Compléments sur l'auteur

Présentation de Salah Al Hamdani

« l’artiste qu’il le veuille ou non est embarqué. Embarqué me paraît plus juste ici qu’engagé. Il ne s’agit pas en effet pour l’artiste d’un engagement volontaire, mais plutôt d’un service militaire obligatoire. Tout artiste aujourd’hui est embarqué dans la galère de son temps…nous sommes pleine mer. L’artiste comme les autres doit ramer à son tour, sans mourir s’il le peut, c’est à dire en continuant de vivre et de créer »

Poète entre deux rives, Salah Al Hamdani nous trace la traversée des exils, depuis les rives de l’Euphrate jusqu’aux rives de la Seine (scène, cène) et de ses mots il nous ouvre le passage des traductions de notre humanité, de toute humanité :
- celle de l’enfance avec les souvenirs qu’il nous met en partage, l’ enfance de nos exils avec ses émotions et ses blessures.
- celle de l’immigré qui cherche le numéro de sa rue dans une de ses nouvelles ‘le 44’, extrait du « cimetière des oiseaux »
- celle du retour dans l’Irak en guerre après plus de trente d’exil
- celle du poète de l’errance entre les origines et sa nouvelle patrie.
Et c’est dans la trame de ces ressemblances que nous le suivons, dans le mouvement de sa poétique où il clame , réclame et déclame sans relâche la liberté, la justice, la fraternité, dans le sillon creusé jour après jour de l’écriture pour sauver ce qu’il reste à sauver , pour cerner l’âpreté des jours de désespoir et d’exil
Ce sont des titres évocateurs que les innombrables recueils de poésie de Salah Al Hamdani :
- L’arrogance des jours 1997
- ce qu’il reste de lumière 1999
- au large de la douleur 2000
- j’ai vu 2001

Sa dernière parution en France en septembre 2003 aux Editions de l’Aube : Le Cimetière des oiseaux, suivi de Bagdad mon amour nouvelles traduites de l’arabe (Irak), avec la collaboration d’Isabelle Lagny avec poèmes et récits en français.

A paraître :
* Poèmes de Bagdad.
* Le voyage à Bagdad (récits).
 Adieu mon tortionnaire (récits).

Qui est Salah Al Hamdani ?

Salah AL HAMDANI, poète et homme de théâtre d’origine irakienne, est né en 1951 à Bagdad.
Il est originaire d’une famille modeste du sud de l’Irak, son père était menuisier, sa mère paysanne, il a commencé à travailler tôt, dès 7 ans, il allait à l’école du soir à partir de 11 ans.
Pour vivre il s’est engagé dans l’armée et c’est là qu’il acquis sa conscience politique, lorsque que son régiment est envoyé à Kirkouk pour mater une rébellion kurde. Lorsque des enfants sont kurdes arrêtés et tabassés, il entre en action et se retrouve en prison où il écrit se premiers poèmes à 20 ans
A la sortie de prison, il est interdit de travail, menacé d’assassinat, il ne lui reste que l’exil et il vient en France.
Dans la communauté d’idées et de valeurs où nous nous retrouvons, il y Albert Camus, et ce regard d’homme et de lettré sur le monde, l’exigence de Camus qui a tracé pour nous l ‘itinéraire de l’artiste engagé d’aujourd’hui lors de la réception du Prix Nobel, dans son discours de Suède :
« l’artiste qu’il le veuille ou non est embarqué. Embarqué me paraît plus juste ici qu’engagé. Il ne s’agit pas en effet pour l’artiste d’un engagement volontaire, mais plutôt d’un service militaire obligatoire. Tout artiste aujourd’hui est embarqué dans la galère de son temps…nous sommes pleine mer. L’artiste comme les autres doit ramer à son tour, sans mourir s’il le peut, c’est à dire en continuant de vivre et de créer »

Cette leçon Salah la met en acte :
Exilé depuis 30 ans en France, opposant à la dictature de Saddam Hussein, à ses guerres et à l’occupation anglo-américaine de l’Irak.
Au début de la guerre en Irak , il me disait ceci qui résume de façon très imagée la situation : « nous avons deux rasoirs dans la gorge : Saddam Hussein et les américains »
Acteur et metteur en scène, il a joué dans plusieurs films français et étrangers, et a interprété également différents rôles au théâtre.
Et pour nous ce soir en partage sa poésie et sa vie, je vous demande d’a

Nicole Barriere

LA CAVE À POÈMES THÉÂTRE LES DÉCHARGEURS, février 2005


La Cave à Poèmes Théâtre Les déchargeurs
21 février 2005

Auteur concerné