MATIÈRE DU TRANSVISIBLE

Serge Venturini

La poésie du transvisible avance dans la nuit à tâtons,
elle marche en aveugle avec les yeux de la voyance,
et sa parole bégayante rougeoie aux hommes de l'horizon,
quand l'horizon est en feu et que la guerre gronde.
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La poésie du transvisible est une poésie du seuil,
― mais du seuil franchi, c'est le début de quelque chose.
Prélude qui se met en mouvement contre l'ordre du monde,
quand rien ne sera plus comme avant, quand rebrousser chemin
n'est plus possible, ― les hostilités commencent.
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La poésie du transvisible est marche, ― élévation.
Elle part d'une limite, marquant un passage à un autre état,
vers une autre situation. En cela, elle est une poésie du pas,
― du passage dans un au-delà de la poésie même. Elle avance
forte pluie, vent de printemps, porteuse de ce qui n'a jamais été.
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La poésie du transvisible, ― fille des vents galactiques,
n'a de cesse que de franchir des seuils vers d'autres mondes,
d'aller au-delà du liminaire pour tournoyer, ― étoile
dans l'ondoyante stridulation des grillons de l'inaccompli.
Elle recèle en son flamboyant mystère une turbulence brutale.
― Or, dans l'inconnu, elle brûle d'inapaisable.
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Paris, le 25 mars 2008


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