Comptes-rendus d'ouvrage

Compte-rendu de l'ouvrage

On s’étonnera peut-être de trouver dans Etudes britanniques contemporaines la recension des Voix d’Outre-Manche de Michel Midan. C’est pour beaucoup parce que les anthologies bilingues de poésie anglaise ne sont pas légion, loin s’en faut, la dernière en date, si je ne m’abuse, datant de 1946 et étant l’oeuvre de Louis Cazamian (si l’on omet, bien sûr les monographies bilingues publiées chez Aubier).
Il n’empêche que la poésie britannique contemporaine y est bien représentée puisque, parmi les cent poésies retenues, le recueil en compte sept de yeats, cinq de Kipling, quatre d’Auden, et que Rupert Brooke, Roy Campbell, Charles Causley, T.S.Eliot, John Masefield, Dylan Thomas y figurent en bonne place aux côtés de poètes plus anciens. Cela m’a semblé raison suffisante pour signaler à l’attention de tous une entreprise courageuse à notre époque plus portée sur les fictions ou essais biographiques et politiques que sur la poésie. J’ai été aussi attiré par la modestie d’un auteur où figurent cent de ses poèmes favoris dont il entend faire profiter ses lecteurs. Parmi les poèmes choisis, qui appartiennent à tous les genres (lyrique, narratif, méditatif etc.), on trouve de grands classiques mais aussi des poèmes moins connus qui, pour une raison ou une autre, ont su attirer l’attention de l’auteur, puis s’imposer durablement à lui. Tous gardent une autonomie individuelle qui en préserve l’intérêt de la beauté, tous, enfin, illustrent une composante de l’âme anglaise. Quant aux traductions, elles sont à la mesure d’un auteur qui a voulu rendre lisible les textes choisis à un lecteur non spécialiste sans entrer dans le jeu académique qui consiste à faire assaut de poésie avec les poètes traduits. Notons que, dans une courte préface, Henri Suhamy dit tout le bien qu’il pense et du choix des poèmes et de leur traduction. Et cela constitue déjà une référence !
Que Midan soit loué d’aller ainsi à contre-courant et de proposer sans autre souci que de plaire et de toucher les poésies qui chantent dans son cœur. Pourquoi ne pas envisager qu’un jour prochain il se lance dans une nouvelle aventure du même genre qui développera et prolongera celle-ci ? C’est tout le mal qu’on lui souhaite pour le plus grand bien des lecteurs de toute origine.

Alain Blayac, Université Paul Valéry-Montpellier 3

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