Structure compositionnelle du Mot du président dans le rapport annuel
Pour une application didactique

André Avias

L'objectif ici est de présenter un exemple d'une application didactique de la théorie liée à la structure compositionnelle dans le cadre d'analyse textuelle. Voir comment une utilisation concrète de la linguistique textuelle et l'analyse des genres peut être envisagée, dans le cadre d'un cours de langue, et qui aurait comme objet d'étude ici le MdP.

L'objectif ici est de présenter un exemple d'une application didactique de la théorie liée à la structure compositionnelle dans le cadre d'analyse textuelle. Voir comment une utilisation concrète de la linguistique textuelle et l'analyse des genres peut être envisagée, dans le cadre d'un cours de langue, et qui aurait comme objet d'étude ici le MdP (d'autres genres auraient pu être envisagés évidemment, j'ajouterai même que la méthode proposée est relativement indépendante du genre choisi). J'ai déjà utilisé une telle méthode, un peu moins développée avec des textes littéraires.
Je vais en premier présenter l'objet d'étude et le replacer dans son contexte situationnel et communicationnel. Nous allons aussi questionner ce genre en essayant de le placer dans une évolution historique de ces dernières années. Quelques aspects théoriques seront aussi présentés avant de passer à l'application didactique proposée. Elle ne peut être qu'un plan, un canevas pour indiquer les grandes lignes d'un tel cours. En fait il s'agit de la présentation d'une série de séances de cours. Quant à la structure compositionnelle de ce genre, je vais la considérer comme définie et reconnue et elle ne sera pas discutée ici.
1. D'abord quelques mots de présentation de notre objet d'étude.
Chaque année, dans le courant du premier trimestre, les grandes sociétés et entreprises cotées en bourse doivent publier un rapport annuel qui présente les résultats économiques de l'année écoulée. C'est le cas aussi de toute société à action (ex. de type SA) ou à responsabilité limitée (ex. de type SARL).
Si on prend en considération le genre (ou sous-genre) du rapport annuel, on doit remarquer que son aspect, c'est-à-dire son édition peut énormément varier suivant la branche d'activités, suivant l'industrie dans laquelle telle ou telle entreprise est située. La mise en page, le choix d'images, d'illustrations, de graphiques, de couleurs et de polices de caractère connaissent des variations quasi illimitées. C'est d'ailleurs ce que l'on pourrait qualifier avec Kress & Leeuwen de discours multimodal en communication (2001), c'est-à-dire d'une activité discursive où plusieurs canaux et supports de communication sont entremélés.
On constate que de plus en plus le rapport annuel fait partie d'un ensemble que l'on pourrait qualifier de communication institutionnelle. Il joue donc un rôle important pour la mise en place d'une image de marque dans l'esprit des différents publics visés. On ne fait plus seulement de la publicité d'un produit, mais on avance les qualités d'un être moral qu'est devenue l'entreprise de nos jours. En quelques décennies l'image de l'entreprise est passée d'un lieu d'exploitation de l'homme à un lieu d'émancipation et de réalisation de soi. C'est une évolution très intéressante et il y aurait beaucoup à dire là-dessus.
2. L'évolution du genre du MdP
Le MdP a en peu d'années beaucoup évolué du fait de l'évolution technologique et de la médiatisation de nos sociétés. De la lettre ou éditorial au message et du message à l'entretien : l'évolution du genre est en fait une évolution de la communication dans nos sociétés et des moyens techniques utilisés dont nous disposons.
Quand j'ai commencé à m'intéresser au rapport annuel, il y a très longtemps, il fallait encore les commander et on les recevait par la poste. A l'époque l'information ne se distribuait pas aussi rapidement qu'aujourd'hui. Il fallait jusqu'à une semaine pour recevoir un tel paquet. En plus ce n'était pas accessible à tous. Il fallait montrer patte blanche. Etre enseignant avait quelques avantages. La communication entre le PDG et son public d'actionnaires prenait donc facilement la forme d'une lettre s'associant ainsi au genre épistolaire. La réponse attendue des actionnaires n'étaient pas alors une nouvelle lettre, mais plutôt un vote positif à l'assemblée générale, voire peut-être l'achat de nouvelles actions.
Aujourd'hui avec nos réseaux sociaux et un accès direct grâce à internet à toute documentation publiée, en quelques clics et quelques minutes vous pouvez télécharger le rapport annuel sur votre ordinateur. La tendance est de plus en plus forte dans notre société d'une communication directe, de l'utilisation de l'oral et du style conversationnel comme support de nos échanges communicationnels. On pourrait presque parler d'une société moderne du bavardage.
Les PDG, suivant cette mode nous proposent de plus en plus d'entretiens, d'ailleurs souvent fictifs, bien sûr. On peut parler ici d'une scénographie conversationnelle (on va y revenir). De plus en plus on voit que nous sommes passés du format de la lettre (qui est en fait un dialogue différé) à un format d'entretien, d'un dialogue, qui se veut direct et spontané.
Donc, quand le transport était lent, les PDG utilisaient souvent la dénomination mot et donnaient une forme de lettre à leur texte, aujourd'hui il est question d'un entretien, un entretien retranscrit !
Le lien donc à un hypergenre modèle (Maingueneau, 2004, 2010) n'est pas le même ; dans le passé ce serait celui de la lettre, dans les textes de 2013, ce serait le dialogue, la conversation.
Il peut y avoir des exceptions mais sur 10 sociétés testés pour 2013, on a : 8 entretiens, L'Oréal, Renault, Dassault, Michelin, Kering (PPR), Danone, Axa et Total ; 1 éditorial, Lafarge ; et 1 sans dénomination, MdP, Air France). Pour AXA, il y a un commentaire du Pdg, mais sous forme d'interview, des résultats. En dix ans environ on est passé de 2 à 8 sur 10 !
http://www.axa.com/fr/investisseurs/resultatsrapports/resultats/
http://media.renault.com/global/fr-fr/renaultgroup/Media/Topic/RelatedVideo.aspx?mediaid=54956&mediakitid=54955&nodeid=&pagetomediaid=54946
Il peut être intéressant de voir aussi la version orale, quand elle est disponible, de la présentation du rapport en assemblée générale. Certaines sociétés mettent même en ligne des enregistrements vidéos de l'AG et on peut même suivre sur son ordinateur en direct l'AG. (Renault, Axa)
Le MdP que l'on trouve dans un rapport annuel est le résultat d'un acte de parole du Pdg dans un certain cadre social sur lequel se greffe une certaine scène de communication. A cette scène de communication entre acteurs réels correspond une scène d'énonciation textuelle définie par le genre de discours.
3. La scène d'énonciation:
Dans le cadre d'une analyse textuelle, dans un premier temps on peut rechercher une mise en scène de notre objet d'étude. C'est ce que Maingueneau appelle la scène d'énonciation (je reprends ici la terminologie de la théorie de Maingueneau, présentée dans plusieurs livres, comme : 2010). Celle-ci contient trois plans complémentaires: la scène englobante, la scène générique et la scénographie.
- La scène englobante correspond au type de discours (Maingueneau) auquel le texte appartient, c'est-à-dire l'espace dans lequel il faut replacer le texte pour le situer, l'interpéter. A partir d'un certain cadre social s'établit un certain discours. Ici nous sommes en présence du discours économique avec une spécification et spécialisation tournées vers l'entrepreneurial, la gestion et les finances. Un objectif parmi d'autres de cette scène englobante peut être d'évaluer une évolution historique du type de discours et son adaptation à l'évolution sociétale.
- La scène englobante bien sûr ne suffit pas. Nous devons nous intéresser au niveau générique. C'est le deuxième niveau celui de la scène générique qui est, dit Maingueneau : "un dispositif de communication, un ensemble de normes, variables dans le temps et l'espace, qui définissent certaines attentes de la part du récepteur" et qui correspond au genre considéré. Ces normes sont très variées allant d'une finalité à un mode d'organisation textuel et un certain usage de la langue. Ici, dans notre exemple, les attentes sont celles en premier lieu des actionnaires, mais aussi de la presse économique, des concurrents et d'un petit public d'intéressés, surtout sans doute des enseignants et de petits actionnaires.
- A cela s'ajoute un troisième niveau la scénographie. La scénographie est cette situation où l'auteur-locuteur du MdP établit une relation avec son public d'initié et lui propose un texte spécifique. Maingueneau écrit : "La scénographie est à la fois ce dont vient le discours et ce qu'engendre le discours". A partir du genre - donc de la scène générique - le texte, avec certaines variations possibles, utilisera certains moyens scripturaux ou autres (graphiques, iconiques, images, etc.) pour communiquer un ensemble de thèmes au nombre limité liés au genre et à l'entreprise, et développés de façon variable par l'auteur. Tous les thèmes principaux présents ne sont jamais introduits et expliqués (public modèle, U. Eco). Ils font partie d'une base commune de connaissances présentes dans le milieu économique et connus de tous. En fait la scénographie correspond à une scène unique, celle du texte concret considéré et qui est le résultat d'une mise en texte par un auteur-locuteur dans le contexte situationnel de son entreprise.
La scénographie de notre objet d'étude se construit sur une scène générique assez routinière dans son contenu thématique, mais avec une médiatisation qui peut fortement varier.
Cette configuration scénique à trois niveaux est un outil utile à l'analyse. Nous y reviendrons avec les tâches.
4. La composition textuelle :
L'autre base théorique importante est la structure compositionnelle. Celle-ci peut être relativement complexe suivant le genre et la longueur du texte. C'est le cas du MdP qui a une structuration que je qualifierai de dédoublée, à la fois séquentielle et en réseaux. Retrouver les détails de la structure compositionnelle doit permettre à la fois de reconnaître les moyens mis en oeuvre par l'auteur pour établir un plan de texte, mais aussi la configuration globale du texte, c'est-à-dire en fait principalement les liens entre la thématique développée (thèmes principaux), une macro-structure sémantique (un résumé) et des actes illocutoires (objectifs visés).
Dans un premier temps La structure compositionnelle d'un texte peut être considérée de la façon suivante :
1) le plan de texte général (qui se décompose en une ou plusieurs séquences du même type ou différentes)
2) la structuration séquentielle (qui se décompose en macro-propositions déterminées par chaque modèle de séquence dont elles font parties)
3) la structuration des macro-propositions (qui se décompose en une série de proposition-énoncés ou minimales, construite sur le modèle thème-rhème)
Le MdP peut se décomposer en une ou plusieurs séquences où l'on va retrouver un certain nombre de macro-propositions relativement libres et peu hiérarchisées (comparable aux étapes (ou moves) de Nickerson & De Groot) Elles sont, au maximum, du nombre de sept :
une phatique de prise de contact, (qui peut se décomposer en sous-parties)
une sur le contexte économique ou conjoncture,
une sur les résultats financiers de l'exercice passé,
une sur les objectifs visés et leurs succès,
une sur de nouveaux objectifs d'avenir,
une sur la stratégie préconisée.
et une de remerciements
A cela doit-on ajouter souvent une séquence introductive sous forme de chapeau ou comme premier paragraphe du texte (ou les deux). Certains thèmes préférés et choisis par l'auteur seront souvent introduits en début de texte et développés par la suite.
Ces séquences / macro-propositions ne sont que rarement toutes présentes, au contraire, le plus souvent certaines sont laissées sous silence et ceci sans doute pour de bonnes raisons. On peut trouver des exemples où seuls sont indiqués le contexte économique (ex : Axa). Dans de tels cas, la situation de la société n'est sans doute pas bonne. Une utilisation du modèle générique permet ainsi d'analyser et de dévoiler la situation financière concrète de l'entreprise.
Une étude de plusieurs MdP montre que l'agencement des séquence/macro-propositions n'est pas que linéaire sous forme de blocs fermés mais qu'il peut y avoir des renvois à des développements ultérieurs. C'est en retrouvant la progression thématique souvent éclatée que l'on peut le constater. On s'en rendra compte surtout en notant la répétition de co-occurences de lexèmes en plusieurs endroits dans le texte.
Arrivé ici et avant de passer aux propositions didactiques, considérons l'exemple choisi de Renault 2013.
Chaque tâche représente en fait un travail important qui nécessiterait au moins une séance chacune. Les étudiants seraient appelés à se préparer : lire la théorie, préparer des suggestions qui seraient ensuite présentées et débattues en cours. Le résultat final serait obtenu par la discussion des différentes propositions et une synthèse finale.
De plus il sera nécessaire pour chaque tâche de donner une petite introduction de la théorie correspondante et donner des lectures appropriées, ce qui bien sûr aussi demande du temps.
Un des objectifs de la méthode est aussi de permettre aux étudiants de pratiquer la langue française. Dans la mesure du possible nous tentons d'établir un dialogue didactique avec les étudiants.
5. Propositions d'activités :
Tâches à effectuer :
- 1ère tâche : La langue
Prise en main, défrichage
C'est pour moi une prise en main du texte, une première lecture. Dans une situation d'enseignement réelle avec des étudiants, il y aura sans doute besoin en premier lieu d'expliquer le vocabulaire. Ici nous sommes dans un domaine assez spécialisé, ou semi-spécialisé, mais que l'on peut très bien rencontrer dans la vie active. Dans de nombreux métiers et de situations professionnelles variées il s'avère de plus en plus nécessaire d'avoir des connaissances de base du vocabulaire économique. Une partie de ce vocabulaire est devenue assez courante dans la presse et les médias de grande diffusion. Un premier travail de compréhension et d'apprentissage du vocabulaire doit donc être le point de départ.
Au vocabulaire s'ajoute toute une série d'informations non explicitées par le texte mais nécessaire pour comprendre le jeu de l'énonciation. Exemple : sur la concurrence et les résultats réels des différentes marques du groupe.
Ensuite, je dirais, il est nécessaire d'effectuer une deuxième lecture : faire dans un premier temps une analyse sémiotique visuelle, de l'ensemble, c'est-à-dire le titre, le chapeau, l'image et la transcription de l'entretien et sa mise en page (l'étiquette donnée). Cela signifie de prendre en considération l'utilisation d'images, de couleurs et de polices de caractères variables, remarquer les parties de texte mises en avant. On peut aussi s'arrêter sur quelques lexèmes apparemment importants. Le titre par exemple est intéressant du fait que certains lexèmes comme'stratégie' sont mis en avant (mots à la fois magiques et sorte de topos du genre). On devrait en trouver par la suite certaines co-occurences. C'est un premier travail de défrichage avec quelques informations à réutiliser par la suite. (On touche là à plusieurs niveaux de la linguistique textuelle). Cette prise en main ouvre déjà quelques pistes et nous permettrons de commencer une première interprétation.
- 2ème tâche : la scène d'énonciation (de l'énonciation au genre)
Dans un deuxième temps, Je proposerai de replacer le texte dans les contextes qui ont permis sa production. C'est le cadre social, ici celui de l'entreprise, les scènes englobante, générique et la scénographie. Donc retrouver la scène d'énonciation et surtout ici la scénographie : c'est-à-dire qui parle et à qui ? Où se situe l'énonciateur-créateur de l'énoncé (n'oublions pas transcripteur d'un pseudo-entretien), donc l'espace spatio-temporel. Quel est le rôle joué par le locuteur-auteur ? Quelle image veut-il donner de soi ? A-t-on un auteur qui se cache ? Les pronoms personnels sont normalement rares, donc prétention d'objectivité. Utilisation de chiffres, faits, etc.
En présentant le type de discours et le genre ci-dessus, nous avons déjà en partie répondu à cette tâche. Ensuite on peut demander de décrire et définir le genre : un genre ici plutôt routinier avec une présentation d'informations attendues. Les paramètres qui aident à déterminer un genre ne sont qu'en partie linguistiques. Un genre est reconnu car typé mais surtout il est reconnu par le public visé, par un public avisé pourrait-on dire. C'est la bonne adéquation entre d'un côté l'activité de production écrite ou orale du locuteur et de l'autre l'activité de compréhension, de décodage et d'interprétation du récepteur-destinataire, souvent considéré comme un lecteur modèle (Eco).
- 3ème tâche : Structure compositionnelle et analyse thématique
L'objectif ici sera, à partir du modèle proposé précédemment, de retrouver le ou les séquences et les macro-propositions génériques et leur organisation textuelle en plan de texte. Voir aussi tout écart par rapport au modèle, si c'est le cas. C'est donc le niveau de la structure compositionnelle dont il s'agit. Ce niveau me semble essentiel pour pouvoir produire une analyse fine de l'ensemble du texte.
Pour retrouver les liens structurels sémantiques de la composition du texte, nous disposons d'un certain nombre d'outils d'analyse des autres niveaux (en fait on peut avoir besoin de tous les autres).
En règle générale, dans un premier temps, il va s'agir d'effectuer une analyse propositionnelle et de retrouver la progression et la structure thématique, et ceci parce qu'elle permet de déterminer les thèmes-topics centraux et les changements de focalisation.
On peut parler ici de mots-clés, de lexèmes porteur d'un sens déterminant pour la compréhension et l'interprétation correcte du texte. Et c'est autour d'eux que s'organise la structure compositionnelle.
Il peut être productif d'effectuer comme une double analyse, à la fois retrouver d'un côté la progression thématique et de l'autre, des isotopies lexicales, des relations endophoriques, ce qui peut permettre de retrouver une structuration en réseau.
Tout ceci peut être un travail assez fastidieux et qui demandera sans doute du temps à notre groupe d'étudiants.
- 4ème tâche : Orientation argumentative
Relever ce dont on parle et ce dont on ne parle pas. Ce qui devrait nous indiquer une orientation argumentative claire. Il est certain que dans ce type de texte, l'objectif plus ou moins avoué est de présenter des résultats positifs et si ce n'est pas possible, malgré toutes les possibilités rhétoriques de manipulation, de pouvoir donner une explication, une justification à cela. C'est là que le thème du contexte ou conjoncture joue souvent un rôle essentiel.
Dans le texte de Renault je peux prendre deux exemples : d'abord les résultats sont présentés positivement pour le Groupe. Le Pdg parle toujours du groupe ; cela ne surprendra pas quand on sait que le groupe comprend Renault mais aussi Dacia qui connait un franc succès ; deuxième exemple le véhicule électrique, seul résultat présenté négativement. Là aussi il apporte un argument de défense fort : Renault est no 1 en Europe. En réalité les ventes sont très faibles. Il fait aussi référence à la concurrence qui semble suivre l'exemple de Renault.
A cela peut être rattaché d'autres questions.
Une nouvelle activité liée à la précédente sera de rechercher les marques linguistiques de connexion qui organisent et segmentent cette visée illocutoire. Par exemple ce peut être l'utilisation de certains connecteurs dans les cas d'une orientation argumentative présente dans le texte. On peut par exemple décrire comment sont organisées la présentation et succession d'arguments positifs face à des faits négatifs ? Gohsn fait ici du "oui mais". Il y a relativement peu de connecteurs argumentatifs dans ce texte. J'en ai relevé seulement trois.
Autre tâche : relever des exemples d'expressions modales d'évaluation, à but mélioratif. L'énonciateur manifeste-t-il sa subjectivité et son attitude à l'égard de l'énoncé. Cela sera souvent exprimé par des SN, adverbes et adjectifs mélioratifs afin de souligner les succès acquis et leur importance. Mais dans ce type de texte l'auteur tente de rester objectif et on trouve en fait peu de ces marques (un exemple est celui de la nouvelle Clio où il est question de "renouveau du design").
Dans cette liste de tâches, en toile de fond, on retrouve en fait les différents niveaux (ou modules) de la linguistique textuelle du modèle d'Adam, que sont la texture (propositions énoncées), la structure compositionnelle (séquences, plans de textes), la sémantique (représentation discursive), l'énonciation (responsabilité énonciative), les actes de discours (orientation argumentative) et leurs interrelations, car ils interagissent.
6. Résultats et explications
L'objectif a été de donner quelques exemples de tâches, d'activités dans le cadre d'une analyse textuelle.
L'ordre des tâches n'est pas forcément obligatoire, même si conseillé, et peut donc varier.
Je pense ainsi avoir montrer la potentialité didactique de la linguistique textuelle et la place centrale qu'y occupe la composition textuelle.
Et je vais seulement, pour terminer, présenter quelques aspects de la structure compositionnelle de notre exemple et surtout souligner l'existence de quelques liens réticulaires (voir ci-dessous).

L'article possède deux images présentant le MdP et son interprétation graphique. Elles n'ont malheureusement pas pu être téléchargées.


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