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"BLACKWATERS" ET "BLACK ATLANTIC" : QUEL TEINT POUR LA MUSIQUE INDIENNE DE DIASPORA ?

revue d'origine de cet article : Géographie et Cultures 76

Date de publication : juillet 2011
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Résumé : À partir d’une étude de diaspora indienne, cet article vise à interroger le
"teint" des productions musicales à travers deux expériences de confrontation aux
mondes européen et africain, l’un dans le contexte de l’engagisme, le chutney
mauricien, l’autre dans le contexte du postcolonialisme, le bhangrâ. Tout en faisant
un parallèle entre le "Black Atlantic" de Gilroy et la traversée des Eaux noires
("Black Waters" ou "Kala Pani") par les engagés indiens du XIXe siècle, il s’agira
dans un premier temps de déceler les représentations de ces musiques qui offrent
l’exemple de "la trace noire", selon l’expression de Luigi Elongui. Dans un deuxième
temps, nous questionnerons le rapport ambigu au monde noir en général, et à la
musique venue d’Afrique, en particulier, de ces musiques à danser. Cependant,
dans le cas du chutney comme dans celui du bhangrâ, ce rapport est faussé. Pour
l’un, parce qu’une revanche à prendre sur le passé colonial entraîne un désir de
survalorisation de l’indianité, une concurrence avec le champ musical du séga qui
surgit au niveau des industries culturelles, et un ensemble de préjugés attachés aux
valeurs créoles par l’élite urbaine indo-mauricienne. Pour l’autre, parce que le
bhangrâ ne se réclame d’aucune filiation avec la musique noire, mais pourtant
génère des reformulations souvent inédites d’emprunt au continent noir. Dans ces
conditions, comment évaluer la reconnaissance implicite ou explicite de cette trace
noire ? Comment est-elle compatible avec un désir d’ancrage dans une nouvelle
territorialité ? Les récits de

     
  • ISBN : 978-2-296-54657-8 • juillet 2011 • 20 pages
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