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Pierre PICCININ da PRATA

Pierre PICCININ da PRATA

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Enseignant(e)
Pierre Piccinin da Prata est né le 24 mars 1973, à Gembloux (Belgique).

Issu de la petite noblesse terrienne de l’arrière-pays vénitien, son grand-père paternel, militant socialiste, a quitté l’Italie et laissé ses terres à ses frères, en 1927, quelques années après la conquête du pouvoir par le parti fasciste de Benito Mussolini. Exilé en Belgique, il y installe sa famille ; déçu par les compromissions qui émaillent la naissance de la République italienne en 1946, il ne quittera plus cette terre d’accueil.

De cette histoire familiale, Pierre Piccinin da Prata héritera le libertarisme contestataire d’un esprit indépendant et combattif. Il en fait très tôt la preuve, dans les fonctions qu’il occupe au sein des mouvements estudiantins tout au long de ses études universitaires.

Il a étudié à l’Université Libre de Bruxelles, à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne et à l’École Pratique des Hautes Études, dont il est sorti diplômé en histoire classique, en archéologie et en sciences politiques ; il est également agrégé de l’enseignement secondaire supérieur.

Ses premières publications scientifiques, dans les plus prestigieuses revues d’histoire ancienne, traitent de la période gréco-romaine, en particulier de la révolte de Spartacus, au Ier siècle a.C., révolte d’esclaves qu’il redéfinit en tant que guerre internationale et religieuse qui oppose l’Occident romain à l’Orient pontique.

En 1997, il quitte Paris pour occuper un premier poste d’enseignant, au Lycée belge de Lubumbashi (République démocratique du Congo), l’année même qui voit le Maréchal Mobutu, chef de l’État du Zaïre, être renversé par Laurent-Désiré Kabila. C’est dans ce contexte troublé que, parallèlement à ses fonctions d’enseignant, Pierre Piccinin da Prata commence une carrière rédactionnelle et collabore ponctuellement à plusieurs publications et quotidiens européens.

Il produit de nombreuses analyses dans le domaine des relations internationales, relatives à l’Afrique sub-saharienne, la politique étrangère des États-Unis en Amérique latine, la Guerre de Yougoslavie et les Révolutions colorées, qui ébranlent l’équilibre politique en Europe centrale et dont il dénonce les velléités atlantistes et les enjeux géostratégiques.

Au début des années 2000, après l’échec des Accords d’Oslo, jusqu’à la Guerre du Liban de 2006, il se spécialise peu à peu dans les questions proche et moyen-orientales et présente un intérêt de plus en plus marqué pour le Monde arabo-musulman.

Rentré d'Afrique, il est nommé dans l'Enseignement de la Communauté française de Belgique, dont le gouvernement le détache pour un mandat de neuf ans à l'Ecole européenne de Bruxelles I, où il enseigne l'histoire et les sciences politiques.

Démontant les évidences dans ses publications souvent à contre-courant, Pierre Piccinin da Prata se distingue par une plume sans concession, qui lui vaut l’hostilité des milieux partisans de la pensée dominante.

Lorsque survient le « Printemps arabe », il se montre très critique à l’égard d’une presse occidentale qui, peu présente sur le terrain des événements, interprète de surcroît les révoltes arabes à travers des prismes euro-centriques et des cadres théoriques inappropriés. Pierre Piccinin da Prata est ainsi l’un des tous premiers analystes à faire état de la pluricausalité des mouvements de contestation arabes et des risques de dérives islamistes.

Conscient de la mauvaise qualité des informations fournies par les médias traditionnels, il prend dès lors l’initiative de gagner les différents théâtres de ce « Printemps arabe » qui s’étend rapidement du Maghreb au Moyen-Orient.

Il devient ainsi le seul observateur étranger à couvrir tous les terrains du « Printemps arabe » et le quotidien libanais L'Orient-Le Jour le surnomme alors le « Nouveau Lawrence d’Arabie »: il assiste à la chute du président Ben Ali en Tunisie et rencontrera ensuite le président Moncef Marzouki à de nombreuses reprises. Il est présent sur la célèbre place Tahrir, lors des troubles qui chassent du pouvoir le président Hosni Moubarak, en Égypte ; il est reçu par les Frères musulmans, dans leur quartier général du Caire. En Libye, il accompagne au front les rebelles de Benghazi, lors des sièges de Brega et de Raz-Lanouf ; plus tard, il est à Syrte, fief du dictateur Mouammar Kadhafi, et commente la destruction de la ville par les bombardements de l’OTAN. Il se rend aussi à Beni Oualid, à Sebha, et descend jusqu’à Mourzouk, dans le Sahara, à la frontière du Niger, où il identifie du matériel militaire chimique dont les mercenaires de Kadhafi s’apprêtaient à faire usage. Depuis le Yémen, il dénonce la mascarade électorale qui met fin aux troubles et que les médias qualifient de grande réussite diplomatique.

Il est l’envoyé spécial du magazine Afrique Asie au Liban et en Syrie et le correspondant de l’hebdomadaire The New Times au Mali. Il collabore à la revue Les Cahiers de l'Orient et aux quotidiens Le Monde, La Libre Belgique, Rue89, L’Écho, L’Humanité, L’Espresso, L’Orient - Le Jour, Le Huffington Post…

Son leitmotiv, le travail de terrain, lui attire l’antipathie de plusieurs journalistes «spécialistes» du Moyen-Orient, dont il met en évidence les erreurs grossières.

En Syrie, plus particulièrement, il effectue sept voyages d’observation dont les relations successives offrent probablement à ce jour la meilleure vue d’ensemble produite à propos de la révolution syrienne.

Pierre Piccinin da Prata a montré comment, dans un premier temps, la majorité des Syriens, confiants dans les promesses de réformes du président Bashar al-Assad, ont refusé de s’engager dans une révolution violente. La publication de ses témoignages a provoqué les foudres de certains médias qui, absents du terrain et « informés » par une source quasiment unique, le très controversé Observatoire syrien des Droits de l’Homme, décrivaient une Syrie à feu et à sang. De retour en Syrie en mai 2012, il découvre cette fois un pays en guerre : les élections promises par le régime, manipulées, ont radicalisé la contestation et déçu les espoirs de la population. Il est alors arrêté et torturé, à Homs, et libéré, après plusieurs jours de détention dans diverses prisons à Damas, grâce à l’intervention du Ministère des Affaires étrangères de Belgique.

Malgré cette effroyable mésaventure, dont il témoignera dans toute la presse européenne, Pierre Piccinin da Prata poursuit son travail de terrain et gagnera Alep et Idlib à plusieurs reprises, pour témoigner « aux côtés de ceux qui souffrent » de la guerre impitoyable que la dictature syrienne a imposée à son peuple.

Avec La Bataille d’Alep, publiée chez L’Harmattan, il signe un premier recueil de chroniques, rédigées au cœur des combats, dans lesquelles il témoigne, plusieurs semaines durant, du quotidien des habitants de la ville assiégée et de ses défenseurs.

Pour ce faire, démarche journalistique exceptionnelle, Pierre Piccinin da Prata a vécu jour et nuit avec les rebelles, au sein de leurs brigades, et les a régulièrement accompagnés au feu, en juillet, août, octobre et novembre 2012.

En août 2012, avec son ami et collaborateur Eduardo Ramos Chalen, photographe professionnel, il réalise à Alep un film documentaire, également édité chez L’Harmattan.

Le 8 avril 2013, Pierre Piccinin da Prata est enlevé en Syrie par une faction rebelle islamiste dans la ville d’al-Qousseyr, avec le grand reporter italien Domenico Quirico, qui l’avait accompagné lors de ses quatre derniers voyages. Il est libéré le 8 septembre 2013, après 151 jours de détention.

Depuis mai 2014, Pierre Piccinin da Prata est rédacteur en chef du mensuel électronique "Le Courrier du Maghreb et de l'Orient".

www.pierrepiccinin.eu
adresse email envoyer un mail à l'auteur
Renseignements
Titre(s), Diplôme(s) :
Historien - Politologue

Fonction(s) actuelle(s) : Enseignant(e)

Pays d'origine : Belgique
Bibliographie
LE PAYS DU MAL
Otages du djihad en Syrie, 152 jours
Domenico Quirico, Pierre PICCININ da PRATA
TUNISIE. DU TRIOMPHE AU NAUFRAGE
Entretiens avec le Président Moncef Marzouki
Pierre PICCININ da PRATA - avec la collaboration de Thibaut Werpin
LA BATAILLE D'ALEP
Chroniques de la révolution syrienne
Pierre PICCININ da PRATA
Autres parutions

Documentaire : "SYRIE - La bataille d'Alep" (http://www.harmattantv.com/videos/film-(vod-dvd)-2527-Syrie-la-bataille-d-Alep-DOCUMENTAIRES.html)

Avec les combattants en Syrie, Paris, La Boîte à Pandore, 2013.

Il Paese del Male. 152 giorni in ostaggio in Siria (avec Domenico Quirico), Milan, Neri Pozza, 2013.
Articles de presse
LE VIF - L'EXPRESS 21.11.2014

LE VIF - L'EXPRESS 21.11.2014

Comptes-rendus d'ouvrage
LA GUERRE CIVILE SYRIENNE DU POINT DE VUE DE L'ASL
Frédéric DELORCA
Parutions.com - Histoire et sciences sociales (Temps présent), février 2013

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