Lettre de lecteur

Courrier d'une lectrice sur "Une femme et son défi"

Message reçu le 31 décembre 2010

"J'ai lu votre livre avec beaucoup d'intérêt. J'avais vu l'article paru dans Ouest-France le 26 décembre dernier et "ça m'a aussitôt parlé". En effet, mes parents, aujourd'hui décédés, ont été militants de la JAC (c'est même par elle qu'ils se sont connus !) et mon père était directeur de la Famille Rurale de l'Indre. Mon père était breton (de Betton) et ma mère berrichonne, tous deux de milieu agricole. Il y a eu souvent à notre table des travailleuses familiales, que mes parents recevaient amicalement, c'est donc une profession que j'ai bien connue.

Ils ont eu 4 enfants (2 garçons, 2 filles) : ça vous parle ? Outre le fait que vous avez une grande culture et une "stratégie" de développement de votre pensée très pédagogique, j'ai été sensible à votre façon d'analyser les faits du passé à la lumière de "l'ici et maintenant". Je peux rajouter une vive admiration devant votre capacité de travail et votre dynamisme.

J'ai reçu, bien évidemment, une éducation religieuse qui m'a fait réagir "de manière frontale". Je voue toujours une "haine" à toute forme de religion ou d'église, alors que j'ai développé, me semble-t-il, une grande spiritualité. Ceci parce que j'ai trouvé que la religion avait enfermé mes parents dans une soumission à l'autorité et qu'elle les plaçait devant une "autorité" extérieure (la morale et les dogmes catholiques) au lieu de leur donner la possibilité de contacter en eux-mêmes leur part "divine" pour les guider et les faire choisir leur vie.

Or, hier, (je l'ai lu dans la journée !), à la lecture de votre livre où vous décrivez si justement les rites religieux du passé et l'histoire de la JAC, j'ai réalisé que pour votre génération et la leur, la JAC avait été un vrai outil de "libération" et d'ouverture.

J'avais déjà beaucoup de gratitude pour ce qu'ils nous avaient apporté dans notre éducation mais, depuis hier, je leur rends d'autant plus grâce que je réalise mieux combien ils ont fait du mieux qu'ils pouvaient avec les moyens que leur permettaient leur époque et leur contexte social.

En ce dernier jour de l'année 2010, je tenais à vous dire que je suis heureuse de vous connaître désormais et combien j'ai pris de plaisir à gravir votre escalier, en suivant vos pas".

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