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Note de lecture à propos de "Les inégalités entre Etats et populations de la planète. Trop, c'est trop !". Nouvelle revue de l'adaptation et de la scolarisation. Jean-Pierre Garel

Les inégalités entre États et populations de la planète Trop, c'est trop!
Gabriel LANGOUËT, Préface de Roger ESTABLET L'Harmattan, collection "Éducation comparée", 2011 256 pages. 24 €

Parce qu'il présente un panorama planétaire sans équivalent pour dire les inégalités entre États et au sein des populations de chacun des États, et parce que les résultats de ce travail sont obtenus à partir d'indicateurs que des chercheurs pourraient ultérieurement utiliser pour identifier des évolutions ou des permanences, le dernier livre de Gabriel Langouët est une référence.
La démarche de l'auteur est originale, articulant la rigueur méthodologique et l'expression de convictions personnelles qui se traduisent, entre autres, par la promotion des valeurs d'égalité et de solidarité et par l'indignation ressentie face au constat qu'elles sont trop souvent bafouées. Ses convictions ont conduit le sociologue à mobiliser des outils statistiques, dont il est un spécialiste reconnu, afin de procéder à un tour d'horizon des inégalités qui permette des comparaisons solidement étayées. En retour, les données obtenues et leur traitement confirment les convictions initiales et les prolongent en ouvrant des perspectives politiques, au sens large du terme, fondées notamment sur une conclusion qui participe à faire de ce livre une référence: "Le lien constant et étroit entre la redistribution des richesses et le niveau de développement humain."
Dans une première partie ("Inégalités et variations des inégalités selon les États"), Gabriel Langouët repère, décrit et classe par déciles 182 États en fonction de leur richesse nationale globale et, surtout, de la richesse rapportée au nombre des habitants (le revenu national brut par habitant, ou RNB/H), puis il évalue les inégalités et l'intensité des inégalités qui caractérisent chacun d'eux dans les principaux domaines suivants: espérance de vie et mortalité infantile, taux de fertilité et indicateurs de croissance de la population, indicateurs de pauvreté, alphabétisation et accès ou
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achèvement des divers niveaux d'enseignement, notamment selon le sexe, le niveau des dépenses de santé, d'éducation ou de recherche et développement, etc. À partir de là est établie une typologie des 182 États en 5 niveaux, des États "extrêmement pauvres" aux États "extrêmement riches", en passant par ceux qu'on peut qualifier de "très pauvres ou pauvres", "médians" et "riches ou très riches". L'analyse des données recueillies met en évidence des inégalités insupportables et autorise à avancer que c'est l'accroissement général des richesses qui permet le plus souvent des progressions significatives dans le domaine de la vie et de la santé et dans celui de l'éducation.
Dans une seconde partie ("Inégalités et variations des inégalités à l'intérieur des États"), deux questions principales sont posées : d'une part, entre États à richesses équivalentes, des politiques moins inégalitaires sont-elles en mesure d'infléchir des résultats différents et plus homogènes dans les domaines fondamentaux de l'accès à la santé et à l'éducation? D'autre part, entre États à richesses inégales mais à niveaux d'éducation et de santé comparables, la compensation observée peut-elle être principalement attribuée à une politique moins inégalitaire?
Aux indicateurs déjà retenus sont ajoutés deux indices plus complexes : le coefficient de Gini, utilisé pour rendre compte des inégalités de revenus dans un groupe social donné, qui contribuent à d'autres inégalités, et l'indice de développement humain (IDH), qui regroupe trois dimensions importantes de ce développement: la santé/ longévité, mesurée par l'espérance de vie à la naissance ; le savoir ou le niveau d'éducation, mesuré à partir de deux indicateurs, le taux d'alphabétisation des adultes (15 ans et plus) et le taux brut de scolarisation, constituant lui-même une synthèse, en années moyennes, des parcours scolaires du primaire au supérieur ; le niveau de vie, défini à partir du RNB/H calculé en Parité de pouvoir d'achat (PPA). La liaison entre les revenus moyens des habitants des États et les niveaux de vie et de santé ou d'éducation qu'ils peuvent espérer est confirmée, mais elle varie selon la manière dont les États redistribuent les richesses dont ils disposent : "À revenus moyens équivalents, les États "égalitaires"font mieux que les États "inégalitaires"; et, malgré de moindres revenus moyens, à l'intérieur d'un même groupe, du même décile ou de déciles proches, les États "égalitaires"font souvent jeu égal avec des États mieux dotés mais plus "inégalitaires"".
L'exposé des inégalités s'accompagne d'une dénonciation des injustices: "Est-il juste et tolérable qu'un burundais moyen ou une burundaise moyenne dispose de revenus annuels plus de 600 fois inférieurs à ceux d'un norvégien moyen ou une norvégienne moyenne? [...] Est-il juste et tolérable qu'au Mali, l'alphabétisation des adultes ne soit le fait que de 26 % de l'ensemble de la population et de 18 % des femmes?" L'injustice est d'autant plus intolérable que les États pauvres ne sont pas "naturellement" pauvres : ils le sont, nous dit l'auteur, parce qu'ils sont spoliés, victimes de cours mondiaux qui leur sont défavorables et de l'exploitation de leurs ressources, parce qu'ils sont victimes d'un libéralisme économique sauvage, sans régulations, qui appauvrit les pauvres, jusqu'aux couches moyennes, et enrichit les nantis, faisant réapparaître la pauvreté dans les États riches. Fort de propositions, Gabriel Langouët en appelle aux responsables politiques, à quelque niveau qu'ils se situent.

Des sociologues ou historiens reconnus du système éducatif ont témoigné de leur vif intérêt pour ce livre: Roger Establet, auteur de la préface, Christian Baudelot et Claude Lelièvre, qui en ont fait des comptes rendus élogieux. Sa lecture ne manquera pas de faire écho à des analyses qui montrent la capacité de certains États à conduire des politiques scolaires corrigeant les inégalités sociales, partiellement mais mieux que d'autres, notamment en privilégiant une école commune plutôt qu'une école à filières, et qui dessinent les voies d'une école à la fois plus égalitaire et globalement plus performante.
Jean-Pierre GAREL ER3S-Relacs (EA 4110) Ulco, Dunkerque
2012


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LES INÉGALITÉS ENTRE ÉTATS ET POPULATIONS DE LA PLANÈTE, Trop, c'est trop ! (Éducation comparée, 2011)

Les inégalités sont présentes partout, entre les 182 Etats observés et, à l'intérieur des Etats, entre les populations qui les composent. Elles se situent à des degrés divers, et dans tous les domaines, engendrant des situations intolérables : écarts de revenus entre les Etats et à l'intérieur des Etats ; inégalités face à l'espérance de vie ou quant à l'accès aux biens indispensables à la vie ou à la survie, de la nourriture aux soins médicaux ; inégalités quant à l'accès à l'éducation.

 


Auteur concerné :

Gabriel Langouët


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