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LA DAME DU CHEMIN DES CRÊTES

Alger-Marseille-Tozeur

Jacqueline Brenot

Collection : Graveurs de Mémoire
MAGHREB, MOYEN ORIENT EUROPE Algérie France Tunisie

La presse en parle...
La mort est un sujet trop sérieux pour qu'on le traite à la légère ; pour preuve, l'émouvante quête filiale que nous décrit Jacqueline Brenot dans son livre La Dame du Chemin des Crêtes, qui vient de paraître aux Editions L'Harmattan. "Le travail de deuil passe par de cruels rebondissements." (p.84). Parmi les rebondissements que l'auteure a rencontrés à la suite de la mort de sa mère, le plus original, mais aussi le plus douloureux, est sans conteste le dernier vœu de la défunte : répandre ses cendres au sommet d'une dune du Sahara. Etant plus un mauvais coup du sort dû à l'irresponsabilité d'un médecin qu'à une fin naturelle, la mort de cette mère a mis en branle chez sa fille une subjectivité intense que traduit le profond désir d'accéder enfin "au calme de la conscience" (p.87). En effet, paradoxalement, cette mort ne semble pas s'insérer dans l'ordre éternel, immuable, des choses. A l'absence de ce caractère de fatalité qui aurait pu atténuer un tant soit peu la souffrance des siens, s'ajoutent les dernières volontés de la défunte qui stipulaient, comme dernière demeure, les dunes du désert tunisien : "Trois jours à Tozeur, trois jours de deuil, trois jours de bonheur à accomplir ton vœu. Tu nous entraînais dans ton dépassement. Plongée en terre de feu. Plus d'interrogations, rien qu'un glissement." (p. 89). Au-delà des épanchements lyriques et de l'effet théâtral d'un tel geste hautement symbolique accompli au nom de l'amour filial, il importe de souligner l'aisance avec laquelle l'auteure à recours au "flash back"pour tenter de remonter le temps et figer à jamais ces instants subtils, "ces filigranes d'éternité"(p.40), les faits et gestes, de l'être cher, à jamais disparu : "Ces filigranes d'éternité que vous n'avez pas toujours saisis au vol, parce que la vie et ses nécessités vous entourent de vitres opaques, ou simplement parce qu'il est si confortable de recevoir, si normal, que rien ne peut vous enlever ces quelques bouffées d'air pur ajoutées avec discrétion à votre vie depuis votre naissance." (p.40). Bien qu'ils soient souvent menus et d'une banalité extrême, ces faits et gestes ne manquent pas d'être amplement commentés et amplifiés : "Lorsque j'arrivais au bord d'une plage, à des milliers de kilomètres de chez elle, je lui donnais à écouter le clapotis des vagues. L'eau est chaude et turquoise, comme tu l'aimes. Maman, tu marches actuellement sur les rives du Bengale… Pour concrétiser ce rêve à distance, elle me demandait de lui rapporter du sable qu'elle collectionnait dans de petits flacons en verre étiquetés, datés. Echantillons d'une mémoire de silice de mes périples, des siens plus méditerranéens, héritage d'esprit exilé et nomade, et, sans doute, promesse intime et tenace du Sahara." (p.24). Filigranes d'éternité C'est en fait ce qui permet à Jacqueline Brenot de structurer son récit, concrètement et métaphoriquement. Cette "promesse intime et tenace du Sahara" joue en effet un rôle stratégique pour la signification de l'œuvre. Mais les réminiscences étant multiples pour évoquer constamment cette promesse et en faire une voie d'accès à tout le récit pour rendre le réel, il fallait procéder par petites touches, un va-et-vient constant dans le temps. Une vision de peintre, en somme, celle d'un impressionniste devant un portrait. Le résultat final est un travail nécrologique laborieux, un mélange savant de souvenirs rendus sous forme d'une mise en abyme littéraire d'un personnage — la mère — où chaque détail réfléchit un élément du récit. Mais pour élargir davantage le champ de ce récit, Jacqueline Brenot fait appel à une autre technique. Aux visions intérieures et extérieures qui viennent alterner dans la narration et qui introduisent, comme par magie, le lecteur dans l'univers de la défunte, se greffent, imperceptibles, ces liens affectifs, embellis, voire idéalisés par la fiction, entre la mère et la fille, mais qui n'effacent pas, pour autant, les dimensions tragiques de la mort et le trava
TÉMOIGNAGE, AUTOBIOGRAPHIE, RÉCIT
Date de publication : juin 2007
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"Que la terre s'arrête de tourner, ma mère est morte, que toutes les églises sonnent le tocsin, ma mère ne sera plus de la fête ! Résonnez darboukas, violons, flûtes, ma mère ne tournera plus à petits pas, en ondulant des hanches." Quête filiale intense et portrait chatoyant et émouvant d'une exilée nostalgique qui portait son pays l'Algérie au coeur et aux nues. Histoire d'un voyage mouvementé initié par les dernières volontés d'une mère qui ne souhaitait comme dernière demeure que le désert du Sahara.

  • - format : 13,5 x 21,5 cm
  • ISBN : 978-2-296-03403-7 • juin 2007 • 120 pages
  • EAN13 : 9782296034037
  • EAN PDF : 9782296174382
  • EAN ePUB : 9782336254470

Événement

La dame du chemin des crêtes
décembre 2018

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