TÉMOIGNER POUR FAIRE MÉMOIRE DU RÉEL. RÉFLEXIONS SUR L'OEUVRE DE JOCHEN GERZ

Plastir, n° 38, mars 2015.

Gilles Guigues

Date de publication : avril 2015

Dans cet essai, Gilles Guigues nous fait un brillant plaidoyer de la valeur intrinsèque de l'acte de mémoire dans ce qu'il contient de contraint, d'héroïque, de normé, de réel, de mensonger, de représentations enfin face à la "vérité historique" d'une société elle-même soumise au dogme de l'iconicité. "L'Histoire, elle-même, ne peut que pâtir à vouloir ainsi renforcer, solidifier, la représentation de la mémoire par le recours à un réalisme dogmatique, car celui-ci prétend invariablement édicter aussi ce qu'il en est de la normalité mémorielle. D'ailleurs, les exemples ne manquent pas où l'Histoire est utilisée au profit d'une certaine normalisation artistique. Tout au contraire, que l'art choisisse d'incarner la mémoire dans ce que Pierre Francastel appelle une "réalité figurative" qui contourne ou, à tout le moins, prolonge autant que faire se peut le système de représentations codées, il investira alors un espace tout aussi arbitraire que s'il était abstrait ; de fait, il s'écartera du déterminisme des traditions mémorielles", nous dit d'emblée l'auteur avant de resituer la part de l'intention artistique, son renoncement, son incarnation et sa nécessaire insurrection face aux systèmes et aux mémoriaux de toute sorte (en référence à Walter Benjamin)

     
  • avril 2015