Communiqué

Interview Radio Vatican

Israël et la bombe atomique
Communiqué de presse

Rome, le 14 sept. 2006

Washington a, durant les années soixante du siècle dernier, ignoré le programme nucléaire israélien et a par la suite, volontairement, fermé les yeux sur celui de l’Inde pour contrer la Chine communiste, déclare un chercheur sur Radio Vatican.
L’invité du matin sur Radio Vatican (ce jeudi 14 septembre, 08h25), un journaliste et chercheur auteur d’un ouvrage sur la bombe atomique israélienne, déclare qu’Israël est bel et bien une puissance nucléaire et que les Etats-Unis avaient ignoré le programme nucléaire israélien bien qu’ils étaient officiellement opposés à la prolifération nucléaire dans la région. Washington a aussi volontairement fermé les yeux sur le programme indien dans le passé mais les Etats-Unis ne peuvent plus se le permettre à présent. Avec l’Iran, l’équilibre régional serait en cause et une conflictualité avec usage des armes nucléaires peut surgir à tout moment.

« Il y a un paradoxe américain », explique le spécialiste, « car depuis le plan Baruch présenté aux Nation unies en 1946, puis le traité de non prolifération en 1968, Washington a eu une démarche ambiguë dans ce domaine ». « Tout se passe selon les intérêts de Washington qui a fermé les yeux sur les programmes nucléaires en Asie (l’Inde) et au Moyen-Orient (Israël). Les Américains ont fermé les yeux sur le fait que les Indiens ont développé les armes nucléaires car Washington avait une peur bleue du monstre jaune chinois à ce moment précis de l’histoire » ajoute ce chercheur. « Les Américains ne peuvent pas non plus nier d’avoir fermé les yeux sur le programme nucléaire israélien pour des raisons multiples régionales et internationales de l’époque » explique t-il.
Le journaliste Mohamed Abdel Azim, chercheur et spécialiste du Moyen-Orient il est l’auteur d’un livre qui vient de paraître chez les éditions l’Harmattan, Israël et la bombe atomique. Il explique qu’Israël « garde son ambiguïté nucléaire pour deux raisons. La première est la crainte d’un arrêt de l’aide des Etats-Unis, car la législation américaine interdit toute aide aux pays qui développent des armes nucléaires clandestines. La deuxième est la peur d’une course déclarée à l’armement nucléaire chez les voisins de l’Etat hébreu ». Ainsi les Israéliens ont intérêt à garder le flou chez leurs voisins sans aucune déclaration officielle.
Le chercheur explique que « la France partage une partie de l’ambiguïté qui entoure les armes nucléaires israéliennes car Paris a effectivement aidé les Israéliens à la construction du réacteur israélien, ceci contre le retrait des troupes israéliennes du Sinaï conquis lors de la campagne de Suez en 1956 et la volonté d’Ariel Sharon de se diriger vers le Caire ».

Dans cette interview le chercheur explique que « les Israéliens se sont, dans le passé, trouvés confrontés à des acteurs « non dissuadables » par les bombes atomiques (Nasser, Sadate, Saddam Husein etc) et à présent AhmadiNehjad, qui ne reconnaît pas l’existence d’Israël se montre à son tour non dissuadable ». Il ajoute que la grosse bombe israélienne n’a pas non plus dissuadé les combattants du Hezbollah comme c’est le cas du groupe armé Hamas. La question qui s’impose est donc « à quoi servirait la bombe atomique israélienne si le mur de séparation initié par Sharon échouait à son tour pour apporter la sécurité à la population israélienne ? »se demande le chercheur.


RADIO VATICAN, septembre 2006


Mohamed Abdel Azim
Journaliste- EuroNews
Israël et la bombe atomique, la face cachée de la politique américaine, Paris, l’Harmattan, 220 pages.

Cliquez sur le lien ci-dessous pour écouter l’interview :
(8h15, Informations Internationales, Europe, Thu, 14.09, 1,88Mb)


http://www.oecumene.radiovaticana.org/fr1/on_de...

Livre associé

Auteur concerné