Extraits

Israël, l'État Homard

Empruntant l'expression de Françoise Dolto, je compare Israël à un État Homard qui a pour carapace une ambiguïté nucléaire. Il vit dans un environnement instable et ne peut pas changer cette carapace d’ambiguïté sans danger. Car, pour changer de carapace, il faut d’abord se débarrasser de l’ancienne. En attendant d’en fabriquer une autre, il est fragile et il y a presque toujours un congre qui guette et qui est prêt à le dévorer.

La politique d’ambiguïté israélienne et le déni officiel sont intégrées dans un contexte régional particulier. L’implication de cette politique est visible, dès 1960, dans la pensée stratégique des pays voisins. Sans succès, ils essaient depuis de démasquer l’ambiguïté israélienne, notamment lors de la ratification du TNP en 1995.

En 1948 et moins d’un an après la création d’Israël, les bases du programme nucléaire israélien sont jetées. Dès 1949, le professeur Israel Dostrovsky développe déjà un procédé de fabrication d’eau lourde comme le montre Stephen Green. C’est ce que souligne aussi Andrew et Leslie Cockburn ainsi que Dan Raviv et Yossi Melman. Fruit d’une évolution particulière, Israël est aujourd’hui, un État à part dans la communauté internationale.

Je ne propose pas un découpage arbitraire de la réalité internationale ou régionale. Cette réalité comporte un nombre illimité de facteurs et de messages dans lesquels les émetteurs et les récepteurs ne sont pas isolés dans un circuit à l’écart des autres. Mais je prends en considération l’influence de l’environnement aussi bien sur l’acteur émetteur-producteur des décisions, que sur l’acteur récepteur-interpréteur du message autour de la question de la dissuasion israélienne. Je me base pour cela sur le maximum de sources documentaires disponibles.
septembre 2006

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