Zounga Bongolo

Né à Brazzaville, le 16 mai 1955, Jean-Claude Zounga Bongolo est Congolais. Après avoir fait ses études primaires et secondaires au Congo, il va aux études en ex-URSS à 1973. Faculté préparatoire faite à Kiev, il part pour Leningrad à l'institut pédagogique Herzen, où il obtient son master en philologie en 1978.



En 1974, fasciné par la poésie russe, principalement celle de Pouchkine, Lermontov et Essenine, il commence à écrire ses premiers poèmes. Mais en 1976, il se crée dans l'Afrique du Sud encore tenue par le régime de l'Apartheid, un événement qui va secouer amèrement l'auteur. Ce sont les massacres des étudiants Soweto. Bouleversé, il entame son premier roman intitulé "l'enfant prodigue de Soweto" qui ne paraîtra que 7 ans plus tard, en 1983, aux Nouvelles Editions Africaines de Dakar.





Rentré au pays en 1978, Jean-Claude Bongolo enseigne la langue russe et la philosophie marxiste au lycée technique Poaty Bernard de Pointe-Noire. En 1982, il repart en URSS dans son institut pour la préparation un doctorat de philosophie, option communisme scientifique, qu'il obtient en 1985.



Revenu au Congo en 1986, il sera professeur de communisme scientifique à l'Ecole Supérieure du Parti (PCT) où il dirige en même le service "mémoires et thèses". La même année, il participe au festival international de poésie de Brand Bassam, en Côte d' Ivoire.

Toujours en 1986, la comédienne Jacqueline Lemoine, pensionnaire du Théâtre National sénégalais, s'inspirée de son roman "l'enfant prodigue de Soweto" pour en faire une pièce de théâtre qui sera joué par le Sorano-Théâtre de Dakar sous le titre "Mot de passe : Azanie".



L'année suivant, il va en Inde pour participer à la conférence internationale des jeunes écrivains Afro-asiatiques.



En 1988, aux Nouvelles Edition Africaines de Lomé, il sort son deuxième livre, "Les sorciers de l'île Tibau", un roman révèle du conflit interne auquel se livre l'intellectuel africain entre le marxisme-léninisme qu'il enseigne et la réalité africaine, foncièrement soudée à sa chrétienté, elle-même opposée à l'animisme ambiant.

L'année d'après, en 1989, l'Europe de l'Est est secouée par le vent de la Perestroïka. Celui-ci n'épargnera pas l'Afrique noire. Elle commence par la poussée vers le renouveau démocratique dans tout le continent. Ici et là s'organisent les conférences nationales. A cette époque, l'auteur écrit son troisième livre intitulé "Tribuculose", une semonce contre le tribalisme qui, géré dans les conditions de dictature monocratique, a créé des monstres politiques dans le continent noir.



Mais avec l'arrivée de la Perestroïka, c'est aussi la fin de l'ère monocratique. L'Ecole



Supérieure du Parti de Brazzaville est fauchée de plain-pied. Cependant, dans ce tourbillon politique qui ravage le pays, l'auteur a choisi son camp. Il soutient bec et ongles l'arrivée du renouveau démocratique dans le pays ; et, dans la foulée, il crée son propre journal, "La Rue meurt" qui, à la longue, deviendra l'un des principaux piliers de la démocratie. Son journal soutiendra l'opposition triomphante au Congo.



Devenu journaliste, Jean-Claude Bongolo se lance, avec un réel succès, dans le combat politique. Nombreux sont les congolais qui disent que "sans La Rue meurt, la démocratie aurait eu beaucoup de mal à s'implanter dans le pays".



Mais le combat de la presse libre a été long, fastidieux et très dangereux pour l'auteur, à tel point qu'il a dû mettre de côté la littérature pour se lancer essentiellement dans la presse. Sans être "le journal de l'opposition", Jean-Claude Bongolo soutient que La Rue meurt est un "journal d'opposition" : opposition contre la médiocrité, contre le triomphe de la fausse conscience, contre la corruption, contre la bêtise humaine tout court.



Aussi, durant les trois guerres civiles connues par le pays dans la dernière décennie du XXème siècle, la Rue meurt a tenu à paraître même aux heures graves de la guerre, allant parfois imprimer son journal à Kinshasa, dans la capitale voisine.



Mais la troisième guerre, celle de 1998, fut dévastatrice pour l'auteur. Son matériel informatique entièrement dévasté ; il fut transporté lui-même par dans la houle guerrière, au milieu d'une foule immense estimée à plus de 400.000 personnes. Pendant onze mois, il restera dans les forêts du Pool, un département dévasté, dans la disette générale où même le sel manquait.



Ici, pendant la guerre, sollicité par le pasteur Ntumi, chef de fil de la milice Ninja rebelle, Jean-Claude Bongolo dirigera la Radio Royale Kongo (RRK). Grâce à cette radio, la guerre à huis clos imposée par le pouvoir n'a pu avoir lieu. Sa chape de plomb sera dégagée par les journalistes pris en otage, qui ont informé la communauté internationale.



Une année plus tard, au sortir de la guerre, il reprend son journal dans des conditions d'hostilité vis-à-vis de la presse libre privée.

En 2004, il est frappé d'un accident cérébro-vasculaire qui le rend partiellement inapte. Mais nonobstant l'interdiction du médecin qui ne lui permet plus ni lire, ni écrire, l'auteur prend refuge dans sa poésie, écrite naguère en ex-Union Soviétique. Au prix de maints efforts et - disons-le - avec la grâce du Tout-puissant, son cerveau a repris à fonctionner normalement. Alors, peu à peu, il abandonne le journalisme pour s'adonner à son ancien amour, la littérature. Du font de son tiroir, il exhume ses vieux ouvrages datant parfois de plus de trente ans, principalement la poésie, les romans, les nouvelles et des pièces théâtrales qu'il réactualise dans le but de les publier tous.

En 2006, exacerbé par la mort d'un étudiant sénégalais à Saint-Pétersbourg, il a publié aux éditions Paari un roman intitulé "Un Africain dans un iceberg" dans lequel il relate son séjour dans l'ex-Urss.

En 2011, les éditions l'Harmattan ont publié un livre de Zounga Bongolo "l'arbre aux mille feuilles", un roman dans lequel il relate la tragédie de la révolution congolaise du temps de la JMNR.

En 2012 devrait paraître, en principe, aux éditions Paari le premier ouvrage écrit de ses mains, "Monsieur l'Argent", dans lequel il stigmatise la vie des commerçants ouest-africains en Afrique centrale.

De nombreux autres ouvrages attendent leur parution dans les maisons d'édition africaines et occidentales. Avec le retour à la littérature, Zounga Bongolo entend connaître sa renaissance.

Bibliographie

Autres parutions

- L'enfant prodigue de Soweto, Nouvelles Editions Africaines, Dakar, 1983

- Les sorciers de l'île Tibau, Nouvelles Editions Africaines, Lomé, 1988

- Un africain dans un iceberg, impossible amour à Saint-Pétersbourg, ed. Paari, Paris 2006