Entre visible et invisible, l'énigme du survisible

Serge Venturini

Aromates venus de la terre, nous brûlons vers le ciel.
Nous sommes passage entre les mondes, fumée colorée, odoriférante. Parole bruissante, parole parlante et non parlée.
Maintenant je ne suis que silence. Je fais en moi tout le silence. Je me défais de tout ce que je suis, de tout ce que j'étais.
La nature me voit et la nuit m'attend. Le poète quand il est voyant est un homme habité, - possédé par la poésie.
Homme absent, homme aveugle, mais tout entier dans la parole poétique, dans la poésie même, plus léger qu'un bouchon, - abandonné à la poésie.
Nous sommes dans le survisible.
Inscription, voire palimpseste du visible dans l'invisible. La poésie demeure cette traduction de la vision de la nature et des mondes.
L'art qui est émotion est un acte du survisible. Partant du visible, le regard plonge plus loin dans le mystère et la profondeur de l'invisible, - celui du VOIR en acte.
- Déjà, nous surgissons ! De la profondeur, nous émergeons vers plus de profondeur encore. Nous voilà aux confins du monde des présences.
La conscience charnelle ouvre ses portes. Nous revenons à… - Enfin tout reprendre !
Nous jaillissons des lisières et franchissons les seuils, étape après étape. Puis la déflagration, le choc, l'émotion, les multiples percussions, la confusion des vibrations.
- Vitesse ralentie. Ah ! Perte de la raison. Vertiges ! Rires ! Hallucinations sonores et olfactives. - Retour du silence.

Paris, le 1er novembre 2007


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