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HORVATH, UN THÉÂTRE D'APRÈS LA FIN DU MONDE

Cet article est un extrait du livre suivant :
Le contemporain en scène


Date de publication : mai 2011
Version numérique* :
4 €
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Mettre sur scène ceux qui ne sont pas dans la salle.
J'ai découvert Horvath, comme beaucoup de Français, très tardivement, au
début des années soixante-dix. Je travaillais alors dans la banlieue ouvrière, à
Vitry-sur-Seine, dans le désir, à la suite de Jean Vilar, de mettre en contact les
grandes oeuvres du patrimoine français et étranger avec des gens qui jusqu'alors
n'allaient pas au théâtre. J'ai assez vite mesuré le côté illusoire de cette
démarche. Est donc venu le temps de Brecht, de son théâtre critique, où il ne
s'agissait plus seulement de comprendre la réalité du monde qui était le nôtre,
mais peut-être aussi de travailler à sa transformation. Après sept ou huit années
de ce travail, modeste, marginal, obstiné, nous avions pris conscience que ces
gens, au milieu desquels nous vivions et qui ne pouvaient pas être encore dans
la salle, nous avions peut-être à leur ménager une place sur la scène. Cette
période a marqué ici et là l'avènement d'une écriture du quotidien ; c'était
l'époque des majorettes du Dimanche de Michel Deutsch, des mineurs retraités
de Loin d'Hagondange de Jean-Paul Wenzel (futur et unique metteur en scène
français, à ce jour, de Figaro divorce), et je me suis mis moi-même à écrire des
pièces comme Un couple pour l'hiver ou Le soleil entre les arbres, dans
l'éblouissement des premiers films de Fassbinder (Tous les aut

     
  • ISBN : 978-2-296-54605-9 • mai 2011 • 15 pages
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