Hommages

Ce livre a été écrit à deux : une maman et sa fille, c'est l'oeuvre d'une vie aussi courte soit-elle

Il fallait ne pas avoir lu votre livre pour se poser la question inutile de savoir s'il était préférable d'en modifier l'agencement.
Question idiote avant même d'y répondre. Ce livre est votre deuil : on ne change pas les chemins que prend le deuil. C'est lui qui décide. Parfois, sans doute, le deuil s'efface-t-il devant la vie, puis la souffrance revient sournoisement et il faut recommencer à lutter. Votre livre montre très bien ces aller-retours au point de tourner la page un peu trop tôt.
Livre d'amours : amour des autres pour vous-même, amour de vous-même aussi car il faut s'aimer beaucoup pour vouloir et pouvoir sortir de ce gouffre mortel. Seulement on ne sait pas les choses avant. Il faut donc faire confiance aux autres, aux amis. Il semble que si vous en avez perdu, on en perd toujours, vos amis sont de qualité. Les très belles lettres que vous ajoutez à la fin de votre livre sont superbes et disent si bien les choses.
On hésite aussi de parler littérature devant ce livre : c'est indécent comme une photo qui montre le malheur en étant belle. Vous écrivez merveilleusement bien. Aucun pathos, aucun cri déplacé, votre style est simple mais limpide. Quelques mots et tout est dit. On se surprend à "dévorer" le livre comme un bon livre sans intérêt, ce qu'il n'est pas, mais vous comprenez ce que je veux dire ! On tourne les pages pour savoir la suite qui n'est jamais voyeurisme. On entre dans votre intimité comme on entre dans une eau froide, par petites touches.
On souffre avec vous mais c'est vous qui souffrez. On a peur du papa lorsqu'il semble refuser votre grossesse et on respire enfin quand le mari devient père. On oublie à ce moment-là la fin annoncée de l'enfant finalement réconciliateur entre deux êtres amoureux déjà proche de la rupture : c'est vous qui le dites. Peut-être vous êtes vous dit aussi que son passage parmi vous comme aînée des ses frères et sœurs aura été son message : "Aime papa, maman, comme je vous aime".
Votre traduction des euh du bébé sont si belles.
Votre petite fille était belle et intelligence comme le disent toutes les mamans, mais cette fois-ci c'est vrai sans aucun fard. On imagine presque que si c'était le contraire vous le diriez avec autant de tact. Qui étiez-vous donc pour susciter de telles amitiés ?
Après ces années de souffrances, vous avez su transformer en espoir, presque en joie pour transmettre l'étincelle de vie existe toujours.


Si vous êtes là c'est que vous avez choisi la vie contre la mort, sinon comme vous le dites on se suicide.
Votre deuil est le deuil d'un enfant, est-il le deuil suprême ? Y a-t-il une échelle des valeurs quand on souffre? Faire "son deuil" c'est probablement faire le chemin vers un autre bonheur, différent, souvent plus riche de chaque instant retrouvé.
S'il n'y a pas de hiérarchie de la douleur, il y en a tout de même une. C'est un paradoxe avec lequel il faut vivre. Sans lire votre livre, je savais ce qu'il contenait. Ce que je ne savais pas c'est comment la femme, la mère que vous êtes avait réglé "son problème", quel avait été son parcours.

Jean-Paul
octobre 2007


C'est la première fois que je communique avec un auteur, mais votre histoire est trop bouleversante pour simplement fermer le livre et en rester là. C'est un livre qui aide ceux qui le lisent, mais il faut être concerné par le sens de la vie pour en extraire "la substantifique moelle".
C'est pour cela sans doute qu'écrire son deuil permet parfois d'en sortir; même si sa trace indélébile ne disparaîtra jamais. Je vous parlais de l'universalité de votre récit, je voulais dire que votre texte dépasse votre propre drame pour devenir celui de tous. En même temps, il n'est qu'à vous et vous le dites bien.

Livre associé

Auteur concerné