A la recherche des sciences sociales


Collection

Collection dirigée par : Bruno Pequignot, Philippe Riviale



Cette collection veut faire connaître au lecteur d'aujourd'hui, étudiant, enseignant, chercheur, ou curieux des chemins divergents pris par cet ensemble, que nous nommons aujourd'hui sciences sociales, des ouvrages, et donc des auteurs méconnus.
Que ces ouvrages soient méconnus ne veut pas dire qu'ils sont médiocres. Encore moins sont-ils dépassés. Car une discipline, science ou pas, se bâtit sur une succession de bifurcations. Elle laisse de côté des pensées, qui avaient fait sens dans un contexte socio-historique basculé depuis dans le bas-côté. Là, parmi les vestiges innombrables du passé, on peut reconstituer, à la façon de l'archéologue, des voies ébauchées, des espoirs perdus, des tentatives trop précoces pour leur temps, des cris de révolte au nom de principes, que jamais on n'aurait dû oublier. On trouvera aussi les précurseurs de la liberté du commerce, de l'apologie de la propriété, des apôtres de la différence sociale. Ceux-là avaient été mis au placard pour la gêne qu'ils auraient causée, parce qu'il est des choses qu'on fait, et qui ne sont pas à dire.
Ces auteurs, ces pensées, ne s'inscrivent pas dans une histoire des idées, entreprise perdue d'avance par ses présupposés mêmes : qu'il y ait un sens et une continuité dans les idées, que l'histoire sociale résulte d'une accumulation intellectuelle, chaque contribution appelant la suivante. Des auteurs ont été en vérité retenus, parce qu'ils convenaient. On entendra par là que le savoir académique pouvait s'édifier sur ces piliers-là. Aussi ont-ils été métamorphosés en lieux de mémoire, en patrimoine commun, en convention.
L'objectif de cette collection est de rappeler à nous les pensées écartées, les auteurs qu'on ne connaît que par leurs critiques, c'est-à-dire généralement leurs censeurs, qui les ont pesés et jetés à la fosse, trop légers pour la lourdeur du gros animal qu'est le social ou trop lourds pour être soutenus par la légèreté d'un temps insouciant, qui ne voulut pas porter son fardeau.