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LES CINÉASTES NOIRS AMÉRICAINS ET LE RÊVE HOLLYWOODIEN

Anne Cremieux

Collection : Images Plurielles : Scènes et écrans
AMÉRIQUE DU NORD

A l'occasion de la sortie pour la première fois en France du film de Gordon Parks
Shaft, les nuits rouges de Harlem (Shaft, Gordon Parks, 1971) sortie le 20 octobre 2004 John Shaft est le détective privé le plus « cool » de Harlem. Il ne roule pas en Aston Martin, ne possède pas de stylo explosif et ne finit pas ses aventures sous les palmiers d'une île tropicale. Rien de tout ça ne l'empêche d'être un véritable tombeur qui résout ses enquêtes sans sourciller face au danger. Sa mission : retrouver la fille de Bumpy Jonas, baron de la drogue sur lequel la mafia blanche fait pression. Il va réussir en s'associant à un groupe de militants noirs qui a le plus grand besoin de l'argent de Bumpy pour... lutter contre lui. Shaft dynamite le repère des mafieux et lance l'ère de la blaxploitation, ces films d'action dont les héros sont des hommes et des femmes noirs qui déjouent la police corrompue et finissent toujours gagnants, assaisonnant leur victoire d'un sourire en coin et d'une remarque bien placée. Comme le révolutionnaire Sweet Sweetback Baadasssss Song de Melvin Van Peebles sorti la même année, ou leurs émules Supe~fly (1972), Coffy (1973), The Mack (1973), Black C'ae,sar (1973), C.~leoputra Jones (1973), Foxy Brown (1974) et bien d'autres, ces films ne sont pas seulement des histoires de super héros des quartiers chauds auxquels les spectateurs noirs pouvaient enfin s'identifier. Ce sont de véritables mises en accusation du rêve américain en cette période de crise économique et de lutte politique. Ainsi quand on lui demande quel est son problème, Shaft répond qu'il en a deux : il est né pauvre et il est né noir. Shaft a eu une influence capitale sur les films de blaxploitation (contraction de « black exploitation ») qui, avec leurs héros noirs, leur esthétique urbaine et leur impressionnante rentabilité au box-office, ont marqué toute une génération de cinéastes, des frères Wayans à Quentin Tarentino. Les ventes phénoménales de la musique de Isaac Hayes ont bouleversé la politique marketing des musiques originales. La blaxploitation a disparu avec les blockbzr.sters de la fin des années 70, Jaws et autres Star Wars, mais Shaft n'est pas mort, et il sort enfin dans les salles de l'hexagone en 2004, quatre ans après le remake de John Singleton... mieux vaut tard que jamais !
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Entre exploitation commerciale, dénonciation politique et recherche identitaire et artistique, le cinéma est une branche trop souvent oubliée de la riche contribution afro-américaine à la culture mondiale. Ce livre en retrace l'histoire, révélant combien l'accession récente des cinéastes noirs à la production commerciale est le fruit d'une longue lutte pour le droit à l'expression par l'image. On y retrouve Spike Lee, bien sûr, mais aussi ses prédécesseurs à qui il a souvent rendu hommage, tels que Melvin Van Peebles, et ses successeurs et contemporains, de John Singleton à la famille Wayans.

  • Date de publication : septembre 2004
  • - format : 16 x 24 cm • 367 pages
  • ISBN : 2-7475-6063-5
  • EAN13 : 9782747560634
  • EAN PDF : 9782296353152
  • (Imprimé en France)

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