Entretien avec l'auteur

Il faut construire plus de 500 000 logements par an

Patrick Grépinet, chargé de mission au ministère de l'équipement

Quelle est votre analyse de la crise du logement ?
-Le marché du logement n'est pas un marché classique car s'y rencontrent un offre et des besoins, et pas seulement une offre et une demande. Les clients peuvent se retirer d'un marché classique si les prix sont trop élevés. Ce n'est pas le cas en matière de logement.

Y a-t-il eu erreur d'évaluation des besoins ?
L'Insee, de mon point de vue, s'est trompé. Dans ses prévisions démographiques, d'abord, sur la natalité, la mortalité et l'immigration, systématiquement évaluée à 50000 alors qu'elle est de 100000 par an. Dans son analyse de la traite des ménages, ensuite, dont elle atendance à amortir la baisse alors qu'elle va se poursuivre. Enfin, plus important, je crois que l'Insee fait une erreur d'analyse sur le renouvellement du parc, qu'elle estime à 30000 logements par an. Sur un parc total de 30 millions, cela voudrait dire que les logements durent 1000 ans ! Si l'on ramène ce délais à 200 ans, ce qui paraît plus conforme à la réalité, il faut renouveler en moyenne 150000 logements par an. Dernier sujet : la mobilité géographique. L'Insee raisonne à l'échelle macroéconomique, comme si les logements étaient mobiles.

Combien faut-il construire de logements en France ?
On s'est réjoui de produire 400000 logements en 2005. Mais il faudrait probablement dépasser largement les 500000 si l'on veut vraiment résorber la crise.

L'expert

LE MONITEUR, mai 2006

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