Didier Thurios

Gestionnaire
La province. Au sud. Entre DS 21 et Renault 12, formica et skaï. Pompidou va écraser sa dernière cigarette, Giscard affûte son accordéon et ses arguments de campagne. Il y a des femmes dans la rue. Qui manifestent en pantalon à pattes d'elph. Coupe au bol. J'ai dans les treize-quatorze ans. A la radio Mick Jagger implore Angie, Bowie pisse dans le port d'Amsterdam. Ma chambre. Des posters de Gerd Müller et de Johann Cruyft sur les murs. Un globe terrestre que mon doigt ne cesse de balayer dans tous les sens. J'ai deux vies. Celle du dehors, le foot, les copains. Sociale, ouverte, en pleine lumière. Et puis l'autre, inavouable : J'écris. Un début de roman. Des bribes d'histoires. Je me lève la nuit pour vomir des poèmes, le genre de pratique nocturne aussi honteuse que l'autre. Personne ne sait. C'est plus fort que moi, c'est quelque chose qui décide pour moi, qui me dicte. Je suis seul dans ce cas, forcément. Ça va durer des années. Fermez les guillemets.
La vingtaine, le travail, la fête, le sport toujours, des voyages…
J'ai renoué avec l'écriture passée la trentaine, via la musique. Idée de réconcilier pop rock et chanson dite à texte. Besoin incoercible de marier riff de guitare et poésie. Jeter des passerelles entre le corps et l'âme. J'écris paroles et musique. Je chante mes chansons. Le groupe fait partie de la sélection du Printemps de Bourges. Bien… Mais le sentiment désagréable que la poésie, les mots dans leur diversité, manquent singulièrement d'espace et de temps dans une chanson. Format restreint, règles draconiennes, trop peu de temps pour installer une atmosphère, nécessité d'un refrain simple. Frustration. Certitude tout à coup que la littérature, la poésie n'ont pas toute leur place dans ce cadre-là. Gainsbourg avait raison, la chanson est un art mineur…
C'est le voyage qui m'a rendu le véritable plaisir des mots. D'abord l'Europe et le Maghreb, le Moyen-Orient, l'Amérique du sud, l'Asie du Sud-est. Des périples de plus en plus longs, plutôt des vagabondages sans but ou défis à relever. Seul, puis avec femme et enfant. C'est durant ces voyages au long cours que j'ai redécouvert le bonheur absolu et inégalé d'écrire. L'année 2004. Un an sur les routes d'Asie, entre Inde et Turquie…
Puis la vie d'ici qui reprend, quelques premiers prix de poésie reçus des mains de poètes et écrivains tels que Philippe Annocque, Abdelmajid Kaouah, René de Obaldia, qui me poussent à présenter mes écrits. Mes carnets de route : "Désorientales", le récit de voyage de cette année 2004. Un livre qui n'avait pas vocation à le devenir, paru aux éditions Le manuscrit.
Echappée (Poèmes nomades) est mon premier recueil de poésie. Ces poèmes-là ont été écrits entre Pondichéry et Istanbul, le long des routes de la soie. En espérant qu'ils parviennent à entraîner le lecteur vers cet Orient si mystérieux et si fascinant…

Didier Thurios est né en 1960 dans le Tarn. Quand il n’écume pas les chemins poussiéreux de la planète, il vit et travaille à Toulouse. « Echappée » est son premier recueil de poésie.
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Renseignements

Fonction(s) actuelle(s) : Gestionnaire

Né(e) le 21/09/1960 à Labastide-Rouairoux (Tarn)

Résidence

55 rue Durand
31200 Toulouse
France
tel. 05 61 57 85 17 / 06 25 18 11 03

Bibliographie

Autres parutions

- Désorientales (ed Le Manuscrit.com)
- Vents arabesques (ed Le solitaire)- Prix de l'Académie des jeux floraux 2012