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Livre/ Les cinéastes animaliers par Maxence Lamoureux : critique

Si Le Monde du silence est un titre connu de tous les cinéphiles, si les images de Microcosmos, du Peuple migrateur, de La Marche de l'Empereur ou du Renard et l'enfant ont su marquer les esprits de millions de spectateurs à travers le monde, le film animalier reste aujourd'hui encore le parent pauvre du cinéma (documentaire), au sens critique et théorique s'entend. Car, en matière de pratique, les choses sont quelque peu différentes comme l'illustre la richesse du bel ouvrage de Maxence Lamoureux, réalisateur et enseignant de cinéma. Après avoir circonscrit les différents aspects du sous-genre, l'auteur s'emploie à en éclairer les nombreuses facettes. De la préparation à la post-production, Lamoureux revient longuement sur les multiples étapes régissant l'existence du film animalier. L'approche sociologique adoptée par l'étude contextualise de façon très intéressante les différents axes d'analyse. Les nombreux entretiens effectués par l'auteur confèrent en effet à l'ouvrage la dimension d'une enquête de terrain qui n'hésite pas à revenir sur les à priori suscités par le genre, ou sur certaines idées qui semblent aller de soi (comme l'appellation "cinéaste" distinguée de celle de "réalisateur"). L'apport théorique particulièrement conséquent s'accompagne donc d'un aspect pratique qui prend parfois la forme d'un guide d'apprentissage à l'attention des futurs capteurs d'images de la faune française (mais pas seulement). Ainsi, après s'être attardé sur les qualités nécessaires à tout réalisateur de films animaliers (technique et naturaliste), Lamoureux insiste avec intelligence et humour sur l'importance de bien connaître le terrain et ses habitants avant de se lancer dans l'aventure du tournage. Protéiforme, la problématique de l'étude se focalise tour à tour sur les questions de forme (comment filmer le mouvement imprévisible de l'animal), et de fond (du financement à la reconnaissance statuaire) propre à ce métier particulier. Ce retour très complet permet donc d'en apprendre plus sur une activité qui, bien que portée par le succès de ses oeuvres, n'en reste pas moins fortement marginalisé au sein des études cinématographiques. Gageons que ce premier pas vers une reconnaissance critique du film animalier saura guider les recherches de demain.
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août 2017

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