Comptes-rendus d'ouvrage

Compte rendu de "L'archet et le lutrin - Enseignement et foi dans la poésie médiévale d'Oc"

"Amour est la douceur même. Quel amour ? Celui qui saisit tout sans fin ni commencement." Cet amour total chanté par Daude de Pradas conviendrait fort bien à une définition de la fin'amor des cansos. Pourtant, Daude désigne par ces vers l'amour divin. En prenant en compte le destin de poètes de langue d'Oc des XIIe et XIIIe siècles, qui sont allés jusqu'au bout de l'idée d'amour pur en refusant sa forme terrestre et en choisissant de chanter le renoncement à la folie du monde par le seul amour de Dieu, Suzanne Thiolier-Méjean, professeur émérite de l'Université de Paris IV-Sorbonne, spécialiste reconnue de la poétique des troubadours, s'interroge sur la réalité de la séparation généralement faite entre la culture profane des poètes de langue d'Oc et les clercs qu'ils étaient amenés à côtoyer dans les villes ou les cours du Midi. Et si cette frontière n'était qu'illusion ? Et si les écoles religieuses du Midi avaient, plus qu'on ne le dit, influencé la morale et les discours des troubadours ? Et si la spiritualité des troubadours n'avait rien de laïque ? Et s'il y avait plus de points communs entre un clerc comme Alain de Lille, engagé dans la défense de l'Église (contre les hérétiques notamment), et un Peire Cardinal, fustigeant Rome et les clercs engagés dans la Croisade et la reprise en main morale du Midi ? Question qu'on jugera peut-être provocatrice, mais posée par un livre pionnier ouvrant un champ entier de pistes à défricher".

Centre d'Etudes Cathares
septembre 2009


Extrait de Centre d'Etudes Cathares, Recherche, documentation et médiation sur les dissidences médiévales, Archive pour 1er septembre 2009.

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