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PMA "Mais de quel père parle-t-on?

PMA " Mais de quel père parle t-on? dans " Courriers des lecteurs de Ouest-France".PMA "Mais de quel père parle-t-on ?" Mardi 8 octobre 2019
Gérard Portier
(Côtes d'Armor) :

Ayant exercé pendant une quarantaine d'années auprès d'adolescents et de leur famille, j'ai eu l'occasion de rencontrer et de m'interroger sur les diverses formes de parentalité. La famille constituée de manière classique, un papa et une maman et dans d'autres formes, une femme ou un homme seul. Je compte aussi dans mes relations des enfants élevés par deux femmes. Ce qui en ressort, au moins concernant mes rencontres, est qu'il ne semble pas que ce soit le sexe du parent qui détermine la bonne et saine éducation. Des histoires de garçon ou de fille élevés par une mère seule et vivant leur vie d'adulte de manière tout à fait ordinaire avec les joies et les questionnements de tout un chacun, sont là pour nous montrer que quelque chose nous échappe dans nos représentations classiques. Est-ce la présence physique d'un père qui apporte le complément à la relation maternelle ? Est-ce la présence d'un homme qui fait l'homme pour le garçon ? Le psy que je suis dirait qu'autre chose est déterminant dans le processus d'autonomie et d'adaptation à la vie, apprendre, s'ouvrir aux autres et prendre son envol. Le père, ce tiers, pour Freud, qui permet de mettre un terme à la relation fusionnelle mère-enfant, ne serait donc plus irremplaçable ? Que nenni ! Mais de quel père parle-t-on ? J'ouvre la question en parlant d'un autre père ou plutôt du signifiant père. Je veux dire qu'une femme qui signifie dans ses actes, dans ses centres d'intérêts qu'elle ne sera pas là pour entretenir l'illusion de la fusion à son enfant, (illusion qui compliquera la vie à cet enfant), incarne une part du père symbolique. Dolto disait, la bonne mère c'est la mère qui laisse partir son enfant. Je compléterai en disant'' et femme qui vit sa vie''. Nous connaissons tous des femmes ayant élevé des enfants seuls sainement. L'important n'est pas que l'enfant côtoie un homme auprès de sa mère, mais qu'existe en elle un tiers, un autre, que ce soit une femme, des centres d'intérêts, etc. Bien sûr qu'avoir un papa et une maman est la formule la plus courante. Encore faut-il qu'un tiers symbolique opère.

G Portier
octobre 2019

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