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Articles de presse

Transformer le malade en consommateur

TÉMOIGNAGE Visiteuse médicale durant vingt-cinq ans, Julie raconte la détérioration d'un métier.

" Sud Ouest ". Pourquoi avez-vous décidé d'écrire ce livre ? (1)

Julie Wasselin. C'est un médecin qui m'a convaincue que mon expérience devait être transmise. Ce que m'a confirmé un sociologue. En vingt-cinq ans comme visiteuse médicale, à parcourir 60 000 kilomètres par an, j'ai vécu une évolution du métier durant laquelle j'ai vu les laboratoires scier la branche sur laquelle ils étaient assis. C'est un métier que j'ai quitté il y a dix ans, mais dans lequel on vieillit difficilement car atteindre la retraite est improbable. Heureusement, j'avais une grande passion : les chevaux. C'était mon oxygène. Ils m'ont sauvé la vie.

Qu'est-ce qui vous paraissait essentiel à faire connaître ?

J'ai voulu faire savoir à quel point les laboratoires ont voulu transformer le malade en consommateur. Ce que soulignent les scandales actuels liés à l'utilisation excessive de certaines molécules. Les laboratoires ont envoyé à leur insu les visiteurs médicaux vanter des indications qui n'étaient pas celles du médicament proposé.

Le visiteur médical était-il le complice objectif des laboratoires ?

Le visiteur ne vend rien, il informe sur les produits existants (quand sortent de nouvelles études) et sur les nouvelles molécules. Je travaillais surtout en cardiologie.

Quelle formation le laboratoire vous délivrait-il ?

Au départ, il valait mieux avoir une formation un peu scientifique pour pouvoir comprendre. La formation était délivrée sous forme de séminaires de dix jours à un mois. Elle portait sur l'environnement de la maladie, nos produits dont on ne nous disait que du bien, et les produits concurrents. Il s'agissait de formations sérieuses, mais, là où ça pêche, c'est que l'on était obligés de croire ce que l'on nous disait.

De quels moyens disposiez-vous pour influencer le médecin ?

Nous offrions des échantillons, des lecteurs de DVD, des invitations au restaurant voire quelques voyages.

Pourquoi en avez-vous eu assez ?

Parce que c'est du commerce, et que la santé des gens n'est pas un "produit" comme les autres.

Comment les laboratoires pouvaient-ils savoir si vous aviez convaincu le médecin et s'il prescrirait le médicament présenté ?

Il existe une organisation, le GERS, un groupement d'intérêt économique créé par les entreprises de l'industrie pharmaceutique qui recueille ses informations auprès des grossistes répartiteurs, des adhérents et des pharmaciens.

Croyez-vous qu'il existe un avenir pour le métier de visiteur médical ?

C'est un métier fini.

(1) " Le Quotidien d'une visiteuse médicale, ou la promotion du médicament en France ", éd. L'Harmattan.

H.R.V.

SUD OUEST, QUOTIDIEN

http://www.sudouest.fr/arches/page2col.php?sk=a...

Auteur concerné :

Julie Wasselin


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  dernière mise à jour : 17 août 2019 | © Harmattan - 2019 | À propos | Paiement en ligne | conditions générales de vente et mentions légales | frais de port