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Nicolas Houguet : un lecteur et un cinéphile passionné

"l'Amérique que j'aime" est le premier livre d'un jeune Sucyen de 26 ans, Nicolas Houguet. Le titre provocateur est plus ambigu qu'il n'y paraît. Tout exercice d'admiration pointe forcément en creux ce qu'on n'aime pas. Mais l'auteur ne s'en souvient guère. L'époque est au cynisme, il choisit l'enthousiasme. Et il y a de quoi s'emballer. Son Amérique s'appelle Jack London, Hemingway, Steinbeck, Jim Harrison, Philip Roth, Marlon Brando, Kubrick, Scorcese, Woody Allen, Eastwood... Que des grands. Cette Amérique-là a fait de lui un lecteur et un cinéphile passionné, elle lui a aussi forgé de solides convictions. Il lui devait bien quelque chose. "j'ai eu l'intuition de ce livre après le 11 septembre. J'ai voulu parler de cette autre Amérique, rebelle et humaniste, que j'aimais. Ce fut sans doute aussi une manière de me retrouver après de longues études qui m'avaient un peu dépossédé de mon plaisir et de mon opinion".
Dire ce qu'on aime, c'est souvent prendre le risque de l'autoportrait. "C'est vrai, je me suis raconté comme nulle part ailleurs, de manière à la fois très intime et très exposée. Ce livre m'a permis de dire et d'assumer ce que je suis: un handicapé moteur certes, mais pas un représentant de la race roulante, quelqu'un qui trouve son bonheur dans la lecture et l'écriture parce que ce sont les seuls espaces où il peut évoluer sans entrave parce qu'il n'y a pas de trottoirs à descendre. Mon Amérique, je me la suis inventée dans les livres, alors vous y pensez, y aller ou pas...".

CONNAISSANCE DU VAL DE MARNE, décembre 2004

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