Françoise BOUVIER

Mon propos concerne tout à la fois l'avortement, la contraception et le statut de l'embryon.
Il s'agit d'abord de l'étude, sur vingt siècles, de l'appréhension de l'avortement par la société, avec des périodes juridiquement distinctes : avant la révolution française, la période révolutionnaire, la période napoléonienne, les années 20, Vichy et l'après-Vichy, les années 70.
Puis c'est l'étude de la tolérance de l'avortement à partir de 1975 puis du droit à l'avortement à partir des années 2000.
Il s'agit d'un droit très novateur : c'est notamment la première fois qu'une mineure peut prétendre à un acte médical avec le seul concours d'un adulte référent, sans l'autorisation de ses parents.
Parallèlement à l'étude juridique, l'étude sociétale frappe par sa violence. Il y a bien sûr le rôle et le poids de l'Eglise, mais aussi du pouvoir politique, et enfin des mouvements féministes.
Avec ce constat étonnant : depuis 1975 et probablement depuis toujours, le nombre d'avortements reste constant : aux alentours de 200 000 par an.
Ce constat montre l'inefficacité de la répression. Plusieurs pistes de réflexion ont été explorées, après interviews de sages-femmes, médecins, psychologues, psychanalystes. Chacune d'elle contient certainement la part d'une vérité qui n'est pas univoque. Incapacité pour la femme de dépasser un vécu difficile avec sa mère, démonstration de toute-puissance dans le domaine où on l'a pendant longtemps cantonnée, affirmation d'une liberté paroxystique, refus d'un enfant qui n'est pas programmé, impossibilité de s'affranchir de sa culture d'origine qui refuse la maternité hors mariage ou même la conception avant le mariage, volonté de se savoir féconde mais refus d'enfant, pulsion de mort et même forme d'autolyse.
Après l'examen des progrès enregistrés par la contraception, et notamment son évolution depuis la loi Neuwirth, il faut en constater les insuffisances actuelles et les problèmes rencontrés par les mineures.
Au final, un essai de définition du statut de l'embryon fait une nette distinction entre l'embryon in utero, totalement dépendant de sa mère pendant les douze premières semaines de grossesse, et l'embryon ex utero qui, avant son implantation, échappe au pouvoir de la mère mais dont le sort dépend soit des deux parents, soit du législateur. Les travaux scientifiques les plus récents éclairent encore insuffisamment la question de son humanité.

Titulaire d'un doctorat d'Etat de droit international privé de l'université de Paris II. Collaboratrice d'un avocat à la Cour de cassation et au Conseil d'Etat. Maître de conférences à l'université de Paris XI puis à l'Université de Franche-Comté pour exercer des responsabilités politiques dans cette région. Elue maire d'une commune de 4 000 habitants en 1995, réélue en 2001 et 2008. Vice-Présidente d'un conseil général puis d'une communauté d'agglomération, en charge successivement de l'économie, de l'éducation, des laboratoires de recherche et pôle de compétitivité.
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