Daniel Weyl

Enseignant(e)-Chercheu(se)
Mon esprit rebelle s’est tôt dressé contre la toute-puissante raison, considérant notamment qu’elle n’était qu’une faible émergence de la capacité cérébrale. Le questionnement qui continue de me tourmenter s’est donc tourné vers les manifestations de l’esprit qui ne s’y réduisaient pas. Piaget montre que le symbolique joue un rôle important dans l’acquisition enfantine de la langue avant l’apprentissage de l’abstraction nécessaire à sa maîtrise. Le symbolique ainsi défini pouvant se ramener au « couple infernal » métaphore-métonymie, tout cela ressemble furieusement à de la poésie, concrétisation la plus visible d’un fonctionnement autre de la langue, fulgurance transgressant le sémantique (voir « L’anamorphose langagière, réflexion sur le signifiant » in Créliana n° 3, Université de Haute Alsace). Ces processus jouent par ailleurs un rôle important dans l’humour (plusieurs articles publiés dans le cadre des travaux du Centre de recherche interdisciplinaire sur l’humour de Paris 8, dont, accessible sur mon site perso : « L'Abominable Haddock au Tibet »). Mais c’est l’art surtout qui se présente d’évidence comme une énigme face aux théories du langage, toutes fondées a priori sur la raison.
Le cinéma m’a paru un champ particulièrement ouvert à ce genre d’approche, n'étant pas vraiment chasse gardée des académies, et ensuite en tant que pratique sociale appropriée à la sensibilité contemporaine la plus largement diffusée. A condition que la notion d’art ne soit pas affadie par la toute-puissance du divertissement de masse…
On peut y saisir à l’œuvre dans ses productions les plus hautes, relevant du symbolique, un travail sous-jacent, dont le concept d’écriture tel que l’a affermi Derrida peut fournir le modèle : combinatoire purement langagière, non réglée par la représentation, mettant en question la notion de sujet (voir, D.W., Septième art : du sens pour l’esprit, L'Harmattan, 2006). Il ne s’agit nullement de formalisme mais du seul moyen d’extériorer une spiritualité impensée, par la transformation d’un matériau électif (voir D.W., Souffle et matière. La pellicule ensorcelée, coll. Champs visuels, L'Harmattan, 2010). Autrement dit, on ne confond pas art avec esthétisme. L’art cinématographique, "cinématographe" de Bresson, est, selon moi, l’héritier profane des pratiques sacrées nécessaires à la santé de l’esprit humain, qui n’est pas automatiquement régulé par un principe structurel. La question du cinéma a donné lieu à des collaborations avec des revues comme "Eclipses", "La Revue du cinéma", "Cinergon" et "La Pensée" (articles reproduits pour certains sur mon site perso).


Enseignant de cinéma (18e section) à Paris 8 pendant vingt ans puis pendant dix ans à l'Université de Haute Alsace comme co-fondateur de l'Option cinéma. Intervenant extérieur au Collège International de Philosophie.
pagesperso-orange.fr/daniel.weyl/
adresse email envoyer un mail à l'auteur

Renseignements

Titre(s), Diplôme(s) :
Docteur ès lettres

Fonction(s) actuelle(s) : Enseignant(e)-Chercheu(se), Intervenant extérieur au Collège International de Philosophie

Né(e) le 29/06/1942 à Brive (19)

Pays d'origine : France

Résidence

5 rue Beethoven
67000 Strasbourg
France
tel. 0631656255 / 0631656255

Bibliographie

Autres parutions

Dictionnaire de langue molle, Ed. Ressouvenances, 2019

Articles de presse

ARTICLE PARU DANS LA REVUE "SÉQUENCES"
Pierre PAGEAU
Revue "Séquences", n° 317, janvier 2019
ARTICLE PARU DANS LA REVUE "SÉQUENCES"
Pierre PAGEAU
Revue "Séquences", n° 317, janvier 2019