Comptes-rendus d'ouvrage

Compte-rendu

Cet ouvrage porte sur les jeunes Québécois et la langue française. L'auteure s'interroge sur l'identité des jeunes, leurs représentations de la langue française et du monde francophone, les pratiques linguistiques et langagières revendiquées par ceux-ci et leurs modèles de référence. Elle désire également explorer la valeur identitaire du français québécois chez les élèves, en se penchant particulièrement sur la forme écrite du français.

En empruntant une approche sociolinguistique, des entretiens ont été menés auprès d'élèves âgés entre 12 et 17 ans et auprès d'enseignants, dans des écoles secondaires situées en périphérie de deux grands centres urbains : Montréal et Québec. Le livre est divisé en deux parties. La première met en contexte la situation linguistique au Québec alors que la seconde porte spécifiquement sur l'enquête sociolinguistique, un chapitre abordant la complexité du rapport à l'écrit et un autre, la question de l'écrit à l'école.

Les résultats montrent une diversité d'opinions et d'attitudes exprimées par les jeunes. De façon générale, les jeunes se définissent avant tout comme Québécois, puis comme francophone. Au plan linguistique, la chercheure note que "la reconnaissance en tant que Québécois est d'abord associée à la variation géographique du français oral" (p. 90). Concernant le français sous sa forme écrite, l'utilisation de déviations par rapport à la norme reste contestée même si elle est souvent employée par les jeunes. Pour les élèves et les enseignants interrogés, cette écriture leur semble un peu déstabilisante et ils la considèrent comme un phénomène éphémère ou ponctuel. Les enseignants interrogés et certains linguistes s'opposent d'ailleurs à une écriture "québécoise" qui serait synonyme d'une rupture par rapport aux autres communautés francophones dans le monde et qui pourrait isoler davantage le Québec en raison de sa situation sur le continent américain.

Les commentaires recueillis montrent que la langue française reste un sujet controversé et encore débattu au Québec, même à l'intérieur d'un groupe social partageant plusieurs traits communs. "Les différents sentiments exprimés soulignent surtout un réel besoin de reconnaissance" (p. 191). L'auteure souligne par ailleurs qu'il n'existe qu'un nombre limité de livres de référence destinés à la population étudiante et aux locuteurs usuels du français québécois et que très peu de services pour la langue usuelle par comparaison à ceux concernant la langue au travail et la langue informatique ou technique.

Simon Houle

OBSERVATOIRE, JEUNES ET SOCIÉTÉ, août 2006


Thèmes : identité, représentations, langue française, Québec.

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