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POUR EN FINIR UNE BONNE FOIS AVEC CETTE ATMOSPHÈRE PUTRIDE

Sur le marché depuis quelques jours, ce livre de 88 pages dernier né d'Emmanuel de Reynal aux éditions l'Harmattan, risque fort de faire date, en cette période "crispée".

Sous-titré "Ce que je suis", ce cri du coeur pourrait s'inscrire dans le prélude d'un danmyé existentiel : mi mwen mi ou". Sauf que là, le Soi dont il s'agit est profondément, viscéralement, humaniste, pluriel et pour tout dire créole.
Comme si le narrateur, indubitablement béké ou blanc créole (selon le prisme de la conscience de soi), avait décidé de faire un retour "objectif" sur ses origines. Et démontrer l'inanité du concept de "race atavique". Ni Caucasien, ni Africain, ni Chinois, ni Syrien, mais tout ça à la fois. En une humanité harmonieuse.

Pour une abolition du manichéisme historique|

Tout à fait à contre- courant, des joutes identitaires auxquelles on assiste ces temps-ci. Trop souvent déterminées par une vision manichéenne de l'histoire. Qui fait sourire Emmanuel de Reynal.
"Le monde et donc son histoire, explique ce natif du Morne-Rouge, n'est ni blanc, ni noir, mais prosaïquement gris. Ainsi, pour faire Ubuntu, j'ai étudié l'histoire de ma famille, quant à ses origines. J'ai trouvé des Africains, une prostituée importée pour la reproduction et bien d'autres ancêtres dont l'histoire dite officielle ne parle pas. Mais qui font l'homme que je suis aujourd'hui."
On se croirait plongé brutalement dans l'univers des Essais de Montaigne. Celui pour qui : "Tout homme porte en lui le reflet de l'humaine condition".
Trois siècles plus tard, ce concept humaniste, paraît toujours novateur. Peut-être parce qu'il n'a pas été fouillé, enseigné et pour tout dire érigé à la place qui lui revient.

Éric Hersilie-Héloïse, journaliste

JOU OUVÈ, juin 2020

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