Bénédicte Froger-Deslis

L’auteur, Bénédicte Froger-Deslis, signe son premier roman. Elle a vécu et vibré en Afrique, sur tous les continents, s’est frottée aux cultures et sensations. Guyane : puzzle humain, attachement au monde invisible, puissance de l’interaction entre deux univers : le nôtre et… l’autre. Aujourd’hui, elle se partage entre un Congo de ténèbres et lumière, et son village de Montmartre. Animatrice d'atelier d'écriture - Aide à la rédaction de manuscrits - Rédaction d'articles pour sites internationaux et clubs.


Je suis née à Paris. Dans un couffin suis partie à Épinay sur Seine, dans ce 9-3 qui à l’époque ne recevait que les Pieds-Noirs, ne brûlait pas mais sentait déjà le ghetto. A dix ans, direction Tours. Un seul objectif, revenir à Paris. Cette idée fixe m’a entraînée vers le secrétariat, alors que je rêvais d’être prof de lettres. Paris, capitale des meilleures écoles d’Assistantes, m’a formatée, appris à ranger, planifier, sourire sagement et professionnellement. Puis un jour, tombe du ciel un beau militaire qui prend mon doigt, ma fantaisie, et me glisse dans son paquetage. La turbulente rousse devient calme, déménage (oh, combien de cartons à mon actif !) de la Picardie à la Guyane en passant par l’Afrique, les landes bretonnes, la glorieuse Nantes, la Nouvelle-Calédonie.
Guyane, là où l’écriture me ronge les sangs. Guyane où les moustiques pullulent, hantent mes nuits, transformant ma peau en prurit géant. Je comble alors les insomnies en écrivant, inlassablement. Le jour, j’éduque mes quatre ouistitis, la nuit, je me gratte et écris. Je lance mon manuscrit auprès d’éditeurs, essuie moult refus, railleries. Je continue. Je demande au Dieu de là-haut de me laisser encore cent cinquante ans sur la planète terre pour arriver à mon but : être éditée, écrire, écrire, écrire. Le Dieu de là-haut m’apprend à supporter la vie, les frayeurs (pas toujours facile d’épouser un guerrier), la patience et l’humour (exténuante, la vie avec quatre enfants rebelles). Puis c’est Djibouti (très chaud, très envoûtant), la Francophonie (deux dictées gagnées : Djibouti, Addis-Abeba), Paris et encore un mari sur tous les fronts. Je reprends mes manies d’assistante de direction, jette un œil… deux yeux… sur les enfants qui devenus ados ruent dans les brancards. Et j’écris, j’écris !
Été 2010 : je clame au cosmos que maintenant c’est moi qui décide de ma vie. Finis les ronds de jambe ! Je dépose mon roman. Et le 2 octobre, alors que je viens d’atterrir au Congo, bingo ! L’Harmattan a été séduit par mon Café de l’Espérance. Le but est atteint : démarrer ma vie d’écrivain. Entre deux avions, deux pluies diluviennes, deux inondations, j’écris, j’écris, me relève la nuit, prie pour mes personnages, pleure ou rit avec eux (ils sont devenus si réels), étonne, crée ma réalité. Surprise, surprise ! L’enfant soumise d’autrefois a quelque chose à dire, gagne le concours Dis-moi dix mots de la francophonie (décidément, c’est une marotte), rédige des articles pour des clubs d’expatriés-aventuriers, défile dans les rues pour sauver la langue française, et… écrit, écrit, écrit. Sans cesse, écoute la musique des mots, sue sur son texte, se torture les doigts sur clavier ou papier. Jouissif !
Le mari n’est plus militaire, mais l’épouse écrit de plus en plus. Trépigne, traque coquilles, s’échauffe la cervelle pour une virgule mal placée, observe, fait feu de toute anecdote ou facies particuliers, s’immerge dans toutes les cultures, prend les accents des contrées visitées, s’enivre de mots. Bref, écrit, écrit, écrit.
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Renseignements

Institution de travail :
benefd@hotmail.fr

Fonction(s) actuelle(s) : Ecrivain(e), membre d'un café littéraire ; membre de l'Association

Pays d'origine : France

Bibliographie

Autres parutions

aucun