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"De la mort à la vie. Souvenirs d'un pilote de Zero" de Kikumi OGAWA

Les récits de kamikaze sont par définition difficiles à trouver. Initialement ces pilotes étaient appelés shinpu, autre prononciation des kanji composant ce mot signifiant en français "vent sacré". Pour être exacte, le terme complet est Kamikaze Tokkô-tai soit "Commando d'attaques spéciales du vent sacré", mais c'est finalement le seul terme de kamikaze qui est entré dans l'usage et que l'histoire retiendra. Plus de 70 ans après, la mission des kamikaze demeure l'objet d'incompréhension et de fantasme, symbole d'une période de l'Histoire du Japon, dont la seule évocation est entourée de stéréotypes comme le révèle Constance SERENI dans la préface de "De la mort à la vie. Souvenirs d'un pilote de Zero" (elle est également autrice de l'essai "Kamikazes" avec Pierre-François SOUYRI aux éditions Flammarion). Comment expliquer qu'un homme, d'autant que la plupart des kamikaze étaient des jeunes, - les notes en annexe de ces mémoires précisent que la plupart des pilotes "kamikazes étaient des jeunes hommes âgés de moins de 20 ans", puisse volontairement s'écraser avec son avion sur un navire ennemi, sachant pertinemment qu'il allait mourir ? Toujours selon les notes annexes de ces mémoires, il est estimé en 2008 que 2 531 kamikaze sont morts en remplissant leur mission jusqu'au bout. Certains survivants, qui en ont échappé grâce à des circonstances qui leur ont été favorables ont témoigné ces dernières années, on retrouve d'ailleurs certains récits dans l'ouvrage de Constance SERENI et de Pierre-François SOUYRI. Kikumi OGAWA aurait pu faire partie de ces pilotes morts pour la patrie. Il était seulement âgé de 18 ans en juin 1945 lorsqu'il a été nommé kamikaze. Le destin en aura décidé autrement. Mais il lui faudra 50 ans pour parvenir à évoquer cette période, par écrit et seulement destiné à ses proches.

Yuuki K

JAPAN FM, février 2019

http://www.japanfm.fr/article-6253-de-la-mort-a...

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