Articles de presse

Le vivre puis l'écrire

Le douloureux témoignage de l'amour d'une mère pour sa fille que la mort a séparées. Elle s'appelait Angélique. "Elle parlait avec ses yeux".

Il est des expériences douloureuses qui longtemps se taisent.
Puis étapes par étapes, des écrits sont jetés sur le papier et finissent par accoucher d'un livre."La vie jusqu'à la dernière goutte" est le récit d'une mère, Danièle Massardi, qui nage en plein bonheur avant de subir de plein fouet l'indescriptible et insupportable perte de son enfant, victime d'une maladie foudroyante. La petite Angélique avait alors quatre ans quand elle quitte la vie d'un couple qui ne vivait que pour elle. Après l'amour, ce sont les larmes qui pleuvent dans le foyer. Craignant les oublier, sa maman retranscrit ses souvenirs et ses émotions dans un journal. Exutoire à sa douleur, le papier sèche ses pleurs, les feuilles pansent ses douleurs. L'idée n'est pas d'en faire un livre. Pas encore. Elle naîtra plus tard, lors de l'envoi d'une lettre pour un magazine pour enfants. Une lettre de soutien et d'espoir adressée à une autre maman qui, comme elle, vient de perdre un enfant. Mais le sujet est tabou et le sentiment de culpabilité trop présent. Le projet d'édition est avorté. Les années passent et d'autre enfants viennent embellir sa vie.

Alors que la mère de Danièle, en proie à des problèmes de santé, participait pour s'en sortir à des ateliers d'écriture, elle entre elle aussi en contact avec une association. Danièle Massardi va enfanter son livre."La vie jusqu'à la dernière goutte" voit enfin le jour, 20 ans après le décès de la petite Angélique. A sa lecture, les larmes coulent naturellement. Le style est celui du vécu, sans fioriture ni littérature. Les phrases lues forment un noeud à l'estomac. Les mots s'attaquent au coeur et aux tripes. Pourtant comme l'explique l'auteur "Tant qu'on n'a pas vécu ce drame, on ne peut pas imaginer cette souffrance". Son livre est une nouvelle étape dans son deuil. "Je l'ai écrit en espérant qu'il puisse aider des personnes qui ont eu à affronter ce drame". Elle ajoute "Il faut comprendre et accepter l'idée qu'un deuil est vécu différemment par chacun. J'ai cherché à faire partager mon expérience et ce qui m'a aidé à m'en sortir. Mais chaque individu doit trouver son propre chemin". Son livre est aussi une déclaration d'amour à sa fille disparue, à ses enfants présents et un témoignage de sa reconnaissance à tous ceux qui l'ont soutenue dans cette épreuve.

Un jour, les larmes finissent de couler. Les dernières gouttes sont celles de l'encre qui dansent sur le papier. Danièle reprend goût la vie et danse elle aussi en Haute-Loire, en Ardèche ou en Lozère où elle a refait sa vie. Les lettres sonnent comme des notes de musique, avec ses graves et ses aiguës. "Il y a un temps où l'on se culpabilise d'être heureux Puis vient un autre où on s'autorise à sourire sans être coupable". Les étapes du deuil s'achèvent. Son histoire n'est pas un conte de fée, mais comme toutes les histoires, elle a une morale : Boire la vie jusqu'à plus soif, savourer le goût de l'existence et apprécier les moments les plus simples. " la vie jusqu'à la dernière goutte" redonne l'espoir à ceux qui n'en ont plus.

Ingrid Beuvin

L'ÉVEIL DE LA HAUTE LOIRE, décembre 2005


Aujourd'hui, Danièle va à la rencontre du public et multiplie les échanges et les partages. Elle sera à la librairie de Nuggets au Puy-en-Velay pour une séance de dédicace le 3 décembre de 10 h à 18h et elle participera au marché de Noël à Langogne le 18 décembre de 9 h à 18 h à la librairie du Val d'Allier. Son livre est publié aux éditions L'Harmattan, collection "Aux marges de l'écriture".

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