Comptes-rendus d'ouvrage

Compte-rendu

Extrait

"L'auteure signale que, dans l'ensemble, les élèves s'identifient d'abord comme Québécois, puis comme francophones, mais non comme Canadiens. D'après les
extraits cités, ces jeunes semblent conscients de variantes propres au français du Québec et ils tiennent à conserver cette langue particulière qui est la leur : "je parle québécois", affirment-ils. Fait intéressant, certains ont indiqué que le français du Québec leur paraissait plus moderne, plus dynamique que le français de France en raison de la féminisation, des nouveaux mots, notamment les termes du domaine de l'informatique. Plusieurs ont exprimé des inquiétudes quant à la survivance du français en terre d'Amérique et ont souhaité pouvoir conserver leur langue. Relativement à l'orthographe et à la syntaxe du français écrit, la chercheuse souligne que les élèves établissent une hiérarchie des usages et qu'ils distinguent les travaux scolaires ou les communications plus formelles des messages envoyés aux amis par Internet, par exemple. Dans ce dernier cas, ils disent recourir à une langue simplifiée, avec une orthographe phonétique et de multiples abréviations, le plus souvent sans accords grammaticaux ni ponctuation pour des raisons de rapidité, de simplicité et d'économie d'espace. Ces élèves indiquent aussi qu'il s'agit d'un langage codé que
les adultes ont du mal à déchiffrer, un argot des jeunes, pour ainsi dire : "ce sont des mots d'ados que les adultes ne comprennent pas". La notion d'appartenance au groupe est claire : "je change mon écriture pour paraître cool sur MSN ", écrit l'un d'eux. Par contre, certains disent rédiger de façon plus soignée lorsqu'ils communiquent avec des enseignants ou des adultes, afin de favoriser la bonne transmission de leur message. Il s'agit donc du choix du code le plus efficace en fonction du contexte, du registre le mieux adapté à la communication. Dans sa conclusion, la chercheuse souligne que ce phénomène n'est nullement propre au Québec et que l'on observe la même situation en France et dans la francophonie."

Marie-Eva de Villers

RECHERCHES SOCIOGRAPHIQUES, VOL. 48, N° 2, 2007, P. 130-133., 2007

http://www.erudit.org/revue/rs/2007/v48/n2/0164...