BRILLENT LES PERLES DU TRANSVISIBLE

Serge Venturini

La perle que la coquille du temps
et de l'espace ne peut contenir.
Hâfez de Chiraz (1320-1389)

Pas à pas j'avance dans le scintillant brouillard. Je traverse à toute vapeur le transvisible. Je vais errant dans l'eau troublée de ton regard, ― tastonnant aveuglé, dans la brume, ― égaré. Je ne suis qu'un rossignol que personne n'écoute. Je vois, brillants dans tes yeux, tant de paysages. Je voyage loin, au-delà même de tout voyage.
Mes feuilles de papier volent, je les jette, une bonne main les ramasse, je les jette encore, ― ce ne sont rien que des perles. Le livre est acte de courage que rien n'arrête. Et les perles roulent pour d'autres mains. Je suis cette goutte du devenir, ces larmes de joie. J'ai laissé les chemins qui ne mènent nulle part, ― mais je n'ai pas oublié le chemin du rire.
Même mort, je garderai toujours les yeux ouverts. Je n'entends que la colère, oui, la vraie colère ! Colère, fracas du rire qui tue comme la foudre. ― Fuyard ? Je ne suis pas l'un de ceux qui trahissent. Tes lèvres irisées sont aussi belles que ta bouche. Là, ― tu as un splendide pourpris touffu de roses. Et, le rossignol n'a de cesse que de chanter.
Paris, le 9 avril 2008


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