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LARMES DE CROCODILE

La repentance de Benoît XVI est à la une. À propos des crimes pédophiles en Australie, il vient de proclamer urbi et orbi sa profonde tristesse et d'une voix vibrante en appelle à la Justice. Les vaticanistes ont aussitôt jugé son homélie "historique". Pour le citoyen lambda, qu'il soit croyant ou non, le réflexe n'est-t-il pas de penser : enfin ! Pas trop tôt ! C'est la moindre des choses ! Et il se pose aussi, le brave citoyen lambda, qu'il soit mécréant ou non, cette question basique : et puis après ? Après le discours ? Après la pleurnicherie médiatique ?
Après ? Rien. Circulez, y a rien à voir. Rentrez chez vous, gentils pèlerins grelottants, la messe est finie. Ite missa est. Car ce qu'il y a de plus étonnant, de plus constant, de plus consternant, c'est que - de prêchi-prêcha en autosuffisance pontifiante, de scandales à l'étouffée en mea culpa en mondiovision - cette Eglise-là n'a nullement l'intention d'aller au fond du problème pour déceler en son Sein des Seins ses propres "dysfonctionnements" comme on dit (parabole du caca sous le tapis) pour mettre en œuvre les remèdes appropriés et enfin efficaces. Car il ne suffit pas de stigmatiser des déviances individuelles, de tendre un kleenex à papa et maman ou de trouver de providentielles biques émissaires (pardi, les homosexuels !). Encore convient-il d'examiner les présupposés anthropologiques et les aléas historiques qui ont fait de l'Institution Catholique (singulièrement l'ordre des clercs) un mastodonte inadapté générant ses propres paralysies et ses propres débordements. Un peu comme les diplodocus qui finirent par disparaître du fait de leur inadaptation à l'environnement. Qui peut nier que la courbe exponentielle des crimes sexuels dans l'Eglise sous toutes les latitudes a quelque chose à voir avec une crise identitaire profonde et mal gérée - pour ne pas dire surgelée - depuis des décennies ? Car une religion inhumaine et névrogène qui s'autoproclame pourtant "experte en humanité" et qui diabolise désir et plaisir tout en niant l'identité sexuée de certains de ses membres - son exigence profonde et sa valeur - au nom d'un célibat de type sabbatique ne peut récolter que mal-être, déviances et scandales à répétition. Et la Grâce de Dieu - ni les sanglots - n'y pourront mais ! Car sur le terrain, la réalité est tout autre, autrement cuisante et préoccupante : tant de curés, très âgés pour la plupart, aujourd'hui mal dans leur peau, désenchantés, souvent déprimés et parfois alcoolos, maritalement consacrés, pastoralement surmenés, socialement inutiles, vainement héroïques comme les derniers des Mohicans… Les quelques fringants petits abbés restaurateurs en clergyman propret et qui bêlent "Alleluia ! Jésus revient !" ne doivent pas donner le change. Concernant le problème sacerdotal, au-delà des trémolos vertueux et des JMJ bon enfant au pays des kangourous, la question cruciale demeure celle-ci : y aura-t-il donc toujours prescription pour crime de non-assistance (hiérarchique) à prêtres mutilés ?
Car ce qu'il y a de terrible, j'y reviens, de terriblement pervers et révoltant, c'est que cette Eglise-là semble s'obstiner à proclamer urbi et orbi : faites ce que dis, ne faites surtout pas ce que je fais ! Par exemple, cette autre contradiction flagrante : à Sydney encore, devant ses milliers de fans transis, Benoît XVI a dénoncé, de la même voix virile et musclée, "le gaspillage des ressources de la planète". Bravo ! Bravissimo ! Mais le Souverain Poncif s'est-il d'abord préoccupé du coût exorbitant (en maintenance et en carburant) du transport par les airs de son monstrueux carrosse blindé ? A-t-il seulement calculé que pour venir l'écouter, chacun de ces jeunes (la plupart, guère friqués) avait parcouru en moyenne 10 000 kilomètres d'avion, émettant ainsi collectivement 250 000 tonnes de CO². Sans parler des 2 à 300 millions d'euros dépensés pour ce coûteux festival en plein air ! 250 000 tonnes de CO², c'est ce qu'émettant 200000 paysans du Sahel pendant un an !

Auteur concerné :

Michel Bellin


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  dernière mise à jour : 21 mai 2019 | © Harmattan - 2019 | À propos | Paiement en ligne | conditions générales de vente et mentions légales | frais de port