'un carnet de voyage, il évoque les conflits urbains sur la base d'interviews de travailleurs communautaires.

Certes, les contextes historique et social sont extrêmement différents, mais certaines similitudes sont troublantes. Parmi les particularités, on retiendra qu'elles sont uniquement le fait de jeunes "Blancs" et qu'elles s'inscrivent dans un contexte de "guerre de religion". Un contexte qui tend d'ailleurs à passer au second plan dans la mesure où ces émeutes se déroulent dans le cadre d'un processus de paix en cours depuis 1998.

Concernant les similitudes, on peut en épingler quelques-unes.

Première similitude : le « caillassage ». Ce néologisme se traduit en Irlande du Nord par « jets de pierre ». Certains observateurs européens se hâtent souvent de comparer le phénomène à l'Intifada. A tort ! Tout d'abord, parce qu'avec l'Irlande du Nord, ils disposent d'un modèle beaucoup plus proche et plus ancien. Ensuite, parce que la pierre est la plus veille arme du monde. Ceci dit, le cocktail molotov suit rapidement dans les deux cas.

Deuxième similitude : le jeune âge des émeutiers. Beaucoup d'observateurs s'étonnent que de très jeunes enfants (10-14 ans) participent aux incidents. À Belfast, cela semble «relativement normal». Les émeutiers peuvent avoir jusqu'à 8 ans. Certains travailleurs sociaux sont même en mesure de déterminer l'âge d'un enfant rien qu'en fonction de la taille d'une pierre et de son poids.

Troisième similitude : l'aspect ludique. De plus en plus, on entend des professionnels de terrain français expliquer que nombre de jeunes ne voient qu'un jeu dans les émeutes. A Belfast, Neil Jarman, de l'Institute for Conflict Research, n'hésite pas à parler d' « émeute récréative » : « Aujourd’hui, le moteur principal des émeutes, c’est l’ennui. Parce que les jeunes n’ont rien d’autre à faire, ils traînent près des endroits à risque, s’arrangent pour se battre entre eux et se lancer des pierres. Ce sont seulement des problèmes de jeunes désœuvrés, qui ne savent pas quoi faire, ne disposent pas d’argent ou de revenus, et qui sont peu scolarisés. »

De part et d'autre, les jeunes ne sont pas seulement cloisonnés dans les cités ou des quartiers, on les a aussi cloisonnés dans l'ennui. Les jeunes n'ont pas d'avenir, mais surtout ils n'ont pas de présent. Ils n'ont strictement rien à perdre. Ce que confirme un article relatant les propos de jeunes pyromanes, paru dans Le Monde début novembre : "On n'a pas le choix. On est prêt à tout sacrifier puisqu'on n'a rien , se justifie Bilal. "On a même brûlé la voiture d'un pote. Ça lui a foutu les boules, mais il a compris."

L'Irlande du Nord s'est aussi habituée. Aujourd'hui, à Belfast, les émeutes n'empêchent plus de vivre. Elles font partie du quotidien. On observe une série de comportements d'adaptation de la ville et des gens. Elle a aussi développé des méthodes pour gérer ces débordements, que ce soit au niveau policier ou social. A ce titre, l'Irlande du Nord est un laboratoire de pointe pour le travail social en milieu ubain. Outre des dispositifs pour atténuer la discrimination à l'embauche, de nombreuses initiatives utilisent la création culturelle pour gérer les conflits. Il n'est p

Agence Alter

Alter-Echos, novembre 2005


Baudouin Massart, Un été à Belfast, collection Carnets de Ville, éd. L'Harmattan, 2005.

www.alterechos.be/crise-des-banlieues-sinspirer...

UN ÉTÉ À BELFAST (Carnets de ville, 2005)

Deux amis se rendent en Irlande du Nord. Ensemble, ils découvrent et apprennent à maîtriser la géographie et les frontières internes d'une ville en tension, partagée entre deux communautés, mais aussi à dialoguer avec une cité vivante. Catholiques et protestants se haïssent, se battent et s'ignorent mais se retrouvent parfois autour de projets communs. L'espoir renaît, mais le feu couve toujours sous la cendre. Un récit lucide qui ne manque ni d'humour ni d'émotion.

 


Auteur concerné :

Baudouin Massart


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  dernière mise à jour : 19 août 2017 | © Harmattan - 2017 | À propos | Paiement en ligne | conditions générales de vente et mentions légales | frais de port